‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 62 sur 81 · PRE · texte numérisé non relu

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ET LE CANADA. 265 fronter la réprobation de l'opinion publique. C'étaien: des Yankecs, habitués à surmener leurs ouvriers, et qui transportaient dans le Sud les habitudes de rapacité du Nord; ou bien encore dans la Louisiane, par exemple, où il était permis aux gens de couleur de posséder des esclaves, c'étaient des mulitres : les maîtres les plus impitoyables qui existent. En général, Pesclavage avait conservé dans le Sud un caractère patriareal; c'était en quelque sorte la forme primitive de l'assurance sur la vie : le nègre nous donnait son travail, nous lui assurions en échange son entretien et celui de sa famille. Ceux qui se sentaient capables d'assurer eux-mêmes leur existence amassaient un pécule et se rachetaient ; mais c'était le petit nombre. La plupart d’entre eux se montraient salisfaits de leur sort, et on n’entendait dans la campagne que le bruit de leurs chansons. On disait d'eux qu’ils étaient la joie du Sud. Ils chantent moins aujourd’hui ! — Comme, après tout, c’est une bonne race dévouée et fidèle quand elle n’est point pervertie par l’abus de la liberté ou par des suggestions malfaisantes, nous nous étions attachés à nos esclaves, et ils nous le rendaient. En voulez-vous une preuve décisive? Nils avaient été, comme on le suppose, les victimes d'une oppressten Hapitoyable, n'auraient-ils pas profité de la guerre de la sécession pour secouer violemment le joug? Que s'est-il passé alors? Tous les blancs valides étaient à l'armée : il ne restait dans les habitations

que des femmes, des enfants et des vieillards. Les nègres se sont-ils révoltés? [ls n'y ont pas songé, quoique les excitations du dehors ne leur aient pas manqué ; jamais ils ne se sont montrés plus paisibles

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et plus soumis. Quand l'émancipation est venue, ils se sont cnfuis comme des écoliers le jour des va- 7 eances ; mais plus tard, lorsqu'ils se sont aperçus

Lt que la liberté ne leur donnait pas le pain de chaqw À i: 14e | jour, le plus grand nombre d’entre eux sont revenus jt 1 La demander du travail à leurs anciens maitres, et his À chaque fois qu’il leur arrive une maladie ou un évé-

nement fàächeux, chaque fois qu'ils ont besoin d’un

secours ou d'un conseil, c’est à ceux qu'ils s’adres-

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14 « Maintenant, ce serait une erreur de croire que ;

nous regrettions l'esclavage et que nous voudrions le À

| rétablir si nous en avions le pouvoir. Non! Si para- |

it V4 doxale que vous semble cetteopinion, Pesclavage était

. | aussi nuisible aux blanes qu'il:était favorable aux Ë

DU Me, noirs. Ge n’est pas impunément qu’une race supé- à

L ï M ricure se trouve perpétuellement en contact avec une Ü

1h race inférieure. Le nègre importé d'Afrique était un : CR animal sauvage dont nous avons fait un animal do- L: | 4 mestique et parfois un homme, en lui inculquant des À | 1 habitudes régulières de travail, des besoins et des ! L. goûts plus ou moins raffinés; mais, en vivant au NU milieu de ses nègres et de ses négresses encore à Î Mie demmi-barbares, le propriétaire blanc devenait, en

revanche, moins civihisé. Î prenait les défauts et les

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ET LE CANADA. 265 vices de ses esclaves; le relâchement de leurs mœurs, les habitudes de promiscuité qu'ils avaient apportées d'Afrique et auxquelles ils sont en train de retourner devenaient contagieuses : la proportion constdérable des sangs mélés en fait foi; aujourd'hui que ce contact à cessé, aujourd'hui qu'il n’y à plus entre le blanc et le nègre d'autres rapports que ceux de lentrepreneur et de Fouvrier, du maitre et du domestique à gages, chacun vit dans sa sphère naturelle, et la barbarie nègre a cessé de déteindre sur la civilisation blanche, IFn°y a plus guère de mélange entre Les deux races etil y en aura de moins en moins ; si le nègre y perd, le blanc ne peut manquer d'y gagner.

« Vous êtes étonné d'entendre soutenir que lesclavage, malgré ses défauts et ses abus, était à lavantage des nègres. C'est que vous jugez des nègres par les blancs. Vous partez de ce principe européen que tous les hommes sont égaux, par conséquent également dignes d’être libres, et capables d'user utilement de leur Hberté, est possible que ce principe soit vrai pour les hommes appartenant à la race caucasienne, il est visiblement faux en ce qui coneerne la race nègre. C'est, quoi qu'en puissent dire les philanthropes qui n'ont jamais vu de nègres, une race inférieure, ou si vous voulez, arriérée, Le nègre est un grand enfant, et il n’est pas plus capable de se vouverner lui-méme que ne le serait un enfant, Supnosons qu'on s'avise daffranchir, à partir de

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