‹ Lettres sur le vitalismeChapitre 43 sur 65 · LXIX · texte numérisé non relu

LXIX

Si l’on considère maintenant les phénomènes dont l’ensemble constitue ce qu’on a appelé la fièvre , on verra que les phénomènes fébriles sont presque toujours le résultat d’un éréthisme plus ou moins marqué des fonctions nerveuses, produit par une sédation qui a souvent pour indice le frisson initial, et qui est occasionnée directement par une cause déprimante, ou indirectement par l’exagération de l’action de la force vitale sur un point ou dans certaines fonctions générales ou spéciales, au détriment du reste de l’organisme, autrement dit , des autres fonctions de la force vitale.

Quand l’exagération d’action de la force vitale sur un point s’adresse plus spécialement à la sensibilité nerveuse de la peau,, comme cela arrive, par exemple.

lors d’un panaris, d’un furoncle, etc., cette action exagérée produit une sédation plus ou moins prononcée dans les autres fonctions de l’organisme, mais surtout dans la fonction de la sensibilité nerveuse de la surface cutanée, sur d’autres points que le point affecté ; et cette sédation se traduit par de légers frissons alternant avec des sensations de chaleur à la peau, et par des horripilations, qui sont des exagérations de la sensibilité cutanée, exagérations provoquées par les f^timulus normaux, c’est-à-dire, le calorique, l’électricité, le sang, le contact des corps et des vêtements, exerçant leur stimulation au degré ordinaire, mais sur la force vitale en sédation, et, par conséquent, devenue plus stimulahle dans ladite fonction. Il y a, en un mot, éréthisme de la sensibilité de la peau.

Les phénomènes d’éréthisme, dans ces cas, ne dépassent pas ordinairement le système nerveux de relation et ne retentissent pas, au moins d’une manière notable, sur le système nerveux ganglionnaire. Si cela arrivait, il en résulterait alors l’éréthisme du cœur en particulier, l’impression du sang à la surface intérieure du cœur serait ressentie plus vivement, et les contractions du cœur acquerraient une activité plus grande, d’où résulterait l’activité circulatoire et tous les phénomènes qui constituent l’état fébrile général. Ceci n’arrive guère, dans les cas dont il est ici question, que chez les individus qui sont déjà dans un état d’éréthisme nerveux naturel, comme sont les enfants et les femmes nerveuses, ou accidentel comme dans les maladies.

On voit, d’après cela, qu’il faut prendre garde à l’action de certains moyens, tels que le vésicatoire, par exemple, ou encore l’éruption stibié ; car l’efiFet principal du vésicatoire et de l’éruption stibié est d’occuper la force vitale sur un point d’une manière exagérée, et de produire la modération de l’action de cette force, qui a lieu d’une manière exagérée dans un organe important; c’est ce qu’on appelle une révulsion ; mais le vésicatoire a encore pour effet d’agir sur la sensibilité, de la même manière que le panaris et le furoncle, et d’occasionner une réaction qui peut aller jusqu’à produire l’activité circulatoire fébrile, surtout chez les enfants et chez les sujets affaiblis , activité circulatoire qui, dans certains cas, pourrait être dangereuse et réveiller une inflammation organique presque éteinte.

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