III
Les polypes d’eau douce présentent une particularité de nature à nous éclairer sur la manière d’être de la force vitale ; ainsi chez eux la force vitale se divise avec l’individu, de sorte que la pai’tie détachée continue de vivre , se développe et constitue en vingt-
quatre heures un nouvel individu parfait, (h). Nous reviendrons plus loin sur ce fait, mais pour le moment nous ferons remarquer que chez ces animaux le stimulus réparateur, le fluide nutritif, se produit et se met en présence de la force vitale par un mode extrêmement élémentaire et qui est compatible avec les conditions dans lesquelles se trouve la partie détachée de l’individu ; la force vitale qui anime cette partie continue à agir comme auparavant , parce qu’elle se trouve comme par le passé en présence de son stimulus nutritif.
On voit pourquoi dans les autres animaux, à organisation plus compliquée, une partie séparée de l’individu cesse de vivre, le stimulus réparateur ne pouvant se produire dans cette partie qui le recevait des organes centraux chargés de l’élaborei* et de le transmettre, la force vitale cesse son action par l’absence du stimulus nécessaire à son existence. Nous voyons en effet qu’une partie entièrement détachée du corps de l’homme ne meurt pas et se soude, si étant adaptée convenablement sur l’endroit d’où elle a été détachée, les conditions de structure sont telles que les troncs vasculaires de la partie détachée puissent correspondre plus ou moins parfaitement avec ceux dont ils étaient la continuation , de manière à ce que le sang puisse pénétrer jusque dans leur calibre, c’est ce qui arrive en réadaptant l’extrémité d’un doigt, du nez, etc.
(Il) Valinonl-Honiare, dictionnaire raisonné d’histoire naturelle, édit., t. 11, J). 3G8 et s.