‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 2)Chapitre 14 sur 26 · S0 L£TT&S XIX · texte numérisé non relu

S0 L£TT&S XIX

f Attribuerais les chaDgemens de lieu des glaces, qui, dansFIslande, sont su}ettes*à se déplacer.

• , Une chose qui vous étonnera sans doute, et qui tient peut-être à la même cause , c'est que le climat de rislandc est moins froid que celui de la Suisse ; car si les étés y sont moins chauds , les hivers y sont moins rudes : de sorte qu^on y jouit d'une température beaucoup plus égale.

La Laponie offre un spectacle plus effirayant. On

trouve des marais et des lacs toujours glacés jusqu'à leur fond. Presque toute la terre y est absolument impropre à la culture.

Les côtes orientales et occidentales du Groénland sont couwrtes de pyramides énormes et de masses de glace inaccessible , mais surtout les côtes orien^ taies qu*aucun navigateur n*a pu encore visiter.

Partout où Ton a pu pénétrer dans le pays , on n'a vu que des montagnes entièrement couvertes de neige. Bans tous les endroits qui ne sont pas trop escarpés , on n^y a vu que des vallées comblées par les glaces. Au plus fort de Pété , la neige fond un peu du côté du nord , derrière les brisans ée la côte e% les petits golfes ; mais , du côté du midi , elle est toujours ferme.

Le Spitzberg a été pendant long-temps la terre connue, la plus voisine du pôle; elle est inhabita» ble : les montagnes pointues dont elle est hérissée lui . ont fait donner le nom qu^elle porte. Elles sont ' couvertes de glace depuis leur sonunet jusqu*à leur pied , et rafraîchissent tellement Pair , qu^il est impossible de supporter leur voisinage. Quand le so-

leîl les éclaire , elles paraissent brillantes comme des flammes.

Les pôles sont très-probablement recouverts d^une couche très-épaisse de glace qui ne fond jamais. Nous ne pouvons aroir aucun détail sur cette partie inabordable pour nous; mais nous connaissons mieux

la formation des glaces annuelles ; et , à cet égard , il faut bien distinguer les glaçons spongieux flotta ns, peu considérables , des plaines ou cbamps de glace qui offrent une surface solide beaucoup plus durable. La superficie n^en est pourtant pas formée par la mer , puisque des navigateurs', pris au milieu de ces glaces , assurent que leur fonte donne de Peau douce. 11 est à croire que cela tient à ce que la partie superficielle a été formée par la fonte des neiges, * qui , tombant sur une première couche d'eau salée congelée , se seront d'abord fondues, puis glacées.

Les grandes montagnes de glace sont beaucoup plus durables ; elles paraissent remonter à une haute antiquité , et appartiennent 'au pôle même. Leur épaisseur est souvent de 100 à 120 mètres , et leur saillie au-dessus du niveau commun , est de 15 à 20 mètres.

Ce qu'il serait suHout important de constater , relativement à toutes les espèces de glaciers, ce serait leur 'augmentation ou leur diminution; car on pourrait en tirer des inductions très-plausibles sur

rabaissement ou Télévation de température dan^ les régions où ils sont situés. Or, si les hypothèses de Leibnitz , de Buffon et d'un grand nombre de naturalistes étaient fondées, les glaciers devraient ang-

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' menfer dWe nmnière se&sîMe d^m sièèle à Faiibre» Bans leurs idées, en effet, les glaces q[iii doivent emfu-

bir un jour tout le globe ont déjà gagné lénepartieconsidérable de sa surface ; elles occupent, sous Féquateur même, tout ce qui s'y trouve élevé à 2,400 toises an-dessusMu niveau de la mer. Dans les régions brûlantes de FÂfirique on commence à les trouver à 200 to»» * • ses; elles s^approchent davantage dn êok^ à mesnve qu^on s^éloigne de la Zone TorrSde. Sur les Alpes, Men ne sont qu'à 1,500 toises du sol; en Norwége, elles descendent déjà à 600; dans le Groenland, dans la Laponie , elles s'étendent jusqu'au fond des vallées presque au niveau de la mer ; enfin , plus loin , vecs le pôle 9 tout est glace. Dans Tautre héniiBpbère,,le8 . glaces paraissent beaucoup plus tdt encore , de sorte qn*elles occupent déjà plus d^uai dixième de la aa> fece entière du globe ; et tandis qu^elles s^atancent ainsi d'une manière effrayante des pôles vets les ré-^ gions tempérées, elles descendent également du baut des montagnes, et, devenues , par leur masse énorme | une nouvelle cause de refroidissement, ellea re»* serreront de plus en plus le règne de lavie , jusqa% 'ce qu'elles le &ssent disparaître entièrement de la surface du globe.

Ceux qui se livrent à ces sinistres idées^ croient pouvoir donner des faits positifs à Tappui de leurs . opinions. Dans les régions polaires dkentpits , Ues des passages, autrefois parcourus pav des naviga^ teurs même assez récens , sont maintenant impra*tioable», à cause des-f^ces qvdles obstruent Les mêmes effets , selon eux , se remarquent sur nos

montagnes les pluB élevées , où Ton Toit , disent-ils y lej glaciers gagner de siècle en siècle , et pres<{oe * « tt*auiée en année, descendre vers leur pied, et envahir, dans leur marche lênte^ mais sâre, les

champs, les prairies et les villages.

Relativement aux Alpes, particulièrement 4ans la Suisse, il -est certain que les glaces ont gagné, depuis quel({ue8 années , d'une manière assez sensible»

Dans le bailliage dUnterlaleni les ndgas se sont emparées de quelques intervalles de monta^^es

où il y avait des pâturages , et elles ont obstrué entièrement un chemin qui conduisait au-delà dans le Valais. Un petit village , dont le nom était Sainte? Pctronellc , a disparu , et les glaces couvrent le terrain où étaient ses baHtations.

Comme les Alpes sont les montagnes à glace les plus voisines de doUs, et les mieux observées, on a été très-porté à généraliser ces effets de peu d^importance^ et qui probablement ne seront pas. durables.

En effet, la tradition et quelques docomens bistoriques apprennent que les glaoiers de la Suisse dont il est ici question se sont élevés pendant envi»

ron un siècle , et ont gagné du terrain horizontalement; mais que, durant d'autres années, ils ont diminué en hauteur et en étendue. Ainsi, Ton ne peut pas douter qu'il n'y ait une compensation ou des retours d'effets qui doivent rassurer les habitans voisins de ces lieux.

. n est certain , par exemple , que dans le temps

Oigitized by

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méBM oà les glaees ont gagné d'an côté, elles ont perdo de Fantre. Vn magnificpe portail de glaoe, d*otii sortait un missean abondant, et qui Brillait

parmi les glaciers du Grendelwaldt, a disparu entièrement.

Quant aux passages qu^on a reconnus , dans les régions polaires , être , depuis peu , dévenus impraticables, on peut raisonn^lement penser que c^est accidentellement qn^ane plus grande quantité de ' glace s^y est trouvée rassemblée , et qa*un été plus • chaud suffira pour les rendre aussi libres qu^ils ont pu Tétrc auparavant. Ce quHl y a de certain, au surplus, c'est que le refroidissement du globe , quel* que démontré qu'il soit, est devenu beaucoup trop lent pour qu'on puisse supposer qu'il produise des effets sensibles sur l'augmentation des glaciers.

Au lieu de voir dans les glaciers les tristes effets d'une cause destructrice qui aurait déjà fait disparaitre la vie dans une partie considérable du globe, il est plus philosophique de les considérer comme le moyen que la nature a employé , dans beaucoup de lieux, dés le oonnencement des choses, pour se procurer d'immenses réservoirs propres à dWenir la source des fleures, qui, s'en échappant en grandes masses, et qui, traversant une étendue considérable pour se rendre à la mer , rafraîchissent et fertilisent les campagnes de tous les pays qu'ils parcourent

U est constant qiie ces amas de glace conservent les eaux qui servent à l'entretien des sources de oeâ gran^ flettvés qui arrosent une grande partie de

nSnropc ) oft Pon manqnerait-d^ean aans cette rei»

source de la nature. Supposez , madame , un insfiml que les glaciers des Alpes n'existent pas; en les sup* primant nous ôterons à cinq grands fleuves , à un grand nombre de moye^a^ et à une infinité de ruia* seaux permanens , leur source intarissable; car Teau qjoA tombera en pluie sur ces montagnes , si elles sont moins éleyées, s*écoulera aussitôt pour pro» duirc des inondations désastrcuses , ou sera dissipée en vapeurs : mais les neiges et les glaces la fixent , Taccumulcnt, la maintiennent, et, ne la laissant s'écouler que peu-à-peu et d'une manière permanente , la mettent dans la disposition la plus propre à fertiliser les campagnes qu^elle trayerse pour se rendre dans la mer.

Avant que M. Fourier nous eût appris que la tem* pérature de nos espaces planétaires était 40», on supposait que le froid allait diminuant toujours pro- . gressiveiçent, et Ton avait calculé qu'à 18,000 mètres au-dessus de Paris , on trouverait un froid de 82«; à 120,000 un froid de dOO*. Aujourd'hui on Bail, comme nous ayons tu ( voyeM lettre ) , que le froid, après avoir augmenté jusqu'à une tempéra turc de 40° au-dessous de la glace, n'augmente plus, quelque haut qu'on s'élève.

C'est au froid qui règne dans les hautes régions de l'air qu'est due la formation des nuages, qui sont le résultat delà condensation de la yapeur aqueuse, qui se trouve dans l'air; comikie cette vapeur esi d'un tiers plus légère que l'air , elle tend continuel* lempnt à s'élever i et monterais iadéfinimout, si, à.

ËBS ivtm zixi '

une certaine hauteur, le froid ne la condensait et ne la ramenait à Tétat li(][uide. Dans cet état, elle reste qaelqae temps suspendue, et forme les nuagès; pois elle retombe sous la forme de pluie : de sorte qu'aucune particule d^eau n^est perdue par suite de réyaporationi

Il n'en est pas de même relativement au calorique , à l'arrivée et à la sortie duquel Tatmosphèrc ouvre sans cesse un libre passage. La transmission du calorique qui nous est lancé par le soleil se fait directement par Toie de rayonnement, mais celle qm a lieu , au contraire , de la terre dans Tespace environnant, se fait et par le même moyen et parle déplacement de chaque molécule, qui aussitôt qu'elle est échauffée s'élève indéûniment.

Elle a lieu aussi , mais très-peu , par la transmission lente de molécule à molécule.

Le second mode de reiroidissemeiit , celui qui se fait par le déplacement successif des molécules échauffées, est le plus important, surtout à cause de l'influence évidente qu'il exerce sur la production des vents. £n effet, si une j;aasse d'air un peu considérable se trouve simultanément écbauffée, «lie s*élèvera dans Tatmosphère^ et les couches voisines se précipitant pour prendre sa place , il en résultera un vent plus ou moins soutenu > etc.

La terre perd-elle plus de calorique qu'elle n'en reçoit, ou bien, au contraire, en reçoit-elle plus qu'elle n'en perd ? C'est une question du plus haut iutér^lt , et que M. Fourier a de nos jours complète-, meut résolue f il a démontré arec une certitude ïpa-

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thtaatiqae , «pie le globe se refiroidit y quoique ce soit bien lentement, et d'une manière tout-à-faît insen*-

sible. Pour peu que ce refroidissement fût considérable, Fastronomie fournirait un moyen certain de Tevaluer. En effet , la longueur de Tannée étant déterminée par la révolution de la terre autour du 8O7 leil, si notre globe se refroidit, cette révolution doit être plus rapide , et la longueur de Tannée doit diminuer. Or, on connaît quelle était cette longueur du temps d'Hipparque , célèbre astronome qui , il y a deux mille ans, a dressé des tables très-exactes d'astronomie. II résulte de ces tables que , de son temps, le jour n'était pas plus court qu'il ne Test maintenant de 1;300 de séoonde décimale, c'est-àdire 1;80000 de minute dont on en compterait 100 à Fbeure; quantité réellement inappréciable. Le sphéroïde terrestre perd encore du calorique par les eaux thermales, qui en amènent sans cesse à sa 8ur£âce , et surtout par les éruptions volcaniques.

Si l'émission progressive de la cbaleur terrestre n^a plus aucune influence sur nos climats, d'autres

causes peuvent les modifier. Les plus puissantes de ces causes sont les changemens produits k la surface du sol, par le défrichement et la culture des terres, dont l'effet est de les échauffer. Cette considération explique comment plusieurs pays ont pu jadis être soumis à une température beaucoup moins élevée que celle qui ^j règne aujourd^bui. La France et rAllemagne sont dans ce cas ; car il n'est pas possible de douter que, dans ces deux pays , le climat ne

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soit bèRVOonp plus tempéré maintenant qu*U ne Vé^ tait du temps des Eomains.

C'est ce cpii est pronyé par la description qm nous

en reste, par la nature des plantes qui, comme la vigne, y prospèrent maintenant, et qui ne pouvaient y croître dans ce temps-là.

On explique cette différence par Tinfluence qu^a dû exercer snr la temp^ature le défrichement des fofèU qui couvraient notre pays , et qui ont ùAi pkce aux champs cultivés; la théorie de la chaleur a montré, comme nous Tavons vu, que cette cause pouvait réellement produire les effets qu^on lui attribuait depuis long-temps.

Au surplus , on ne peut alléguer les mêmes raisons pour ritalie^ qui dès^lors était aussi bien cul* tivée *m moins qu'elle peut Fétre maintenant; et pourtant Horace, dans une de ses odes oli il peint les rigueurs de Thiver, parle du mont Soracte, dont le sommet est blanchi par les neiges , et des forets -, foHguées du poids des glaces dont elles sont oonvertês.

€ertainementanjourd'hm lltalie ne lû fournirait pas Poccasion de &ire de pareils tableaux. S'il est

vrai que le voisinage de la Germanie, au temps où son climat était si rigoureux , devait refroidir l'Italie , quoique peut-être il soit di^^ciie de comprendre comment , par suite de cette cause seule , la différ^ice ait pu être si çonsidéraMe , peut-être y auraitil une recherche curieuse à fidre sur ce sujet.

Le baromètre prouve que le poids d'une colonne d'air , depuis la terre jusqu'à la plus haute élévation

da Tatmosphère ^ éfpiivaat à cdui d^ime ooloime aeniblable d*eaii de dix mètres de hauteur ; le poids to*

tal de Tatmosphèrc est donc égal au poids d'une masse d'eau suffisante pour entourer le sphéroïde terrestre à dix mètres d'élévation. Par conséquent^ si Tair se condensait et tombait licpide sur la terre , U n^aogmenterait qqe d*un cinq*-oentième la masse des eaux actuellement existantes } et Ton yoît , de plus , que son volume n^est q[ue le millième de celui du sphéroïde.

L'atmosphère , considérée comme agissant sur la mer et sur la terre, joue un rôle assez important : ou* Ire les actions chimiiiaesqu^elle exerce sur la masse des eaux en leur cédant une partie de Tair sur«oxigéné qui entre dans sa composition, et sur la terre par la dècom* position des minéraux , elle agit mécaniquement en enlevant les corps secs et légers pour les transporter au loin ; c'est elle qui forme les dunes , et change ainsi la surfsuse entière de plusieurs contrées ; c'est elle qui, sonlerant les vagues de Tocéan, est la cause première de Faction qu*il ei^erce sur ses vages. Elle renferme, de plus, la cause des phéno* mènes électriques qui détruisent si fréquemment le sommet des hautes montagnes.

Les plus étonnans produits de l'atmosphère sont €ses pierres qui tombent assez fréquemment à la sur^ frce de la terre , sans qu^on ait pu jusqu'ici indi- * quer d^une manière satlsfigtisante leur mode de for* mation ou leur origine.

Lliistoire fait mention de pluies de pierres qui , des l'antiquité la plus reculée , avaient frappé d'é-

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tonnemeiit cem qui en avaient été témoins. Tite-

Live , Pline et plasienrs antres écrivains , en citent des exemples positifs. On n'en a jamais douté dans le moyen âge ; et Cardan , particulièrement, parle d'un phénomène semblable, qui eut lieu en 1510. Snr 1,200 pierres tombées, il y en avait, suivant luîi une du poids de 120 livres et une autre de 60.

Ce n^est que dans le dernier siècle que la difficulté d'expliquer la chute des pierres de l'atmosphère a conduit nos physiciens à nier absolument un phénomène sur lequel ils auraient dù , tout au plus, suspendre leur croyance ! mais , loin d'apporter cette sage réserve dans leur décision , ils ont pendant lonç-tetnps repoussé , avec le plus dédaigneux mépris , tout ^ce qn^on leur a présenté sur ce sujet.

Cependant les observations se multipliaient , et les hommes qui avaient vu ces pierres, qui avaient failli être écrasés par leur chute , ne purent se résoudre à croire, sur Tassurance des satans, qu'ils n^avaient rien vu, entendu, ni senti, de ce que leurs sens leur avaient appris. Les faits , d'ailleurs , se répétèrent si souvent dans la dernière moitié du dixhuitième siècle , qu'il est inconcevable qu'on n'y ait pas&itplus d'attention. Il y eut des exemples bien constatés de chutes de pierres en Bohême en 1753 , près de taris en 1768, et à Sienne en 1794 ; il en tomba dans deux endroits de l'Europe en 1796 ; deux ans après le même phénomène fut observé h Confaté , à Bénarès ; enfin, tout récemment un physicien distingué qui. s^est occupé à recueillir les cz-

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cmples de chutes de pierres , â trouvé qa^à la fin dix-huitième siècle, et lorsqu^on niait ce phéno* mène avec le plus d'opiniâtreté, on pouvait en compter jusqu'à 150,

Ce qui aurait dit surtout convaincre nos savans de la réfilité du phénomène qu'ils ne voulaient pas admettre^ c^est que toutes ces pierres étaient étrangèi^es au sol où on les rencontrait ; qu^elles étaient entièrement différentes de toutes celles que les physiciens et les chimistes connaissaient jusque là ; enfin , qu'elles avaient entre elles les plus grands caractères de ressemblance , bien que recueillies à des époques très-différentes et dans des lieux-très éloignés ; ajoutez à cela que les témoins s^accor^ daient sur les circonstances accessoires ; tous les avaient vues tomber de Tatmosphère dans un temps d'éclairs , et surtout dans Pexplosion de ces mété-» ores lumineux dont la production accompagne souvent les orages , et plusieurs d'entre eux les avaient recueiUies encore chaudes peu d'instans après leur chute.

Enfin, révidence^des faits a triomphé de toutes les

préventions, etla chute des pierres de ratmosphèrc n'est plus contestée aujourd'hui. Ce qui- a surtout contribué à vaincre l'obstination des plus incrédu* les f c'est l'existence d'un métal qui s'y trouve à l'état natif, ce qu^on n'avait jamais jusqu'ici rencon<* tré au même état dans aucun autre corps. Cette preuve , qui ne pouvait être appréciée que par les chimistes, devait avoir par cola même plus de poids sur leur conviction , puisque les témoigna-

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g«8 m 06 pofait étaient néoessairement domiéê par des gens in^bniito, et que d^ailleurs tons les oiumîs; tes qui pouvaient ae proeiiurer de ces pierres étaient

à portée de vérifier par eux-mêmes leur composition intime.

L'existence du phénomène étant une fois reoon-. nue f il arriva (ce qui a toujours lieu en pareille cir€oiistanoe)qae les savans, qi|i d'abord ne voulaient pas Tadmettre , parce qu*ils ne le oompre^ naient pas , n^ont pas manqué d*en proposer des explications qui leur paraissaient très-claires.

L'un d'eux, niant l'origine aérienne de ces pierres , suppose qu'elles sont seulement mises à découvert , et tirées de terre par le voisinage de la foudre. Mais d'où la foudre les tirerait-elle « s'il est ▼rai qu*on n'en rencontre nulle part de semblable à la surface de la terre ni dans son intérieur? Il faudrait pourtant qu'elles se trouvassent à quelques pouces tout au plus de profondeur. Et par quelle singularité ne se montreraient-elles jamais à la surface du^ol que quand le tonnerre vicâidraii lesy ehercberp

Des raisons semblables s'opposent à ce qn*on leur attribue une origine volcanique; car les parties constituantes qui entrent dans leur composition n'ont aucune espèce de rapport avec les produits rejetés par les volcans sur quelque point de la terre que ce soit

Frappés de l'extrême ressemblance qui nécessite qu^on donne à toutes ces pierres une origine commune « et convaincus de Timpossibilité de la leur as-

t»B Vxrmo&ÊwkBM. 298

signer sur aucun point delà terre, MM. de La Place etfiiot, deui: de nos savans les plus distingués, n'ont trouvé rien de plus satisfaisant que de les &ûre Tenir de la kine, en supposant (Qu'elles nous sont lancées par quelques-uns des Tolcans qui brûlent à la surfilée de notre satellite.

Ces deux savans ne manquent pas de raisons assez plausibles pour appuyer leur opinion; car, calculant sur le petit volume de la lune (qui n'est que le 82« de celui de la terre ) qu'elle ne doit ezeroer qu'une attraction 82 fois moindre »ur les corps qui sont à sa sur&ce ; faisant entrer aussi le peu de résistance que peut présenter Fatmosphère de la lune, qui doit être extrêmement rare , ils sont arrivés, si je ne me trompe, à cette conclusion, qu'il sufiirait qu'une pierre fût lancée de la sur^ice de la lune arec une force égale au double tout au plus de celle qu^un canon de IbrI calibre donne à son boulet , pour qu'il sortit de la sphère d^attraction du satellite , qu'il entrât dans celle de notre planète , et tombât infailliblement k sa surface.

Quelque étrange que puisse paraître cette explication ^ elle est certainement beaucoup plus admis* sible que cdle dans laquelle on Teut expliquer leur Ibimation dans Tatmosphère mémC) et dont je vais essayer de vous donner une idée.

Vous connaissez, au moins de nom, le gaz hydrogène , qui sert depuis peu à éclairer une partie de Paris ; c'est un gaz transparent comme l'air , tout-à-fait inodore quand il est pur ^ et si léger , qtt*îl l'est 14 ou 15 fois plus que Tair quenons respi*

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rons. Imaginez donc , madame , qac ce gaz, dans le travail des volcans, ou de toute autre manière , ait dissous les métaux qui entrent dans la composition des pierres de ratmo8phère(le fer et le nickel); que» cbargéde ces molécules métalliques, il s^élance dans les régions supérieures, oit nous supposerons qu^il y en a toujours une quantité prodigieuse , qui , vu son excès de légèreté sur l'air commun , s'y rend k mesure qu il est dégagé des corps qui le renferment sur la terre : » un orage survient, l'hydrogène s'enflamme, et fait apercevoir quelques*uns de ces météores lumineux dont Tezistence, diaprés les traditions constantes, parait devoir précéder la formation des pierres; le gaz, en brûlant, aban- ✓ donne le métal qu'il a dissous, et réduit celui qui était à l'état d'oxide ; la chaleur vive produite en ce moment fond le métal; et l'attraction moléculaine le rassemble en masses plus ou moins grosses, qui, tombées sur la terre , conservent quelque témps une partie de la chaleur développée dans leur formation. »

Si vous admettez tout cela, vous aurez une explication des pierres tombées du ciel. On a proposé sur la formation des aérolithes une troisième opinion qui parait réunir en sa fiiyeur plus de pr<dbal>ilités que les deux précédentes; cette opinion consiste à considérer les aérolithes comme de très- * pètites planètes circulant dans les espaces de notre système solaire, et dont quelques-unes , entrant de temps h autre dans la, sphère d'activité de notre globe , se précipitent vers nous , et traversent no-

BB L^ATHOSnifa»

ire atmosphère avec une rapidité qui suffit pour les enflammer.

Àucon indice ne nous montre ^e Pair aît, dans la suite des temps , éprouyé une modification ap> préclflble, malgré la respirattôn continuelle des animaux et des végétaux; mais, dans les époques

antérieures aux temps historiques, Tair existait-il et élait-il déjà ce quil est aujourd'hui? Il n'est pas bien diiEcilc de répondre à cette question , dont la solution pourrait, au premier aspect, paraître si embarrassante. 11 est, en effet, certain qu^il existait déjà une atmosphère lorsque la consolidation de la première écorce minérale a eu lieu ; ce qui le prouve , c'est rexistcnce d'animaux et de végétaux fossiles âans les dernières couches de cette écorce; de plus, ces animaux et ces végétaux étaient pourvus d'une organisation à-peu-près semblable à celle des animaux et des végétanx qui vivent maintenant à la smHGice de la terre : donc Patmosphère, après la consolidation du sol primordial, devait ressembler à celle d'aujourd'hui.

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