INTRODUCTION
U existe dans la Science Médicale , ainsi que dans quelques autres branches de nos connaissances, certains faits dont l’évidence incontestable , admise comme une vérité traditionnelle , a détourné les esprits de l’histoire de leurs rapports , de la recherche de leur origine , et de la discussion des principales lois qui les régissent : la Force Médicatrice se range dans cette catégorie.
Base solide sur laquelle s’appuie tout l’édifice thérapeutique, le dogme de la Force Médicatrice a été reconnu de toute antiquité par ceux-là mêmes qui semblaient le plus ignorer la Médecine , ou qui , en haine du Médecin , ont fait une si large part à la Nature dans la guérison des maladies.
En faire l’histoire complète , serait remonter péniblement dans la nuit des temps, ou parler de tous les systèmes qui se sont disputé et ont conquis tour-à-tour le sceptre médical. Nous n’avons ni l’ambition ni les forces nécessaires à cette œuvre difficile et peut-être inutile , maintenant que de vastes et profondes Intelligences ont éclairé , à la lumière de leur savante critique, ces dédales de la science.
Cependant il ne sera pas sans intérêt de montrer les rapports de quelques-uns de ces systèmes , aux principales époques de la Médecine , avec le dogme de la Force Médicatrice, et les idées que leurs auteurs s’en étaient formées.
Dans ce but , nous avons consacré une partie de ce Travail à l’exposition rapide de l’histoire de notre sujet. Nous l’envisagerons ensuite dans ses relations avec les maladies chirursricales , avant de le considérer dans la Médecine proprement dite , où nous le manifesterons dans les maladies aiguës surtout , soit réactives ou affectives , aussi bien que dans quelques maladies chroniques.
Enfin , nous terminerons en tâchant de formuler quelques lois de la Force Vitale Médicatrice , et de signaler les cas dans lesquels l’art doit intervenir, et ceux où il ne saurait, sans danger pour l’individu , méconnaître les droits de la Nature.
Nous aurons ainsi parcouru à peu près tout le cadre pathologique , et fait ressortir, nous osons le croire, de ces considérations intéressantes , l’évidence de cette faculté vitale ; celle de ses différents modes d’action; l’importance des connaissances qui s’y rattachent; enfin, sa suprématie, si on peut ainsi parler , sur toutes nos conceptions
médicales, par la direction qu’elle imprime à la Thérapeutique, but elle-même et résultat en vue duquel sont dirigés et auquel doivent aboutir tous nos efforts. L’étude de la Force Médicatrice se rattache donc essentiellement à la pratique : nous tâcherons surtout de signaler les données utiles qu’elle en retire.
SUR LA