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FORCE VITALE

Il existe des faits vitaux; il faut en conclure qu’il existe une force qui les produit.

Cette force n’entre en action et n’est entretenue dans cette action que par l’excitation des stimulus. En effet la force vitale existe dans le germe de l’œuf fécondé; mais elle ne se met en action et le germe de l’œuf ne se développe que par la stimulation produite par le calorique communiqué pendant l’incubation.

La force vitale une fois en action, cette action se soutient par la continuation de l’excitation des stimulus et se manifeste par la formation successive des organes et par leur conservation et leur perfectionnement graduel, jusqu’à ce qu’enfin l’être étant parfait trouve en lui-même les éléments suffisants pour l’entretien de la vie, c’est-à-dire, la formation de stimulus qui lui soient propres, et qui seront désor-

mais chargés, jusqu’à la lin de la vie, de la stimulation de la force vitale, stimulation sans laquelle l’action de cette force cesserait.

L’individu dès-lors peut se passer du calorique de l’incubation , mais il ne peut s’en passer qu’alors ; non pas parce que la force vitale n’a plus besoin de calorique , mais parce qu’il s’en produit dans l’organisme par le jeu des fonctions. Ce stimulus radical, à un certain degré de concentration , reste toujours nécessaire à l’action de la force vitale, et cette action cesse lorsque les fonctions sont enrayées au point de n’en plus produire suffisamment, ou lorsqu’une trop grande quantité de calorique est soustraite de l’organisme , ou seulement d’une partie du corps.

On doit conclure de ce fait que la soustraction du calorique du corps vivant, quand il n’y est pas produit en surabondance, est une cause déprimante de l’action de la force vitale. Je dis quand il n’y est pas produit en surabondance, car dans ce cas au contraire l’action du froid est salutaire en soustrayant l’excès de calorique dont l’accumulation ne doit pas dépasser certaines limites, au-delà desquelles il produirait l’oppression de la force vitale par excès de stimulation.

Si le calorique de l’incubation venait à manquer quand les organes ne sont pas encore en état de produire des stimulus suffisants résultant de leurs fonctions, la force vitale cesserait son action et la vie qui en résultait cessei’ait aussi. Car c’est un fait que la force vitale ])cut l)ien exister, à l’état latent et sans

ügir, pendant un temps plus ou moins long, comme dans le germe de l’œuf, par exemple ; mais il est aussi de fait qu’une fois que cette force a été mise en action, si cette action vient à cesser par défaut de stimulus pendant un temps suffisamment prolongé, mais assez court cependant, la force vitale elle-même cesse d’exister sans retour.

Cette loi n’est pas absolue cependant pour tout le règne animal, ce que prouvent les faits que cite Barthez, (g), relatifs aux rotifères qui se dessèchent quand le sable dans lequel ils vivent vient à se dessécher, qui peuvent rester ainsi une année et plus à l’état de dessication et ressusciter ensuite si on mouille l’animal avec une goutte d’eau qui le pénètre et le gonfle.

Barthez dit que de semblables résurrections, même après plusieurs années, ont été observées dans le volvoce, le tardigrade, les vibrions, dans des espèces de vers anguilliformes du blé rachitique et de la colle de farine; faits qu’il cite d’après Fontana et Dom Roffredi. On a vu aussi revivre de la même manière longtemps après le dessèchement les filets de la trémelle. Barthez pense que dans ces cas il est vraisemblable que le principe de vie n’existe plus dans ces animalcules et qu’ensuite il leur est rendu. Comment? Barthez ne le dit pas, et ce n’est pas par l’eau qui ne le possède pas.

Pourtant, dit-il, il n’est pas absolument impi'oba-

(g) Nouveaux éléments de la science de riiommc, t. I, |i. OU et s'"'', des notes.

blc qu’un principe de vie ne réside encore dans ces atomes. C’est cette dernière hypothèse qui pour moi est la vérité ; la force vitale redevient latente comme elle est dans un germe, la dissication de l’animal est compatible avec sa présence et elle se remet en activité aussitôt que des conditions appropriées à ses aptitudes surviennent dans l’être desséché.

D’après ce qui précède on voit, que la vie est le résultat de l’action de la force vitale excitée et entretenue par des stimulus appropriés aux aptitudes de cette force.

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