JJETTRES SUR LES OUVRAGES
d’en haut les passions et les faiblesses humaines ; vous ne gardez de l’humanité que ce que l’expression des sentiments les plus admirables et les plus tendres vous en ont fait chérir; en devenant plus grand vous devenez plus généreux , et vous éprouvez bientôt ce pur calme , et cette satisfaction mêlée de douceur et detristesse qu’apportent à l’âme les pensées d’une
cértajne hauteur. / ' *•> •. >
Oui, dans cet immortel ouvrage, vous sentez
à la fois la profondeur de l’âme et celle de la
pensée ; ce sont toutes les supériorités qui s’ai- ■ «1 -;■■■' * •
.dent les unes des autres. La plupart des per-
sonnes ojdinaires ne seront pas à la hauteur de
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• sensibilité qui caractérisé ce roman ; jamais
Pamour né. fut peint avec autant d’âme et de délicatesse. . ; \
Madame de Staël a dit dans son Essai sur les fictions : «11 y a un ouvrage au monde, c’est n la Nouvelle Hélo&e, dont le principal me-
» rite est 1 éloquence de la passion ; et quoique » l’objet en soit souvent iporal/ce qui en reste
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» surtout c'est la toute-puissance du cœur. On » ne peut classer une telle sorte de roman :
» il y a dans un siècle une âme , un génie qui » sait y atteindre ; ce ne peut être Un genre ,
>? ce ne peut être un but; mais voudrait-ôn >. interdire ces miracles de la parole, ces im- » pressions profondes qui satisfont à tous les
.. mouvements des caractères passionnés ! »
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Si nous voulons comparer Delphine à Corinne, nous dirons que l’un de ces ouvrages, •' d'une grandeur plus simple dans son ensemble ,
. est fait pour tous les lieux et tous les pays : ce "sont des idées que le sentiment développe. L aùtre , plus vrai dans ses détails , instruit de la vie
• réelle : ce sont les idées telles que la société les dirige. Celui-ci est utile comme un guide pour
- les personnes qui entrent dans le mondé avec
. une âme exaltée et dç l’indépendance d'esprit? celui-là vous soutient daîïs^asdlitude. On peut se fatigue* dé la peinture des . caractcfes, dés
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details de lasociété; mais les pensées et les considérations générales ne peuyent jamais lasser.
Quoiqu’on trouve dans Delphine une grande expérience du mondé et les. connaissances que le temps seul peut donner> il y a dans les senti-
mehts bien plus.de jeunesse que dans Corinne.
Delphine a vingt-un ans ; la teinte de cet âge est dans tout -l’ouvrage. Il semble que, d’urfe
composition à l'autre, le coeur de madame de
1 . . . . '■ 1 ' ’ Staël ait vieilli, mais vieilli comme il peut
vieillir; la passion est aussi profonde, mais elle renferme moins de confiance et de joie. L’âme de Delphine est nouvelle à toutes les impres-r ,s sions. Corinne n’ignorait que. les profondeurs (lu sentiment ; six ; aimées d’une vie indépen-" ;■ dante avîiertt. éclairé son esprit et calipé dans son coeur tout ce qui était irréfléchi.
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