‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 2)Chapitre 10 sur 26 · LETT&£ XVII · texte numérisé non relu

LETT&£ XVII

phe Bcongniart les représente comme de vastes tour« labreê Irès-diffiBrentesi il est vrai, des tourbières actuelles par la nature des végétaux qui lelir uat donné naissance , et par le climat sons lequel elles

se sont formées , mais composées , comme elles, des détritus des végétaux qui avaient cru sur ce sol bas et humide depuis un temps plus ou moins considérable.

Les couches de tourbe ancienne ont été enseve* lies par le dépôt de couches degrés on d^argilc, dont Torigine est dillicile à concevoir.

Ces lits de tourbe se sont reproduits à plusieurs reprises pour donner naissance aux diverses couches de houille qui composent une même formation houillère» Enfin elles ont été recouvertes com^ètement 9 et la végétation qui lenr donnâit naissance parait avoir été détruite par quelque grande cata»* trophe contemporaine de l'éjection des porphyres , qui , dans beaucoup de lieux , recouvrent les terrains houiUers. Peut-être doit- ou attribuer à ces por^ phyreseuz«méme8> et à la chaleur qui a accompagné leur éaiption , la destructicm complète des vé^ttaus * vivans et la carbonisation parfaite des Hts de charbon. On sait, en effet, que , dans des terrains plus récens , les liynùcs, qui ordinairement présentent une apparence terreuse, prennent Faspect de la houille ou de Tanthracite , lorsqu'ils ont été recouverts par deseouohes d'éjeetioiis vokanjqoeB^ C'est oe qu'on obsme an divers lieux 5 ee qu'on ranarque sur les végétaux enfouis sous les laves des au> ciens volcans de TAuvergue.

8UB LES TÉoéTAVZ V088IIM. fi48

Aiusi , en résumant ce qui est relatif à la végétation de la terre dans les trois grandes périodes admises par M. Adolphe BroDgDÎart, nous ]a voyons d'abord simple comme FoigamsatioB da*.règne animal aux mêmes époques; nous retrouvons dans ses caractères la preuve de cette température élevée que tout prouve avoir été en effet celle de la terre au temps de la formation de ses anciennes couches de terrain de transition et de tranBpor^ la distribution des familles et des genrea nont représente les premières terres mîaet â mx comme des lies sortant à peine du vaste océan primitif, qui n'a formé que plus tard nos terrains tertiaires.

A la seconde période , séparée de la première par un temps qu'on peut supposer très-considérable ^ la végétation se complique et se modifie -dans' un sens qui la rapproche , sous tcufr les rapports , de ce qu'elle deviendra dans la troâaîème : elle indique une plus grande étendue de terre sortie de l'océan, une température moins élevée , des genres de végétaux qui se rapprochent de ceux qui prédominent maintenant I surtout de ceux qui erinssent d^ns les régions équatoriaks» <*'

A la troisième période apparaissent les pla'ihtes monocotylédones et dydbtylédones ; les familles* et les genres deviennent beaucoup plus nombreux ; tout annonce une température plus modérée , en. un mot , un état de choses qui se rapproche de plus. * en plus de l'état actuel.

Ces résultats , auxquels conduis Tétude de la botanique de Tancien monde » sont d'autant plus en-

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rieux, qu^ils ofiVeut un accord bien remarquable avec ceux qui résultent delà zoologie antédiluvienne. L'une et l'autre de ces sciences se réunissent pour prouver que la température de la terre a toujours été en diminuant, depuis la formation des terrains les plus anciens jusqu^à nos jours, et que Fétendue des continens a toujours été en augmentant de telle sorte, que les parties découvertes ont commencé par n'être que de simples iles, qui peu-à-peu, par rabaissement des mers ou par le soulèvement du sol, sont devenues de yastes continens.

De c^s deux grands résultats (la diminution graduelle de la mer et celle de la température ) , le premier parait, comme nous l'avons vu (voir lettre I), si clairement établi par la physiqpie, la géologie et Tastronomie , qu'il pourrait passer pour une vérité suffisamment démontrée , quand même la zoologie et la botanique fossiles ne seraient pas venues le confirmer; mais quand on voit toutes ces sciences diverses conduire cbacune è part vers une même hypothèse , il semble que cette hypothèse doive être regardée comme ayant acquis le degré de probabilité dont nous sommes forcés de nous contenter relati-* vement à toute vérité qui ne peut être confirmée psr l'observation immé<Ûatê.

LSTTRE XYIXIi

BE LA MASSE DES EAtX.

' Là masse totale dés eaut ayant joiié , par ses dé-

placcmens, et peut-être par «on changement de Yolume, un grand rôle dans les révolutions du globe, il est important de la considérer principalement sous le point de Yue des moditications qu^elle peut apporter à Tordre actuel des cfaoses par son action journalière. Nous considérerons dotic sbus cé rapport :

L'océan, ou la masse des mers qui sont en communication mutuelle;

2^ Les lacs salés sans issues ;

30 Les courans d*eau douce ;

40 Enfin la masse des eaux glacées*

L^océan couvre un peu plus des trois quarts de la surface du sphéroïde ; sa forme est très-îrrégulîèrc, et dépend de la distribution des montagnes et des vallées : son étendue est plus grande dans Fhémisphçre austral que dans le boréal , et de là on a voulu (mais sans raison) conclure que peut-étr^ les deux hémisphères ne pesaient pas également , asseriion que dément positivement la rotation de

la terre , qui ne pourrait Subsister telle qu'elle est , si les deux hémisphères n'avaient pas le même poids.

On a cherché à évaluer la profondeur moyenne de Tocéan, et on est arrivé àdes résultats extrêmement variables. Les uns, en cflfet^ Tont évaluée à cinq cents mètres , tandis que d'autres Font portée jusqu'à vingt mille; évalbation prodigieusemei^ • exagérée , car toutes les idées théoriques, d'accord avec les observations réccnlcs les plus soignées, prouvent qu'on ne doit pas la porter à plus de sept à huit mille mètres, c'est-à-dire environ «ne lieue et demie ; de sorte que si on supposait la masse des eaux répandue uniformément sur toute la superfi» cie du sphéroïde terrestre, elle ne le couvrirait qu'à une distance de cinq mille mètres, ou une lieue.

La masse des eaux diminue-t-elle progressivement, de manière à devoir laisser un jour noire globe à sec P augmente-t-elle , au contraire , comme Font pei^é certains auteurs ^ui doivent nous regarder

' comme menacés d'un nouveau d^uge? ou bien^ enfin , reste-t-elle à peu près la même dans la suite des siècles, en ne faisant que changer de lit à chaque révolution ? Telles sont les questions impoi*tantes et difîiciles sur la solution desquelles je vais vous dire le sentiment des hommes le plus en crédit dans la

* science.

L'opinion de la diminution progressive des eaint

se trouve principalement répandue dans les ouvrages des auteurs qui ont reconnu les traces du séjour de la mer sur les plus liautes montagnes, ils ne pouvaient guère | en effet, sur cette simple donnée »

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* BK LA MASSE SES EAtIt. 247

ayoir diantre pensée que ceHe d^ane élévatioii générale de la mer an-dessin de toti!i les conthiens, sur

lesquels elle avait fait primitiveinent un séjour long et paisible , jusqu^à ce que , par suite de causes variables y les sommets des plus hautes montagnes eussent été mis à découvert.

Cette opinion n^est plus admissible depuis les nouyelles découvertes qui prouvent que les âiSètem terrains ont tous été successivement, et h plusieutv reprises , mis à sec après avoir été couverts par Vo" céan , puis de nouveau envahis par lui après avoir nourri des animaux terrestres. De pareilles observations prouvent d^une manière trop incontestable que c'est par suite d'un changement de Jit que Focéan a occupé , les unes après les autres, toutes les parties du sphéroïde terrestre. Au reste, il faut remarquer que la masse des eaux occupant plus des trois quarts de la surface du sphéroïde , il suffirait qu^elles abandonnassent un tiers seulement des ter* rains qu'elles recouvrent pour envahir tous les con* tinens.

Les partisans de la\Uminution graduelle des eaux appelaient à Fappui de leur opinion un gnnd non^

bre de faits qui paraissent, au premier coup d'œil, prouver en effet que , même depuis les temps historiques, la mer a laissé à sec beaucoup de lieux qu'elle occupait jadis. Us citaient le port de Fréjus, autrefois si célèbre pour l'asile qu'il donnait aot galères des Romains, et qui se trouve aujofurflliai trè»-éloigné du rivage ; celui d'Af^es-Ufortes, iA saint Louis s'embarqua sur les vaisseaux qui le por-

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lETTAB XVIII

tèrcnt en Orient, et qui se trouve également à sec ; celui de Brindisi est dans le même cas; enfiii la ville de Da miette, située i du temps de saint Louis, au bord de la mer, en est déjà éloignée de neuf à dix milles dltalie.

Us citaient, de plus, un grand nombre de faits semblables , <^^ui , bien qu'attestés par les traditions historiques, ne peuvent pourtant rien prouver; car tous les ports de mer dont nous venons de parler se trouvant situés h Tembouchure de grands fleures qui, comme le Nil, la Loire, le ithône, etc., voiturent beaucoup de sable et de matières terreuses qu^ils déposent sur le rivage , on voit qu^il y a tout lieu de croire que ce n'est pas la mer qui sVst retirée pour laisser son fond à sec , mais ce fond luimême , au contraire , qui s'est élevé progressivement au-dessus dii niveau des eaux ; dans un de ces ports même (celui 'de Brindisi), le «travail des hommes a évidemment aidé Fopération de la nature.

La Baltique, seule de toutes les mers, parait diminuer réellement de profondeur; mais, suivant toute apparence , cette diminution est un phénomène local qui dépend de l'élévation de son fond. Au reste, on saura vraisemblablement dans pea à quoi s^en tenir sur ce point, car on a pris, au commencement du dix-huitième siècle , toutes les précautions possibles pour ne conserver aucun doute. Si , comme tout porte à le croire , c'est réellement le fond de la Baltique qui s'élève, cet effet doit être attribué à la même cause que les précédons; c^est-à-dire aux troubles que les fleuves,

BB LA MASfB SB8 BAUX. 249

charrient , et qu'ils déposent au fond de la mer.

Mais , si rien ne peut prouver ropinion de la dir ininotion des eaux de Tocéan , leur nugmcniation progressive est encore plus loin d^étre démontrée d*nne manière satisfaisante , et le pcn d*anteurs qni Font admise se sont , comme leurs adversaires , appuyés sur des faits réels, il est vrai, mais dont la véritable explication leur était inconnue.

Ainsi ils rappellent que plusieurs contrées de l**^ basse Égypte, qui sont maintenant au-dessous du niveau d« la mer , et que la salure des eaux rend stériles et inhabitables, étaient, il y a trois mille ans» au-dessus de ce même niveau , et fertiles. On aurait cependant tort de conclure de ce changement incontestable que les eaux de la Méditerranée se sont élevées : s'il en était ainsi, cette élévation aurait produit sur toutes ses côtes des effets trdp sensibles pour qu^on eût pu les méconnaître.

Quand on s^occupe de cette grande question de Télévation ou de rabaissement du niveau de la mer, il est extrêmement important de se convaincre que celui des continens, bien loin de rester invarial)le, éprouve souvent des <^iangemens considérables , même dansTespace de quelques siècles. C'est ce qui nous est prouvé jusqu^à révidence par Tétatdans le* quel se trouvent plusieurs monumens anciens^ dont quelques-^uns paraissent avoir été abaissés ou élevés avec le sol qui les porte, tandis que d'autres qu'on retrouve maintenant à moitié engagés dans la terre , ou s'y sont enfoncés par leur poids , ou ont été peuà-peu entourés par oUo, tout 4e sol des environs so

LSTTHB XYIU.

•oiiletanty excepté oefaii qui se tronyaît mauiteiia dans sa place par la pression que le bâtiment lui

faisait éprouver. C'est ainsi que les ruines du tombeau de Théodoric de Vérone , roi des Goths, construit Tan 495 , près de Ravenne , en Italie ^ se sont tellement enfoncées dans la terre, qaVn ne voit • plus cpie la moitié de ce monument goUiique , le reste étant caché sous le sol.

Ce &it est d^autant plus remarquable , que ce monument, d'une masse énorme pour sa pesanteur , a certainement été élevé sur des pilotis.

On Yoit, dans plusieurs endroits deTÉcosse, les restes des murs que les Hoinains firent construire au deuxième siècle de Tère chrétienne , et qui coupent ce pays d*une mer h l'autre ; mais ils sont aujourd'hui enfoncés dans la terre, et il faut fouiller pour les trouver.

Il en est de même d'un autre mur qu'Adrien fît bâtir en terre vers Tan 125, et qui traversait l'An- ^terre depuis Newcaràe jusqu^à Garlisle. U fut, ea 432 , reconstrmt en briques par Aétius , général de ^ Tempire romain , qui lui donna alors huit pieds d^épaisseur sur douze de hauteur.

On peut supposer, avec beaucoup de vraisemblance , que ce mur a été démoli dans les endroits ou Ton ne trouve plus au}our4^hui aucun yestige* mais que doit-on présumer quand on Tcnt ailleurs ces vestiges totalement ensevdis? 11 faut, ou que cette ma^e se soit enfoncée sous terre par son propre poids, ou que la terre se soit haussée au point . qu*eUe l'ait entièrement recouverte.

BB Ik KA9SB BBS BAUX. 251

Mais quelle «piê soit celle de ces deux supposi* tioiu à la^pelle on s'arrête ^ on doit en tirer la con^ séquence ^'on ne peut jamaie obtenir auciin point fixe sur les continens pour apprécier les changemens

de niveau de la surface des mers; car on ne sera jamais sûr que le rocher, je suppose, sur lequel on prendra une mesure , ne s'enfoncera pas dans le sol plus mon sur lequel il peut reposer , ou bien qu^il ne s'élèvera pas avec le sol lui-même. Notes que » dans Tezemple que je Tiens de tous citer des murs bâtis par les Romains , on ne peut supposer que la culture ait accumule des débris ou des décombres qui auraient pu les recouvrir; car c'est dans des pays toutrà-fait incultes qu'ils ont ainsi disparu de la surlace du sol.

• U est si Trai que ce nVst pas à cette dernière cause qu^on doit attribuer Feffet dont nous parlons , que

des bâtimens plus anciens que les murs d'Adrien , situés au milieu de villes commerçantes et de terres cultivées, n'ont point éprouvé le même elTet; ainsi, àNfmes,la Maison carrée, bâtie sous Auguste, parait subsister encore telle qu'elle a dû y être construite.

Afin que tous n'éprouTiez pas trop de répugnance à admettre ces cbangemens lents et presque insensibles qui , par la suite des siècles, se trouvent produits à la surface du sol, je vous rappellerai ceux qui» dans les tremblemens de terre , ont lieu d'une manière si incompréhensible , et dont je vous ai cité tant d'exomples (1). Je n*ai pas besoin de tous rap-

(13 Voyez les notes.

LBTTAB JLVIII.

peler le fait si extraordinaire, arHvé près de Pouzzol, lorsque le Monte- Nuovo ^ haut de 2400 pieds , s'éleva dans une seule nuit. Mais je ne peux m'empécher de vous citer un lait plus concluant encore.

En 1571 , en Herrefordshire , on vit une étendue de vingt arpens de terre labourée et de prairie se séparer de la masse commune, et être insensiblement transportée, en trois jours, à 400 pas de distance. Ce qu'il y eut de plus singulier , fut qu'on n'entendit aucun bruit; seulement, lorsque ce terrain ambulant se fîit fixé, la terre s^enfla subitement , et il se forma une élévation très «considérable.

Il me semble que , pour celui qui fait attention à des faits si singuliers , et d'ailleurs parfaitement constatés 9 il ne doit plus paraître étonnant que des cbangemens plus considérables aient lieu, à la longue , dans une grande étendue de pays , quoiqu'ils se fassent d^une manière insensible et dans Tespace de plusieurs siècles.

Il est démontré, par exemple , que la surface de l'Italie n'est plus la même que du temps de l'ancienne Rome; c'est ce que prouvent les Êimeux chemins consulaires, dont une partie encore est tel bien conservée.

Le censeur Appîus Glaudius fit commencer un de ces chemins il y a 2,168 ans. Il avait 14 pieds de largeur, et conduisait en ligne droite de Rome h Capoue ; pour le niveler, ilût couper plusieurs montagnes, et particulièrement celle qu'on nomme aujourd'hui PUca marina^ près TerraciM : elle est percée à une hauteur de 200 pieds, et cha^^uo dizaine

D£ Lk KAfiSK DKS £AUX. 253

de pieds est marquée par des lettres romaines. Sar les parois de la montagne , le fond de ce chemin était

si ferme, et les pierres étaient bi clroitemcnt liées, que, dans les endroits où on Ta retrouvé, il est aussi entier, aussi solide que lors de sa construction; on ne peut pas même faire pénétrer la pointe d'une épéedans les joints de ces pierres : néanmoins, il se trouye actuellement impraticable dansTétendue de plus de 60 lieues d*Italie , c'est-à-dire depuis Rome jusqu'à Torre'della-more ; enViu , il se perd dans les vastes et profonds marais Ponlins , desquels il sort tout entier. On peut alors le suivre sans interruption pendànt plus de dix lieues d'Italie jusqu'à Sainte" Agaihû f où Ton est obligé de le quitter de nouveau.

Un autre chemin consulaire, nommé ViaFlaminia, traverse l'Italie depuis Rome jusqu'à Rimini ; il a été construit il y a environ 2,000 ans; aussi, dans cet intervalle , a-t-il éprouvé des changemens bien considérables. On voit deux inscriptions t Tune sur le pont de CiUa^CasteUana^ et l'autre au-dessus de la porte d'une hôtellerie à Coêtel-IVovo ^ qui annoncent que la belle partie de ce chemin, depuis Otri^ coli jusqu^à Castel-Pfovo , dans une étendue (le plus de 20 lieues d'Italie , a été enscVclie depuis plusieurs siècles. Aujourd'hui, les voyageurs peuvent suivre cette route.

D'après ces observations et plusieurs autres semblables , il y a beaucoup d'apparence quetoiate rita** lie s'est abaissée vers le milieu , en se haussant ou

en retenant sa première situation vers les deux ex- Iréiuités.

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Limi Tvnt

Ce qu'on peut constater dWe manière n éTidente pour ritalic doit être vraipour bien d'autres contrées , dont le sol n'a pas sans doute été moins que celui de ce beau pays sujet aux changemens deniyeaules plus considérables. Cependant, comme Tltalie est bien plus qu'aucune autre contrée couverte de monumcns antiques dont la situation primitive nous est connue y on a pu y faire un plus grand nondbre d'observations semblables.

Près de PouzjboI , et à 50 toises seulement de la cAte , on rencontre les ruines d'un temple de Sérapis , dont le pavé est maintenant au niveau de la mer : or, il est extrêmement probable qu'on n^aurait pas construit un pareil édifice dans un lieu si bas et si peu éloigné du rivage. Mais ce n'est pas tout, le terrain sur lequel repose cet édifice a été envabi par * la mer , qui a laissé sur ses ruines des traces évidentes de son séjour : on y remarque, en effet, sur les murs, à 6 ou 7 pieds au-dessus du sol, des traces d'incrustations produites par les eaux ; et, sur trois colonnes qui sont encore debout, depuis 10 pieds, à la partie de la base , jusqu'à 1(> , on trouve des trous de pholades par&itement reconnaissables. Notre Iflluséum possède une des pièces enlevées k ce temple » elle est d'un très-beau marbre , et la coquille des pbo« lades s'y voit encore dans beaucoup de trous.

Le sol du temple a donc été, depuis la construction de l'édifice , d'abord enfoncé de manière à être envahi par les eaux , qui y ont séjourné assez long* temps , puis incomplètement relevé et placé dans la situation où nous le voyons maintenant. Les évène**

BB tk HASBS 916 BAUX. 2Ô5

mens qui ont produit ces changemens n^ont dû ayolr lieu que depuis la première éruption du Vésuve jusqu'à Fan 1,100 ou 1,200 de notre ère; car, depuis cette époque y on a un historique satisfa^ant de% éruptions du yolcan, qui n^est probablement patf étranger à ces changemena de niTeau.

Toutes les obscnrations de ce genre doirent, ainsi que cette dernière, s'expliquer par des élévations ou des abaissemcns partiels de terrain , sans qu'il soit possible d'en tirer une conséquence générale ; et il ne faut pas omettre de dire que , dans toutes les vallées tourbeuses , le sol peut être légèrement élevé par Thumidité et abaissé par le dessèchement,'

Quant a Popinion de ceux qui ont, comme Buf* fon, supposé un déplacement total et graduel de la mer, d'orient en occident, elle n'est fondée sur aucune observation positive, et par conséquent on ne peut ^ s'y arrêter.

Concluons de tout ceci que rien ne prouve que la masse des eaux ait été autrefois beaucoup pins considérabk qu^elle ne Test au)Ourd*hui;

Qu'on a encore moins de raison pour supposer qu'elle augmente;

£nûn , que sa totalité ne se déplace point constamment dans une même direction.

U Existe pourtant une cause qui , quoique assez légère, devrait à la longue opérer , par son action continue , quelques cbangemens dans le lit de ro** céan : je veux parler de l'exhaussement que doit produire dans son fond la grande quantité de matières diverses qui s'y précipitent journellement.

266 UTT&EXTItl.

Ces matières sont surtout les particules terreuses et salines charriées par les fleuves , et qui forment à leur embouchure les dépôts dont je vous parlais tout-à-rheure. Il était curieux de calculer la quantité de ces matières , connues sous le nom de trou' bhs, et on est parvenu à des résultats approximatifs qui paraissent assez satisfaisans.

On sait quelle quantité d'eau chaque fleuve verse, terme moyen , dans la mer , pendant un temps déterminé , et on connaît de- plus quelle proportion de troubles il charrie.

Le Pô y le plus pur de tous , n*en contient (pi^one partie sulr cent soixante^ix; le Nil , une sur cent trente-deux ; et le Rhin seul donne une sur cent. La Seine contient un cent-vingtième de matières étrangères; et comme on a calculé qu'il passe sous le Font-Eoyal dix millions de mètres cubes d'eau par jour , on voit qu*il y passe quatre-vingt mille mètres de troubles , qui sont tous les jours déposés dans la mer. Des calculs , &its sur les autres fleuves, ont conduit a admettre que la somme des matières étrangères charriées par les fleuves dans la mer pouvait être suffîsante pour élever son fond de cinq centimètres par au, c'est-à-dire, de cinq mètres par siècle.

Vous voyes que c'est bien peu de chose , relativement à la masse entière des eaux; car la pi^ofbn* deur de Tocéan étant, comme j'ai eu llionnelir de

vous le dire, de 7 a 8 mille mètres, il faudrait 1,000 ou 1,200 siècles, c'est-à-dire, de 100 à 120 mille ans , pour combler le lit de l'océan tout en-

DE LA. HASSS DES lAVX. 257

tier. Àù surplus, tous ces résultats reposent sur des données si încertaîo es, que ce serait une folie que de leur attacher une grande importance.

Une autre cause d'altération pour les eaux de la mer et d'élévation pour son fond consiste dans les produits organiques qui s'y déposent. Cette cause serait extrêmement puissante , si la mer nourrissait des hahitans dans toutes les parties de sa . masse ; mais tout porte à croire qu^l n^en est pas ainsi.

Il ne faut pas , en effet, s'enfoncer à une grande profondeur dans la mer pour être soumis à une pression que ne pourrait supporter aucun corps organisé vivant. Le défisiut de lumière présente encore un autre obstacle au développement des corps organisés dans Focéan ; car la lumière ne pénètre pas au-delà de 40 à 50 pieds , et elle est indispensable à la vie. Ajoutons à cela que la température deTeau, s'abaissant. à mesure quon s'éloigne de sa surface , elle devient bientôt trop froide pour que la plupart des corps marins puissent y vivre.

Ce refroidissement graduel, dont on ne peut révoquer en doute la réalité , a conduit quelques auteurs à penser que le fond de la mer devait être glacé ; mais il est impossible d'adniettre cette supposition, puisque la glace, étant plus légère que Teau f viendrait nécessairement flotter à sa surface.

On a souvent répété que certains 20opbytes pierreux ( les polypes lithophytes ) (1) avaient une

(t) Genre d^aniniaux-plantcs dont les coraux font partie.

258 Lsmi xvin.

grtnde influence m VeùuaigBaneDit du fond de 1* mer y et on les a présentés comme capables, par

leur entassement , de produire des Iles considérables à sa surface , d'augmenter les continens , et même, comme c'est principalement dans les régions éqaatoriales qu'on les rencontre , comme menaçant d^élever sons réqnateur nn cerde solide qoi s'oppo* serait k k naTÎgation.

Dans un mémoire la font récemment à l*Instilat , deux naturalistes distingués (MM. Quoy et Gaymart) ont montré Fillusion de ces assertions exagérées; ils ont fait voir que ces zoopby tes ne s'élèvent point, comme on Ta cm, des plos grandes profondeurs de Focéan , et qu'ils ne oommenoent jamais leors tra^ Taux que sur des rodiers dont le sommet est ToWn ' de la sorfSice des eaux. Ds exhaussent ces rochers de 20 ou 30 pieds tout au plus ; mais c'est assez pour former des écueib dangereux pour les* navi* gateurs.

Il n'est pas possible , comme vous le pensez bien, d*aller dans la mer examiner positirement k quelle profendenr s'établissent ces animanx ; mais Tétode

des anciennes formations marines qui font aujourd'hui partie de nos continens a suppléé à ce qui ne pouvait être prouvé par l'observation directe. M. Qnoy a constaté que les encroûtemens de nos continens , formés dans l'ancienne mer, n'atteignent que trè8<4rarementQne élévation de 15 on 20 pieds; dans nn senl Heu ib se sont élevés jusqu^à Wi on peut, au reste, presque toujours , avec un peu d'attention , découvrir la base primitive sur laquelle

Bl LA MABSt DBS EAUX. 259

le» polype* âTaientoonstanul lorsqa^ih étaôeiit son» les etQX.

Ajoutons, corame une autre cause de Fexhaussement du fond de la mer , Faction continuelle des vagues sur ses rivages , qu^elles minent insensible* meal, et dont les débris s'y précipitent. Les ptiw liei pierreoies y tonl agitées par les flotS| qpi^ émoassant leurs arêtes et détruisant leurs angles , leur donnent la forme arrondie , propre à tons les corps qui ont été roulés dans un liquide. Ces cailloux roulés forment, par leur masse, les grèves qui servent de barrière à la mer et limitent son action. Si je vous parle de ce phénomène, c*est seulemenl pour en faire mention , car son influence relativement à Félévation dn fond de Tocéan 6st telle «> ment limitée , qu'on peut la négliger entiètement

Les volcans sous-marins nous offrent une troi> sième cause réelle , quoique moins importante , puisqu'elle est accidentelle et locale, de Texhaussement du fond de Tocéan.

Les lacs salés sans issne sont d*ime importance beaucoup moins grande que Fooéan. Le plus étendu est la mer Caspienne , qui a 800 Ueues de longueur, sur 50 environ de largeur ; les autres le sont beaucoup moins. Quant à leur ancienneté , ils ont dû commencer après la dernière révolution du globe.

Leur degré de salure varie beaucoup. La mer Morte est) sous ce rapport, très^remarquablo; elle contient juBqu*à un quart de matières sdiines. Ces lacs peuvent nous servir à comprendre la formation des dépôts salins qu'on trouve dans Tintérieur de la

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