‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 34 sur 81 · SAT PRE · texte numérisé non relu

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ET LE CANADA. 161 seils désintéressés? J'ai entendu, à la vérité, des jeunes gens parodier avec humour ces discours des Smith et des Jones des mectings, à la grande jubilation de leur auditoire ; mais les Smith et les Jones n'en ont pas moins conservé l'oreille du peuple, et ils n'ont pas cessé de gouverner les États-Unis.

Pendant longtemps les événements ont semblé donner raison aux Smith et aux Jones. La population et la richesse avaient aux Etats-Unis un taux d'accroissement jusqu'à présent sans égal dans le monde, et qui n'avait pas baissé mème pendant la guerre de la sécession et dans les années suivantes.

— Voyez: reprenait Smith bientôt après dépassé par Jones, nous avons soutenu la plus cffroyable guerre civile dont le monde ait jamais été témoin... une guerre américaine, c’est assez dire ! Nous avons perdu À million d'hommes et dépensé 14 milliards ; nous avons émis des quantités énormes de papiermonnaie, taxé et surtaxé toutes les branches du revenu et de la consommation, et, bien loin d’entamer la prodigieuse vitalité du peuple américain, il semble, au contraire, que nous l’ayons surexeitée et accrue. Ce qui aurait ruiné tout autre peuple nous a enrichis, et nous suivons plus triomphalement que

jamais le cours de nos glorieuses destinées. Hurrah ! hip ! hip! hurrah! pour la grande république ! Cependant, voici qu'on apprend, par ane belle soirée d'octobre 1873, qu'il y a une débâcle dans Wall

Street, que les faillites succèdent aux faillites, et

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que les maisons auxquelles on aurait donné du crédit pour des millions ne valent plus 1 dollar. Grand émoi dans le monde financier et commercial. Mais, après tout, n'est-ce pas un événement assez ordinaire qu’une crise? Celle-ci passera comme ont passé les autres, et quand l'horizon aura été balayé par l’ouragan, le glorieux vaisseau de l’Union reprendra sa course majestueuse. On se rassure donc, et l’on attend la reprise des affaires ; on l'attend depuis trois ans, et aucun signe n’est venu encore annoncer que ce cataclysme ait cessé. Aucune colombe n’est sortie de l'arche. En même temps on annonce qu'une bande de voleurs s’est emparée des administrations publiques; qu’il y a des con: :ssionnaires jusque dans les postes les plus élevés ; que le Sud est mis au pillage par les carpet-baggers ; que le revenu des accises et des douanes passe pour les deux ticrs dans les poches de ceux qui sont chargés de le percevoir ; que la marine marchande, dont le tonnage dépassait naguère celui de la marine britannique, est en pleine décadence. On s'étonne, on s'inquiète, le cri de réforme sort de toutes les bouches, et les Smith du parti républicain aussi bien que les Jones du parti démocrate crient plus haut que tout le monde.

On en est là aujourd'hui; mais il ne suffit pas, nous le savons par expérience, de crier sur les tons les plus variés le mot réforme ! réforme! pour remédier aux maladies politiques et économiques d’une nation. 11 faut savoir préalablement ce qu’il faut ré-

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former et comment il faut’ réformer. Il faut savoir d'où vient le mal, connaître le remède propre à le guérir, et ne pas ignorer non plus à quelle dose il convient de l’appliquer. Il faut, en un mot, posséder les rudiments des sciences politiques et sociales, et voilà malheureusement ce qui fait défaut aux États- Unis plus encore que dans notre vieille Europe. Au moins, les expériences malheureuses que nous avons faites n’ont-elles pas été tout à fait perdues; si nous ne connaissons pas toujours les remèdes qui guérissent, nous avons appris, à nos dépens, à discerner ceux qui ne guérissent pas ; noussavons, par exemple, qu'un changement de gouvernement ou même le renversement d’un cabinet n’est pas une panacée. Aux États-Unis, où l’on est plus jeune et où l’on est naturellement convaincu que l’on n’a rien à apprendre de la vieille Europe, qu'il est par conséquent superflu d’y chercher des exemples ou des leçons, — aux États-Unis, dis-je, on est resté persuadé que le remède aux maux dont on souffre réside uniquement dans le remplacement ou dans le maintien aux affaires de tel ou tel parti. Écoutez les démocrates : ils vous diront que le mal vient de ce que le parti républicain gouverne l’Union depuis seize ans, et que l'avénement du parti démocrate rendra indubitablement au pays son ancienne prospérité. Écoûtez, au contraire, les républicains : ils vous affirmeront que le mal, singulièrement exagéré d’ailleurs, a pour cause unique l’ambition effrénée des démocrates, et

leur prétention injustifiable de remplacer l’administration républicaine.

La question sera décidée avant peu, vous le savez. Les pouvoirs du Président Grant expirent au mois de mars 1877, et le 7 novembre prochain, l'Union procédera à la nomination des électeurs présidentiels, avec mandat impératif. Les deux partis entre lesquels se divise l’Union, les républicains et les démocrates, se sont réunis, ceux-là à Cincinnati, où ils ont élu pour candidat à la présidence M. Hayes, à la vice-présidence M. Whéeler; ceux-ci à Saint-Louis, où ils ont choisi M. Tilden, le célèbre gouverneur de New-York, et M. Hendricks. À ce propos, quelques mots sur l’organisation des partis aux États-Unis ne seront pas inutiles. Les États-Unis sont, comme personne ne l’ignore, l'État le plus démocratique qui füt jamais : tous les citoyens, les nègres compris, sont électeurs et éligibles, toutes les fonctions importantes, politiques, administratives et Judiciaires, sont non-seulement soumises à l'élection, mais encore renouvelables à court terme, un an, deux ans, quatre ans au plus. En droit, le gouvernement américain est done, à tous ses degrés et dans toutes ses branches, la chose des 10 millions d’électeurs américains, et jamais souverain plus absolu n’a régné sur les bords de l’Euphrate ou du Gange. En fait, le gouvernement des États-Unis, à tous ses degrés et dans toutes ses branches, appartient à une classe de

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2 ou 500,000 poliliciens, divisés en deux camps irréconciliables, et qui trouvent, dans la politique et l'administration de l’Union, des États et des villes, leurs moyens d'existence. Ils font de la politique comme les manufacturiers font des étoffes de laine ou de coton, et comme les cordonniers font des souliers. Ce n’est point un mal, et je dirai même que cette division du travail a été aux États-Unis, comme ailleurs, un progrès nécessaire. Au temps où nous sommes, tous les citoyens ne peuvent pas plus s’adonner aux besognes de plus en plus difficiles et compliquées que comportent le gouvernement et l’administration, qu’ils ne peuvent fabriquer eux-mêmes leurs habits et leurs souliers. Mais que dirait-on d'une manufacture de draps ou de souliers dont les consommateurs, réunis dans leurs comices, se charseraient tous les ans, tous les deux ans ou tous les quatre ans, de renouveler le personnel? IL est vraisemblable que la fabrication de ces articles de première nécessité laisserait à désirer, et que les consommateurs courraient même le risque de payer de plus en plus cher des habits et des souliers de plus en plus mauvais. Tel est pourtant le régime politique des États-Unis, ct, n’en déplaise aux Smith et aux Jones des deux mondes, je ne puis le considérer comme le dernier mot de la science politique et de la sagesse humaine.

Les deux partis qui se disputent ici l'exploitation de la « manufacture » sont organisés comme l'était,

au moyen âge, la milice féodale. Dans chaque district, dans chaque ville, dans chaque comté, dans chaque État, et finalement dans l'Union elle-même, il y a une série de comités qui se chargent de convoquer les réunions de cette milice politique chaque fois que l'intérêt du parti l'exige. Lorsqu'il s’agit d’une élection présidentielle, le ban et l’arrière-ban sont mis en branle; on nomme dans toute l’étendue de l’Union, des délégués qui se réunissent en Convention nationale et désignent, à la majorité des suffrages, le candidat du parti. Le candidat désigné, on convoque des meetings, on organise des processions, on répand des journaux et des pamphlets; on ne recule, en un mot, devant aucune démarche et aucune dépense pour assurer son succès. Et, vraiment, la chose en vaut la peine ! Le prix de ce concours politique, ce n’est nt plus ni moins que le budget, Le parti vainqueur s'empare invariablement, par droit de conquête, de toutes les fonctions rétribuées qui dépendent de l’administraon. Il y atrente ans, on n’en comptait guère que 5,000 ; depuis la guerre de la sécession et le développement énorme des services qu’elle a exigé, soit pour la recette, soit pour la dépense, le nombre en a été porté, assure-t-on, à 80,000 et même à 100,000.

Sans doute, la masse électorale conserve le droit imprescriptible de disposer de ses votes comme bon lui semble ; mais, en fait, chacun, sous peine de perdre sa voix, est obligé de voter pour l’un des

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deux candidats désignés par la Convention nationale des politiciens républicains ou des politiciens démocrates, Sans doute encore, chacun a le droit de s’enrôler parmi les politiciens; ils ne forment pas une oligarchie fermée, mais c'est un métier que les hommes de loi et les faiseurs d’affaires peuvent seuls combiner, sans dommage, avec leurs occupations habituelles, C’est d’ailleurs un métier qui exige une certaine élasticité de conscience, et dont les profits sont trop aléatoires pour attirer les gens honorablement et solidement établis. Ceux-ci font volontiers profession de mépriser les politiciens, et ils s’éloignent mème de plus en plus de la politique active. Il en résulte que le pouvoir des politiciens va s’accroissant chaque jour, et que le contrôle des classes éclairées sur la direction des affaires devient, chaque Jour aussi, moins attentif et moins efficace.

Cette esquisse, assurément fort incomplète de l’organisation des partis, vous expliquera la violence des luttes électorales aux États-Unis, et j'ajoute aussi, de la stérilité de leurs résultats. Dans la lutte actuelle, par exemple, les deux partis ont fait assaut de promesses, J'ai sous les yeux les platforms (programmes) des Conventions de Cincinnati et de Saint- Louis, ainsi que les réponses qu'y ont faites les candidats désignés; et certes, à part quelques lacunes, elles sont de nature à satisfaire les amateurs de réformes les plus exigeants et les plus difficiles.

Une analyse sommaire de ces deux pièces Importantes vous permettra d'en juger.

La platform républicaine débute natureilement par l'éloge de l'administration républicaine, qui à maintenu l'intégrité de l'Union et aboli Pesclavage ; elle déclare, en opposition avec la doctrine de la souveraineté des États invoquée par les sécessionnistes, que les États-Unis sont une «nation» et non pas une « confédération »; elle justifie la politique du part républicun à l'égard du Sud, en ajoutant que c’est le devoir du gouvernement d'écarter toutes causes de juste mécontentement de la part des différentes classes de la société, et d'assurer à tout citoyen américain une complète liberté et une exacte égalité dans Pexererce de tous ses droits eivils, politiques et publics. Pour ce qui concerne la grosse question de la corruption administrative ou de «la réforme du service @vil », la platform républicaine n’est pas moins explicite. « La règle imvariable pour les ne ninations doit être, avant tout, d’avoir égard à lhonnèteté, à la fidétité et à la capacité des candidats, tout en attribuant au parti aux affaires les places dans lesquelles l'intérêt de l'harmonie et de lPefficacité de Padministration exige que sa politique soit représentée, mais en laissant toutes les autres ouvertes à des personnes choisies seulement en vue de rendre Île service public aussi efficace que possible, et de montrer une juste délérence au droit de tous les citoyens à participer à lhonneur de servir fidèlement leur

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pays.» De plus, les auteurs de la platform se réjouissent de la sensibilité que manifeste la conscience publique à l'égard de Ta gestion des affaires du pays. « Nous ferons peser disent-1ls — pour répondre à ce sentiment — sur tous les fonctionnaires une responsabilité rigide, etnous tiendrons la main à ce que les poursuites et le châtiment de tous ceux qui trompent la conscience publique soient prompts, sévères et inévitables. » Quant à la reprise des paiements en espèces, € la prospérité commerciale, les besoins publies et le crédit national exigent que la promesse solennelle du gouvernement du Président Grant soit fidèlement accomplie par un acheminement continu et sûr vers la reprise des paiements en espèces, » — Sur la question des tarifs, la platform, qui est oblisce de rassurer les protectionnistes des États de l'Est, ses plus fidèles soutiens, sans décourager les libreéchangistes Cu Sud ou de FOuest, est d'avis que le revenu doit être largement tiré des droits d'importaon combinés de manière à protéger les intérêts du avai américain et favoriser la prospérité du pays tout entier. La platform déclare encore que le sysème des écoles publiques est le boulevard de la république américaine et qu'elle s'oppose à toute subvention des écoles ou des institutions placées sous la direction d’une secte (under sectarian control) ; cile se prononce énergiquement contre l'allocation des terres publiques à des corporations et à des

monopoles; elle deminde des modilieations aux

Lraités existants avec les gouvernements européens, afin d'accorder aux citoyens adoptifs de l'Amérique la même protection qu'aux Américains de naissance, ainsi que les lois nécessaires pour protéger les émigrants ; elle réclame une enquète immédiate sur l’immigration des Mongoliens (Chinois) ; elle s’applaudit des progrès qui ont été faits dans ces derniers temps vers la reconnaissance de l'égalité des droits des femmes, et elleajoute que toutes les demandes horinêtes qui pourront être faites dans ce sens seront prises en respectueuse considération ; elle est d’avis que c’est le droit et le devoir du Congrès de prohiber et d’extirper dans les Territoires ce reste de la barbarie : la polygamie ; elle recommande au gouvernement de tenir fidèlement les promesses de récompen. ses faites aux soldats et aux marins qui ont exposé leur vie pour le salut du pays. Enfin elle appelle l'attention publique sur le grave danger auquel le succès du parti démocrate ne manquerait pas d'exposer l'Union en faisant renaître les luttes intestines, en mettant en péril l’horneur national et les droits de l'humanité, car l'esprit et le caractère du parti démocrate n'ont pas changé : 1l est resté ce qu'il était à l’époque où 1l sympathisait avec la irahison. Telle est, en subs{anee, la platform des républicains.

La platform des démocrates est d’un ton plus visoureux encore, et elle est aussi plus abondante en promesses, Ses auteurs débutent par repousser le reproche de vouloir rowwrir la question de la séces-

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ET LE CANADA. 171 sion en affirmant « leur foi dans la permanence de l'Union fédérale, leur dévouement à la Constituion des États-Unis avec ses amendements universellement acceptés comme un règlement définiif des comkoverses qui ont engendré la guerre civile, » Hs acquiescent d'une manière absolue au prinespe de la soumission à la volonté de la majorité,

- ce principe vital des républiques, — et à ces autres primeipes non moins vitaux de la suprématie de l’autoriié cvile sur l'autorité militaire, de la séparation de l’Église et de l'État, de l'égalité de tous les citovens devant de justes lois. Mais 1ls pensent que, pour maintenir les liens de l’Union et soutenir la grande Charte de ses droits, un peuple libre doit pratiquer aussi cette éternelle vig'lance qui est le prix de la liberté. La réforme est nécessaire pour réconforter le cœur du peuple de l'Union qui a heureusement échappé, il y a onze ans, au danger de la sécession, mais qui doit être sauvé maintenant d’une centralisation corrompue, laquelle, après avoir infigé à dix États de l'Union la tyrannie rapace des carpet-baggers, a rempli les bureaux du gouvernement fédéral de l'incapacité, du gaspillage et de la fraude, infecté les États et les municipalités de la contagion du mauvais gouvernement, et arrêté Ia prospérité d’un peuple industrieux. La réforme est nécessaire pour rétablir une circulation saine, restaurer le crédit public et maintenir l'honneur national. fei les auteurs de la platform dénoncent

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l’imprévoyance qui, pendant onze années de paix, a soutiré au peuple, en taxes fédérales, treize fois le montant de la totalité du papier-monnaie, et dilapidé quatre fois cette somme en dépenses inutiles sans accumuler aucune réserve pour la reprise des paiements en espèces. Ils dénoncent l’imbécillité financière et l’immoralité de ce parti, qui non-seulement n'a pas fait un pas vers la reprise des paiements, mais qui l’a entravée « en gaspillant nos ressources et en épuisant l’excédant de nos revenus. » Ils dé. noncent encore — et ceci n’est pas la partie la moins raisonnable de la platform des démocrates — ils dénoncent le tarif actuel, levé sur près de 4,000 articles, comme un chef-d'œuvre d’injustice, d’inégalité et de faux calculs. Ce tarif a appauvri une foule d'industries, pour en subventionner un petitnombre; il prohibe l'importation qui pourrait acheter les produits du travail américain ; il a dégradé le commerce américain du premier rang pour le reléguer à un rang inférieur dans les hautes mers ; 1l a arrêté la vente des produits des manufactures américaines à l'intérieur et au dehors, et empêché les retours de l’agriculture américaine, — une industrie qui occupe la moitié de la population ; 1l coûte au peuple cinq fois plus qu'il ne rapporte au Trésor, empêche les progrès de la production et gaspille Les fruits du traval; enfin il encourage la fraude et la contrebande, enrichit des employés malhonnètes et conduit à la banqueroute d’honnètes négociants. Ils demandent,

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en résumé, que les taxes de la douane n'aient pas d'autre objet que le revenu.

«€ La réforme est nécessaire, poursuivent-ils, dans les dépenses publiques de la Fédération, des États et des municipalités. £es taxes fédérales ont monté de 60 millions en or en 1860 à 450 millions en papiermonnaie en 4870, c’est-à-dire, en une dizaine d’années, de moins de 5 dollars par tête à plus de 18. Depuis la paix, le peuple à payé aux collecteurs de taxes plus de trois fois le montant de la dette nationale, et plus de deux fois cette somme pour les dépenses du gouvernement fédéral. Ils demandent done une rigoureuse frugalité dans chaque département et chez tous les fonctionnaires du gouvernement. Îls demandent aussi que les fautes et les omissions commises dans les traités qui concernent les étrangers naturalisés soient corrigées, et que la côte du Pacifique soit préservée de l’invasion d’une race qui ne provient pas de la même souche que nous, et à qui, en fait, la loi refuse maintenant l’admission aux droits de citoyen par la naturalisation. Ils dénoncent la prétention d'encourager les écoles seclaires aux dépens des écoles publiques que le parti démocrate a toujours protégées depuis leur fonda- Uon, et qu'il est résolu à maintenir sans partialité ni préférence pour aucune classe, secte ou croyance, et sans allocation du Trésor pour aucune d'elles,

€ La réforme est nécessaire dans le service civil, L'expérience démontre qu’une conduite efficace et

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il économique des affaires du gouvernement n’est pas À possible si le personnel du service civil est exposé à 1! ! | changer à chaque élection, en devenant le prix d’un je à vote, la récompense du zèle de parti, au lieu d’être 4 LE : le prix de la capacité et de la fidélité au service pufi: | blic; ils demandent que la dispensation du patro- JU: EF LA 1 . nage ne soit ni une taxe levée sur le temps de nos qi hommes publics ni un instrument de leur ambition. si « La réforme est mème encore plus nécessaire (al dans les échelons élevés du service publie. Le Pré- Un |: sident, le vice-Président, les juges, les sénateurs, nn les représentants et tous les autres qui exercent l’au- ( tu fa torité sont les serviteurs du peuple. Leurs fonctions

re sont pas des propriétés privées, elles sont vn dépôt public. Quand les annales de cette république nous montrent la démission et la censure infligées à un vice-Président des États-Unis, un président'de la Chambre des Représentants traliquant de l'usage de ses prérogatives, trois sénateurs tirant profit de leurs votes comme législateurs, cinq présidents de comités dans la dernière chambre des Représentants pris en flagrant délit de simonie, un secrétaire du Trésor faussant les balances des comptes publics,

HE un attorney général donnant une destination indue k !; aux fonds de l’État, un secrétaire de la marine en- Di : rchi et enrichissant ses amis en prélevant un tanil ième sur les profits des fournisseurs de son dépar -

teinent, un ambassadeur en Angleterre blâmé pour avoir pris part à une spéculation déshonorante, le

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