‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 38 sur 81 · LE # LM · texte numérisé non relu

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des Représentants, soixante-quatre personnes qui ont été officiers ou soldats de la Confédération? »

Passant à l'examen de la platform démocratique de la Convention de Saint-Louis, l’orateur s'arrête à cette déclaration par laquelle les rédacteurs de la platform affirment leur confiance dans « la permanence de l’Union, » et « leur dévouement à la Constitution. »

« Quand on pense, dit-il, que près de la moitié des auteurs de cette déclaration ont participé à une rébellion armée pour détruire l'Union, et qu'ilsavaient alors les sympathies de l’autre moitié, on sait la foi qu'il faut avoir dans leurs déclarations en faveur de la permanence de l’Union; quand on sait que pendant quatre ans la moitié, avec les sympathies de l’autre moitié, a soutenu une guerre sanglante pour mettre la Constitution en morceaux, on mesure ce que peut valoir leur dévouement à la Constitution. Qu'ils aiment l’Union et la Constitution comme ils les ont toujours aimées, voilà ce qu'il nousest permis de croire. De pareilles déclarations ne sont-elles pas la plus hideuse des moqueries et le plus flagrant des mensonges? »

Passant encore à cette autre déclaration de la Convention de Saint-Louis, qu'il importe que le pays, après avoir été préservé des dangers de la sécession, le soit aussi des maux d'une centralisation corrompue : « Quand vous réfléchirez , s’écfie le bouillant sénateur républicain, que la plupart des hommes qui ont fait cette déclaration sont les mêmes per-

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sonnes, identiquement les mêmes, qui ont entrepris il y a onze ans de détruire l’Union, et qui ont imposé à la nation toutes les horreurs et tous les sacrifices de la guerre civile, vous pourrez comprendre toute l'audace et l’insolence dc ce mensonge. Les auteurs de la guerre, les créateurs de la dette nationale, les artisans du désordre et de la révolution dans les États, directement responsables de tous les maux et de toutes les calamités qui ont été les conséquences du grand conflit, les voilà qui ont l’effronlerie d’imputer leurs propres crimes au parti républicain! Examinons un moment la composition de la Convention de Saint-Louis, qui a adopté cette remarquable platform et a choisi pour candidats ces deux réformateurs distingués : Tilden et Hendricks. Là se rencontrait le vieux propriétaire d'esclaves, le cœur gonflé d’amers souvenirs, convaincu que l’émancipation était un vol, et dont l’unique espoir réside dans l’allocation d’une « indemnité » par un gouvernement démocrate. Là se trouvait le vieil agitateur sécessionniste qui avait précipité les États dans la rébellion et rédigé les actes de sécession. Là étaient les officiers et les soldats qui avaient fait flotter le drapeau confédéré sur les champs de bataille teints ‘du sang de leurs compatriotes, et qui se glorifient de leurs exploits comme de titres légitimes à la députation et aux empleis. Là étaient les membres du Congrès rebelle de Richmond qui avaient débattu, portes closes, la question du drapeau noir. Là étaient

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