‹ Lettres sur le PonthieuChapitre 12 sur 24 · L'ALMANACH DE PONTHIEU POUR · texte numérisé non relu

L'ALMANACH DE PONTHIEU POUR

la comraanderie de Malte et de l'Hôtel-Dieu. — Les couvents de filles, au nombre de huit, étaient l'abbaye de Willencourt, de l'ordre de Citeaux, fondée en 4200, et dans laquelle l'abbaye d'Épâgne se fondit en 1748; elle avait pour abbesse Mme Feydeau : l'Hôtel-Dieu, fondé en 1151, administré par un maître supérieur et trente-cinq religieuses; les Sœurs-Grises, fondées en 1556; les Dominicaines en 1553, les Ursulines en 1613, les Minimesses en 1621, les Carmélites en 4636, et la Visitation en 1650. Les trois hôpitaux étaient : l'Hôtel-Dieu, l'hôpital des filles de Saint-Joseph, fondé en 1645, et enfin l'Hôpital-Général, dirigé par deux membres du bureau, cinq directeurs et huit administrateurs. — La commanderie de Malte, de la langue et du grand prieuré de France, possédant un revenu de 14,000 livres, avait pour titulaire le bailli d'Abzac.

L'administration militaire, qui vient en second lieu, était la moins compliquée de toutes. Si le commandement suprême de la ville n'avait pas toujours appartenu au corps municipal, c'est-à-dire au mayeur qui en était le chef et le représentant, une ordonnance de 1594 avait rétabli les choses dans leur primitif état. Le roi Henri IV, confirmant l'édit rendu par le duc de Mayenne, en mai 1592, avait supprimé le titre et la charge de gouverneur d'Abbeville, et réuni l'autorité et les fonctions à celles de mayeur, sous l'obéissance du roi et de ses lieutenants généraux en Picardie. Abbeville avait dù cette faveur au peu de stabilité de ses opinions

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politiques, ce prouve qu'il était lion parfois de crier à propos : a Vive le Roi ! » et « Vive la Ligue! » — Cette concentration de pouvoirs dans les mains d'un seul avait été la cause de fréquents conflits entre le corps municipal et le chef des troupes en garnison dans la ville. Le gouvernement, mis en demeure de se prononcer, l'avait toujours fait en faveur du mayeur, et un ordre du roi, du 26 juin 1715, trancha si nettement la question, qu'il n'y avait plus à y revenir. L'ordre contenait pourtant une phrase prêtant à l'équivoque « en l'absence, maladie ou autre empêchement du commandant et du maire » ; le gouvernement admettait donc le principe de la séparation des pouvoirs et revenait sur la parole de Henri IV. Il ne tarda guère à l'appliquer, et, vers 1748, le comte de Mailly-Haucourt fut nommé commandant pour le roi à Abbeville. En 1786, le maréchal de Mailly était encore titulaire de la charge dont le duc de Mailly, son fils, avait la survivance. A défaut du duc de Mailly, empêché ou absent, le commandement revenait au mayeur, et après lui successivement à chacun des échevins, par ordre d'ancienneté. Les émoluments étaient de 28,000 livres. 11 y avait ensuite un major, en même temps capitaine des portes. En 1786, cette charge n'avait pas de titulaire par la mort de M. de Fontaines, auquel le roi n'avait pas encore donné de successeur. Après lui venaient dans l'ordre hiérarchique un commissaire des guerres, un trésorier des troupes et des fortifications, un quartier-maitre

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