Lettres sur le systeme de la cooperation mutuelle et de la communaute de tous les biens, d'apres le plan de M. Owen
Le petit ouvrage que nous publions en ce moment est composé de trois lettres, dont les deux premières seulement furent insérées dans le Producteur , en septembre et en octobre 1826, la troisième n’ayant pu l’être à cause de la cessation de ce journal. Or cette circonstance nous semblerait déjà un motif suffisant de donner maintenant l’ensemble au public , puisque la troisième lettre renferme tout le point de discussion sur la question importante qui fait la base de l’ouvrage.
Mais trois autres considérations nous ont encore engagés à cette détermination : la première est que depuis la publication des deux lettres dont il a été parlé , il s’est passé une foule de faits intéressans relatifs à l’application du système coopératif, et qu’il importe de faire connaître sur le continent
européen 3 la seconde est qu’il nous semble utile de mettre à la portée d’un plus grand nombre de lecteurs un sujet qui mérite l’attention générale, et qui intéresse surtout une infinité de personnes à qui le défaut de temps, de moyens pécuniaires, ou d’instruction philosophique , ne permet pas de lire des ouvrages de la nature du Producteur ; enfin , la troisième considération est qu’il nous semblerait aussi bien important de détourner un instant l’attention publique - du triste spectacle des irritations politiques auxquelles est en proie le [monde presque entier , pour la reporter vers un système de paix et de bienveillance, vers un système qui n’a d’autre but que d’opérer la réforme sociale sans aucune secousse , sans aucune violence , et par le seul effet d’une douce conviction, fondée sur l’aperçu de nos véritables intérêts, physiques et moraux.