L'ALMANÀCH DE PONTHIEU POUR 1786 1 S
et un adjudant, un capitaine, un ingénieur et un garde d'artillerie, un capitaine du génie et enfin le commandant de la capitainerie des gardes côtes d'Ault et de Cayeux, qui avait sous ses ordres trois compagnies de grenadiers, seize compagnies détachées et trente-deux compagnies de paroisses, eu tout six mille hommes environ, sorte de garde nationale mobilisée et faisant le service en temps de guerre.
A l'administration militaire appartenait également le lieutenant des maréchaux de France ou juge du point d'honneur, dont le titulaire, pour Abbeville et pour tout le Ponthieu, était en 1786 M. de Belleval, marquis de Bois-Robin. Ses fonctions, qu'il remplissait depuis le 23 décembre 4777, consistaient à trancher toutes les questions relatives au point d'honneur entre les gentilshommes du Ponthieu, comme aussi entre les militaires tenant garnison dans toute l'étendue du comté, c'est-à-dire les duels, les droits de chasse, les droits honorifiques dans les églises et les querelles relatives à la prééminence des fiefs. Le tribunal du lieutenant des maréchaux de France était situé dans la rue Millevoyc, en face du collège. Le lieutenant avait pour assistants un conseiller-rapporteur du point d'honneur, un secrétaire-greffier et un garde de la connétablie. Le commandant de la ville lui-même était soumis à sa juridiction, et la maréchaussée recevait ses ordres. Dans l'administration de la province, le lieutenant prenait rang
immédiatement après les lieutenants de roi, qui eux-mêmes marchaient de suite après les lieutenants généraux de la province, c'est-à-dire qu'il occupait la quatrième place après le gouverneur général.
Sous le titre : État civil, l'almanach de 1786 comprend : la sénéchaussée et le présidial, les avocats, les notaires, les procureurs et la maréchaussée. La sénéchaussée, dont le siège était à l'hôtel de la Gruthuze, eut longtemps une existence particulière et indépendante. Ce ne fut que tard, bien postérieurement au XVI0 siècle, qu'on la rattacha au présidial, tribunal chargé de juger les causes civiles qui ne dépassaient pas 2,000 livres. A la sénéchaussée et au présidial mis en commun ressortissaient en première instance les bailliages royaux d' Ai raines et d'Arguel, de Crécy, de Rue et de Waben. Quant au bailliage d'Abbeville, il avait été réuni au présidial. La coutume de Ponthieu avait force de loi clans cette juridiction. Ce tribunal était composé du sénéchal de Ponthieu, dont le siège était vacant par suite de la mort du dernier sénéchal à titre héréditaire, le marquis de Monchy; d'un premier président, M. Gaillard de Boëncourt; d'un lieutenant général, M. Clémenceau de La Gaultray; d'un lieutenant particulier, M. de Queux de Beauval; de dix-huit conseillers, des gens du roi, comprenant : deux avocats du roi, un procureur et son substitut, un greffier civil, un commis greffier criminel et archiviste, un commissaire aux saisies réelles et receveur des consignations, cinq
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huissiers audienciers, deux commis huissiers-priseurs et deux huissiers en la chancellerie présidiale. 11 convient d'ajouter à ce tableau quinze avocats, dix-sept notaires et quinze procureurs. A l'état civil appartenait encore la maréchaussée, composée d'un lieutenant ayant sous ses ordres deux brigades à Abbeville, et les brigades d'Airaines, de Doullens, de Poix et de Saint-Valery ; d'un assesseur, d'un procureur du roi et d'un greffier. Les attributions de la maréchaussée étaient absolument identiques à celles de notre gendarmerie
L'hôtel de ville est l'objet d'un chapitre particulier. 11 comprenait le mayeur, M. de Pioger; son lieutenant, M. Lefebvre des Fontaines; quatre échevins, quatre conseillers-assesseurs, les conseillers-nés, c'est-à-dire les anciens maycurs, au nombre de huit en 4786; un procureur du roi et son substitut, un greffier en chef, un trésorierreceveur et un contrôleur-vérificateur : ces derniers portaient le titre collectif d'officiers de ville. Les subalternes étaient seize sergents, vêtus d'un habit bleu et armés de la hallebarde et de l'épée, un trompette juré et un pompier.
La milice bourgeoise correspondait à notre garde nationale ; elle était partagée en quatre compagnies, de même que la ville était partagée en quatre quartiers : les quartiers Marcadé, d'Hocquet, du Bois et Saint-Gilles. Chaque compagnie avait deux capitaines en premier, deux capitaines en second, deux lieutenants, deux sous-lieutenants et un enseigne.
Les deux compagnies de la jeunesse comptaient le même nombre d'officiers. La garde des postes avancés en temps de guerre leur appartenait. La force armée municipale était complétée par deux compagnies de cinquanteniers de trente hommes chacune, qui avaient l'escorte du corps municipal dans les cérémonies publiques et des princes quand la ville en recevait dans ses murs. Ces trois corps portaient en 4786 le même uniforme, à savoir : l'habit bleu avec parements et collet rabattus, la culotte bleue, la veste et les bas rouges, le chapeau bordé d'or, et pour les officiers des brandebourgs en or sur l'habit.
La maîtrise des eaux et forêts était une des plus anciennes juridictions de la ville. On n'a point le titre de sa création, et Ton prétendait même que la maîtrise d'Amiens était un démembrement de la maîtrise d'Abbeville. Elle connaissait de la chasse, de la pèche et de tous les autres délits commis dans les bois et dans les rivières, tant au civil qu'au criminel, ainsi que de l'administration des différents domaines. La maîtrise comprenait : un maître particulier, M. Brocas; un lieutenant, M. du Wanel de La Bouillarderie; un procureur du roi, M. Douville de la Fresnoye; un garde-marteau, M. de Roussen de Grédenneville,en exercice depuis 4 745; un greffier, deux arpenteurs, un garde général collecteur des amendes, un premier huissier audiencier, deux huissiers, un receveur des bois et deux receveurs des amendes. A la maîtrise des eaux et
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