‹ Lettres sur le vitalismeChapitre 32 sur 65 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

On voit par les faits physiologiques qu’il est dans la nature de la force vitale d’agir d’une manière intermittente, comme dans la plupart des fonctions nerveuses, ou au moins rémittente, comme dans les fonctions organiques; et que les fonctions radicales ellesmes ne s’exécutent pas toujours avec la même activité. Ceci montre que la^ force vitale est obligée de récupérer par un repos, non pas absolu mais relatif, son énergie d’action épuisée momentanément par les actes antérieurs ; ce qui vient de ce que cette force a un maximum d’action déterminé, et plus les actes quelle a produits ont été énergiques, incessants, prolongés, plus le repos dont elle a besoin pour se réparer devra être prolongé.

Ce qui arrive pour les actes physiologiques , arrive nécessairement de même pour les actes morbides, puisque cette loi tient à la nature de la force vitale.

Le repos réparateur pour les actes morbides, comme pour les actes physiologiques, sera d’autant moins relatif et plus absolu, que ces actes porteront sur des fonctions moins radicales ; quand ils porteront sur les fonctions nerveuses, par exemple, le repos, ou cessation desdits actes morbides , sera très souvent absolu, lorsque bien entendu il n’y aura pas de cause

matérielle permanente trop grave dans les organes nerveux eux-mêmes. Si au contraire les phénomènes morbides ont pour champ les fonctions radicales ou même les fonctions organiques, il n’en sera plus de même, et la force vitale trouvera, plus particulière- \ ment, le repos dont elle a besoin dans la cessation plus ou moins absolue d’actes physiologiques, surtout d’actes du système nerveux.

Ceci expliquerait ces faits de pneumonies arrivées au degré où la mort était imminente et qui ont été ramenées en voie de guérison par le narcotisme, ou repos artificiel d’un certain nombre d’actes physiologiques, procuré à l’aide de la belladone à haute dose.

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