‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 63 sur 81 · TRE E · texte numérisé non relu

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l’âge de sept ans, les jeunes Européens des deux sexes de l'esclavage injustifiable où les retiennent leurs parents; supposons qu’on leur accorde Îles droits civils sans oublier même les droits politiques, qu'en adviendra-t-1l au bout de quelques générations ? N'y a-t-il pas apparence que la liberté accordée à des mineurs incapables d’en user tournera à leur détriment, que les enfants trop tôt émancipés ne deviendront jamais des hommes, et que les nalions au sein desquelles ce « progrès » aura été réalisé courront le risque de s’éteindre? Telle à été la destinée des nègres dans toutes les colonies où 1ls sont devenus libres, et particulièrement à Saint-Domingue, où cependant ils sont les maitres, où il est même interdit aux blanes de posséder des terres et d'acquérir des droits politiques. Ils étaient 400,000 à l’époque de l'émancipation, ils sont à peine 50,000 aujourd'hui, et, au lieu de s’élever à la civilisation européenne, 1ls sont retournés à la barbarie africaine. Car c’est là ce qui différencie complétement le nègre du blanc: en supposant que les classes que vous appelez dirigeantes viennent à disparaitre du jour au lendemain et qu'il ne reste en Europe que Pouvrier et le paysan, la civilisation subira certainement un temps d'arrêt; mais au bout d’un temps plus ou moins long une nouvelle classe dirigeante se formera, el la civilisation reprendra son essor. Au sein de la race nègre, les individualités capables de s'élever sont trop peu nombreuses pour constituer une classe

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ET LE CANADA, 267 dirigeante ; c’est pourquoi le nègre abandonné à lui-même retourne à la barbarie, et, comme toutes les races à l'état barbare, il ne résiste pas, en l’absence d’une tutelle, au contact de la civilisation. Au lieu de s’assimiler les qualités et les vertus conservatrices des races civilisées, il emprunte leurs vices destructeurs. C’est ce qui est arrivé à l'Indien, c’est ee qui arrive aujourd'hui au nègre. Consultez les relevés de l'état civil dans le Sud, et vous verrez que la mortalité des enfants de la race nègre est, proportion.gardée, double ou triple de celle des enfants de a race blanche. Ceux qui survivent, abandonnés à leurs instincts, sans surveillance et sans discipline, forment une pépinière de vagabonds et de voleurs. La nouvelle génération vaut moins que lancienne, élevée sous l’esclavage ; la prochaine vaudra moins encore. Les nègres ne soignent ni leurs enfants, ni leurs parents, ni eux-mêmes ; ils sontincapables d’observer les lois les plus nécessaires de l’économie et de l'hygiène domestiques, faute d’une force morale suffisante pour résister aux appélits brutaux et désordonnés dont la nature les à richement pourvus. Voilà pourquoi, le whisky aidant, avant un siècle ils auront disparu de la terre américaine sans y laisser plus de traces que Pindien Peau-Rouge. La tutelle rude mais indispensable de l'esclavage seule leur permettait d'y vivre, en s'élevant peu à peu dans l'échelle des races. La Hberté les tuera.

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l'esclavage, nous en avons fait notre deuil, et nous n'en voulons pas au Nord de lavoir aboli. Seule. ment, était-1léquitable de l'abolir par voie de confiscalion, sans allouer aucune indemnité aux propriélaires ? — C'était une mesure de guerre, disait-on ; mais le droit des gens n'interdit-il pas la confiscation des propriétés privées, même comme mesure de guerre? Nos esclaves constiiuaient la plus forte part de notre capital; c'est une valeur de deux ou trois milliards de dollars (40 à 15 milliards de francs) qui nous a été soustraite du jour au lendemain. N'élait-ce pas un abus flagrant et odieux de la victoire ? Ne faudrait-il pas remonter aux iemps les plus barbares pour rencontrer un pareil attentat contre la propriété ? Des milliers de familles opulentes ont été réduites à la misère pour expier ce prétendu erime d'avoir possédé des eselaves, dont l'importation était, il y a un siècle à peine, la principale branche de commerce de Boston, et notre économie rurale en a été bouleversée, Des propriétés hypothéquées au dixième de leur valeur ont dû être vendues parce que la valeur du terrain dégarni de son cheptel avait cessé de couvrir Phypothèque ; les grandes exploitations ont été morcelées, et ila fallu, faute de capital, recourir au mélayage pour continuer la culture. Le propriétuire à fourni la terre et ee qui lui restait de cheptel à des petits entrepreneurs noirs ou blancs, auxquels 11 à abandonné le Uers ou le quart de la récolte ; mais que devient la terre dans

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ET LE CANADA. 209 ce système ? Elle ne tarde pas longtemps à s’épuiser, le mélayer ou le fermier à court terme n'ayant aucun intérêt à lentretenir en bon état ; aussi voyonsnous la culture du coton se déplacer rapidement : elle abandonne la région de l'Est pour les terres neuves de l'Ouest, jusqu’à ce que celles-ci soient épuisées à leur tour. Et qu'a gagné le Nord à notre ruine? Avant l'émancipation, le Sud était par excellence le marché du Nord, sa vache à lait ! Depuis que le Sud est ruiné, la santé du Nord est-elle devenue meilleure? Demandez à ses manufacturiers le compte de ce qu'ils nous vendaient avant la confiscation de nos esclaves et de ce qu'ils nous vendent aujourd’hui? La crise dont souffre le Nord n'est-elle pas le fruit amer de sa politique destructive à légard du Sud ?

€ Remarquez encore à ce propos la profonde 1niquité du régune douanier auquel F1 prépondérance politique des États manufacturiers du Nord à assujeu le Sud agricole. Notre production était, avant la guerre, exclusivement agricole, et c’est seulernent depuis peu d'années qu'on à établi dans le Sud un peut nombre de manufactures de coton. Nous exportions en Europe notre colon, notre sucre, notre riz, notre tabac ; en vertu du cours naturel des choses, nous devions demander en retour à FEurope ses produits manufacturés. Mais nos frères du Nord ne lentendaient pas ainsi. Hs avaient établi des manulactures ; 11s ont trouvé commode el avantageux de

lu ‘ Lit | t4 À : 270 LETTRES SUR LES ÉTATS-UNIS 14 L k les protéger à-nos dépens ; tous les articles que nous 1h der recevons d'Europe ou que l'Europe pourrait nous FETE fournir sont assujettis à des droits de 35 à 75 0/0 ; He YU | — sur les vins, les droits s'élèvent jusqu'à 300 0/0. 444 1% Qu'en résulte-t-11? C’est que le Nord peut nous faire ir : j payer ses produits de 35 à 75 0/0 plus cher qu'ils EHAET ne nous coûteraient en Europe. C’est un tribut pur pa 15 et simple qu'il prélève sur nous, et un tribut sans it | 149 compensation d'aucune sorte, En Europe, la protecit s tion peut encore se couvrir de prétextes plus ou pas h 4 moins spécieux. Si telle région fait les frais de la Ai 414 protection accordée aux industries d’une autre, en É Mie revanche elle a, de son côté, des industries à proté- ! PAT 3 uer, Chez nous, rien de pareil. Les manufactures de UE la Nouvelle-Angleterre nous achètent nos produits ! L'6RM aux prix de la concurrence, Ils nous vendent les É HR pe leurs aux prix du monopole. Gest comme si le Nord k a prenait dans nos poches la différence qui existe à | F0 entre les articles de consommation qu'il nous force Ê Lie hd à lui acheter et ceux des marchés d'Europe. I nous È | né ù à traite comme ses tributaires ; il a aboli chez nous : Mi l'esclavage domestique, qui obligeait les nègres à À Ans EL havailler pour nous, mais il ne se fait aucun scruie Li pule de nous obliger à travailler pour fui; il main- | 119 lient à son profit et à nos dépens la servitude éco- D" nomique.

pi « Ce est pas tout. Nos frères du Nord ne se sont À pis contentés de nous ruiner par la confiscation de LA nos nègres el de nous achever par leur tarif prohi-

1 qu'ils Jul pur ut sans proleclus ou s de fa tre, en protéures de roduits ent Îles le Nord existe s force | nous , TOUS gres à scrunäin-

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bitif, ls ont envoyé dans le Sud Pécume de leurs politiciens radicaux pour nous gouverner, À peine la guerre était-elle finie qu'on a vu s’abattre chez nous, comme une nuéc de sauterelles affamées, tout ce que le Nord comptait de politiciens discrédités et larés. [ls se sont emparés de l'esprit de nos nègres en trompant leur ignorance et en flattant leurs appéüts cupides ; 1ls ont capté leurs votes en leur promettant le partage de ce qui nous restait de nos biens, et l'allocation d’une portion de terre de quurante acres avec deux mules à chacun. Is ont poussé l'audace jusqu’à délivrer à leurs dupes de prétendus Uüitres de propriété en vertu desquels nos esclaves de la veille venaient envahir nos terres, qu'il nous à fallu défendre le revolver au poing. Grâce au ciel nous en sommes venus à bout ; mais les carpel baggers, de leur côté, n’en étaient pas moins arrivés à leurs fins. Ils avaient envahi les positions officielles, que nous avions eu peut-être le tort de ne pas assez leur disputer ; 1ls avaient entre les mains le gouvernément des États, c’est-à-dire la machine à lever des axes et à contracter des emprunts, el vous savez déja comment ils en ont usé. La Sicile m'avait pas été pillée par Verrès comme le Sud l'a été par les carpel baggers du Nord, car on ne connaissait pas, au emps de Verrès, le merveilleux mécanisme du crédit : on en était réduit à piller la richesse actuelle, on ne pouvait pas anticiper sur la richesse à vemr. À Ha lin, nous nous sonunes liyués contre cette bande de

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