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hattes des nègres. La terre continae (le ao juin) d'être agitée cinq à six fois dans les vingt-quatre Keares , et soaTent elle tremble. Une grande partie des montagnes est tombée, et tombe journellement.
II. Nous avons éprouvé une nouvelle calamité depuis le grand tremblement de terre (car noua en avais journellement de petits). Presque la moitié des personnes qui échappèrent au Port-Rojai sont mortes depuis à' une fièvre maligne , causée par le changement d^air , le manque de maisons sèches , de logemens chauds , de remèdes convenables , et d^autres commodités nécessaires. Le 3 septembre 169a.
III. Une grande partie du Port-Rojal est engloutie. Celle ou étaient les quais est maintenant à quelques brasses dans l'eau. Toute la rue où était Téglièe est submergée , an point que Veau est à la hauteur du dernier étage des maisons qni sont restées debout} la terre, en s'ouvrant, engloutit des peiw stmnes qui reparurent dans d^autres rues , quelques-unes an milieu du port , et qui cependant furent sauvées , quoique dans le même temps il pértt environ deux cents , tant Mancs que noirs. Du côté du nord , plus de 1,000 acres de terrain s'approfondirent, et treize personnes y perdirent la rie. Tontes les maisons furent renversées dans toute File , en sorte que nous fumes forcés d'habiter des huttes. Les deux grandes montagnes qui étaient à l'entrée du Sixteen^ntile-waXk tombèrent , et, se rencontrant dans leur chute , arrêtèrent le cours de la rivière ; en sorte qae son lit demeura à sec depuis cet endroit jusqu'au bac , pendant un jour entier. On j prit une énorme quantité de poissons , qui furent d'un grand secours pour beaucoup d'infortunés. A Yallows une grande montagne se fendit et tomba dans la plaine , où elle couvrit plusieurs habitations, et écrasa dix-neuf blancs. La plantation d'un habitant ( M. Hopkins ) fut portée à un denù-mille
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de rendioift où elle était auparaTant , et maintenaiit elle eft en bon rapport. De tons les puits , qui ont depuis une brasse jusqu'à six ou sept de profDndeur , Peau s'éleva au-delà de Touverture dans la grande secousse de la terre. Nous en avons deputt deux ou trois par jour, et autant dans la nuit, tantôt plus, tantôt moins ; mais, grâces à Dieu, elles sont petites. Nos gens ont formé une vijlle à Ltnguania-side. Il j est déjà mort environ cinq cents personnes, et la mortalité coutinue tous les jours. Le acseptembre 1699.
lY. Entre onze heures et midi nous sentîmes la maison où BOUS étions plusieurs personnes rassemblées , s'a;^ter ; les carreaux de brique commencèrent à se soulevter : au même imstant quelqu'un cria dans la me : Un tremhlemenide terre! Nous courûmes aussitôt dehors ; nous vîmes tout le monde les mains élevées, implorant la miséricorde divine. Nous continuâmes à courir vers le haut de la rue , voyant à nos côtés des maisons englouties , d'autres renversées. Le sable s'éle- Tait dans la rue comÉie les vagues dans la mer , soulevant les personnes qui étaient dessus , et s'enfonçant aussitôt dans des creux ^ et au même instant l'eau , faisant irruption , roulait en tous sens ces pauvres malheureux , dont les uns saisissaient des poutres et des chevrons des maisons , les autres se trouvèrent dans le sable ( qui reparut lorsque l'eau se fut écoulée) avets les jambes et les bras emp<»tés : nou»étions témoins de ce spectacle funeste. Le petit morceau dfe terrain sur lequel nous étions , au nombre de seize ou dix^huit , ne a'enfonga pas. Aussitôt que la secousse fut passée, chaeus désira savoir si quelque portion de sa famille était>tncofe ea vie. Je m'efforçai d^al^er vers ma maisou sur les ruines des autres qui flottaient surTeauj mais je ne pus y- parvenir, Enfiii , je me proeurai un oanot , et je ramai du côté de la i*er pour m' j rendre. Je reaeovtrai dans le tn^et piiisiears hMS-
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mes et femmes qtd flottaîe»! sur des débris : j*ea reços suUBt que je pns dans mon bateau, et continoai de ramer jutqoe ▼ersTeodroitoùje pensais quWait été ma maison; mais je n'eus U ancone noureUe de ma femme et de mes gens. Le lendemain matin j^allai d'un yaisseau à un autre, jusqu'à ee qu'enfin j'eus le bonheur, de reirourer ma femme et deux de mes nègres. Elle me dit que , lorsqu'elle ayait senti la maison s'ébranler , elle avait couru dehors en criant à tonte la maison d'en faire autant. Elle ne fut pas plus tôt sortie que le sable s'éleva , et sa négresse s'étant attachée à elle , toutes deux furent englouties dans la terre: an même instant, l'eau les ajaac soulevées , elles furent ballottées jusqu'à ee qu'enfin dles se saisirent d'une poutre qui les aida à attendre qu'un vaiasem espagnol qui était à leur vue envoyât un bateau pour les délivrer..
Toutes les maisons , depuis /etf^iS/ree^ jusqu'au pan^ y £arent renversées, à la réserve de huit ou dix qui sont restées dans l'eau jusqu'au balcon. Aussitôt que la forte seoonsse fxa finie, les matelots ne manquèrent pas de piller ces jnaisoiu. Une seconde secousse fit tomber deux de ces roleors k tète en bas , et ils périrent.
Plusieurs vaisseaux et chaloupes furent renrersée , et la perdirent dans le port. La frégate le Cygne» qui élaitaunn doub à côté da quai , fut lancée , par le mouvement de la mn et l'approfondissement du quai , par-dessas les toits de plusieurs maisons ; et , tandis qu'elle passait à côté de celle eà demeurait mylord Puke, une partie de cet édifice tomba snr elle-, et enfonça la cabine f mais elle ne coula pas à fond, el aida ^ au contraire ^ à sauver la vie à plusieurs centaines de persomes.
Quant aux boules de feu qu'on a dit avoir vues dans l'air I c'est «ne &aiteté| mais on entendit dans les moi-
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tagnet nn nragittement si fort et si effrayant, qne beaucoup de nègretf qui s'étaient enfuis depuis quelques mois en furentéponvuités au point de retourner à leurs maîtres.
L'eau qui sortit de la montagne au-dessus des salines s'ouvrit un passa^ en yingt ou trente endroits, en quelques-uns plus violemment qu'en d'autres; car en huit ou dix elle sortit aTOC antantd'^impétuosité que si on eût lÀché tout àla fois autant d'écluses. La plupart étaient à i8 ou ao pieds de hauteur dans la montagne ; et nous en obserr&mes trois ou quatre moindres qui étaient à près de 36 pieds. Nous goûtAmes l'eau dans la plupart , et la trouvâmes saumâtre. Elle continua de couler l'après-midi et tonte la nuit jusqu'au lendemain matin au lever du solÂl , et alors les salines étaient entièrement submergées.
Deux montagnes entre SjiVanish'Uywn et Sideteethfnih^ waik se joignirent dans la secousse du tremblement de terre , ce qui arrêta le passage de la rivière , et la força d'en cbereher nn autre à travers les bois et les savanes. Plusieurs m'<mt rapporté que la ville se trouva privée de la rivière pendant buit à dix jours, et qu'avant que les eaux reparussent, les babitans songeaient à changer leur établissement , persuadés qu'elle avait -été engloutie comme le Port-'Royal. Les routes, le long de la rivière , sont si encombrées , que tout le monde est forcé de passer par Guanabou pour aller à Sixteen-miU' walk,
M. Bosbj nous dit qu'étant allé la même après-midi à ses plantations , il avait trouvé la terre ouverte en plusieurs endroits , et qoe deux vaches avaient été englouties et étouffées dans une de ces crevasses.
Le temps fut beaucoup plus chaud après le tremblement de terre qu'auparavant, et il y eut une quantité de mosquitet