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De même qu’on voit la fièvre survenir quand un agent morbifique attaque la force vitale plus spécialement dans ses fonctions radicales, fièvre qui sera continue comme les fonctions radicales elles-mêmes, qu’elle a pour point de départ; de même on voit la fièvre survenir comme conséquence de lésions de fonctions secondaires, fièvre qui sera intermittente à courts repos, à l’instar des fonctions lésées, comme la fièvre muqueuse, qui, à la vérité, devient le plus souvent rémittente, mais c’est par suite de la résorption des matières viciées des sécrétions qui deviennent alors une cause de fièvre continue , qui s’ajoute à la
fl.
lièvre iiiterniitlenlc due à rexogéralion de la turgescence gastro-intestinale, à certaines heures déterminées par l’habitude fonctionnelle.
Si, dans une fièvre intermittente ou rémittente mu- (jueiise ou bilieuse, la turgescence sécrétoire va jusqu’à produire l’inflammation ou la subinflammation, v on aura alors une fièvre continue inflammatoire, que les auteurs ont appelée fièvre ardente.
Si encore les produits des sécrétions intestinales s’altèrent Jusqu’à devenir septiques ; ces produits étant résorbés, la fièvre s’aggrave, et de simple muqueuse elle devient continue grave ; on a un vrai typhus, une véritable fièvre putride d’autrefois.
On voit encore des fièvres dont les agents attaquent la force vitale dans les fonctions nerveuses plus spécialement, et qui seront intermittentes ordinairement à longue période, suivant l’habitude des fonctions nerveuses elles-mêmes; telles sont les fièvres marém a tiques.
Récamier a déjà établi la loi de l’éréthisme par sédation (p), mais d’une manière moins absolue que que je ne le fais ; ce qui vient de ce que j’ai pris pour [)oint de départ un fait élémentaire, c’est-à-dire, la loi d’antagonisme entre l’énergie d’action et l’activité ou facilité d’action de la force vitale qui nous en donne la raison claire et précise ; tandis que cet auteur a interprété les faits secondaires, qui ne lui donnent pas d’ailleurs la raison de ce fait.
(p) Oiiv. ml., l. 2, p. iOO.
tl non'lire pas non plus les conséquences que j’en lire relativement aux phénomènes fébriles qu’il définit : « Une surstimulation vitale de l’organisme (q) »; ou encore: «La combinaison d’une surstimulation, d’une sursédation, d’une surtonification, d’une suratonification, c’est-à-dire, une perturbation générale ou locale ehcz un sujet d’une constitution et d’un tempérament donnés et présentant des idiosyncrasies déterminées (r). »
Les faits que j’ai cités dans le cours de cette étude rapide, pour établir ou pour rendre plus saisissables les données élémentaires dont il y est question, suffiront, je pense, pour donner une idée de l’application que l’on peut faire de ces données. Mais, pour en tirer parti, autant que possible, il faudrait étudier à leur point de vue les faits physiologiques , hygiéniques , pathologiques et thérapeutiques.
Sans doute on ne parviendra pas, par leur moyen, à faire pénétrer complètement la lumière au milieu des combinaisons si inextricables des phénomènes si subtils de l’organisme; mais elles aideront souvent à déterminer, avec plus de sûreté, la nature des phénomènes principaux et des états pathologiques dominants, qui sont les sources essentielles d’indications dans les maladies.
On connaît en physique les lois d’action du fluide électrique; demandez néanmoins an physicien le plus
((|) Oiiv. cité, (. 2, p. 401 .
(r) Duv. cilé , (. 2 , p. U5.
savant de suivre la tiliation de l’appUeation de ees lois dans les effets si bizarres et quelquefois si compliqués d’un coup de foudre , il ne le pourra assurément.
Nous sommes dans le même cas relativement au fluide vital ; mais de même que les phénomènes électriques sont saisissables dans leur simplicité , et qu’on a pu étudier ces phénomènes de manière à en saisir de nombreuses combinaisons, dont l’ensemble constitue ce que nous appelons une science physique ; de même , ne pourra-t-on pénétrer dans la filiation des phénomènes vitaux, de manière à constituer une science vitale.