VIII
Le défaut de résistance vitale, c’est-à-dire, comme il vient d’être dit, l’impuissance de la force vitale de réagir énergiquement pour répondre à une stimulation énergique, constitue sa faiblesse radicale, qu’il faut distinguer soigneusement de l’oppression de cette force qui peut avoir lieu avec un degré de résistance vitale normale. Lorsque, en effet, la force vitale est tenue en échec par un stimulus puissant qui menace d’épuiser sa capacité réactionnelle , cette force, employant toute son énergie d’action pour répondre à cette stimulation, laisse la plupart des fonctions organiques dans un grand état de faiblesse; et cependant dans ce cas c’est la saignée et les antiphlogistiques qui ranimeront le malade en diminuant l’exagération de la stimulation et en rendant sa liberté fonction-
nelle à la l’orce vitale. Quand môme l’exagération de stimulation de la force vitale serait locale, cela siilïit pour qu’elle porte là toute son énergie d’action et se trouve forcée de négliger la plupart des fonctions organiques, c’est ce qui arrive dans les inflammations d’organes importants.
Du phénomène constitué par le défaut de résistance vitale, et survenant par suite de l’insuflisance des éléments réparateurs du sang , on doit tirer une conséquence , c’est que la puissance de la force vitale , c’est-à-dire, son degré de capacité réactionnelle et de résistance vitale est susceptible d’augmenter par l’exercice auquel l’oblige la stimulation sanguine et de diminuer par l’insuffisance de cet exercice.
Si on rend au sang une partie des qualités qui lui manquent, par des aliments substantiels, par un air pur, par l’insolation , par des médicaments et par des moyens excitants et toniques que l’expérience indique, la force vitale se trouve stimulée davantage et plus normalement et réagit en conséquence en exécutant ses fonctions plus normalement ; la nutrition se fait avec plus de perfection, etc., et la santé finit par l’ovenir peu à peu à son type normal.
Les tissus nerveux eux-mêmes subissent dans leur, trame, comme tous les autres tissus de l’organisme, une amélioration de leur nutrition dont l’imperfection semble ne devoir pas être étrangère aux désordres nerveux que l’on voit dans l’anémie et dans la chlorose.
Quand la force vitale reçoit l’action de stimulus anormaux, elle réagit anormalement, vicieusement et il en résulte des maladies.
Si la force vitale est en présence d’un stimulus dont la puissance d’action dépasse sa capacité réactionnelle, il en résultera la cessation d’action de cette force , c’est-à-dire la mort de l’individu ou d’une partie de l’individu, si le phénomène est général ou local. Il en résulte seulement l’oppression de cette force et par suite diverses maladies, quand les stimulus , sans dépasser la capacité réactionnelle de la force vitale, menacent cependant de la dépasser.
Des maladies résultent aussi de la mise en présence de la force vitale de principes morbifiques qui tendent à la déprimer, à l’annihiler directement.
Or, comme un grand nombre de stimulus morbifiques sont mis en rapport avec la force vitale par l’intermédiaire du sang, on voit que la viciation du sang est la source d’un grand nombre de maladies.
L’ame est un modificateur puissant de la force vitale, par l’intermédiaire des fonctions nerveuses.
De là des maladies qui résultent des modifications vicieuses et désordonnées des fonctions nerveuses, et (le la dépression de la force vitale dans lesdites fonctions, par l’effet des passions, des émotions, des fatigues intellectuelles ; tandis que la satisfaction et les
iideclions douces de l’amc , qui ne soûl, l’oecasiou <|ue de stimulations douces et régulières de la l'orce vitale, contribuent à entretenir la santé.
IjC système nerveux est l’agent spécial des manifestations de l’ame, et est troublé immédiatement dans ses fonctions parles troubles dcTame ou les passions. Les passions subites peuvent enrayer les fonctions nerveuses elles déprimer au point de causer la mort par syncope ou par sidération nerveuse; les fonctions nerveuses venant à cesser, la contractibilité du cœur particulièrement, le cœur cesse de transmettre le stimulus sanguin et de le mettre en rapport avec la force vitale qui réside dans les tissus, cette force n’étant plus stimulée suffisamment, cesse son action et cela sans retour si cet état dure un certain temps, assez court d’ailleurs.
Les faits montrent que la force vitale a un maximum d’action qu’elle ne peut dépasser, de sorte que si elle est stimulée au point que la stimulation dépasse les bornes de sa capacité réactionnelle, en d’autres termes, réclame d’elle plus d’action qu’elle n’en peut fournir, alors elle succombe comme il arrive quand on brûle les tissus avec le feu, par exemple, ou encore lors de la cessation de la vision produite par une lumière trop vive.
Dans le premier cas, la force vitale succombe dans scs fonctions radicales, par une trop grande concentration de son stimulus radical ; dans le second cas, la
force vitale succombe dans une fonction spéciale, par suite d’une trop grande concentration du stimulus spécial ; mais dans ce dernier cas elle résiste dans ses fonctions radicales, car la rétine continue de vivre.
Dans les manifestations ou fonctions secondaires de la force vitale, la fonction abolie par excès de stimulation ne l’est le plus souvent que momentanément , et la fonction se rétablit par degrés, à moins que les conditions matérielles de l’organe ne soient devenues incompatibles avec la fonction.