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a* De ce quUl n'a accordé aux rayons solaires qu'une puissance beaucoup trop bornée. Ainsi , tandis qu'il suppose que notre terre deriendra inhabitable aussitôt que, par Pévaporatim de sa cbaleur inierne, elle sera réduite à celle qui lui viendrait du soleil, il est prouvé au contraire que la chaleur qui nous TientHe cette dernière source est aujourd'hui, àtrès-peuprès , la seule qui influe sur nos climats , et qu'elle sufiEîrapour les maintenir constamment les mêmes pendantun temps immense. Four que nos climats changeassent d'une manière sensible, la sur&ce de la terre restant toujours la même , il &udrait, en effet, ou que notre soleil vint à diminuer de chaleur, ou que notre système solaire tout entier fût transporté dans une région de runivers dans laquelle la température des espaces planétaires fût sensiblement différente de celle où nous sommes plongés. Buffon s'était proposé d'indiquer d'une manière exacte le temps qui devait être nécessaire à chaque corps planétaire . pour passer d'un état de fusion produite par la chaleur, à un froid incompatible avec la vie.
Aujourd'hui^ grAces à la théorie de la chaleur, rien ne serait si facile que de résoudre cette question de la manière la plus précise, et de déterminer ainsi l'ftge des planètes , si nous avions quelque moyen d'apprendre quelle a été leur température initiale : faute de cette connaissance , nous ne pouvons rien déterminer, et nous sommes forcés de nous contenter d'indiquer quelques résultats propres à donner une idée du temps immense qui a dû s'écouler depuis l'origine de notre système planétaire.
M. Fourier , cherchant à établir la durée des temps néces^ saires pour que des corps solides semblables et semblablement éohaufEés parviennent au même état quand , après avoir été élevés A une même température , on les plonge dans un même miUeu, est arrivé à ce résultat reniarquià>le, que la terre,
nue Ibis éobaiiffée à une températnre ^elconqne , et plongée dans nn milien pins froid qnMle, ne se refroidit pas plus , dansPes^yace de 1,980,000 années, qn'nn globe S^im pied de diamètre , formé de matières pareilleé , et placé dans les mêmes circonstances, ne le ferait en une seconde : c*est4dire qne , dans cet espèce de temps réellement immense , sa température n'aura pas Tarie d'une manière appréciable. On Toitpar ce résultat avec quelle lenteur les cbangemens généraux s'opèrent dans l'intérieur des planètes. La durée de ces grands phénomènes , dit M. Fourier , répond aux dimensions de l'nniyers ; elle est mesurée par des nombres du même ordre que ceux qui expriment les distances des étoiles fixes.
Une fois familiarisé arec l'idée de ces nombres effrajans , on ne sera plus étonné d'apprendre que, qnelle que soit Tinfluence exercée à la surhice du sol par la cbaleur interne , cette influence persistera pendant nn temps illimité , et qnH s'écoulera plus de 3o,ooo années arant qu'elle soit réduite à la moitié de ce qu'elle est maintenant, k la vérité , an com mencement des cboses , les rariations ont dû être beanooop plus rapides ; mais , depuis Vépoque des temps historiques les pins reculés, tous les grands phénomènes relatifi "k la terre OBt pris on caractère de stabilité extrêmement remarquable, n est rigoureusement démontré qne depuis l'école grecque d'Alexandrie jusqu'à nous la température de la surface terrestre n'a pas diminué , par suite du refroidissement de sa masse interne , de la troisH^entième partie d'un degré de chaleur du globe terrestre.
Concluons de ces différentes réflexions qu'après avoir diminué pendant un temps immense , l'influence de la ctudenr interne du globe, quelque intense qu'elle puisse être, ne produit plus à la surface qu'un effet insensible ; que cet effet , tout iaible qu'il est , ne se dissipera pourtant totalement qu'a-
pvèt oa tempB illimité , puisque , ri^fooreiiaenient parlant , il persistera toujours dd plus en plus {sible jusqu'à ce que la chaleur interne soit totalnnent dissipée.
Quoique l'effet de la clialeur intérieure ne soit plus sensible à la aurfiàce de la terre , la quantité totale de cette cIialeur , qui se dissipe dans un temps donné y comnM une année on un siècle , peut se mesurer ; et M. Fourier , qui l'a déterjoinéoy a montré qu'elle était encore assez considérable ; celle qui trayerse durant un siècle un mètre carré dé superficie et se r^^d dans les espaces eâlestes pourrait fondre une colonne de glace qui aurait pour base oe mètre carré et une bàutenr d'enTir<m trois mètres.
Le même géomètre a déterminé la quantité de cbaleur dont les oscUlaticns déterminent , chaque année , l'akematiTC des saisons pour chaque point du globe ; cette quantité, en sup* posant que l'enTcloppe terrestre £àt de fer forgé, serait , pour un mètre carré de superficie, équiralente à celle qui fondrait une colonne cylindrique ayant pour base ce mètre carré , et pour hauteur 3 mètres j o'est-JHdire , que la quantité de chaf- Leur, qui , chaque année, produit à Paris l'altemation des saisons , serait , dans cette supposition , sensiblement égale A celle que perd le globe terrestre pendant un siècle, par suite de l'éraporation de sa chaleur interne ; mais l'enTcloppe du globe terrestre étant formée de substances qui conduisent beaucoup moins bien la chaleur que ne le ferait le fer forgé, la déperdition annuelle est réellement moins considérable.
Il est très-important d'obserrer que la température moyenne d'un lieu peut subir, par suite de causes accidentelles, des Tariations incomparablement plus sensibles que celles qui proviendraient du refroidissement séculaire du globe;
L'établissement et le progrès des sociétés humaines» l'aotion des forces naturelles peuvent changer notablement, et
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dans de tmIm contréet , Pétat de la wathee du aol, la éblnbution dea eaux, et les grands moaTenwnB dePair;deteii effela sont propres à faire Tarier daaa le eorni de qidfKi années la Talear de la chalear lyojenne dTmie mamère tri»* sensible. En général j le défriebesent et la enUore dn ts^ res , TétablisseMent des rillet , les traratu à Taide desqidi oadcmne ans fleures et aux riTiirea un eoara détenaméfle dessèchement des marais; en un mot , tout ce qui résulte è» progrès de la cJTJlisatMm , tend à augmenter la tempéntsit d^un pays. (Test ce qui parait être arrivé jadis pooi k CSrermanie , qui , du temps de Tacite, étaitbeauooup plnsfroide que de nos joflrs , et, k une époque tonte récente, posrla États-Unis, dont leclimat parait s'être très ee n aiblement sdooei depuis un demi-rsiède. Ces &its inconteetables , qni psidtraient au premier aspect contredire Fbypotbèse du refroidi»* sèment progressif du |^ebe terrestre, ne prouyent éfidenmcnt rien contre elle , puisqu'ils dépendent de causes loealei dont la théorie de la chaleur peut apprécier l'importance arec assez d^exactitude , tandis que cette même hypothèse prouve ) comme nous Tenons de le voir , que l'influence du feu central est à-peu-près nulle à la sur&ce.
Considérons maintenant une troisième cause de la chalear terrestre , celle qui réside dans la température des espaces plar. étaires. Supposons pour un instant que le soleilet tonsles corps planétaires cessent d'exister ; la région du ciel dans laquelle notre système solaire était placé aura unecertaine température que marquerait un thermomètre placé dans un de ses points.
Indiquons les &its principaux qui ont conduit M. Fourier à reconnaître l'existence de cette chaleur propre aux espaces planétaires, indépendante de la chaleur primitiTC que le globe a pu conseryer.
u Four acquérir la connaissance de ce singulier phéno-
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M mène , il fknt examiner quel serait Pétat thermométrique M de la masse terrestre si elle ne recevait que la chaleur du »> soleil; et pour rendre cet examen plus fiicile, on peut n d*abord supposer que l'aûiosplière est supprimée : or | s'il » n'existait aucune cause propre à donner aux espaces pla- »> nétaires une température commune et constante , c'est-àn dire, si le {^obe terrestre et tous les corps qui forment le M système solaire étaient placés dans une enceinte privée de n toute cbaleur , on observerait des phénomènes entièrement » contraires à ceux que nous connaissons ; les régions po- )i laires subiraient un froid immense , et le décro^ssement n des températures , depuis Téquateur jusqu'aux pôles, serait » incomparablement plus rapide et plus étendu.
» Dans cette hypothèse du firoid absolu de Pespace , s'il M est possible de la concevoir, tous les effets de la chaleur ^ » tels que nous les observons à la surface du globe , seraient » dus à la présence du soleil; les moindres variations delà n distance de cet astre à la terre occasioneriûent des change- » mens (rès-considérables dans les températures j Pintermit* M tence des jours et des nuits produirait des effets subits et A totalement différens de ceux que nous observons. La sur- M lace des corps serait exposée tout-à-coup , au commenc»- » ment de la nuit , à un froid infiniment intense , les cçrpa » animés et les végétaux ne résisteraient point'à une action n aussi forte et aussi prompte , qui se reproduirait en sens » contraire au lever du soleil.
» La chaleur primitive conse^ée dans l'intérieur de la n masse terrestre ne pourrait point suppléer à la température » extérieure de l'espace , et n'empêcherait aucun des effets M que l'on vient de décrire j car nous connaissons avec cer- » titude (ainsi que nous venons de le voir) par la théorie et » les observations , que l'effet de cette chalear centrale est
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1) dercna depuis longtemps insensible à la superficie, quoi- » qu^il puisse être trèsrgrand à une profondeur médiocre.
M Nous concluons de ces dernières remarc[ues , et principer 1) lement de Texamen mathématique de la question ^ qa'il » existe une cause physique toujours présente qui modère » les températures à la sur&ce du globe terrestre , et donne » & cette planète une chaleur fondamentale , ind^ndante » de l'action du soleil et de U chaleur propre que sa masse » intérieure a oonserrée : cette température fixe , que Im )) terre reçoit ainsi de l'espace , diffère peu de ceUe que Ton » mesurerait aux pôles terrestres; elle est nécessairement motn- M dre que la température qui appartient aux contrées les )) plus froides ; mais dans cette comparaison l'on ne doit adw mettre que des observations certaines , et ne point oonsi- » dérer les effets accidentels d'un froid très-intense qui aeu rait occasioné par l'éTiqK)ration , par des yents TÎoleaa et M une dilatation extraordinaire de l'air ( l).
u Après avoir reconnu l'existence de cette températote fn»- » damentale de l'espace , sans laquelle les effets de Im c2iaw leur observés à la superficie du globe seraient inezplîci^ )) blés 9 nous ajouterons que l'origine de ce p h é nom è ne i> est pour ainsi dire évidente. Il est dû au rayonnement de » tous les corps de l'univers , dont la lumière et la ehaleox » peuvent arriver jusqu'à nous; les astres que nous aperce » vous à la vue simple , la multitude innombrable des astres » télescopiques ou des tsorps obscurs qui remplissent Pnni- M vers , les atmosphères qui environnent ces corps lumineux , » la matière rare disséminée daij^ diverses parties de l'e»- » paco concourant à fi;>rmer ces rayons y qui pénètrent de
(i) C'est de cette manière qu'on doit expliquer ce qu^a nplM>rté le capitaine Parry i qui dit avoir observé un froid de So** A l'ile MeUeviUe.
HOTIS. dis
» toutes parts dans les xégiont plan4taixea. On ne' peut pas » conceToir qu'il existe un tel système de corps lumineux » ou échauffés y sans admettre qu'un point qodcoBque de » l'espace qui les cimtient acquiert une température déteru minée.
» Le nombre immense des corps célestes comi)ense les iné- M galités de leurs températures) et rend Tirradiation sensi- » blement uniforme.
n Cette température de Tespace n'est pas la même dans les M différentes régions de l'uniTers ; mais elle ne yarie pas » dans celles on les corps planétaires sont renfermés, parce » que les dimensions de cet espace sont incomparablement n plus petites que les distances qui les séparent des corps » n^nnans. Ainsi , dans tous les points de l'orbite de la » terre , cette planète frouTC la même température du ciel.
» n en est de même des autres planètes de notre système. u Elles participent toutes à la température commune , qui » est plus ou moins augmentée pour chacune d'elles par l'im- » pression des rayons du soleU , selon la distance de la pla- » nète de cet astre. »
Novâ. Dans tous les résultats obtenus par M. Fourier, les teanpératures sont évaluées en degrés de Béaumur. Nous arons oublié d'en avertir. Il est d'autant plus important de réparer cette omission , qu'elle peut donner lieu à de Causses idéss.
Hons