mni xn
la peau passait sur le tympan comme dans le caméléon, la «tlaynandre le pipa, sans même 8*y
n II recevait Vm en nature, et non pas t^aii, isomme les poissons; ainsi il derait^iterenir sooyeot
sur la surface de l^an. Néanmoins ses membres courts, plats, non divisés, ne lui permettaientquede pager. 11 y a grande apparence qu'il ne pouyait pas même ramper sur le rivage autant que les idioc[aes, mais que s*il avait le malbenr d^y échoiver , il y de^ mearait immobile comme les baleines et les danpliins. 11 vivait dans une mer oik babitaient avec lui les mollusques qui nous ont laissé les cornes d'Àmmon, et qui, selon toutes les apparences, étaient des espèces de sèches ou de poulpes qui portaient dans leor intérienr (coime anjoQrdlvii le MtMiu9 ipinrfs) ees eocpnlles spirales et si nngalièrement chambrées ; des térébralnles , ^verM espèces d'huîtres, abondaient aussi dans cette mer, et plusieurs sortes de crocodiles en fréquentaient les rivages , si même' ils ne Thabitaient conjointe* ment avec les ichthyo-saurus. »
La longuemr de ce singulier animal était très^fs^ riable ; tandis qjae les plus petits avalent 8 pteds et demi de longueur, on a trouvé des débris qui annoncent des individus de 20 pieds et plus. On en a rencontré plusieurs de grandeur intermédiaire.
Quant au plesto-saurus ^ il offirait'des dimensions J^ns considérables encore que celles de ricbHiyosauras, dont il différait d^ailleors prodigieusement ' mis «ertaifis rapports. Il est vrai qji^û a dA être
contemporain de ce dernier ; qu il n'avait , comme lui| pour tout moyen de progression que d^s nafeoires , dont il devait kii être impossible de se servir sur terre. Mais ce qui devait loi donner un aspect totalement différent, c'était son cou énorme, véritable cou de serpent, porté sui* un tronc dont les proportions différaient peu de celles des quadrupèdes ordinaires, et terminé par une téte qui se rapprochait plus de celle des lézards que de tout nutre anîmaL Ses dimensions , proportionnées à Té*troîtesse du cou , n'étaient nullement comparables h. celle de riclitbyo-saurus , qui ftiîsait à elle seule à peu près le tiers de Findividu; la queue du plesîoeaurus , moins étendue que celle de Ticlithyo-saurus , ressemblait plus à celle d'un quadrupède ordinaire qu'4 celle d'un reptile.
Xe peu de détails que je viens de vous donner sur les reptiles qui peuplaient la terre à l'époque re« culée où ils étaient probablement les seuls vertébrés existans à sa surface , suffira pour montrer qu'ils semblaient alors , tant par leurs dimensions que par la variété de leurs formes, avoir Fimpor- ^nce que les mammifères ont acquise deppis. Ils ' peuplaient à la fois la terre , la mer et Fair. O y en avait , comme le megalo-saums , dont les dimensions ne le cédaient qu'à celles qu'oiVre aujourd'hui la baleine. Le mcso-saurus ( grand animal de Maé'stricht ) , le plesio-saurus et même Tichthyo-saurus , n'étaient guère moins volumineux que ne l'est aujourd'hui l'éléphant. Les mammifères seuls aujourd'hui se distinguent à la fois par la même variété
224 LETTBSSTI. * '
dans leurs formes, et par les énormes dimensions' qu'ils sont siisccpliblcs d'acquérir. Les baleines, les cachalots \ivent dans la mer comme le jplesio-saurus et richth^o-saurus ; les chauves-souris voient comme les ptérodactyles , pendant que le reste des mammifères terrestres ofire dans sa structure une variété qui donne lieu à cette multitude de genres et d'espèces reconnus dans la grande classe à laquelle ils appartieuhent, .
. On aurait droit de s'étonner si , à Tépoque où la classe des reptiles offrait un si grand nombre d^es> pèces détruites aujourd'hui , et des formes si nombreuses et si variées , quelques familles de cette classe avaient été inconnues. 11 n^en est en effet aucune dont les débris ne se trouvent ensevelis dans les terrains détruits par les révolutions du globe. Cependant celle des batraciens (1) parait , si on en juge par le petit nombre de débris qui se sont conservés, avoir présenté jadis proportionnellement le plus petit nombre d^individus. L^existence de leurs ossemens ne se trouve même jusqu'ici bien constatée que dans une seule localité ( celle d'O^ningen); et parmi ceux sur le caractère desquels on ne peut plus conserver d'incertitude, on doit compter le fameux homme .fossile de Scheuchzer^ Il était naturel que ceux qui attribuaient toutes
(l) Les batraciens senties reptiles analogues à la grenouille, au crapaud , à lu salamandre. Ils se distinguent de tous les au-> très reptiles par leur corps nu et les métamorplioses auxquelles ils sont sujets.
BBFnus 9 ceustacIbs it hollusqobs. 22ô
lea pétrificatioiis an déloge fassent disposés à yoir partout des ossemens hnmams, et il devait na* toreUement arriver aussi que , par suite de oette préoccupation, ils prissent pour humains des débris qui n'étaient que ceux de quelques espèces ou détruites , ou dont rostéologie était mal connue. Aucune illusion sur ce sujet n^a été plus complète et plus célèbre que celle de Sphmushner, médecin théologien , qui accueillit avec transport nn schiste à'OEningen qui lui sembla oflArir l'empreinte trèsévidente du squelette d*un homme. H décrivit ce morceau en abrégé dans IcsTransactions philosophiques pour 1726 (tom. XXXIV, p. 38). Enfin il enfitTobjet d^unc dissertation particulière intitulée Vhommo témoin du déluge, qu^il publia avee une figure en bois qui est encore la meilleure représentation qu*on ait du morceau en question. Plus tard Seheuchzer « reproduisit son assertion , affirmant de nouveau qu'il est indubitable que son morceau contient une moitié, ou peu s'en faut du squelette d'un homme; que la substance même des os^ et qui plus est , des chairs et des parties encore plus molles que les chairs ^ y sont incorporées dans la pierre ; ennnmot, que c^est une des reliques les plus rares que nous ayons de cette race maudite qui fîit ensevelie sous les eaux.»
Cependant il fallait, comme Ta fait remarquer M. Guvier , tout Taveuglement de Tesprit de système pour qu*un homme tel f^a^ Scheuchxer , qui était mé** deoin, et qui 'devait avoir vu des squelettes humains » pût se tromper aussi grossièrement; car cette imagination qu'il a reproduite ai opiniâtre»
%26 LKTTEE XYI.
ment^ et cpie Pou a si long-temps répétée 8av sa pa« r^le, ne peut supporter le plus léger examen.
Malgré réyideiice des faits , Terreur propagée par 8ehenchger, persista long-temps. En 1758, il paraît que personne n'avait reconnu Tillusion de sa prétention. Pierre Camper fut peut-être le premier , en 1787, à la signaler d'une manière positive, en ia^ diquant même Tammal auquel appartenaient les défaris incrustés dans la roche d'C&iingen. « Un lézard pétrifié, dit-il en parlant do prétendu homme fossile, a pu passer pour un antbropolythe. »
Depuis cette époque , M. Cuvier a donné la démonstration la plus positive de ce qu'avait annoncé Pierre Camper. L'animal , en eflct , n'est autre qu^une salamandre gigantesque. Prencs un squelette de salamandre et plaeex-le à cété du Ibsdle ^ sans' Toua laisser détourner par la différence de grandeur, comme vous le pouvez aisément en comparant un dessin de salamandre de grandeur naturelle ayec le dessin du fossile réduit au sixième de sa grandeur, et tout s'expliquera de la manière la plus claire.
« Je suis persuadé même, disait , îl 7 a dizrsqpffe ans, notre grand naturaliste, que si Fou pondait disposer du fossile et y chercher un peu plus de détails, on trouverait des preuves encore plus nombreuses dans les faces articulaires des vertèbres, dana ceUés de la màciieire, dans les yestigesdes très-petitee denIS) et jusque dans les parties dulahyiinliie dePo* reille ; n et â invitait les propriétaires* ou déposita^* res du précieux fossile à procéder à ces examens.
L*exaincn que M. Cuvier demandait pour la confirmation de ses idées , il a eu depub Tavantage de la foire loî-mémef
S'étuat tromré à Hariem, le direetéttr du VLvaéé lui permit de foire creuser la pierre qui coBlenait le prétendu homme fossile, afin d'y mettre à découvert les os qui pouvaient encore y être cachés. L'opération se fit en' présence du savant directeur du Masée et d'un autre naturaliste. Un dessin du squelette de la salamandre avait été placé par M. Cuvier; il eut la satisfoction de reconnaître qu^à mesure que le ciseau enlevait un éclat de pierre , il mettait au jour quclq^u'un des os que ce dcâsin avait annoncés d'avance.
Je ne dirai rien ici des restes fossiles de pois- •ons : la seule remarque intéressante qu'ils soient •osceptibles de présenter , c*e8t que tous ceux qu*on rencontre dans nos carrières , nVnt pu vivre que dans l'eau douce. Ils étaient d'ailleurs diflférens de ceux que nous trouvons aujourd'hui dans nos rivières.
Je me suis arrêté si long-temps sur l'histoire des animaux quadrupèdes fossiles des animaux vertébrés i^que le temps et Fespace me manquent également pour entier dans quelques détails sur ceux des classes inférieures (1). Je me contenterai donc de
( i) On peut voir au Muséum, dans la salle qui précède celle que nous désignons sous le nom de grand» salle des fossiles , une pièce de plus petite dimension , appelée petite salie des Ibsstles 9 où sont rénnis les inTertébrés les plus onriena qa^on a pu se procurer.
229 umrEi XTi,
vous dire que le nombre des invertébrés fossiles est incomparablement plus grand encore que celui des animaux vertébrés , et que , parmi ces derniers y les poissons le sont plus que les reptile» , les reptiles» pliis quele^ips^nmifères, étQ.
LETTRE XVII
■SUE LIS tMsA.m F 088UI8.
"Si riiistoire des animaux q[ai se sont succédé sbr la terre depuis les temps les plus recalés j usqu*à nos jours est intéressante, celle des végétaux qui, à différentes époques, ont été ensevelis et conservés comme eux, n'est ni moins curieuse ni moins féconde en résultats.
Cependant le règne végétal a été Tobjetde recherches bien moins nombreuses que le régné animal ^ et c*est au déikut seul de tout ouvrage suffisamment complet sur les végétaux fossiles qu'on doit attribuer le silence que j'ai gardé jusqu'ici sur cette matière dans notre ancienne correspondance ; aujourd'hui, plus heureux, je peux vous présenter une idée du travail curieux d'un jeune naturaliste qui marche dignement sur les pas de son père (1).
Tous les terrains de sédiment, tous ceux, par conséquent, dont la formation est postérieure à celle
(1) M. Adolphe Brongniart, qui , dans son Histoire des végétaux fossiles , se propose de réunir tout ce que la science possède sur ce sujet important , joint à des recherches nou- ▼eUes dont il sertit superflu decheiober à laire ressortir Vin." portance.
230 LBITB&Xm.
des terrains primordiaux, contiennent des débris d€ végétaux en plus ou moins grand nombre.
Ces végétaux, AQDl le plus souvent terrestres y et annoncent , par conséquent , que quelques parties de la surfiftce de la terre étaient découvertes à Tépoque oik les terrains qu*ib renferment se sont déposés ; dans quelques couches cependant on ne rencontre que des végétaux fossiles, analogues aux fucus et autres plantes marines. La masse des grès bigarrés, qui renferment les dépôts de sels gemmes (1), et les couclies moyennes de k craie paraissent dans ce cas.
Les recherches de M. Adolphe Brongniart Pont.
conduit à reconnaître que les végétaux fossiles , étudiés dans Tordre de leur création , paraissent indi^ quer trois grandes périodes pendant chacune des^ quelles la végétation a conservé les mêmes caractère» essentiels, tandis que ces caractères sont totalement 4lifférens quand on passe d*une période ou d^un groupe de formation h un atltre.
La première période , la plus ancienne , comprend Tespace de temps qui s'est écoulé depuis le dépôt des premiers terrains de sédiment (époque ou probablement la végétation a commencé a s'établir sur la terre) jusqu'après le dépôt des formations de houille. On peut considérer les grandes couches de houille comme résultant de la destruction de cette végétation primitive de la terre ; Fancienneté des terrains dans lesquels se rencontrent les végétaux
(1) Voir sur la formation des geaunes^ la letÉfe SDÎva9fe«
mm LES Ti&ixÀOx fossuss. 231
•pfarteBUtt à cette pésîocfce, prouve , ce que ^Mk* leurs on aurait pu admettre à priori , que la vie a commcDcé sur la terre par le règne végétal. Pendant tout rintervalle auquel appartient la période que nous signalons , les animaux invertébrés senli TiTaient sur ]m terrains mis à m; U est doatenx qua les mers renfermasMiBt des poîsMis.
Après la période que nous Tenons de signaler , il s^cst déposé plusieurs couches c[ui ne renferment qne des végétaux marins ou des végétaux terrestres en trop petite quantité pour permettre de rien établir de positif sur la nature de la végétation du globe il l'époque de leur formation. Au-dessas de ces oOOf* ohes (qui comprennent le grès bigarré ci le calcaire conohylier), on recommence à tronver une régétation nouvelle , tout-à-fait diflerente de la première, et qui s'est maintenue sur la terre pendant tout le temps qui s est écoulé depuis le dépôt du lias ou du grès à bâtir jusqu'à la craie. C'est ce qui forme la seconde période de Tégélalâon , dont on trouve an* )oiird*hui les débris renfermés principalement dans le caloaire jurassique, ou dans les couches immé* diatcment inférieures ou supérieures à ce terrain. Pendant cette période , aucun mammifère ter* restre ne parait avoir paru sftr la terre ^ qui n'é«tait.babitée que par les grands reptiles , an nom* Ive desquels se tronyaient ces plécodacfyles, oas plesto^saurus^ ces ichthyo-saurusj que* la nature avait oi'ganisés pour voler et pour nager.
La seconde époque se termine à la craie : cette davniève Ibrmatioii ne renferme que quelques tra**
ximui xvu.
ces de fiantes marines , et sépare la seecmde époque
végétale 4e la troiiitee , qui répMd à Tespaoe de temps pendant lequel nos terrains tertiaires se sont formés, c'est-à-dire celui pendant lequel ont eu lieu les dernières irruptions marines dont notre pays a été le théâtre « et les intervalles qui ont per-» mis la propagation i d'aboid des palœotheriums et des anoplothériums, et autres genres aujourd'hui perdus y puis des éléphans, des rhinocéros ^ et autres races contemporaines.
Il ne faut pas croire que, pendant chacune des trois périodes que nous Tenons de signaler , la yé^ gétation soit restée parfaitement la même ; elle a plus on moins, varié; et ces périodes, M. Adolphe Brongniart ne les donne que comme des ahstractions* On peut les comparer h ce qu'on a nommé région . en géographie botanique. Les mêmes végétaux ne se trouvent pas partout dans une même région ; et cependant Tcn semble de la végétation présente dans chacune d'elles des caractères qui la distinguent de celle des régions voisines^ ainsi , sans être profond botaniste , on reconnaît facilement la différence qui existe entre renscjuble des végétations des bords de la Méditerranée, du nord de la France et des Hautes-Alpes , ou du- nord de la Suède. Il en est de même pour les époques reconnues par M. Brongniart ; seulement la n^essité déclasser les végétaux. dV> près les débris qui nous en restent , ajoute beaucoup à la difficulté de la détermination.
Pourtant, une comparaison attentive des portions de végétaux qu'on trouve dans les différentes cou^
SUE m riakKxox rossass. 233
chc9 , avec les mêmes organes des Tégétaint vivana, peut conduire à déterminer, dans la plupart des cas , la famille et même le genre auxquels ces végétaux ont appartenu, détermination curieuse, à Taide de laquelle on peut, par un travail analogue à celui qn^a fait M. Cavier sur les espèces inconnves d*animaax fossiles y se représenter les caractères et Taspect de la végétation qui couvrait la terre pendant chacune des périodes que nous venons d^indiquer.
Je vais m'effbrcer de vous faire connaître les résultats très-importans auxquels M. Adolphe firon- " gniart est arrivé sur ce sujet, en commençant, comme nous Favons fait ^our les animaux , par les couches
les plus superficielles, parcelles dont la formation est la plus récente , pour descendre ensuite aux formations anciennes.
Et d'abord, dans la troisième période, si nous nous bornons à considérer les végétaux renfermés dans les terrains supérieurs d^eau douce , et autres formations antédiluviennes des plus récentes , nous n'y trouverons rien qui annonce un climat différent du nôtre ; les plantes sont celles qui croissent encore dans nos contrées. Dans les meulières des environs de Paris , par exemple , les fossiles indiquent l'existence de genres semblables à ceux qui se rencontrent encore dans nos mares et dans nos étangs ; ce sont
âeschara, dos nymphéa ^ etc.
Bans les formations plus anciennes delà dernière période , dans celles qui sont séparées des terrains d*eau douce sux>érieurs par des traces d^une ou plu-
234 icnsE xm.
nean Imptioiis mâiinet, la Tégétalioii eik MSKrente. Elle ii*aA« encore, il est ^rai, rien dan» son ensemble qui ne se retrouve actuellement snr le globe ; mais les végétaux qui couvraient alors notre sol n'étaient pas ceux qui rembellissent aujonr^ d^hai : ils appartenaient pmqae tons à des ûunilles propret aetoeUement aux pays diands. Tds sont les palniiers et i^osieiirs feuilles qm sendbleraient indiquer des lauriers et des roélastomes; tels sont encore les fruits de File Shepey, dont la plupart ne peuvent être rapprochés que de genres exotiques des pays chauds. On ne peut même douter que les lignites décrits par IL Faujas de Saint*Fond ne soient 9 en grande partie, composés de troncs de palmiers dont on a même retrouvé quelques fruits qui annoncent des cocotiers on un des genres voi* sins.
Des troncs de palmiers , ou d'autres arbres monocotylédons , ont été trouvés à Montmartre ; des feuilles de palmiers ont été rencontrées dans les pM-» trières d^Aix et dans la molasse des environs de
Lausanne; ainsi, à Tépoque ou les animaux de Montjijartrc (les palœotheriums et les anoplotheriums ) vivaient aux environs de Paris , le même sol nourrissait des palmiers ; et ces deux circonstances réunies annoncent déjà d'une manière évidente nn cK» mat plus chaud que celui que nous supportons ao» tuellement , quoique moins brûlant que c^ui des régions équatoriales.
Du reste, abstraction faite de ce déplacement de climat, la totalité de la végétation de T'époque qui
8VB ISS yiûttkisT Fossnis. 835
nous occupe présente tous les caractères de la yé* gétation actuelle , prise dans son ensemble ; elle se composait , comme celle qni couvre aii}ourd*ltiii le globe , de végétaux tràs-nombreux , très-variés , ana-
logues, quant aux familles et aux genres , à ceux qui existent encore actucllcuiciil. Ces végétaux considérés relativement aux grandes classes qu^ils comprennent, se trouvaient dans des rapports numériques à peu près les mêmes qu*actueliement | cVsfc» à-dire que les dycotylédoBS étaient de beaucoup les plus nombreux , et les grands cryptogames , tels que les fougères, les lycopodes, etc., les moins nombreux.
La seconde période de végétation , celle qui correspond à Tespaoe de temps qui s'est écoulé depuis le dépôt des conebes de grès immédiatement inférieures au ealcaire du Jura jusqu^à la erate inclusivement, offre avec la précédente des différences considérables.
Nous n^y trouvons plus rien qui annonce ni les phmtes dycotylédones de notre époque » ni les palmiers; les cryptogames s^ montrent en proportion immense; la fiunille des ftwgères seule y figure pour un tiers , cl, conjointement avec leseycadées et les conifères, elle forme la presque totalité de la végétation. Une particularité bien connue de ces différentes familles , c^est que leurs genres , du moins pour les fougères , étaDtt susceptibles de «roUre sur la totalité du globe terrestre , on remarque que partout , dans ces genres , le développement des individus se trouve en proportion de Télévatlon de la
iSTTiB xrn.
température du climat. Or, dans la période qui nous , occupe , les genres dont il est question offrent un degré de développement qui parait ayoir à peu près égalé celai qu'ils {Hrésenteni dans les régions équa* toriales. Les pins petits appartiendraient aojonrdlim tout au moins au climat du cap de Bonne-Espéranee et de la Nouvelle-Hollande.
. Remarquons de plus que la présence j dans la seconde période , des deux familles des cycadécs et dûs conifères est extrêmement curieuse, en ce qu'elle semble indiquer une espèce de passage entre la Tégétation de la troisième période, où les dycotylédones dominent, et celles de la première, dans laquelle, comme nous allons le voir, les plantes cryptogames constituent à elles seules la presque totalité de la végétation. Ajoutons de plus que la végétation de cette seconde période , plus abondante en espèces si elle Test moins en genres que celle de la troisième , est au contraire moins abondante en espèces et plus en genres que celle de la première.
Pour dernière remarque , faisons observer que , pendant la durée de cette période , le règne animal a présenté des modifications analogues à celles du règne végétal; ainsi, point de mammifères, ni marins, ni terrestres. Les reptiles formaient k eux seuls tous les vertébrés, et les individus de cette classe d'animaux, constituant d'ailleurs aussi des genres différons de ceux qui existent maintenant, présentaient des individus dont les dimensions étaient plus considérables.
. Arrivons enfin à la prendère période, d^autant
«m^ Lsa TÉcwTÀUx vossuks. 287
plas curiense qu'elle nous porte à Fépoque de k première apparition de la vie à la surface du globe ; les végétaux de cette période , dont les restes ont f rmé les couches de houille, présentent au plus haut degré les caractères de la simplicité dont nous ayons vu <jne la nature ne s'était encore <jue peu écartée à la deuxième période : ils sont tous remarquables par leur peu de variété , par la simplicité de leur organisation et par la grandeur leurs dimensions.
Les végétaux de la première période paraissent tous pouvoir se rapporter à six familles différentes » tandis <{ue maintenant nous en connaissons près de deux cents. Sur ces six familles , quatre appartien'*
nent aux cryptogames ( à la famille dont Forganîsation est la plus simple ) , une aux monocotylédones, et probablement une aux dycotylédones^méme ces derniers groupes diffèrent tellement des monocolylédones et des dycotylédones connues actuelle** ment , qu4l y a beaucoup de doute à leur égard , tandis qu'il n^y en a presque pas pour les quatre premiers.
Le rapport numérique des espèces de la première végétation comparée à ce qui se passe de nos jours offire encore une disproportion pins grande ; alors , sur cent espèces , quatre-vingt-douze au moins appartenaient à cette classe si simple des cryptoga-» ^mes , six aux dycotylédones , et deux aux monocotylédoncs. Ce rapport est tout-à-fait inverse de celui des végétaux vivans , parmi lesquels , sur cent ^ il n'y en a guère que trois à quatre cryptogames
LETTAS XYII
TAsoidaireSy des mêmes fiimillei que /selles qu'on trouve àrétatfossile, tandis qu^ii y a enTÎron qaa*
* tre-TÎngtâ dycotylédones et seize monocotylédoncs.
Des conséquences extrêmement curieuses ressortent de ces considérations générales sur la nature de la végétation primitive*
£t d'abord y si bous nous arrêtons ans dimensions que présentent les individus de chacune des fiimilles existantes à Tépoque qui nous occupe , nous verrons que tous ces végétaux offrent un développement, une grandeur, une force de végétation bien 8i|périeurs à ceux qu'ils acquièrent dans nos climats y et même à ceux dont jouissent ces mêmes familles dans les régions éqUatoriales.
Ainsi les fougères en arbre de cette première période , quoique analogues , à beaucoup d'égards , à celles qui maintenant ne croissent plus que sons la Zone Xorride , «'élèvent à une hauteur double de celle qu'attd^nent les plus élevées parmi ces dernières : elles ont jusqu'à 40 ou 50 pieda» tandis % que, dans notre époque, elles ne dépassent pas 20 à 25 pieds au plus » la plupart ne sMleyaat qu'à 8 ou 10.
Les lycopodes et les équisétacés ne sont actuellelement que des plantes herbacées, ou tout au plus de petits arbustes qui s'élèvent à quelques pieds de liaiit; parmi les plantes du terrain bouillery au contraire, les équisétacés y du genre ûolamiie, ont 10 à 15 pieds , et peut-être plus , de haut , et les lycopodacécs , qui forment le genre lepidodendron, ont jusqu'à 60 ou 70 pieds de baut.
sva LES TieiTAVx fossiles. SIM
Or aonf yoyofns aetnellemeiit que les Tégétau â», ces trois familles, les fougères, les lycopodtacées
et les presles, acquièrent toujours une taiJfc d'autant plus considérable, que le climat dans lequel elles croissent est plus chaud. !Nulle part elles ne •'élèvent si haut que dans les régions à la fois oliau** des et huiuidee, telles que celles de T Amérique équf^ Bosiale et des lies de Parcfaipel d*Àne; Mus pou* vons donc raisonnablement conclure de cette considération , que les "Végétaux des terrains houillers ont dû croitrc sous un climat à la fois beaucoup plus chaud et plus humide que les régions équinoxiales de TAmériqueet que les Hei de Tarchipel d'Asie.
Cette conclusion ^ qui se préaente déjà avec un n haut degré de vraisemblance ^ va paraître encore plus évidente par des considérations puisées dans lo genre de la végétation des terrains houillers.
Nous disions tgut-ù-riieure que la végétation des terrains Imuillera était surtout remarquaBle par la grande proportion d'espèces ajqpartenant à la classe des cryptogames : or, si noua cherchons à la sur^. faee du globe les points où maintenant la propor- ^ tion des grands groupes de végétaux entre eux se rapproche davantage de celle qu'on observe parmi les fossiles de la première période , nous verrons que , dans les Hes , les cryptogames deviennent inoomparablement plus sonibreus que sur les coa* tinens , et que , parmi ces espèces , ce sont surtout les fougères et les familles voisines qui prédominent.
On remarque même d'une manière évidente que ,
plus les lies sont petites et éloignées des continens, plus les fojagères lycopodes deviennent nombireiises, tandis qoe les végétaux phanérogames diminuent de telle sorte , que dans les Iles isolées, telles que l'As*^ cension, Tristanda-rCugna , elc, , ces familles peuvent surpasser les phanérogames , ou du moins les égaler ; nous pouvons donc concevoir que , si des ileséparses au milieu dun va3te océw estaient sana aucun grand cqi^tinent» leur flore aurait le caractère de la flçn^.dp cette première période de végéta^ tion, quant ^ rappprl numérique des plantes entrai elles.
Ces deux considérations du rapport numérique des végétaux entre eux et de leur taille , comparés h ce qui a lieu maintenânt à la surÊice de la terre ^ nous permettent donc de penser qu'à Tépoque de la formation des houilles.
1* La snrfikce découverte de la terre ne formait que des fies ou archipels épars au milieu d'une vaste mer sans grands continens ;
2» Que la température de ces îles était beaucoup ^us élevée que ne Test aujourd'hui celle d'aucun lieu de la terre; et de plus, comme partout les gétaux fossiles de la première période de k végétation présentent à peu près les mêmes caractères, nous devons en induire que cette température plus élevée était répandue plus uniformément sur toute la surface du globe.
Une foule de £ûts de détails sont venus confirmer M. Adolphe Brongniart dans Fadoption de cette théorie. En effet » 1^ bassins homllers se rencon-
SUR LES yiaéxAux f ossiles. 241
trent ^tetqat toujours semés en «éries interrou* pues, de manière à se rapprocher de ce qa*on re« marque dans les archipels où les îles , représentant des sommets de chaînes de montagnes , sont presque toujours disposées par lignes interrompues ; des îles basses , semblables | pour leur position , aux iles de coraux de la mer du Sud^ deyaient présenter une y^étation très-uniforme , attendu q[u^dllesi&*oht pas de montagnes.
Si la considération de la nature et des dimensions des végétaux qui croissaient sur les premiers terrains de transition nous conduit à regarder la sur&ce du globe comme couverte par une mer im* mense d>au chaude^ aun^ilieude laquelle s^tfeyaîent 4]uelq[nes fies , la géologie con6rmc le même résidiad en nous faisànt connaître Timmense étendue et la puissance des calcaires de transition ( formations déposées |>ar la mer ) ^ qui servent comme de base aux terrains houillers , et Tétendue bornée des cou-' ches de houille.
La nature des animaux que ces mers immenses renfermaient offire une nouyelle prenye de leur température élevée.
Aucun mammifère n'est connu à cette époque : on sait que de nos jours aussi ils sont beaucoup plus rares dans les petites iles oit ils n'existent peut-être que lorsqu'ils y ont été transportés des continens. Au surplus y les végétaux qui existaient à Tépoque qui nous occupe ne pouyaient servir de nourriture à aucun animal connu.
Quant aux dépôts houillers eux-mêmes , M. Adol-