‹ Lettres sur le vitalismeChapitre 14 sur 65 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Si l’action des stimulus, au lieu d’être portée au point de dépasser la capacité réactionnelle de la force vitale, menace seulement de la dépasser, il y a alors oppression de la force vitale, et on lui rendra sa liberté d’action en diminuant la force de la stimulation générale ou locale par des moyens appropriés. \insi , par exemple, si par une cause quelconque l’énergie d’action de la force vitale vient à baisser

dans ror^anisine, le smuj étant riche et abondant, !a force vitale peut se trouver stupéliée par l’exagération de la stimulation sanguine à laquelle sa sédation l’a rendue plus sensible, comme nous le A^errons plus loin; le pouls est faible, sans fréquence, le malade est abattu , etc. ; on saigne , le pouls se relève et se précipite, il survient un état fibrile violent; on saigne, on saigne encore ; la fièvre s’apaise et les boissons délayantes achèvent la guérison. Dans ce cas la première saignée a eu pour effet de fiiire rétrograder la stupeur vers la surstimulation, et les autres saignées ont fait cesser la surstimulation (j).

Il n’en serait pas de même si la faiblesse d’action delà force vitale était seulement occasionnée par l’action d’une cause déprimante directe , tendant par sa nature à l’annihilation de cette force , en l’absence d’une stimulation sanguine relativement exagérée; dans ce cas la faiblesse est radicale et une saignée, loin de relever la force vitale, serait funeste en agissant dans le même sens que la cause morbifique; si l’on saignait, par exemple, dans la dernière période du typhus.

g XIV.

Il résulte du fait du maximum d’action de la force vitale que si cette foî'ce , qui est une, est plus occupée sur un point , son action diminue en proportion sur les autres points. Que si elle épuise son action rapidement

(j) Voir ce fait cité par Récamicr, traité du cancer, t. 2, p. 56S.

pour répoiuli-o à une sLirnulalion extraordinaire et momentanée, il en résultera une diminution d’énergie de cette lorce (jui se traduira j)ar la laiblcsse et la prosti*ation ; et cette énergie ne reviendra , comme l’eau à la fontaine, que graduellement, par un temps de repos sulïisant et par des moyens capables de réveiller cette action artificiellement.

Page 1