BE M UM1H DE STAËL
tiidc que «le 1 fierté, et dans ses sentiments plus
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d’égoïsme quedê passion véritable. .Toute l’exis-
de cet homme repoèe sur une idée fausse
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tence
il semble que dans la nature morale il ne puisse point y avoir de perfection avec utie 'telle base,*.
: et peut-être madame de Staël ,• qui avait besoin de cé caracfère v’itait-elle seule capable de le
rendre intéressant. ,
On prévoit d’avance quelles douleurs pour* ront naître de l’amour d’un tel homme, qui luimême est marie , pour une femme du caractère
de tlelphine. Tout est prévu pour les mettre
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dans les .circonstances le$ plus funestes. ■>
Ce roman est plein de choses ; les événements dont il çe compose sont remplis de heautés particulières ; il y a plusieurs actions, mais chacune est. simple ert elle -même. Toutes' se
rattachant à l’idée principale .de l’ouvrage. Toutes sont une peinture de caractères et de sentiments différents, développés dans des ciré constances différentes ; presque toutes ont une identité frappante d’intention et de. talent. Op
trouve tour à tour dévoilés les plus secrets
mouvements de la sensibilité, ou de la pej-fi-
die, ou de l’égoïsme, ou les sentiments sérieux queda raisoiv avoue, et les plus profondes et lés plus justes méditations de la pensée.
Nous mettrons en premfète ligne le caractère ■
de raadakne de Vèrhori. Ce «ÿtractère esj d*unc
. si grande portée, il donne ipàtîère à de.
-réflexions qu’il semble indiqué avec pitfs dé
"force et de profondeur, encore qü’il n’èst tracé- * ’ .
. Et- il est tràcé admirablement , * toujours sou 7
tenu, 1 dans les moipd res comme dans les plus
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grandes -circonstances.' . •(/.>' ; ‘
' - H existe de certaines natures capables de nobles qualités, mais ché» lesquelles cés : qualités sont -trop faiblçs dâns leur . source pour se soutenir d’eües-mémos et donnée seules le sentiment de leur existence. Telle est la nature première de madame de t ernon. Elle èût été capable de vertus et d’affections ; son éduca-
tiôn et lés éircdpstances de sa vie ont ^ fait qu’elle tfy, a jamais cru, "et qu’elle a eu besoin
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de talents qui leur spht contraires. Sa fierté ' seule échappa à toute influence. Menacée', dès •' son enfance, 'des plus tristes peines si elle témoignait Ce qU’eUe éprouvait, elle jugea la position des femmes eo.génerai 'd'après, la.sienne-; • elle pensa qu’étant toutes- victimes 'des institut- ‘ tibns sociales, elles sont dévouées au malheur jsi elles s'abandonnent le moins du monde à • leur» sentiments; et concevant ‘une vive indignation contre -ces inStïtuliqns, et beaucoup de , mépris pour les hommes , sa fierté lui, ordonna ' cependant de /së soumettre, puisqu'elle ne poü- ■vâit pas ; changer les choses. ; ‘ ^
. /Elle conserva donc sa, dignité en employant, pour sorGbônheur, la dissimulation, la ruse, et fous tes moyens que lui donnaient un esprit ^t un caractère habiles à deviner et à employer ce qui était utile dans la. direction ou ils se trouvaient. • \ w
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Cette destruction de ' tonte croyance du bien
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a mis du malaise et de*‘l^nouî dâ’ns. son Jbne ;
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elle se déplaît à clle-mèmC c'est hirsqùe le
36 LETTRES S II K LEs OUVRAGES *
coeur et les idées sont en harmonie , c’est lors- ■ qu’on est en paix pvec soi-même qu’on trouve dans l'attendrissement mille jouissances. . Ma- * dame de Vernou , dans l’impuissance de s’ima- ‘ giner ce què c’était que les grandes félicités . * • de la vie» a cependant cru qu’il était' dé sa ' sagesse d’y renoncer etde se contenter de choi* sir entre les moindres maux possibles. Ce choix,
• soutenu avec persévérance et fermeté, ne la rend point heureuse ; car l’assurance qu'on s’évite des peines rie tient pas lieu des biens qu’on perd et auxquels la nature irons appelle ipalgré vous. Le développement dé cette trislesse intérieure dé madame de% ernon est d’une grande moralité ; il peut y avoir de là satîsfac-* tion dans l’exercice même de certains défauts naturels ; mais chez une nature gâtée par travail , corrompue par effort , il n’y a que la souffrance, qui suit la contrainte et la dégradation. On trouve une moralité non moins frappante dans les détails de la vie de madame de \ ernon. Elle cherché il se fuir elle - mêrliae , à
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s’étobrdir ;-.délà cet amour, du jeu j ce désordre f . de sa fortuuei , cette foule de- peinés cachées èt peu. boqOlrà^les. • : * ■ '• * :' B v . • \
• ; Si noUs examinons les autres détails de la -, conduite et du caractère de madame de Vernou, nous y trouverons un talent de même force.: tout Fait comprendre son attrait irrésistible; elle sait si .bien profiter de $ès avaii- . jtages , quelle a: presque' le mérite de leur créa- •' •
tioir: tant de dignité dans ses manières ,. uty calme si-cloux, un charme si puissant , si-fiat-.
. leur , t^nt d’esprit et de grâce dans sa conversation , une certaine indolence, si . pleine d’attrait, doivent séduire au premier àbord ; et . quand on y ajoute ces souffrances , celte pâleur
que lui donnaient ses chagrins >, et *cette, tristesse qui remplissait. le fond d,c son cœur ,'oh comprendra comment' les effets produits par • des.causes déploruhlesf, mais seev^tes,. devaient- " doubler l’attrait naturel , etcohuneiittoufr jeune •coeur «e laissera captiver .-et subjuguer par dq$
. tjlekprs si touchants . ' ., /■