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menses parallélogrammes jumeaux, bâtis en fer et en verre, que précède un édifice en pierre où l’on a placé l'Exposition des beaux-arts ; la pointe du bonnet est occupée par Agricultural-Hall, construction énorme et originale, formée de deux transepts croisés à angle droit, en style ogival, flanqués de tours en bonnets d'évèques et de petits dômes que l’on peut comparer, sans irrévérence, à des eitrouilles; le tout peint en vert, les citrouilles exceptées, qui sont du plus beau jaune. L’intervalle qui sépare le Main-Building et le bâtiment des machines d’Agricultural-Hall est rempli par une multitude de constructions de toutes les dimensions, de tous les styles, de toutes les couleurs, affectées aux destinations les plus variées. [lv à le bâtiment de lexposition du gouvernement des États-Unis, celui de l'exposition des femmes, une annexe du Main-Buildiny, le bazar japonais, les cottages des différents États de l’Union, les restaurants et les cafés, et une foule d’annexes et d’édicules particuliers, en tout 171
renfermant des locomotives et des voitures,
bâtiments couvrant une superficie de 75 acres, séparés par des allées qu’on a eu la fâcheuse idée de couvrir d’asphalte ; des pièces d’eau et des fontaines juillissantes; — il y en a une fort jolie de M. Bartholdi, l’auteur de la statue de PIndépendance, — et reliés par un chemin de fer qui n'est pas le moindre agrément de l'Exposition. La couleur chocolat au lait, si chère aux Américains, domine comme de
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raison dans le Main-Building et dans la galerie des machines; mais ailleurs éclatent toutes les couleurs de la palette, avec toutes les formes possibles et impossibles de larchitecture. Surmontez cette ville cosmopolite des drapeaux et des banderoles des diverses nations de la terre, se détachant sur un ciel bleu, pendant qu’un soleil tropical fond l'asphalte des allées, peuplez-la d’une foule bigarrée qui circule armée d’un parasol et d’un éventail chinois ou japrnais, qui se presse aux gares du chemin de fer intérieur, qui s’attable sous les tentes des restaurants et sous les auvents des cafés, affamée d'ombre, la fiyure en sueur et la bouche desséchée par un siroco dont le souffle chargé d’asphalte fait la fortune de la multitude des débitants de boissons qualifiées de rafraichissantes, ice creams, sodawater au gingembre, à la salsepareille, aux fraises, aux ananas, limonade glacée, calé glacé, bière glacée, et vous aurez une idée approximative de l'aspect extérieur de l'Exposition.
Le pare de Fairmount est passablement éloigné de Philadelphie, 10 bons kilomètres; mais nous ne sommes pas 11 dans le pays des monopoles : des véhicules de toutes sortes, cars, omnibus, chemins de fer et bateaux à vapeur, se font concurrence pour nous y transporter, sans que jamais nous soyons exposés à attendre plus de cinq minutes et à payer plus de 40 cents (50 c.). Prenons le chemin de fer de Pennsylvanie qui nous mettra en une demi-heure
à l'une des dix-sept portes à tourniquet de l’Exposition. Inutile de se presser aux guichets : on vend, comme des timbres-poste, les tickets des chemins de fer et des cars, et, lorsque vous en achetez six, vous n’en payez que cinq. Montons dans le train. Il a commencé à marcher, mais peu importe! Le conducteur nous laisse faire. Nous avons pu lire une affiche placée bien en vue et avertissant les voyageurs qu'il est dangereux de monter dans les voitures quand le train est en marche. Cela suffit, la Compagnie est en règle avec nous. Le reste nous regarde. Aux stations du chemin de fer intérieur, on y ajoute la recommandation de prendre garde aux pick-pockets, de ne pas mettre la tête en dehors de la voiture (la Compagnie de Pennsylvanie a préféré griller ses fenêtres, précaution utile, mais contraire aux principes), de ne pas fumer, parce que cela incommode les dames, enfin de se plaindre des employés qui se montrent peu respectueux à l'égard du publie. Nous arrivons à une station qui fait face au Main-Building. Nous présentons un billet de 1 dollar au tourniquet, on nous renvoie à un bureau de change ouvert à côté, où l’on nous remet deux billets de 50 cents, la Compagnie n'acceptant que des pièces ou des billets ronds de cette somme, pour la facilité du contrôle.
Prenons à droite, et allons d’abord jeter un coup d'œil sur l'exposition des beaux-arts. Sous le péristyle, une femme piquant un buffle représente la
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ET LE CANADA. 49 marche en avant, toujours en avant, des Etats-Unis. A côté, le président Blanco, du Venezuela, à cheval, fait pendant à un prince de Bismarck à pied. Entrons à droite : c’est l'exposition française. Voici les Sept pendus, de M. Becker, le portrait équestre de mademoiselle Croisette, des paysages et des tableaux de genre. En face, c'est l'exposition allemande. Voici la Capilulation de Sedan, dont il a été fait quelque bruit. Mais était-ce bien la peine ? Un vaincu pèle et d'apparence malingre s'incline devant un vainqueur bien en chair et haut en couleur. Entre eux, la partie u’était-elle pas vraiment par trop inégale, et peut-on savoir mauvais gré au peintre d’avoir fait ressortir d’une façon aussi palpable combien peu de mérite un vainqueur si gras avait eu à venir à bout d’un vaincu si maigre? Mais passons, et jetons un coup d’œil sur lexposition des États-Unis. Quelques portraits montrent de sérieuses qualités. Voiei M. Thiers, par Healv, qui a pris sur le vif cette physionomie spirituelle et malicieuse; voici un Lafayette en pantalon jaune serin ; puis M. Washburne et le président Lincoln à ses derniers moments. Un des assistants est assis sans facon sur le lit du mourant. C’est de la couleur locale. Viennent ensuite quelques bons paysages représentant la célèbre et romantique vallée de Yosemite, une des merveilles de la Californie; une récolte de la canne à sucre dans le Sud, qu'il est prudent de regarder avec un
verre noire, de crainte d’ophthalmie; enfin un
tableau historique, bien américain celui-là, représentant l'effet de lélectricité sur la culture de l'homme. Il est à compartiments et divisé en deux époques, intitulées l’'Ére de l'imagination et l'Ére de la science. Dans la première, on voit un homme et une femme peu vêtus, qui reculent épouvantés devant les éclats de la foudre; cette terreur ignorante donne naissance au mythe de Jupiter lançant ses carreaux, appuyé sur un aigle; après quoi un personnage d’une longueur extraordinaire, en costume de jésuite, répand les nuages de la superstition et fait allumer le bûcher de Jean Iuss. On pourrait signaler 1ci une légère erreur de chronologie, et faire remarquer que les jésuites n’existaient pas au temps de Jean Huss. Mais ce serait du pédantisme de la vicille Europe, et nous sommes en Amérique. I y parait bien dans la seconde période. On y voit d’abord Washington tenant d’une main le drapeau étoilé et de l’autre la Constitution américaine, éclairée par un jet de lumière électrique, avec cette légende : « La Constitution américaine clôt l’ère de la superstition en assurant [a liberté de la pensée. » Après Washington, voici Franklin, accompagné de son fils tenant un cerf-volant; 11 reconnait l’identité de la foudre avec l'électricité. Voici encore Galvani, Volta, Œrstedt, dans des attitudes scientifiques, qui découvrent les movens de développer le fluide électique, et finalement Morse, l'Américain Morse, qui invente le mécanisme nécessaire pour l'utiliser. Le
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