XLVIII
Si maintenant nous comparons ces deux forces sous le rapport de l’activité ou facilité d’action, nous voyons que le polype d’eau douce se multiplie par rejetons ou excroissances ; on remarque sur un polype une légère excroissance qui prend la forme d’un bouton, c’est la
tète d’un polype ; autoui* de Ua bouche commencent à croître les bras, etc. ; on voit quelquefois sortir ainsi d’un seul polype jusqu’à dix-huit petits. Dans les temps chauds un polype est formé et séparé en vingtquatre heures; pour se séparer, les polypes se cramponnent chacun de leur côté. La multiplication de ces êtres est telle qu’un polype , au bout d’un mois , peut être regardé comme la source d’un million d’enfants. (r).
Tout le monde sait qu’il n’en est pas de même poulie poulet et qu’il faut 21 jours d’incubation pour que la force vitale puisse former un individu ; on sait d’ailleurs que la multiplication des poulets est infiniment plus restreinte que celle des polypes.
Ainsi d’un côté prodigieuse activité et facilité d’action de la force vitale, mais défaut d’énergie d’action de cette force , puisque les tissus produits sont très ténus et ont peu de consistance ; d’autre part, au contraire, facilité d’action ou activité beaucoup moindre, mais énergie plus considérable de cette force mesurée par les résultats de son action qui sont des produits infiniment plus denses.
La loi que j’indique ici se retrouve du reste dans le règne végétal ; depuis les plantes qui naissent, se développent en un instant et meurent de même ; jusqu’au chêne de nos forêts qui vit pendant des siècles, quelle multitude de plantes ne voyons-nous pas, qui nous montre la facilité d’action de la force vitale et
(r^ Valmnnl-Boniaro. onv. cil. p. B68 el suiv.
son activité en i*appoi‘t avec sa faiblesse indiquée par la ténuité des produits et par leur courte durée ; la lenteur d’action, au contraire, en rapport avec l’énergie vitale, indiquée par la dureté, la consistance des produits et par leur longévité.