LETTRES SU H LES OUVRAGES
Adroite à connaître les caractères , elle sent
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ce qui lui manque auprès de Delphine: c’est • une personne qui saitn’êlrc jamais affectée* parcequ’elle serait devinée , qui voit clair sur elle-même, et se met à la place des autres pour
juger de l’impression qu’elle produit. Elle n’est • .
pas plus entraînée par la vanité que par le
sentiment ; elle est froide et maîtresse en tou t.
Malgré son tact et sa finesse, elle cause quel- • * . •*. « * quefois cependant , non pas de la défiance,' •'
mais de l’étonnement à Delphine , qui , sans
s’en rendre compte, ressent pour madame de
Veruon bien plus de tendresse qu’elle ne lui
accorde de confiance.
Jusqu'au moment où madame de Vernon a *
connu Delphine , ses talents.,- quelque détestables qu’ils soient , ont pu être utiles à sa vio
dans les circonstances où elle se trouvait. Du •moment où elle s’est mise en rapport avec une personnne parfaitement franche et généreuse ils ne lui sont plus que funestes ; c’était pour diriger des gens sans -vertus que ces tristes ta-
;p«r MADAME DB ’STAà.k' , 5 $
lents étaient nécessaires; et madame de- \er-
noit , jusqu’alors si habile, a montre peu de pénétration en ne, changeant pas dé système avec Delphiqe , en conservant, la meme coa- • duite dans désolations qui n’étaient plus les . mêmes. Si Delphitie avait connu plus tôt ma*, dame dé Yernon * si elle avait pu être contem-
• poraine dé sa jeunesse , sans doute elle i’cât ‘mise dan-s le Vrai "chemin- du bonheur et de la
vertu ; mais elle l’a connue trop tard.» et c’est une belle oppositio'n què celle de cette femme clicir laquelle le naturel' a été gâté, avec une autre femme chez qui les vertus devaient ton- < joui'6 triompher de toute influencé. ' V • On éprouve une indignation mêlée de pitié ' à voir madame deVetnon raéttse toute la profondeur de ses combinaisons à amenérle malheur d’une amie dont le cœur, dévoué lui eût
• toataccprdé ; à la voir employer toute sa puissance, toute $on adresse , toute $à connaissance,’ des hommes , pour acquérir un mari â s« fille, qui s’éloignera d’elle pour prix de «on. dévoue-:’
« oient.; .Quelque perfide que soit madame de
■Ver, non , elle ne pouvait peut-être s’abaisser à. tant de perfidies que pour sa fille ; mais comme
• mille loi dan» la nature ne permet d’immoler , tes antres aux intérêts des si^s , le motif de
Sa conduite n’en- diminue que bien peu Finlande : sa seule véritable excuse dé’ est que son triste cœur ne sait pas le mal qu’ij fait, et l.’év tendue des douleurs que l’humanité peut sentira, besentimeat qui l’empèehe de flëcjiir, quand Qelpbine , connajssantses trahisons, l’en conjure r est asseA noble , et la fierté vient conserver, quelque dignité à ce caractère si admjra-
• .blçment soutenu., ■ . •
i '• Que de talent dans cette scène de rupture l.
comme tout y es| dans la nature des deux personnages^ comme tout le caractère de madame de Vernons’y retrouvé ! Elle a justement l’api-
tude que sa fierté devait donner t» sa .perfidie • démasquée i'il y a. dans ses discours toute la dignièé et la fermeté qui lui sont naturelles , 'taule la mauvaise foi., l’adresse et, l’immora-