SIS T01CAR
roption pendant deux jours et deux nuits, après ^Boi, les phénomènes effirayans ayant cessé, on aperçât distinctement, dans la yallée où se trou- Talent les bains d^eauz minérales , une montagne de trois milles de circonférence , et dont la base couvrait une partie de ces bains et un château dont nos cleacendans seront peut-être un jour bien surpris de trouyer les débris. Cette nouvelle montagne , (iont ]fi position est parfaitement décrite , a con- Krré juscpi^à ce jour le nom de Monte-Nnovo ; elle ect très-voisine àaMonte-Barbaro , qui ne peut avoir es une origine différente, mais dont la formation Mt antérieure. Tout porte à croire que Tile dlschi» doit s'être élevée du fond de la mer par suite d*une iniption sous-marine. L'histoire nous apprend que les fies de liparie ont été formées de la même manière. £n 1707 , une nouvelle ile parut dans FArcbipel. Ces faits confirment merveilleusement les détails qu'ont donnés Strabon , Pline , Justin et d'autres auteurs , sur la formation de plusieurs- fies de TÂrchipel, anciennement nommées les Cyclades, ^ s'étaient élevées de même du fond de la mer. Suivant Pline , la 4« année de la 135« olympiade , 237 ans avant Jésus-Christ , les ilcs de Tera ( aujourd'hui Santorini ) et de Therasia furent formées par explosion; et, 1300 ans plus tard, on vit s'élever Hiera (aujourd'hui le Grand Kammeui).
Les volcans éteints , dont on trouve , comme je l*ai déjà dit , des traces nombreuses dans tous les pays, loin d'avoir été moins formidables que ceux qui sont encore en activité de nos jours , paraisaent
60 LRTU ni.
avoir en général donné des produits pins considérables encore. En France , c^est dans le Yrrarais et le Velay qu'on trouve les traces les pins étendnei de ces éruptions.
Faujas de Saint-Fond a reconnu une bande de terrain volcanique de près de 90 lieues de longueur sur 4 de largeur ( terme moyen ) , ce qui donne une surface de 104 lieues carrées ; de sorte que , quand on ne supposerait pas à ce terrain nne profondeur de plus de 60 pieds , on aurait encore nne masse assez considérable pour être bien sûr qu^elle n*a pa être produite par la fusion de Fintérieur d'auooae des montagnes des environs.
On a craint un instant que les petites cavités qû sont résultées sous Paris des pierres extraites pour les constructions ne menaçassent la sûreté d*une partie de la ville ; que serait-ce donc pour les pajs comme Tltalie et les parties de la France où des mat' ses aussi énormes auraient été enlevées à la croate minérale ! comment concevoir que les cavités immenses qui devraient nécessairement exister sous le sol , dans cette supposition , n'eussent jamais produit aucun accident ?
Cette considération , jointe à toutes celles que j'ai présentées , ne vous parait-eUe pas propre à confirmer Topinion qui donne pour origine aux matières volcaniques la masse brûlante qui compose la masse interne elle-même ? alors cette masse tout entière fournissant la matière des éruptions , leur quantité n'a plus rien qui doive étonner , et elle devient même [iresque insensible en comparaison de la masse im-
SB8 TOLCàRS. 61
menie dans laquelle on suppose qu'elles prennent leur louifce.
SiThypothèse que nous admettons sauve cette dif' fieulté, ù elle explique si bien Fezistence des trem- Uemens de terre qui se font sentir aux plus grande! distances , Tidentité de la composition des laves de tous les volcans de la terre , la ressemblance ^'elles présentent avec les plus anciens minéraux da loi primordial, ainsi que leur état d^ncandesceoce; si elle rend raison avec la même facilité de h chaleur des sources d'eau minérale , si elle est confirmée enfin par toutes les raisons que nous atoos de croire à Tancien état de fluidité du globe, fsToaerai , car il faut tout dire , qu'elle n'explique psf aussi .£aicilement le développement considérable des matières gazeuses qui accompagnent et suivent tontes les éruptions , et qui ne peuvent guère être fpeh résultat de la décomposition des parties aqueuses et terreuses du sol des montagnes volcaniques. Mais ce n'est pas une raison pour rejeter une hypothèse que tout concourt si merveilleusement à établir: elle seule, par exemple , peut satisfaire l'esprit effirayé de la force prodigieuse qu'il faut admettre dans le foyer des volcans pour élever les laves jusqu'au sommet de la montagne. Dans l'ile de Ténéfiffe, le cratère du volcan est élevé de 6,000 mètres an-dessus de l'océan, ce qui nécessite pour élever les laves, quand on ne supposerait pas le foyer plus Jboa que le fond de la mer , une force égale à la pression de 1,500 atmosphères. Or , conmic l'asmosphère exerce sur nous une pression égale à celle qui se-
62 UBTT&E III.
rait produite par une coloime de 82 pieds d^eau , oi voit qu^on doit admettre , dans le foyer du yolcai de Ténériffe , une force d^impulsion capable de sou lever une masse d^eaii de 48,000 pieds , c^est-à-dîr de trois ou quatre lieues d'élévation ; or on ne peu supposer dans la croûte minérale aucune force qii approche, même de bien loin, de celle-ci.
On connatt actuellement avec exactitude une cen taine de volcans brûlans ; on peut raisonnablemen supposer que le nombre de ceux dont la positio: n'est pas encore déterminée n'est guère moins con sidérable. La moitié au moins des volcans dont 1 situation nous est connue se trouvent sur les tles d Tocéan , et la plupart de ceux qui composent Fautr sont situés au bord de la mer, ou à peu de distanc des côtes. Cette circonstance a toujours été remai quée des naturalistes , et on y a de tout temps a taché une grande importance. On ne peut pourta donner aucune raison bien satisfaisante de cette tua'tion ; il est vrai qu'on fait jouer un grand rê dans plusieurs hypothèses , aux communicati qu'on suppose exister entre la mer et les foyers caniques , mais il n'est pas facile de se rendre coi de la manière dont cette communication peut ; lieu. Plusieurs volcans sont situés à plus de 40 ) de la mer , quels moyens de communication pe supposer à une pareille distance? Tout pr comme j'aurai occasion de le montrer plus que les filtrations de la mer avancent fort pe les terres , et que tout ce qu'on a dit à cet éf très-exagéré.
«M yoLOÂKs. 63
Après m^étre si long-temps étenàu sur les causes générales de la production des volcans, je me vois ibrcé de renvoyer k une prochaine lettre le peu de détails qui me restent à ajouter sur quelques-uns des phénomènes particuliers qu^ils présentent.
LETTRE lY:
CONnirUATION OIS tolgaïs.
Puisque vous m^accusez, madame, il faut bien qae je sois coupable ; et je vais réparer ma faute , en définissant aussi exactement que je pourrai les mots dont j'aurai à me seryir dans ce qui me reste ^ vous écrire sur les volcans.
On appelle volcan, tantôt le réceptacle où ^^ préparent les éruptions, tantôt la montagne produite par elles : souvent enfin on désigne par ce nom 1* montagne et le réceptacle ensemble.
Le mot de foyer désigne toujours le réceptacle qui contient les matières en incandescence et ta causes incandescentes.
La cheminée est le conduit qui amène les vapeo pendant ou après les éruptions.
Le cratère est le cône renversé qui termine cheminée ; sa structure est ordinairement très-cor pliquée , parce que chaque éruption la modifie f ajoutant quelque chose : elle est simple dans ) où il n'y a qu'une seule éruption. Aucun dci cans actuellement brûlans n'est dans ce cas ;
'^^cn tromre de semblables qut parmi les roleans ^^<ints:e& France, par exemple, sur les bords du
Chaque éruption donne lieu à un nouveau crai^reet U en résulte une nouvelle petite montagne, ^rmée parla lave et les autres produits des déjeo* ^«lu incohérentes qui surviennent avant Téruption, ^ndant et après elle. Le Vésuve présente cette -^implication d^une manière très-marquée, et il en est l« laénie pour TEtna; dans ce dernier, on voit or^ Unsirement la cheminée 'principale rester tran- E^tnlle , tandis que vers le bas il se forme une érupi«n. Le même phénomène a été observé à Tépérificf '% dans beaucoup d^autres lieux.
Les éruptions volcaniques sont précédées de symp •
âmes précurseurs qu^on a observés particulièrement
«ns celles du Vésuve ; car comme cette montagne
»t située dans un pays où se sont trouvés , depuis
uelques siècles , un grand nombre de bons obser-
iteurs, ils ont eu soin de donner une description
laete de tout ce qu'ils avaient sous les yeux.
Lorsqu'une nouvelle éruption doit avoir lieu , Fé-
•sion des vapeurs augmente pour Tordinaire à la
«dnée centrale , de légers tremblemens de terre
font sentir , et on entend des bruits souterrains ;
eaux minérales s'altèrent, les eaux douces se
iblent, Teau des puits change de niveau, quel*
bis les puits eux-mêmes se sèchent entièrement;
i, on remarque souvent un dégagement d'acide
tnique dans les caves et autres lieux enfoncés
e sol.
SOflWK KS
tenc B'épnmfQ hmshbc ncMMKy et Pévafliott tÉ
dite If iwf iBc»
De nése ^*aB appféde da t<HiBcne par nuerviDe o&réddr brille de edôioèrMi lioii, on a cheidié à cikakr U ] Toleudqoct par le leMpt limil ^in la || > écèo e . U parreno, par ce Mogrea, à naii eeos qif os a obleBM cette profeâdeur coameii
Les Utcs tout les pffiBd^aacKprodailivie{cliiim lei émptioiis Tolcanîqaet; ce aont dm mÎÊÊik» ■léttflliqMfl en fanon» <vitqnea«ey ineandanaln, 4|â tortent dn cratère connne nne VMte nifpt'^ li qui d e enianHné^conlentwrle terrain en •ant on brâlant to«tce.<ini t^oppoee à Imv et t^aTanceiit arec nne lileMe tpd dépend dî k force d*inipiil0ion primilrre, de -la pente dntMnata» et des obstacles qm pemrent s*oppoeer à son SmTant les modifications qa*apportait cet tes circonstances , les laves mettent des années poir s*ayancer de dem lieues, ou bien parcourent {ni^ boit lienes en Tingtrqoatre beures. Le temps qae les laves mettent à se refroidir est très-rariablèiîl est naturel que les pluies et les coorans d^ésn de toute espèce Vaccélèrent ; les lieux marécageux daoi lesquels elles descendent produisent aussi nécesis»rement le même effet.
si^ rotCÂire. 67
La superficie des laves se refroidit et se durcit beaucoup plus -vite que Tintérieur , et il arrive souvent qn*on voit sortir d*nne masse de lave un courant de matières incandescentes; quelquefois aussi on voit, à travers des fentes qui se forment à la surface , déjà refroidie, la matière encore brûlante à rintérieur.
n est très-important de noter qu^on ne doit pas plus juger d^un courant de laves par les surfaces qu^ présente à Tair , que d^un métal en fusion par les scories' qui le recouvrent.
Un dégagement très-lent et paisible de vapeurs peu abondantes, mais corrosives et qui dégagent beaucoup de soufre , succède ordinairement aux éraptions de laves.
Des vapeurs bien plus intenses sont celles qui résultent de la trituration des laves , qui , réduites en poussière très-^ne par le choc qu^elles éprouvent en l*air, forment ce qu'on appelle les cendres volcaniques. Ces cendres couvrent Thorizon d'un voile •i épais, que, dans tout Tespace au-dessus duquel elles se trouvent, on ne peut marcher qu'à l'aide d*nne lumière. Les vents transportent les cendres volcaniques aux distances les plus éloignées , et souvent avec la plus grande rapidité. On ne s'en étonnera pas , si on fait attention que la vitesse du vent peut aller jusqu'à 132 pieds par seconde , ce qui ferait 29 lieues par heure , et 700 lieues par 24 heures , s*il soufflait pendant tout ce temps dans une même direction et avec la même violence.
On voit quelquefois sortir de la montagne , pen-
68 UTTIB IT.
dant rémption , une grande quantité d^eau boueuse; mnis, comme on Timagine facOement, ce n^est pai une raison pour croire , comme plusieurs natnraliites , à de yéritables éruptions boueuses. Cette circonstance 8*explique aisément, quand on sait^ les cavités des montagnes volcaniques renfennent souvent de vastes amas d'eau : si donc ces cavitéi viennent h être trouées, les eaux s^écbapperont, entrainant avec elles les terres dont elles sont chargées, et quelquefois les poissons qui s^y nourrissaient M. de Humbold a observé ce phénomène , et il a décrit les poissons rejetés des flancs de la montagne.
Un autre phénomène pourrait plus fiicilemeiit induire en erreur , en simulant des éruptions aqoenses. Il arrive quelquefois , quand les éruptions ont lieu dans un instant où Fatmosphère est très-chargie d^humidité, que Tair brûlant qui sort du cratère' dissout cette humidité et la refoule dans les régiopi supérieures ; alors Teau se condense , pour retomber eu torrens qui cntrainent à de grandes distanoei la terre de la montagne , les pierres , etc. ; et comme le cratère est enveloppé dans Tobscurité j on se persuade facilement que ces torrens sont rejetés ptf son ouverture.
Il n'est pas rare de voir des éruptions sans laves; lorsque cela arrive, la montagne volcanique éprouve presque toujours un bouleversement complet et un abaissement sensible de son sommet. Bans les Andes, des montap^ncs ont perdu jusqu'à la cinquième ou sixième partie de leur hauteur ; mais dans
SIS yoicàks. û9
ce cas, la base gagnait ce que le sommet perdait. De même qu^il y a des tremblemens de terre sous-marins, il y a aussi des volcans sous-marins. On en connaît dans rArchipel grec, près de TIslande, etc.; leur existence est incontestable, et leurs éruptions sont accompagnées des mêmes tremblemens de terre, des mêmes dégagcmens de vapeurs que celles qui ont lieu sur le continent; ils sont du reste assez peu connus , à cause de la difficulté de les observer.
Une chose importante â'remarquer , c^est que tons les volcans connus jusquHci sont assis directement sur le sol primitif; il n^y a aucune exception à cet égard , ni pour les anciens , ni pour ceux qui sont encore brùlans : le sol de transport et de sédiment , quand on le nencontre dans les montagnes volcaniques , est toujours placé au-dessus des couches de laves, de sorte qu'on ne peut se dissimuler qu'il a été le résultat d'un ordre de chos^es subséquent à la première éruption.
V Je terminerai ici , madame , ce que j'avais à vous dire sur les volcans ; mais , pour vous donner une idée plus exacte du tableau que peut présenter une éruption , je vais £ûre transcrire , pour vous l'envoyer, la relation d'une éruption volcanique de l'Etna en 1669 ; j'y joindrai la relation fort courte de l'observation d'une iie nouvelle , sortie de la mem près de Tercère, en 1720, à la suite d'une éruption sous-marine (1).
(1) Toyex les notes Y , \1 et YIL
LBTT&X ▼.
Bi iMoom» wiiiàtt 9V «MU.
■ mm
' Tout conooiMi oshcbm tow mnbb )pM ht voir i nadaine , à noat frire cooâdfoer •!• bmm ntam oonime un énorme «met de mstièrM méteUifMi fondaei par la Valeur; cependant qoelfiie.aMduantes ^e me paraiitent les eonaidéntioM fK ]*ai ea llionnenr de Tons préeenter» nooa wutm toujours forcés de reconnaître qne noua n^tefOM sur ce sujet ^e des conjectfures, ci jamaîs nv doute nous ne connaîtrons par Vobservmtiondinflte ce que le raisonnement nous porte à *^i^*r * itf ce point. Il h*en est pas ainsi rdativeaienk à k croûte minérale , oette partie qn*OQ doit ooMÎdéitf comme la coque qui euTeloppe la terse. Ba caBfi* ci nous connaissons an moins , par nne ghaarTatiài directe et assez fiicOe , sa partie la plna mftaâr cielle, jusqu^à 15 on 1,800 toises. Si on ne povrait al* 1er au-delà, ce serait bien peu de choae sans doote en comparaison de l'épaisseur totale dn sphéroïde i ou même seulement de Técorce minérale , qui l^^ tend incomparablement plus loin ; mais les révolations éprouvées sur le globe fournissent aux géolo-
DB L^icqaCE VIHiAAU DU OLOBB. 71
sucs des moyens beaucoup plus étendus d*explor«tion.
U est bien facile en effet de se convaincre que les iBontagnes dites primitives , c^est-à-dire les plus anciennes et les plus élevées , ne sont point formées par nue accumulation plus considérable des dernières couches, mais par un redressement de toutes les <^Qche8 que leur élévation comporte , de sorte que U connaissance de la composition dVne montagne, ^lerée de 4,000 toises, je suppose , au-dessus du niveau de la mer , est équivalente à celle qu'on acquerrait en examinant, au moyen de fouilles ar- ^cielles, les différentes couches dont le terrain est ^VBié jnsqu^à la profondeur de 4,000 toises.
Un autre moyen d'exploration commode est fourni ^oz géologues par les tremblemcus de terre ; leurs %eeousses violentes ayant souvent renversé et jeté , fians une position presque horizontale, des masses iminenses du sol, elles ont rendu superficielles des couf)het que leur profondeur naturelle aurait sans doute long-temps dérobées à nos recherches. C'est par ces moyens que les géologues peuvent se flatter d'avoir acquis une connaissance assez satisfaisante du sol, jusqu'à plusieurs lieues de profondeur. Les volcans , enfin , fournissent encore un dernier moyen , bien accessoire à la vérité , en ramenant de l'intérieur du toi quelques matières qui n'ont éprouvé aucune espèce d'altération.
On distingue dans l'écorce minérale deux parties : 1« le sol primordial , qu'on suppose avoir recouvert de toute ancienneté le ^héroïde; 2«le sol
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de transport et de sédiment , qui , plus superficiel que le premier , Tenveloppe dans toute son étendue. On Ta nommé ainsi parce qu'il est principalement formé des matières transportées par les eaux ou déposées par elles. Nous voyons encore les parties lés plus récentes de ce sol se former sous nos yeux au dessus des plus anciennes , par la décomposition ou Téboulement des montagnes; par Faction des fleuves, qui déposent les matines terreuses qu'ils tiennent en suspension; par les éruptions volcaniques , etc.
L'écoroe minérale ne porte point les caractère^ d'une masse formée d'un seul jet; elle est, au contraire , composée d'un nombre trèsrconsidérable de ' couches , qui sont évidemment le résultat d'opérations successives. Ces couches diffèrent entre elles sous le rapport de leur épaisseur, de leur composition, et des produits qu'elles renferment. Il- me suffira pour donner une idée de leur nombre , de dire que celles dont l'épaisseur passe dix mètres sont dites très -puissantes, et que leur ensemble compose pourtant toute la profondeur de l'écorce minérale , qui s'étend jusqu'à plusieurs lieues.
Les oouches du sol primordial différent de celles dont se compose le sol de transpart et de sédiment^ non-seulement par leur pontexture presque toujours plus dense , et par leur épaisseur plus considérable , mais aussi par leur situation. En général , elles conservent mieux la situation horizontale , elles restent panallèles entre eUes dans une plus grande étendue ; enfin , on les voit moins souvent que celles du sol de sédiment diminuer progressivement d'épais-
Dl L^éCORGS MiniAALE BU GLOBE. 73
s«ur, et disparaître même tout-à-fait dans certains lieux. Les couches du sol primordial sont , en général, composées de matières plus dures que celles èa terrain de transport et de sédiment , et c^est à elles que conviendrait particulièrement le nom de roche y pris dans Tacception qu'on lui donne ordinairement ; car en général on ne désigne par ce nom que les substances minérales d'une contexture dure et pesante. Il n'en est pas ainsi dans les ouvrages de géologie : on y distingue par le nom générique de rœke la matière d'une couche , quelle que soit sa nature, fût-elle d'argile ou de sable.
Cest une question qui n'est pas encore résolue pour les géologues , que celle de savoir quel a été le mode de formation des couches du sol primitif. Les uns le regardent comme le résultat de la cristallisation des parties les plus superficielles du sphéroïde lorsqu'il commença à s^re&oidir; et on désigne ceux qui ont cette opinion sous le nom de vulcanistes on plutonistes. Les autres , au contraire , les regardent comme des précipités formés dans des mers
qui en tenaient en dissolution les principes constituans.
Relativement aux couches du sol de transport , il u'j a qu'une opinion , et tout le monde s'accorde à les regarder comme formées par les eaux.
On se tromperait beaucoup si on considérait leê différentes parties qui composent le globe comme dan$ un état permanent de repos et de tranquillité. Si les couches dont se compose la croûte minérale ne sont pas incessamment agitées comme les parties.
74 IBTÎEB T.
liquides et gazeuses qui sont à sa surface (la mer et Tair) , elles sont pourtant presque continuellement modifiées , déplacées , usées , par les compositions et décompositions, par l'agitation qu^y causent les sources situées à des profondeurs très-grandes , et surtout par les tremblemens de terre. Il n'y a aucune partie de Fécorce minérale qui n'ait été ainsi plus ou moins fortement agitée à plusieurs reprises : ce sont tous ces mouvemens qui ont causé les modifications dont nous avons parlé. Si on pénétrait plus ayant dans l'intérieur du globe , et qu^on arrivât dans la masse interne , tout porte à croire qu^on la verrait agitée de mouvemens plus fréquens et plus violens encore (1), Ces mouvemens doivent être fiivorisés par l'état de liquidité br^ante dans lequel elle se trouve , et par les éruptions qui ne peuveat manquer de déterminer à la longue , dans son in* térieur , des vides assez sensibles. Je ne parle pas de Faction du magnétisme , qui , dans les idées les plus probables , doit Fagiter incessamment. Ainsi tout est réellement en mouvement , tout change sur ce globe , qui nous paraîtrait au premier ooup-d*Qsil dans un état de fixité si parfaite.
Je ne donnerai point ici les noms des roches dont se composent les Couches du sol primordial , jusqu'aux profondeurs auxquelles il nous est posiihle de pénétrer t ils ne vous présenteraient que des sons
( 1 ) On a trouTë même dans la considération de ces nooTemens la matière d^nne forts objection contre l^iypodièse U litpié&cticn totale de la masse interne. (Toyex note Vf '
BS L'icOKSS KUliftALB BU ALOBB. 75
plus OU moins barbares, sans laisser aucune idée dans votre esprit. Je dois pourtant faire exception ea fiBLYeur de la roche la plus importante de ce sol ', du gramt , que vous connaissez certainement, piiis({u^on en taàt un usage si fréquent dans notre pays y où on le désigne vulgairement sous le nom de pierre de granit. Ici , à cause de sa grande du« reté et de son inaltérabilité , on Temploie pour les bornes placées devant les murs ; mais on n^cn fait pas usage dans les autres constructions , à. cause du prixéleyé auquel il revient , et de la difficulté qu^on éprouve à le tailler. Si , en Bretagne , noua voyons prosque toua les monumcns publics et particuliers construits Avec cette pierre , c^est à cause du prix modéré auquel on peut se la procurer , et aussi parce que Fabsence de pierre plus molle ne laisse pas la liberté du choix. Dans une grande partie de notre province , le terrain primordial se trouve presque à nu , ce qui doit naturellement nous porter à conclure que ces parties ont été moins que beaucoup d'autres soumises aux différentes irruptions de "Ma. mer , qui , comme nous le verrons bientôt , ont ^ormé ailleurs la plus grande partie du sol detrans- ^K>rt et de sédiment.
Le grami est la plus ancienne des pierres qu'il xious soit donné de voir dans la place que lui assigna la nature ; il s'enfonce sous toutes les autres couches, et se retrouve encore dans les lieux les plus élevés > ^>u il forme «les crêtes centrales de la plupart des grandes chaînes de montagnes. Là il existe pour Vordinaire à nu , et ce n'est que plus bas qu'on voit
76 LBTTBB T.
des couches de formation postérieure , placées successiyement au-dessus de lui , dans Tordre où la mer les a déposées plus tard. On serait tenté de regarder le granit comme formant le noyau ou la charpente de Técorce minérale tout entière.
Voilà déjà plusieurs fois qu^il m^arrive d'altribner au séjour de la mer sur les lieux qui maintenant forment la surface des continens, les différentescouches du sol de transport et de sédiment ; tous êtes peut* ^tre curieuse de connaître les raisons qui «nt conduit à adopter cette opinion , reçue aujourd'hui sans contestation par tons les hommes dont le- sentiment peut compter pour quelque chose -en pareille matière : je vais faire mon possible pour sttisfaire votre curiosité.
Lorsqu^on perce un pays de plaine pour en étodier la composition , on rencontre , comme j« vous ^^ai dit, une suite ide couches horizontales placées les unes au-dessus des autres, dans une situation à peu près parallèle. Ces couches , de matières yariées, renferment , pour la plupart , des débris de corps marins , des arêtes de poissons , et surtout une innombrable quantité de coquilles qui quelquefois composent à elles seules toute la masse du sol à une très-grande profondeur. Ces débris de corps marins sont presq[ue toujours si parfaitement ooiiservés , qu'il est impossible d'éleyer le moindre doute sur leur nature. On les retrouve dans les pierres les plus dures , comme dans le sable , ou dans les terres molles ; et elles sont situées à des profondeurs où certainement les hommes n*ont jamais pu aller les dé»
DE L'ÉGQftCI KlffilâU DU ALOBE. 77
poser. Voltaire , entraîné par son système snivi d^at* ta^e contre les traditions religieuses , craignant sans doatc qu'on ne voulût chercher dans Texistcnce de ces débris une confirmation du déluge uni- Tenel fit tout son possible pour persuader que les coquilles, dont on parlait déjà beaucoup de son temps, ayaient été perdues autrefois , à Tépoque où les pèlerinages étaient en vogue, par ces hommes qui en rapportaient de leurs voyages à la Terre- Sainte. Il Krait ridicule aujourd'hui , comme vous allez le Toir , de s'arrêter à réfuter une pareUle opinion. Voltaire montre également son ignorance sur ces matières , quand il parle de ces amas comme s'il ayaitété question de petits tas semblables à ceux des écailles d'huitres qu'on jette devant les portes; car c'est par bancs de 100 à 200 lieues qu'on les trouve. En Touraine , il existe une masse de 130 millions 680 toises cubiques de terrain presque uni^ quement composée de coquilles entières ou brisées, sans mélange de matières. Les paysans des cantons voisins les extraient de la terre , et s'en servent pour fertiliser leurs champs. Ces coquilles sont toutes placées horizontalement , comme celles qui se trouvent maintenant dans la mer : aussi , pour tous ceux qui ont observé ce phénomène sur les lieux , il est resté évident qu'il prouve l'existence des eaux de la mer dans la Touraine , où elle a du former un golfe à une époque de beaucoup antérieure aux temps historiques les plus reculés.
Cette opinion est si évidente d'elle-même , et si unanimement adoptée aujourd'hui , que si je ne
78 lïTTM T.
prenais à tâche de vous faire mention de tout ce c[u*on a pu imaginer de différent , je ne vous parlerais pas de rhypothèse qui attribue à une action désordonnée des forces créatrices de la nature la formation de ces productions marines dans le sein de la terre , fondée sur cette futile raison , que la plupart des coquilles trouvées ainsi k Fétat fossile ont à Fextérieur une couleur semblable h celle despierres où elles sont renfermées. Cette opinion se trouve mentionnée dans un ouvrage imprimé en 1749. Quoique h cette époque la connaissance de ces fàitB fût encore bien neuve et bien rétrécie , Fauteur ne laisse rien h désirer sur la manière dont il la réfute , diaprés un écrivain antérieur à lui. Gomme je ne serais pas sûr de m^expliquer aussi bien qn*il le fait lui-même , je prends le parti commode de vous transcrire quelques pages de son livre.
« Comme ces coquilles sont composées de pellicules appliquées les unes sur les autres , il est naturel qu^àprès la mort du poisson surtout elles s^mbibent de la vase , du limon ou du sable , où elles sont ensevelies , et quelles en prennent la couleor. Mais elles sont d'ailleurs distinguées à leur extérieur de la substance des pierres où elles se trouvent , par une matière vitriolique , et par un poliment qui les en sépare aisément. Si vous les laissez même tremper long-temps dans Teau , elles se dépouilleront de leur pétrification , et en partie de la couleur qu^elles avaient contractée ; ce qui justifie parfaitement que ces coquillages , ces arêtes , ces dents de poissons, sont de véritables corps marins.
BK L*iC01CK HIviBAIS DU GLOBE. 70
» Scilla rapporte divers groupes de pétrifications très-remarquables. On voit dans les uns plusieurs de ees oocpiillages mêlés les uns avec les autres , et des dents de poissons entrelacées. Celles de la mâchoire SDpérieiire sont distinguées de celles de Finférieure , et celles de la mâchoire droite ont une forme di^ férente de celles de la gauche.
» Woodward , auteur anglais , a composé depuis on traité pour prouver que la plupart de celles qu'on troore dans la petite ile ^de Malte sont des dents iTnn poisson appelé chien marin. Un groupe singulier , gravé dans la dissertation de Scilla , est celui où Ton voit une mâchoire pétrifiée à laquelle trois de ces dents tiennent encore. De là Fauteur conclut qçe celles qu*on voit détachées de leur mâcboîre, et insérées dans ces pierres , n^ont point une origine différente de celles-là : aussi y en a-t-il encore , dans ces groupes, avec leurs .racines comme sans racines. On y voit aussi de ces dents avec leur émaO y d'autres auxquelles il n*en manque qu'une
» Si ces productions venaient de la pierre même, dît Scilla , la substance et la couleur de ces dents tendent égales; mais Fémail en est plus dur que rintérieur , et la couleur en est diverse. Si elles se foTBuiient dans la pierre , ce serait ou par accroissement ou tout à la fois; mais, en commençant du petit pour aller au grand, la dent rencontrerait dans la dureté de la pierre un obstacle à son accroissement. Au contraire, en admettant qu'elle s'y produit dès le commencement dans toute sa grandeur ,
80 ITTTRE V.
on va contre les rôgles de la nature, qui nefaitsc ouvrages que successivement.
» On yoit aussi dans ces groupes planeurs de a dents usées : or , pourquoi le seraient-eUes si eUi n'avaient point servi? Ces groupes contîfimw encore diyers coquillages écrasés; ébt qui ne se» pas s'ils s'étaient formés dans la pierre. B*aatn sont brisés en plusieurs pièces , qui se distingua par le rapport d'une pierre à l'autre. On y yoit à hérissons de mer , à câté desquels sont leurs défid ses pétrifiées comme eux; et ces pierres réniiii formeraient le hérisson parfait, comme les morcean d'une porcelaine cassée, véunis ensemble, feraieB la tasse ou l'assiette brisée.
» Les pièces de ces coquilles portent d'ailleurs k marques sensibles de leur rupture; on yoit qu'elle ont été brisées : au contraire , si ces débris étaiea l'ouvrage de la nature , les bords en seraient uni comme le reste du coquillage ; ils seraient arroodi comme le sont ceux d'un vase que la main de l'oa "^rier a dressé. Telles sont les extrémités d*un coii tronqué formé dans la matière naturelle. Que 1 nature produise un -animal sans bras ou san pied, l'extrémité à laquelle manque ce pied on c bras ne sera certainement point dans le même éti que si le fer en eût retranché ces parties , ou sieUi en avaient été séparées par quelque accident ; eli sera revêtue de peau , et unie comme le reste du corp
» On trouve encore dans ces groupes des représeï tations de matrices de coquillages , les uns naissan d'autres plus avancés. On y yoit des coraux et d
BK i*iooACi niiiBALi BU 'globe. 81
peaux de serpens en grand nombre. Un des plus ongoliers est celai qui représente une écrevisse de ' mer tenant entre ses serres un coquillage déjà à moitié écrasé. Serait-ce , dit Fauteur , Teffet du pur Ittsard qui aurait imité si parfaitement ce qui se passe chaque jour dans la mer entre Tespèce des écreyisses et celle des coquillages qui sont la proie de celle-là ? Enfin , il y a dans ces groupes une coquille oh se trouve Tanimal même pétrifié : preuve sans réplique qu*il y a vécu. »
Ce même Scilla , qui prouvait d'une manière si concluante Forigine marine des coquilles qu'on trouve dans rintérieur de la terre et jusqu'au sommet des phu hautes montagnes, cherche à expliquer leur production, au moyen d'une hypothèse qu'il suffît d'énoncer pour en faire sentir le ridicule.
Il suppose qu'il existe des conduits au moyen des^els la mer communique avec tous les points de la terre ; que les germes des poissons s'égarant le long de ces conduits , viennent se placer dans rintérieur des terres, où ils se développent. Userait, je le répète, aujourd'hui ridicule de chercher sérieusement à prouver , d'abord , que ces canaux prétendus n'existent pas ; ensuite , que , quand ils existe^ raient, il serait impossible que les germes des poisaons, après avoir voyagé jusqu'à leur extrémité, passent filtrer à travers les montagnes , .s'élever à leur sommet, et y devenir féconds après y être parvenus.
LETTRE TI
SOL DK TBAHSPORT ET 9K fiéBIMUTT.
Inespéré, madame, que vous resterez suffis ment convaincue , par ma dernière lettre, de Te tence des corps marins dans Tintérieur des c tînens , aussi bien vers le sommet des plus ha montagnes que dans les vallées les plus profond et que vous aurez de plus, reconnu que ces dé ont appartenu à des animaux vivant dans la n et qui n^ontpuétre déposés où ils sont que par* Par conséquent , la présence de Tocéan à une • que quelconque , et pendant un temps plus ou m long , sur la partie de la terre que nous habit doit être pour vous une chose prouvée.
Mais ce séjour a-t-il été Fefiet d'une crue su des eaux , par suite de laquelle la mer , ent nant avec violence tous les produits qu^elle rei mait dans son sein , les aurait transportés péle-i dans les lieux envahis par elle ? Pour peu qa^ ^réfléchisse , on verra bientôt qu'il n'en a pai ainsi.
Il serait en efi*et impossible de concevoir , 1* < ment la mer eût pu entraîner ces énormes ama
80L 9B TRAHSPOn BT Dl sisiVIlIT. 8Z
coquilles , capables, comme je Fai déjà dit, de cou- ▼rir quelquefois plusieurs centaines de lieues; 2* en admettant qu'elle les eût transportés , comment elle annitpu les faire pénétrer à Fintérieur da sol, dans tons les lieux où nous les trouTons aujourd*]uii : car il £iudrait supposer qu'elle eût délayé la •lirCice de nos continens k des profondeurs immen- ■et ; et de plus , comme on trouve fréquemment des débris de corps marins dans Tintérieur des fieires les plus dures, on se trouverait forcé d'ad- Biettre , contre toute yraisemblanoe et toute possi- Uîté, qu'elle les €Ût liquéfiées pour déposer ces décris dans leur pâte ramollie.
(hund on passerait sur ces difficultés insurmon- Uiles, on en rencontrerait d'autres non moins granètL Si les coquilles avaient été tumultueusement Oiportées par les eaux, elles devraient a^oir été tou- Im brisées par le frottement qu'elles auraient éprouvii soit entre elles , soit contre les rocbers et la nr&ce des continens ; on devrait donc les renconiier toutes par morceaux et entassées péle-méle dans Itplus grand désordre. Mais, au contraire, la plu- Hrt se sont conservées dans un état d'intégrité si ptifiiite , qu'on les trouve encore avec leurs angles ieiplus aigus, leurs arêtes les plus saiUantes ; et fœ sur plusieurs on distingue même fort bien la inbstance nacrée qui brille à l'intérieur.
Ajoutons qu'on trouve aussi des débris de plantes k l'état fossile , et qu'elles donnent lieu à iaire une remarque semblable. En effet , le célèbre Jussieu , ilans une dissertation sur ce sujet, imprimée au
84 uRtt n.
commenoemeiit da daL-huitième tièele (1)| flôtdb- Mirer qpt , purmi cet plantes (toulet ^«Qken m inconnnet an)oiird*liiii, cm an moiiis étrangèref aa pays dans lequel on les rencontre ) , fl j en a Ima plusieurs brisées , mais qa^on n*en troore aucms repliée sur elle-même ; on les rencontre tontes osa* chées à plat dans toute leur étendue , comme A tm les avait collées avec la main, ce qui suppose fj^éf les ont été déposée» tranquillement dans mie si^ stance molle , qui depuis s^est durcie en les eoiseryant dans son intérieur.
Une preuye non moins forte de la formatioa de nos terrains par un séjour tranquille de la mer, le tire de Funiformité de composition des coudies horizontales dans une grande étendue de terrain, ci même dans des montagnes séparées actnellencut par des yallées ou des bras de mer; car, dansas montagnes , on ne manque pas de trouver aux mêmes hauteurs des couches qui se succèdent dHuifi manière si semblable , qu^il est impossible de nt pas reconnaître qu^ellcs ont été formées en même temps dans les mêmes eaux, avant les grandes révolutions qui les ont séparées ; ce qui d^ailleurs eil évident , à la simple inspection de leur extériear , par la manière dont leurs angles saillans et rentrant se correspondent.
Concluons de tout ceci que les débris de corps
(1 ) Sut les herbes , coquilles de mer et autres corps qui w (rouTent dans certaines pierres de Saint-Chaumont en Lyonnais.
loi DS TAANSPOAT ET Bl SÉDIMENT. 85
"luriiis qae la mer a laissés dans nos continens sont
'e résultat d^un séjour tranquille (qu'elle y a fait ,
^^qD*on doit chercher ailleurs les preuves du dé-
liage qu^attesteut les traditions religieuses de tous
lea pays.
Le séjour de la mer a été très-long , puisqu'il a mis à des dépôts si considérables de se former ; eh plus , il a été assez prolongé pour que les pro- ^^jits organiques qu'ils renferment se soient modis de la manière la plus sensible, par suite du iftangement de température ou de composition des . Les coquilles fossiles les plus anciennes ne res- •«Biblent en rien à celles que la mer renferme aujourd'hui dans son sein ; mais peu-k-peu on les voit clianger de nature , et les dernières , si elles n'appartiennent pas aux espèces qui vivent encore de >^08 jours , peuvent , au moins , être rapportées aux mêmes genres. Cette différence parait, je le répète , exiger qu'on accorde à ces premiers débris une antiquité qui les place bien loin au-delà de la pre- Boière époque de l'existence de la race humaine.
Au commencement du siècle dernier on n'avait encore pour expliquer la composition intérieure du globe et la formation des couches qui composent «on enveloppe la plus superficielle , que les données qw je viens de vous présenter ; aussi ceux des auteurs dont l'imagination avait essayé de faire des tories sur ce sujet n'avaient donné que des aper- ^ assez vagues. Les meilleurs esprits voyaient bien qne la mer avait séjourné jadis sur nos terres; mais, ùute de documens suffisans , on n'avait pas été au-
tt*
M iifni Ti.
delà de la supposition d^une diminution gr; des eaux de la mer , qu^on supposait avoir au couvert toute la surface du globe jusqu^au s des plus hautes montagnes, et s'être peu-à-p rée. laissant à découvert des terrains qui se: bientôt à la propagation des animaux et de taux. Des recherches qui ne datent guère commencement de ce siècle ont donné de beaucoup plus précises sur ce sujet.
G*est à une étude plus approfondie des coi siles que nous devons les lumières récentes a* sur la théorie de la terre. Eux seuls, comm* rayons dit , nous donnent la certitude que U n*a pas toujours eu la même enveloppe ; eu nous apprennent que les couches se sont d« lentement dans un liquide, et que ce liquide a de nature. C'est par eux aussi , comme nous al voir tout à rheure, qu'on a pu reconnaître d'u nière incontestable la nature des diverses couc constater que si la plupart sont de formation n il y en a aussi de formation d'eau douce ; p seuls , enfin, nous allons être en état de proui leur mise à nu a eu lieu plus d'une fois, qi été occasionée par le transport liquide des s It que les révolutions ont été subites (1).
La France a le bonheur de posséder un i
(l)Uii nabinliste habile (M. Constant Prévost ) j un travail jrécent , énoncé une opinion pourtant dl On peut voir (noto TIII ) une idée très-succincte de tème.
801 BB TIARSPOBT BT OB siBODEllT. 87
lifte tel qttt la nature en produit rarement , et dont la yie ne peat manquer de &irc une brillante époque dans rhistoire de la science. M. Gnyier, doué du plus grand génie d^obseryation , et de la connaissance la plus approfondie des lois de la nature , est panrenu à recomposer , au moyen des débris , presque toujours très-imparfaits, qu^on trouve en fouillant la terre, le squelette de la plupart des animaux auzqueb ils ont appartenu ; par ce moyen , il a enrichi la science de la connaissance d^un grand nombre de quadrupèdes terrestres entièrement incoimas ayant lui.
L^étude de ces derniers animaux est encore plus importante que celle des animaux marins ; car , leur race étent mieux connue, on peut être plus sûr qu^ils appartenaient à des espèces ou des genres inconnus aujourd'hui. Us indiquent de plus que les couches dans lesquelles ils se trouvent ont été desséchées , puis inondées de nouveau , quelquefois même subitement, comme nous le verrons bientôt ; et d'ailleurs il est évident qu'une irruption marine a dû faire périr tons les quadrupèdes qui vivaient à la surface du sol , tandis qu'on conçoit que les animaux marins pourraient y résister , du moins en grande partie (1) , de sorte qu'on peut espérer d'avoir dans
(1) Des reeherelies tontes récentes de M. GuTier paraissent établir q[iieles animanx marins n'ont pas plus snrrécu anx eataelysmes de la natnre qne les autres , et qu'après chaque catastrophe U raee entière des aninuux a été renouTolée dans lea pays qui en ont été la victime.
une féfiB d^ coadm • uœ e wi f et la totalité dei ai» maux qniinipèdM qjnoatmàbA dumnwdct'iiMftions de la mer.
On co mp rend fiunlement eombieB il deirail 4tat difficile de déterminer les genree et les eipèoeidV nimauz qui ne reaieniblent parfiûtement à anenaée cens qm Tirent maintenant tor la terre , et dint on ne poasèdeqoe dei déhria imparfidtt.' Cestpoov* tant ce qa*a iait M. Cuvier , à Taide d^ane obienition profonde -, et d^indootions "fei ingénieuses, qiie=f si TOUS ne m^ayiei pas interdit les renvois , jt'iom renyerraii an grand ouyrage qu*il publie sur les animanz fossiles , pour que vous fossiei à méine dé Us apprécier. Vous y yerriex qu'il est parrenn à détesminer et à classer les restes de 78 animaui;'qoadnt pèdes , tantTÎTipares qu'ovipares.' i
Il partage ces animaux en genres et en' espèces , et il en compte 49 qui appartiennent à des espèoes toelh-ùlt inconnues jusqu'à lui. Sur ces 49 y.il:en eit 27 dont les genres ont été perdus , et qui.formeBt7 nouveaux genres ; les 22. antres espèces- se rapportent à des genres ou sous^enres connus.- 29 ankutin(, ou appartiennent à des espèces connues , . on ne sont pas encore assea bien déterminés pour qu'on -pidise se prononcer d'une manière positive sur leur- oksn: fication.
£t qu'on ne croie pas que l'imagination de l'ob* servateur ait pu l'égarer dans ses rechercbfes; l'assidnité avec laquelle elles ont été faites, aidée sans doute par d'beureux hasards ( car le hasard joue aussi bien souvent un grand rôle dans rhistoire
SOL DE TBÂNSrOBT ÏT DB fiiDIHEKT. 89
gI« nos déconyertes), nous a procuré les squelettes presque entiers de plusieurs de ces animaux, et tous ont jusqu'ici complètement conBrmé les conjectures ayancées par M. Guvier sur des os ou même des portions d'os séparés.
Le résultat des recherches les plus positives faites Burles animaux fossiles a été de montrer, d'une. ma-. nière incontestable , des couches d'eau douce avec les débris des animaux qui vivaient sans doute sur les bords des lacs qui les ont formées , entourées en de^isous et en dessus de couches marines dont le dépôt avait précédé et suivi la vie et la destruction «le leurs espèces. Chacune de ces couches prouve donc que la mer avait laissé son ancien lit assez long-temps à sec pour permettre le développement de différentes races d'animaux qu'une nouvelle révolution venait subitement détruire après un laps de temps plus ou moins considérable. Je dis que la mer venait détruire subitement ces animaux qui vivaient en paix sur un sol desséché peut-être depuis des milliers de siècles : des découvertes merveilleuses ont prouvé ce résultat de la manière la plus positive. Il n'y a rien de plus admirable dans ce genre que l'histoire de l'éléphant trouvé dans le nord de la Laponie , vers Tembouchurc de la Lena, au milieu d'une montagne de glace , et observé par M. Adams, naturaliste anglais
Voici l'histoire telle que M. Guvier l'a extraite des Mémoires de l'Académie de Pétersbourg (tome YIU, an 1815) :
« En 1709 , un pêcheur tongouse remarqua , sur
les bttrdf de b BOT ClMidej Mprte d0 d» la L«Ba,mi mOm dM i^açowr, «a UmIi* feme qoHl ne pot fceouialtre. L^anite d^ifilii t*aperçal que cette BmMe était on pMti^Mdégigéti mais il n€ derinait pat encore ce qiie cda pocnît étre.^cn la finderéfeé tiiiTairt,le iaiietiwtcirtfar de rammal et une des défenaee étaioat diitîagti* ment tortii des ^cona. Ce ne lot que la nini|iiiiM année qoci keflaoea ayant fbndn flna TÎte qM di contome, cette mawe énonne Tint échtt^ à ûeélt mr on l>ane de sable. An moia de mara IM, k pécheur enlera les défenses, dont il ae déit|atf une talenr de eiDqoante rouilles. Oa eaéarta à «Hi ooeation nn dessin groasier de Vanobnnly dontfn une copie que je dois à Tamitié de M. lliimi wAài Ce ne fut que deux ans aprèsetia septièase année deh déooinrerie , que M. Adams , adjoint de raeadWi de PéterslMMirg , ^ et aajoard*hni profetsenr à Mes» cou, qui voyageait areo le comte Golowskin, €»• Toyé par la Hossie en amliassade à la Chine , ayaift Hé informé k Jakntsh de cette déconrerte , ae icndft sur les lieux. U y troora Tanimal déjà fort malili Les Jakontes du yoisinage en aTaient dépecé, ks chairs pour nourrir leurs chiens, dea bétes ftewei en aTaient aussi mangé ; cependant le squelette il trouvait encore entier, à Texceptoin d\ui pied de devant. L'épine du dos , une omette , le bassin s( les restes des trois extrémités étaient encore réonii par les ligamens et par une portion de la pesa. L*omoplate manquante se retrouva à quelque dis* tence. La tète était couverte d*une peau sèche, une
SOL DS TBANSfOBT CT BX sésiHIirT. 91
des oreilles, bien conservée, était garnie d'une touffe de crin. On distinguait encore la prunelle de I*œQ * le cerveau se trouvait dans le crâne , mais desséché ; la lèvre inférieure avait été rongée , et 1& lirre supérieure détruite laissait voir les mâchelibres. Le cou était garni d'une longue crinière; la peso était couverte de crins noirs et d'un poil on ^e rongeâtre (1). Ce qui en restait était si lourd , <rie dix personnes eurent beaucoup de peine à le ^'tisporter. On retira , selon M. Adams , plus de ^Bte livres pesant de poils et de crins que les ours <>laiics avaient enfoncés dans le sol humide en dé- ^^nt les chairs. L'animal était mâle ; ses défHiaes étaient longues de plus de neuf pieds en sui- ^^tkX les courbures , et sa tête , sans les défenses , Posait plus de quatre cents livres. M. Adams mit le plus grand soin k recueillir ce qui restait de cet ^^^^ntillon unique d'une ancienne création. 11 ra- ^beta ensuite les défenses à Jakutsh. L'empereur de ^tissie , qui a acquis de lui ce précieux monument ^o^renoant la somme de 8,000 roubles, l'a fait dé> P^^er à l'académie de Pétersbourg. «
Oe qui semble surtout digne de remarque dai^s ^H:e merveilleuse histoire , c'est la double fourrure ^^t la peau de cet animal antédiluvien était cou- ^^*^ 9 et qui parait si heureusement adaptée au cli-
C^) On peut voir an Mnsènm d^histoire natnrelle nn bocal contenant du poil et de la pean de cet éléphant , grande salle ^^n lossiles , près la porte qui conduit à la salle des miné- **^^) 2« armoire en «'éloignant de cette porte à gauche.
92 umi Yi.
mat du piyi dans lequel on Va retrouré. Si on fiât attention à la diffi&renc^ qui exiite , •ona.ce nfparty entre les éléf^ni qm ont vécn jadia dans .là tégions polaires et ceux d'aujonrdlmi, i|ai Itor msemblent d'ailleiirs si fort, et anzqôeb la natoe s^est pourtant bien gardée de donner des poib qni n'auraient pu que les incommoder dans, les régioM brûlantes ipi'ils habitent , on aura une novreBe preuTe de l'attention yigîlante avec laquelle die sait mettre Torganisation des êtres TÎrans en np-. port avec les circonstances locales dont elle les eatoure.
Il fiiut pourtant remarquer que nooa ne pootoai savoir d'une manière, positive quelle était la température du nord de la Laponie à Tépoque .rà eef éléphans y vivaient.
Je reviendrai sur ce sujet , et pour le moment je me contenterai de vous iaire observer que certainement elle n'était pas alors aussi froide qu'.elle YtA de nos jours , et que de plus la conservation de l'éléphant de Àdams prouve que dans ces lieux elle s chaogé assez rapidement pour que l'animal ait été saisi par les glaces en moins de temps qu'il n'en aonit fallu pour faire tomber ses chairs en pntréfiictioD.
Cet exemple si frappant des révolutions subites du globe n'est pas le seul qu'on puisse apporter en preuve de leur existence : et le cabinet de Saint-Pétersbourg , outre l'éléphant dont nous venons de parler, renferme le squelette d'un rhinocéros fossile trouvé en 1771 sur les bords du Yilhoni , à quelques pieds de profondeur , et si parfaitement
SOI VK THAlfSPOBT ET BS sinTMXnr. 93
conseçré^ qu^il était également recouvert de ses
duûrs et de sa peau.
Peut-être, en lisant le récit de c^a meryeilleu- «C8 découvertes , pourrait-on être tenté de croire ^e les observateurs ont été induits en erreur^ et qu'ils ont pu prendre pour antédiluviens des restes d^ammaux dont la mort ne remontait qu^à quelques siècles. On a pu commettre et on a commis en effet autrefois de pareilles erreurs ; mais la chose n^est plus possible aujourd'hui, car les espèces trouvées à Tétat fossile diffèrent presque toutes de celles 9Û existent maintenant, par des caractères particuliers; et Tétude de ces caractères , grâces awt tra- ^%ux des naturalistes de nos jours , est si avancée , ^^il n'est personne, pour peu qu'il ne soit pas trop étranger à l'histoire naturelle , qui ne puisse les reconnaître facilement.
Si vous m'en témoignez le désir , dans une de mes prochaines lettres je vous parlerai des animaux fossiles les plus remarquables , et des caractères qui 'es distinguent de ceux des mêmes espèces qui sont encore vivans parmi nous.
LETTRE ¥11
coimruÀTioii si &*iooftci niiaAU.
Dans mes précédentes lettres je me soif atbehi, en TOUS pailant de Técorce minérale dn i^bbe, à vous faire distingaer les deux partiet dont ék « compose, dont Tone, le toi primordimif a reoovftft la masse interne depuis les temps les plut reenUii et Tautre , le toi de tratuport et de tédimoni^ est évidemment beaucoup plus récente , et forme réooree la plus superficielle : ces deux parties sont oonposées de couches successiyes très-minces , très-BOBbreuses et très-différentes entre elles.
Les couches qm. composent le êol juriaianKs/, comparées à celles du sol de sédiment, en difAreit surtout par la nature des roches; mais elles endifi^ rent encore : 1* par l'épaisseur plus considéraUe des couches ; 2* par leur plus grande constance et leur parallélisme mieux soutenu ; 8* enfin , par la nature des produits organiques qu'elles renferment. Cette dernière circonstance est extrêmement curieuse parles résultats auxquels elle conduit: elle nous apprend que la yie n*a pas toujours existé sur le globe;
COIfllHVATXOll M ViOCÊLCB HINÂRA.LS. 95
CM* , bien qae les couches du sol primordial montirent évidemment, ptt leur cristallisation, qu^elles ont été formées dans un liquide (1) , comme on n^ rencontre pourtant aucun produit organique , on est forcé de condure que le liquide dans lequel elles se sont déposées n^en formait pas, ou du moins qu^il n^en formaitancun qui fût susceptible de se conserrer.
Ce n^est pas dans les premières couches du sol de transport et de sédiment qu^on commence à trourer des traces des premiers degrés d*une organisation extrêmement simple ; plus tard et dans les couches 0OS élevées, se manifestent les débris de coquilles et d^Ammioix marins , mais toujours précédés des fbrmttliçtw inorganiques de substances calcaires, comme si la nature s^était, pour ainsi direi, essayée de cette sianière à la formation des coquilles , en préparant les matériaux qui entrent dans leur composition.
L*él»de des couches successives , ^ surtout celle des animaux qu'elles renferment à Tétat fossile, proufc avec la dernière évidence que la mer, après aroir séjourné sans doute des milliers de siècles sur DOf collées , et y avoir déposé , pendant les der- «îers périodes de son séjour, ces amas de coquilles qai sorpaasent de beaucoup .en nombre celles qu^on
(l)<3ette opinioii^st-eelle àe M. GaTicr et du plus graad nombre des natnralisteis Tivans , mais elle n^est pas admise partons sans eseeption. Quelques géologues ( ei Bnfibn était de cetaris ) attribuent la formation de Técorce primordiale à. r«cttoBi dn feu.
9$ LIITIB TU.
pourrait tronrer aa|otixd*hiii duu roeéui tp«t entier, laiMift enfin k décourert on sol propre à noncrir des quadrupède! terrestre! dont Im genrea oit été détruits par les cataclysmes snirana. Si , avant cette retraite, la mer avait <iuel({uefbis cessé monÙBlsnémentde couvrir nos contrées, elle n^avaitdMAdonné c[u*un sol impropre à la végétation, et par là incapable de pourvoir à la nourriture des anivsax d^un ordre un peu élevé.
Depuis ce temps , la terre que nous habitons t encore été plus d^une fois envahie par la mer, qdtirt venue subitement s'en emparer; mais les traces qm nous restent de ces inondations portent las canetères de mouvemens tumultueux et peu dnraMeSi è» sorte que les retraites fréquentes des eamc pemettaient aux animaux échappés aux dernières inoodstions, de se reproduire et de se multiplier. La dernière un peu considérable, et probablement la seule quisea lieu depuis que l!homme existe sur la terre, est ssni doute ce déluge dont le souvenir est conservé dans les traditions de tous les anciens peuples ; car rhomme, comme le couronnement de la création , a dA ptrattre le dernier sur le globe. On h*a trouvé nulle part ses ossemens à Tétat fossile , }>arce que la mef n'ayant pas changé de lit depuis la dernière catat- . trophe qui a détruit presque toute son espèce , ses débris sont sans doute restés ensevelis dans les profondeurs de Tocéan.
Je sens fort bien qu'après avoir si souvent parlé de ces révolutions fréquentes qui ont fisiit passer alternativement sous Tocéan toutes les parties de nos
t GOMTnniJLTIO!! DE l'icOAGE KIiriRALI. 97
contmens, et déterminé ainsi les différentes /bniiii- *ionê marines qui composent la plus grande partie derécorce minérale, je dois, sans plus de délais, entrer dans quelques détails à ce sujet. Et d'abord, puisque je me suis servi du mot formation , qui reviendra souvent par la suite , il est bon que je vous dise ce qu'il doit exprimer. En géologie , on entend par là un ensemble de différentes couches de natures quelquefois très-différentes entre elles , mais qui ont dû être formées sans interruption totale de la ' cause qui les produisait.
Vouscomprenez tout de suite sans doute que, bien que les grandes divisions de Fécorce minérale soient applicables à toute Té tendue de la terre, et que partout on observe un rapport assez constant entre les formations successives, on doit cependant, quand on examine les choses en détail , trouver des différences partielles assez marquées pour que des recherches particulières soient indispensables dans chaque localité (1).
Tout prouve que les grandes chaînes de rochers ont été formées par le redressement des couches du sol primordial , avant la formation du sol de sédiment, etq[ue ce redressement a porté leurs sommets à une hauteur que la mer n'a jamais atteinte depuis : aussi ces sommets consistent-ils dans des crêtes
(1) Cette proposition est contestée par quelques naturalisa ieB , entre autres M. Férussac , qui nie cette uniformité de composition , et prétend que depuis le dépôt de la craie tout s'est fait par taches.
98 UTTAI TII.
nuet et laillaiite» de granit, tuidû que, aar la Éanei , le même granit qo^ôn retnmye ert to«i}o«t en-dessous, et a été socœsiiyement recooreit far les matières qa*y déposait la mer.
Ces sommets ont donc formé des llea, etktcHtes prolongées ayant dû déterminer dea liassins séparés , le liquide de chacun de ces Kasaina m éptoaié à part des yariations , par suite desqaeUea la nttore des dépôts précipités diangea néoeasairemeBt D en fut de même ponr les êtres yivana qjcNÈB renfermaient dans leur sein ; et de là Tiennent , an ■■lieu de Tuniformité de composition dn aol de transport , considéré d*nne manière générale , les diih rences partielles relatives aux localités.
Il était bien naturel que le sol où se trouve nlaé Paris devint Tobjet de Fétude spéciale des Iumdumi célèbres qui Thabitent, et qui, tout en satisfiôssat une curiosité bien naturdle, devaient donner Teieaiple de la manière dont on doit procéder à ce genre de recherches. C'est ce qui a été fait par M. Cnvier, qui, conjointement avec un célèbre minéralogiste (M. Brongniart père) , a exécuté le jlm beau travail sur ce sujet (1). Je veux, autant qa*il me sers possible , vous' donner une idée des résultats ansquels ils sont parvenus , et je commence par em"
(1) Essai sur la ^graphie minéralo(pqne des environs dt Paris , par MM. Cvrier et Brongniart. La prenière éditkm a pan en 1810 : IVnnmge a été rèiaiprioté depuis , et il a été fondu dans le grand ouTrage de M. CuTier tnT les essemens fossiles.
COHTIHUânOI »l I.*iUlOAGl MIRiMAU. 99
pmnteràrouyrage loi-niéme la eirconscription des limites du golfe que formait autrefois le bassin dans . leqael Paris a été construit.
« Le bassin de la Seine est séparé , pendâi»*"*!! asac^ . grand espace , de cehii de la Loire , par une Taste plaine élcTée, dontla plus grande partie porte vulgairement le nom de Beauce, et dont la portion moyenne et la plus sèche s'étend du nord-ouest au sud-est , |v un espace de plus de 40 lieues , depuis Counrille jusqu'à Montargis.
* Cette plaine s'appuie yers le nord-ouest à un psyi plus élevé qu^elle , et surtout beaucoup plus coupé, dont les rivières d'Eure, d'Aure, d'Illon, ^ftiUe, d'Orne, de Mayenne, de Sarthe, d'Huine ^ de Loire tirent leurs sources. Ce pays , dont la P»tie la plus élevée , qui est entre Séex et Morta^ tP^^i formait autrefois la province du Perche et une Partie de la Basse-Normandie , appartient aujour'* d'hui au département de l'Orne.
» La ligne de séparation physique de la Beauce et ^tt Perche passe à-peu-près par les villes de Bonne- ^*1, Alluye, Illiers, Courville , Pontgouin et Verncuil.
« De tous les autres côtés, la plaine domine ce qui l'entoure.
» Sa chute , du côté de la Loire , ne nous intéresse pas pour notre objet.
> Celle qui est du côté de la Seine se fait par ^x lignes , dont l'une , à l'occident , regarde l^ure, et l'autre, à l'orient, regarde immédiate- »»ent la Seine.
100 umi Tn.
. 9 La première ta 3e Drédx Tert Msntet.
.» tUàntre part d*«iiprès de Mantes, passe ptr Marly, Mendon, Palaiseau, Marecmsejy la Ferté- Alan , 7**ft«îiiebleav , Memoors , etc.
■ « Mais il ne fiint |mis se représenter ees denx lignes comme droites ou uniformes : elles sont an contraire sans oesse inégales, déchirées, de manière <iue si cette vaste plaine était entourée d^ean, set liords offriraient des golfes , des caps, des détroits, et seraient partout environnés dalles et d*flots.
« Ainsi, dans nos environs , la longue montagne où sont les bois de Saint-Glond , de yille-d*ATmy, de Marly et des Aluets , et qui s^étend depuis Saiat* Gloud juscpi^au confluent de la rivière de IjCauldie dans la Seine, ferait une tle séparée par le détroit où est aujourd^ui Versailles , par la petite vallée de Sèvres, et par la grande vallée du parc de Tersailles.
» L^autre montagne, en forme de feuille de figuier , qui porte Bellevue , Meudon, les bois de Verrière , ceux de Châville , formerait une seconde lie séparée du continent par la vallée de Bièvre et par celle des coteaux de Jouy.
» Mais ensuite , depuis Saint-Cyr jusqn^k Orléans, il n'y a plus d'interruption complète , quoique les vallées où coulent les rivières de Bièvre, dlvettc, d'Orges, d'Etampes, d'Essonne et de Loing entament profondément le continent du côté de Test ; celles de Vesgre , de Voise et d'Eure , du câté de l'ouest.
i> La partie de la côte la plus déchirée , celle qui
covTnojAnoii de i^icoici HnriBÂiE 101
présenterait le plus d'écueils et d^flots , est celle qui porte vulgairement le nom des G à tinais français , et surtout sa portion qui comprend la forêt de FontainebleaUé *
9 Les pentes de cet immense plateau sont en général assez rapides , et tous les escarpemens qu'on y Toit ) ainsi que ceux des vallées, et les puits que Ton creuse dans le haut pays , montrent que sa nature physique est la même partout , et qu'elle est formée d'une masse prodigieuse de sable fin qui recouvre toute cette surface , passant sur tous les autres terrains ou plateaux inférieurs sur lesquels cette grande plaine domine.
» Sa côte , qui regarde la Seine depuis la Mauldre josqu^à Nemours , formera donc la limite natu-> relie du bassin que nous avons à examiner.
1» De dessous ses deux extrémités, c'est-'à-dire vers la Mauldre , et un peu au-delà de Nemours , sortent immédiatement deux portions d'un plateau de craie qui s'étend en tous sens , et à une grande distance , pour former toute la Haute^Normandie , la Picardie et la Champagne.
» Les bords intérieurs de cette grande ceinture , lesquels passent , du côté de l'est , par Montereau , Sczanne, Épemay; de celui de l'ouest, par Montfort , Mantes , Gisors, Ghanmont, pour se rapprocher de Compiègne , et qui font au nord- est un angle considérable qui embrasse tout le Laonnais , complètent, avec la côte sableuse que nous venons de décrire , la limite naturelle de notre bassin. » Mais il y a cette différence « que le plateau sa-
102 LBmi vti.
bleuE qm tient de la Beauce est supérieur à tous les autres, et par conséquent le plus moderne , et qvCiï finit entièrement le long de la côte que nous ayons marquée , tandis qu^au contraire le plateau de craie est naturellement plus ancien et inférieur à tous les autres; qu'il ne fait que cesser de paraître au dehors, le long de la ligne de circuit que nous Tenons d*iiidiquer ; mais que , loin d'y finir, il s'enibnce yisiblement sous les supérieurs.; qu'on le retrouve par* tout où Ton creuse ces derniers assez profondément, et que même il s'y relève dans quelques endroits , et s'y reproduit , pour ainsi dire ,' en les pert^ant.
i> On peut^donc se représenter que les matérÎMa qui composent le bassin de Paris , dans le sens o& nous le liniitons , ont été déposés dans un vaste espace de golfe dont les côtes étaient de craie.
» Ce golfe faisait peut-être un cercle entier , une espèce de grand lac ; mais nous ne pouvons pas le savoir, attendu que ses bords, du côté sud-ouest, ont été recouverts, ainsi que les matériaux qa'il contenait , par le' grand plateau sableux dont nous aTOM parlé d'abord, d
A toutes les preuves qui se trouvent dans cette description , permettez-moi , madadie , d'en ajouter une qui augmentera peut-être la conviction où vous êtes sans doute déjà que le Ueu qu'occi^ie Paris a fait autrefois partie du fond d'un vaste golfe.
Si on examine les terrains situés sur toutes les parties qui ont dû former ses bords , on y trouve une très-grande quantité de cailloux roulés, souvent réunis •en poudings, semblables à ceux qu'on trouve sur les
grèresdei golfes eneore occupés par la mer. Aajourdlmiilg peurent nous seirir à reconnaître les limites de Fancien golife dont nous parlons, comme les . corjiB légers laissés par la Seine sur ses rivages , après one crue de ses eaux, nous indiquent, lors- ^*elles se sont retirées, jusqu^où elles se sont étendes. IfM. GuTÎer et Brongniart entrent plus loin dans quelques détails sur les lieux où Ton trouve ces caiUonx.
« On les voit tirès-bien ^ en bancs immenses , près de Nemours , et précisément entre la cf aie et le ter- 'un qui la suit
* (hi les revoit à Moret ^ près de la pyramide ; ils 7 ferment encore de très-beaux poudings.
* Le terrain que Ton parcourt en allant de Beaù- ®<>irt*8nr-0ise à Ivry-le- Temple est entièrement composé de cailloux roulés , répandus plus ou moins 'l>oiidamment dans une terre argilo-sablonnense , '^e, qui recouvre la craie. C'est encore ici un des Wds du bassin de craie.
* On les retrouve du côté de Mantes , entre Triel et cette ville , dans un vallon qui est nommé sur les <:^es la Vallée des Cailloux.
^ Bu côté d'Houdan, ils sont amoncelés sur les Wds des cbamps , en tas immenses. Enfin , la par- ^c des plaines de la Sologne que nous avons Visitée , depuis Orléans jusqu'à Salbris , est composée d'un s^ble siliceux brunAtre , mêlé d'une grande quan- **té de cailloux roulés , de plusieurs espèces. Ici , ce pe sont plus seulement des silex , il y a aussi des jaspes et des quartz de diverses couleurs. On re-
104 lETTBB Tll.
marquer^ que ce sol de rivage couvre la craie presque immédiatement, comme on peut Tobservei avant d^arriver à Salbris, etc., etqu^ilestbien différent des sables dû pays chartrain, de la Beauce, etc., qui ne contiennent aucuns cailloux roulés. »
La craie qui forme le fond du golfe ou bassin dans lequel sont déposés les terraiils de nos envi* rôns , est une formation beaucoup plus ancienne e1 plus importante qu^n ne Ta cru pendant long-temps; elle se retrouve dans un grand nombre de lieui difTérens, et elle est recouverte partout de quatre ou cinq formations bien distinctes , qui lui sant certainement postérieures , ce qui prouve qu'elle remonte à une très-haute antiquité. On ne doit pourtant pas la placer au rang des couches les plus anciennes du sol de sédiment : il existe en effet dans plusieurs lieux (à Honfleur , par exemple) des couches de ce sol évidemment antérieures à la craie , et dans lesquelles on trouve des crocodiles fossiles; or, les crocodiles ne vivant que dans certains fleuves et sur leurs rivages, leur présence dans ces couches inférieures prouve d'une manière évidente que, dans ces lieux , des eaux douces et des terres sèches ont précédé la formation de la craie.
11 n'en est pas ainsi dans le bassin dont nous nous occupons ; la craie des environs de Paris n'est séparée du sol primordial que par une seule formation (le calcaire compacte) qui ne renferme point de fossiles , et elle paraît lui avoir succédé , sans aucune retraite des eaux, par suite d'un simple changement dans la nature du liquide.
GominiAnoN de l^£gorgs MuriBAic. 105
Le genre héUmite est le fossile caractéristique de la craie; on y trouve , dans nos environs , des dents de«9tia/ff, animal marin. Dans quelques autres lieux, on y rencontre des tortues et plusieurs reptiles de l^ordre des sauriens ; mais ce sont toujours des êtres vivant dans la mer , de sorte qu'on ne peut conserver le moindre doute sur Foriginc marine de la formation crayeuse.
LSTT&B TIII.
GoifTiNUATioH QE l*£goagb niriiÀi,i.
Quand la mer, qui a^ait déposé la craie, sefot retirée, le pays que nous occupons avait un aspect, sous tous les rapports , bien différent de celai qn'il présente aujourd'hui. Figurez-yous une yaste campagne de craie blanche , formant, non pasunesur&ce unie , mais un bassin à fond inégal et bosselé , présentant çà-et-là des buttes considérables à faces nettement coupées. Ces buttes différaient de celles qui les ont remplacées en ce qu'au lieu de s'éleyer toutes, comme ces dernières , aune hauteur à peu près égale, elles présentaient de très-grandes différences sous ce rapport. La plupart, en effet, étaient fort basses, tandis que d'autres , comme celles de Meudon et du Calvaire , avaient une élévation qui les a presque constamment tenues au-dessus du niveau des mers qui ont depuis envahi notre pays. Aussi , tandis que les premières sont recouvertes de tous les terrains formés par ces mers , les protubérances des autres montrent encore la craie presqu'à nu , telle qu'elle existait primitivement, formant de véritables (les de craie au milieu du terrain qui les environne.
COiminJATION BE L^éOOBCE MINiEALB. 107
Au reste , ces lieux , qui étaient les plus élevés de iHXeQyironsdansle temps où la formation crayeuse ^tait à la surface jdu sol , ne le sont plus aujourd'hui , ^lesinégalités de cet ancien terrain n'ont presqu'au- ^iifte correspondance avec les inégalités actu elles.
^ craie est restée a nu pendant un assez long
^Pace de temps , car plusieurs obserrations ineontes-
**^le8 prouvent qu^elle avait eu le temps de se
*^lidi6er quand la mer est revenue la couvrir et y
^^poser des produits entièrement différens.
Pendant que le sol crayeux était à découvert , il
^y forma des amas d'eau douce qui y laissèrent des
5^^|}ét8. La matière de ces dépôts est Connue sous
^ tioffl d'argile plastique ; on lui a donné ce nom , à
^*^Me de la propriété qu'elle a de prendre et de con-
^ï^er aisément la forme qu'on lui imprime; elle
^^ onctueuse et tenace ; on s'en sert , suivant les
^^érentes qualités , pour faire de la porcelaine fine
^ des grès; on en fait aussi des creusets, de la
*^^teric rouge, etc.
Cette couche varie beaucoup d'épaisseur; très- ^^^sante dans quelques lieux, elle s'amincit dans autres jusqu'à n'avoir plus que quelques pouces , qui s'explique facilement par l'inégalité des masaqueuses qui l'ont déposée.
Jusqu'ici on n'a rencontré aucun corps fossile dans ^% couches inférieures de cette argile ; mais dans les r^^ches supérieures , on trouve un grand nombre de ^^^is provenant des végétaux qui, vers la fi nde l'épo- ^^^^ qui nous occupe , croissaient sans doute sur "^«^tre sol.
108 unni yni.
On trouve ausâ dans les mêmes eoudiei n^érieores quelles corps marins ,^pii, lorsque Itaer est reyenne , ont dû dans le fond de ses eau ae ■ mêler aux produits d*eau douce enfouis dans VêKfjk encore molle.
Ce premier terrain d*eau douce déposé sur k'fol de craie n*en changea pas bien sensililementlasBr- Êice ; mais la mer , qui vint ensuite y séjourner pendant un temps qui ne put qu'être très-long, laina de nouveaux dépôts d'une importance Inen pfau grande sous tous les rapports: ces dépôts forment le terrain connu sous le nom de eoleotr» gnuùir marin, et il fournit les pierres employées pour la construction de nos édifices ; c^est lui qu'on désigiie dans les ouvrages de géologie sous le nom deealesîrt grossier des environs de Paris.
Il présente une suite de couches considérables, renfermant des coquilles nombreuses , et remarqua* blés sous plus d'un rapport : elles sont toutes en effet, comme celles qu'on trouve dans la Touraine, si^icnconservées, que leurs arrêtes les plus délicates, leurs épines les plus saillantes , ne sont souventpas même endommagées. On les rencontre dans une situation horizontale , comme si on les avait placées exprès , et plusieurs conservent leur éclat nacré. Une autre circonstance non moins importante à noter, c'est la variation qu'on observe d'une couche à l'autre relativement aux espèces : ce n^est pasqne chaque couche soit sous ce rapport entièrement différente de celles qui l'avoisincnt, mais une espèce très-commune , je suppose , dans une couche infê*
GonninjÂTioir de L'icoBCE hihébaie. 109
rieure , le devient un peu moins dans celle qui la recouvre immédiatement , et dans celle-ci on verra paraître quelcpies individus d^une espèce nouvelle ; la couche supérieure renfermera au contraire une grande quantité de cette nouvelle espèce ; et , ainsi de suite , on voit les premières espèces disparaître et être peu-à-peu remplacées par les nouvelles , de manière qu^on peut suivre assez facilement les variations que le changement de nature du fluide a fliit éprouver avec le temps aux animaux quHl nourrissait. Sans doute il a fallu un long espace pour produire de pareilles différences ! Mais qu^est-ce que le temps pour la nature ? Quelques milliers d^années sont beaucoup quand nous les comparons h la durée ordinaire de notre existence^ mais c^cst bien peu de chose pour celle du globe entier.
Pour moi , quand je pense que Tordre actuel des choses remonte à cinquante ou soixante siècles tout au plus , je suis tenté de le croire d'hier. Douze ou quinze fois le nombre d^années que peut vivre un chêne; cinquante ou soixante fois celui qu'atteignent souvent les hommes mêmes, nous conduiraient au-delà du temps où la race humaine a paru pour la première fois sur le globe. Nous sommes si jeunes sur la terre , que nous n'avons pas encore eu le temps de reconnaître la petite portion de sa surface qui nous a été cédée par l'océan. Si cçtte conviction de la nouveauté de notre espèce a quelque chose de mortiûant pour notre vanité , j'y vois des motifs pour se^ livrer à des espérances de perfectionnemens futurs. Nous sommes bien jeunes en-
110 URIB Tm.
core ponr ètr« tai^ ; el peat-étM noè narev le* jetteront, ayee mion» sur la ptanièM tgfiiBU 4i numdfl nos aote piéjogéti not ridiedlM milihrtwPi noire fàreur de noue détruire , et et |wnchti* m mesures de' violence que la raison déaafwie ^om* rhumanité. Mais je reriens à vea ooqoîllet.
Dans les dernières oondMM, leor nomlwe dMiM peu-à-pen, et elles finissent par disparaître ealîiir ment. Qoant ans prenûèrea eonehas , ellea ne fif^ sent pas immédiatement tmr Targile piaslifiiey éSm en sont séparées par une conelie de aaÛe i^wM épaisseur variable ; et e*est nne cIumb q«i*on «wsf que constamment y que rinterpoaitia& d^UM flv ou moins grande quantité de salde entre desi ftp* mations différentes.
Le calcaire coquiiUêr gfuier étandn anr fmfflk pîasHquê suit , comme celui-ci, les inégalités du toi de la craie ; mais il les adoucit , en se déponnt ptai abondamment dans les yaUées que aor reztréaôfté des buttes ; c'est ce que nous apprennent les cavilii creusées dans nos environs, soit pour la eonstraotion des puits, soit pour rexploitation dea oaniènt'
La mer, après avoir fait sur noa paragea la losf séjour pendant lequel elle déposa là formatîeB importante dont je viens de parler, ae retira, «ty laissa de vastes bassins d'eau douce , qui déposerait de nouveaux produits très-remarquables paroe qa^ renferment les premiers débris des mamnuAres terrestres dont nous retronviona dea traces. On fescontre bien en effet dans la eraie , et ménae avant 1{I craie, des tortues , des crocodiles et dWiteni an-
GONmnjAnoH >e L^icoBCE kinIeale. 111
^1^ animant de la cUsse des reptiles ; le calcaire ^^^^^lillier renferme , dans certains lieux , des os de ^^aentins et de phoques, qui sont des man^mifères ^^Uunns : mais les mammifères terrestres ne se rencontrent que dans les terrains d'eau douce, dont *^ous allons nous occuper.
Ces terrains ne forment point de couches ahso- 'Ument continues sur toute la surface du bassin de -^aris ; mais ils y sont déposés comme par taches , l^Yésentant des interruptions , comme on devait s'y attendre d'après leur mode de formation. On en distingue plusieurs :
!• Celai qu'on ^signe sous le nom de calcaire siliceux : c'est celui qui fournit les pierres dont on ^e sert pour la fiibrication des meulel. Le caract^ère de cette formation est de ne renfermer aucun iossile ; ce qui , pendant long-temps , a tenu en sus- ^ns sur sa nature.
2* Le g^se , placé comme le précédent au-dessus cltt calcaire grossier. Le terrain où on le trouve doit être regardé comme un composé de trois masses, ^ont la plus superficielle , et par conséquent la de^rtûère formée , que les ouvriers appellent partout la t^emière, parce que c'est elle qu'ils rencontrent d'àl^ord dans leurs travaux, est la plus importante. C'est Spécialement ^ans son épaisseur qu'on trouve les ossemens et quelquefois les squelettes entiers de œs quadrupèdes terrestres , les palœothériums et les &noplothériums, etc., les plus anciens du globe, et inconnus aujourd'hui dans la nature vivante. Ils ont Vécu sur le bord des eaux qui ont déposé ces ter-
112 LSTTRE TIII.
rains, et ne parurent sans doute qyî'k la fin de cette époque, puisqu^on ne les trouve jamais dans les deux masses iitférieures. Pourtant leur race a dû se soutenir long-temps dans notre pays ; car la masse qui les .renferme a , dans quelques endroits , jusqu^à vingt mètres d* épaisseur.
d<> Au-dessus du gypse sont placés des bancs de marne de deux espèces , et dans les lits inférieurs de cette marne se trouvent , avec d^autres fossiles du règne animal , des troncs de palmiers pétrifiés en silex , ce qui tend à prouver qu'à Tépoque où les palseothériums vivaient sur notre sol , la température y était plus élevée qu'elle ne Test maintenant.
L'effet qu'ont dû produire les différens dépôts d'eau douce sur le calcaire coquiUier est facile à comprendre^ et l'observation des coupes faites dans nos environs nous le montre tel que nous devons l'imaginer : on les trouve plus abondans dans les lieux où le calcaire grossier avait laissé des vallées , moins épais au contraire sur les élévations ; il dut donc naturellement en résulter une plus grande tendance de nos terrains à présenter une surface horizontale. Cependant les anciennes vallées du sol de craie ne furent pas entièrement comblées , surtout quand elles étaient un peu profondes , et le bassin de Paris devait présenter encore des inégalités , peu considérables à la vérité , mais qui avaient quelque rapport avec celles de la craie.
Il y avaiépourtant déjà des ébauches de différences qui sont devenues très-sensibles depuis ; par ezem-
CONTINUJLTIOR DS l'icOEGS aiRÉBALE. 113
pie, quand notre «ol n^était encore recouvert que pif la craie^ les buttes, les collines, les plateaux de Montmartre, de Sanois , de Montmorency n'existaient pas, et le terrain qu'elles recouvrent faisait Partie d'ane immense vallée qui r-ègnait alors entre '6 coteau de craie qui se remarque au midi, à Mont-rouge, Meudon, etc., et celiâ qui reparait 2« nord , à fieaumont-sur-Oise.
^ calcaire d'abord , et ensuite les diverses parles de la formartion d'eau douce dont il est ici ques- *^on, ont élevé peu-à-peu le terrain à Montmartre , ^ Montmorency et à Bagneux , laissant dans Tin- *enralle une ébauche des vallées de la Seine et de Montmorency , vallées pourtant peu sensibles alors, •''tant qu'on peut en juger par les témoins qui en 'estent, et qui montrent quel était l'état des lieux ^û8 cet ancien ordre de choses.
De même que le calcaire grossier est la dernière ^Ination qui indique un long séjour de l'océan '1^ notre pays, la formation d'eau douce dont je ^lens de parler est celle qui donne les preuves de 'absence la plus prolongée de la mer. 11 paraît que "epuis cette époque les envahissemcns de notre Payk par les eaux ont été bien fréquens , mais aussi ^^ même temps bien moins durables.
l*a présence de la mer sur notre continent , après ^ longue absence , commence à se manifester par ^^ lit très-mince , mais en même temps très-cons- ^^^i de petites coquilles bivalves. Ces premiers P^'oduits marins y sont bientôt remplacés par deux "ancs d'huîtres assez distincts. Le premier déposé
114 LETTRE VIII
( rinférieur ) est composé de grandes huîtres trèsépaisses, dont quelques-unes ont plus d^un décimètre (an moins 4 pouces) de longueur; le luiiic supérieur, séparé de Tinférieur par une ooodhe de marne blanchAtre, est composé d^huttrea Inranes, beaucoup plus petites et plus minces que eellet qui forment le premier banc.
Ces deux bancs se rencontrent constamment à h même place dans les collines des environs de Paris les plus distantes entre elles, et MM. Gurier et Brongniart assurent ne les aroir pas vus manqaer deux fois.
Tout prouve d^ailleurs qa*elles ont vécu dans les lieux où on les trouve , car on en retrouve de coHéei les unes aux autres comme dans la mer; plusieurs sont entières, et ont leurs deux valves. Une chose remarquable, parce qu^elIe est en harmonie avec un grand nombre d^autres observations qui conduisent kls même conséquence , c'est que ces huitres sont beaucoup plus semblables k celles qui vivent maintenant dans nos mers que celles de la mer précédente (celle qui avait déposé le calcaire grossier).
Après la formation des bancs d'huîtres, il paraît qu'il s'est passé un certain espace de temps pendant lequel la mer ne nourrissait plus d'habitans , on da moins avait perdu la faculté de les conserver ; car on trouve ces bancs recouverts d'une masse trèsconsidérable de sable et de grés, qui ne renferme ni coquilles, ni corps fossiles d'aucune espèce. On ne peut pourtant s'empêcher de la regarder comme une formation marine.
coRinniATioN SE L'écoRGB hin£bàle. 115
Plus tard on commence à retrouyer des coquiUes plos oii moins semblables à celles dn calcaire grossier.
Ces différens dépôts ^ et surtout la puissante iBAsse de sable s^étendant sur un terrain déjà pres- <rie mêlé par les grandes formations d^eau douce, achevèrent d*en combler les inégalités et de le mettre entièrement de nîyean. Ce qui le prouve , c'est ^'aujourd'hui^ dans tous les lieux où des causes ^ ont agi plus récemment n'ont pas enlevé cette 'Basse de sable avec une partie des couches inférieures, on la retrouve à la même hauteur.
iVoiis touchons à un point assez épineux ; car on
^^^ fait joscpi'ici aucune supposition admissible sur
'* catise qui a pu creuser , sur cette surface ainsi ni-
^^lée, les nombreuses et profondes vallées dont nous
'^ Voyons aujourd'hui sillonnée.
Deux explications principales ont été successivement en honneur : l'une , proposée par M. Deluc , ^^xisiste à admettre des affaissemens longitudinaux ^e terrain , affaissemens dont on trouverait fort bien '^ cause dans l'énorme déperdition de substance ^'ï'ont dû faire éprouver à la masse interne les nom- ^'"^uses éruptions volcaniques dont les produits for- ***«nt une partie considérable de l'écorce minérale. "*r suite de ces pertes, la masse interne devenant ^^P pc" volumineuse pour l'écorce déjà solide qui * entourait, cette enveloppe a dû, dans certaines parties , éprouver des affaissemens qui ne sont pres- ^^e rien en comparaison du volume total du globe, ^ais qui suffisent et au-delà pour expliquer la for-
116 iimi Tin.
mation des yallées dont nous rcdiercliont b Si f insiste sur cette manière de yoir, c*est queb supposition des affaissemens admis par Deloc KÊà très-bien raison de la formation des montagnes primitives et de leurs vallées. En effet , les crêtes idl* lantcs de granit qui couronnent les premières, et qui font si facilement nattre Fidée d*an brisèBCst violent ; Tinclinaison des couches qui couTrentknn flancs , et Fidentité du sol qu^on retrouve paiement et sur les montagnes et dans les vallées qui les septrcnt : tout s'accorde avec cette supposition, tontlt nécessite même.
Mais rien de pareil ne se présente relativement à nos vallées : les couches des coteaux qui les dominent ne s'inclinent point pour y descendre, et aucune d'elles ne présente, dans son fond, un sol semblable h celui qui se trouve sur ces hauteon.
C'est ainsi que la plaine de Grenelle, celle do Point-du-Jour , le fond de la Seine à Sèvres, ne présentent ni le sable des hauteurs qui les bordent, ni le gypse, ni même le calcaire grossier que, vun so]i<lité, on ne peut supposer avoir été balayé par les eaux, mais offrent simplement la craie recouverte de quelques mètres de terrain d'alluvion.
Quelle cause a donc pu soulever ces couches épaisses , et souvent si dures , qui manquent dans les vallées ? On a supposé que c'étaient des courans puissans dont nos rivières ne sont que les faibles restes, et qui ont entraîné dans la mer les débris qu'ils ont balayés ; mais quels cours d'eau , quels torrens seraient capables d'enlever les . énormes masses qu il
conriiruÂTioN dï i^iconcE miximÀLB. 117
«lirait fallu déplacer pour creuser nos yallées ? et >ooiimient supposer une pareille violence à ceux dont <ak admet Fexistence , quand on considère combien Ât» lieux qui doivent leur avoir servi de lit ont une ipente douce ? La Seine coule dans la plus inclinée de ces vallées , et dans ses plus grands débordemens, elle n*a pas la force de déranger une pierre grosse comme la tête. Comment ces cours d^eau auraientils , dans un espace souvent assez étroit, enlevé les «oucbes supérieures à une si grande profondeur «ans endommager les terrains mous et sableux qui restent quelquefois suspendus à pic au-dessus des ▼allées, à des hauteurs très^onsîdérables ? Comment imaginer qu^aucune partie de ces terrains brisés ne se fût précipitée dans les cours d^eau de manière à ce que leur fond présentât au moins quelque analogie avec les plateaux qui les bordent P Mais , bien loin que les terrains d'atterrissement des vallées correspondent à la quantité des matières enlevées pour les former, on voit souvent, dans les Ueux où elles s^élargissent le plus, des lacs ou amas d'eau qu'ils auraient certainen^ent dû combler , dans la supposition dont il est question.
Toutes ces objections , absolument insolubles jusqu'ici , font rejeter pour les vallées de nos environs la dernière hypothèse , comme celle des affaissemens longitudinaux; nous serons donc, jusqu'à nouvel ordre, forcés de nous borner à admettre, sans pouvoir l'expliquer , le fait de leur formation sur le sol nivelé par les derniers dépôts marins.
Que ce nivellement ait eu lieu , et que les vallées
118 LETTBE TIII.
aient été creusées à une époque postérieure par m cause qui ne nous est pas connue , c^est une cho dont il n^est pas possible de douter , et que prov jusqu'à révidence la vue de leurs faees abruptes. £ différentes parties du sol sableux dont elles sa formées ont si peu d'adhérence entre elles , qo'i] aurait de Tabçurdité à supposer qu'elles ont été c posées partiellement sur chac[ue sommet (1).
La formation marine à laquelle appartient masse de sable dont nous venons de parler n'est ] le dernier des produits qui recouvrent notre sol ; > trouve encore presque partout au-dessus d'elle * lit de terrain kumstre (2) , qui prouve d'une manié incontestable l'existence d'un immense lac d*e douce , qui a formé le dép^t quelquefois très-mine souvent assez épais , qu'on remarque plus partie lièrement sur les grandes hauteurs. Il existe souve aussi dans les vallées, mais il y est recouvert par terrain d'atterrissement. On ne le trouve point a le sommet de Montmartre , ni sur celui de la but d'Orgemont , soit que ces sommets n'aient pas pi sente une assez large surface pour qu'il ait pu s'y fc mer des dépôts d'eau douce après la retraite de mer, soit qu'ils aient été enlevés postérieuremen comme pourrait le faire supposer leur moindre é] vation , car ils sont plus bas que ceux des autres ce lines voisines.
Si vous éprouviez quelque difficulté à suppos
(1) Voyex noté Tlll.
(2) Formé au fond des lacs d'eau donce.
COnUrOATIOH BB L^iCOACE HINÉaALE. 119
l*eiifteBce drainas d*eaii douce d^une étendue aussi ^^«BfidéFible que celle qae supposeraient les dépôts ^iontBOtts nous occupons, je tous rappellerai que ^^é^t actuel du globe nous en présente de plus im- ^BMiiies encore ; et que , dans T Amérique septentrio- •Kiale, les lacs Supérieur, Michigarij Sur on, etc., f^résentent dans certains sens une étendue qui égale S^KMpie en longueur celle de la France , du nord ^^v nid. De 'sorte que si leurs eaux avaient la pro- X^riété de former dans leurs fonds un terrain solide, ^t qaHs Tinssent' à s^écouler , ils laisseraicut à sec ^ïes lits de formation d*eau douce beaucoup plus '^tendus que celui qui nous occupe. Mais ils n'ont P<as cette propriété , pas plus que nos mers actuel- ■^d. Et, en général , la natyre, depuis la dernière ré- 'V'dQtion qui a imprimé à nos contincns la forme que ■^«08 leur Toyons , paraît dans un état de faiblesse ^^ de langueur qui ne permet que dans des circonstances très-peu nombreuses la formation de nouvelaes roches. 'Aussi la fossilisation des corps organisés ■^ esWlle plus possible ; car elle consiste dans Tincorporation des parties solides de ces corps dans de ^^onvcaux produits inorganiques qui le conservent ^nt leur intérieur en décomposant les autres.
£& général , rien ne recouvre la dernière forma- ^on d'eau douce dont nous venons de parler ; mais, «ans quelques lieux particuliers , on trouve les ter- '^i&s d'alluvion à la partie la plus superficielle ^^ sol. On désigne ainsi ceux qui ont été trans- P^^rtés par les eaux, soit qu'ils aient simplement ^^^ déplacés par elles , soit qu'ils aient été tenus
120 LETTRE Yin.
en suspension dans le liquide de ces tem
Les uns ne peuvent avoir été produits par Vo actuel des choses, et leur formation est évidçmi antérieure à la cause qui Ta déterminée. Les au au contraire, ont été formés par les fleuves e amas d'eau douce qui existent encore à la su de la terre.
Dans la première classe on doit ranger , autoi Paris, le sol de la plaine de Nantcrre à Ghatou, lui du bois de Boulogne , celui de la forêt de & Gerinain , etc. , que la Seine n'a jamais pu foi dans ses débordemens les plus considérables, dépôts de cailloux roulés , du fond des vallées , dans le même cas.
C'est dans ces terrains qu'on trouve les ossen d'éléphans , de bœufs , d'élans , etc. , dont je ** ai déjà dit un mot, et dont je vous parlerai bie avec plus de détails. Ces débris montrent que la pulation de notre pays, dans ce temps-là, ofi autant de différence avec la population de nos jo que ce sol ancien lui-même en présente avec le actuel.
On trouve souvent cet ancien terrain d'allu^ dans des lieux qui ont dû être autrefois des vall et qui aujourd'hui appartiennent à des plateaux a élevés. Tel est le dépôt remarquable qu'on a trc dans la forêt de Bondy , lorsqu'on y a fait une co pour le passage du capal de l'Ourcq ; il renfem des os d'éléphans et de gros troncs d'arbres.
Quant aux terrains récens d'alluvion formés des cours d'eau moins puissans , ils sont en gén^
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composés de matières plus ténues. On les observe dans des lieux où on con<^oit fort bien qu'ils ont pu ^tre déposés depuis Tordre actuel , et les débris foslues qu'on y trouve appartiennent à des animaux oa des végétaux qui vivent encore dans nos cantons, OQ qa'on sait y avoir vécu. Us renferment également des ouvrages façonnés par la main des hommes, comme le bateau en forme de pirogue qu'on a déterré dans Tile des Cygnes , en creusant les fondations du pont des Invalides.
(Test à Texistence des débris de corps organisés 9Ùne sont pas encore entièrement décomposés qu'on doit attribuer les émanations dangereuses qui se dégagent des derniers terrains d'alluvion quand on les remue pour la première fois.
Je ne sais , madame , si vous me pardonnerez la longueur de cette lettre , dans laquelle je n'ai eu à Tous donner que les descriptions , nécessairement *ndes, d'une suite de terrains; j'espère cependant 91e vous m'excuserez un peu en faveur des considérations importantes qui s'y rattachent iramédiatcnient. Qui pourrait voir avec indifférence les traces ^ sensibles des révolutions dont notre pays a été le *Jiéâtre , et les nombreuses générations qui s'y sont succédé ? La légère couche de vie qui fleurit à la >urÊice du sol ne couvre que des ruines. Des êtres ^i ont vécu dans le lieu même que nous habitons y foulaient tranquillement d'anciens débris laissés par la mer , lorsque cette mer , revenant subitement, les a engloutis sous ses eaux. Placés dans les mêmes circonstances , n'avons-nous pas h. redouter le même
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sort? PauYrei petiti hommes , nés dliier , qni osons nous dire les mattres de la terre , nous ne dernons marcher qn^en tremhlknt sur ce glohe toujours pvét à nous engloutir. D^où peut venir notre sécurité F Est-ce de Thistoire de ifuelqaes générations d'Atres de notre espèce <pii s^y sont maintenoeSf an mâlisQ de mille désastres, pendant cinquante ou soiiante siècles , ou bien nous fions-«ous aux fidbles digues dans lesquelles nous enfermons avec tant de peine les petits courans d^eau que nous appelons de grands fleuyes , à ces petits amas de terre an mojen desquels nous retenons un instant quelques pieds de la mer au-dessus d*un point de notre sol? Commeat ne craignons-nous pas qu*au milieu de notre orgueil une légère secousse ne rende à Focéan cette portion de la terre qu^il nous a naguère abandonnée, et qu^une partie de ses eaux n^engloutisse denuun pour jamais nos grandes cités , nos puissans monarques, leurs vastes états, et jusqu^au souvenir des monumens dont notre petitesse ose se montrer à fi ère?
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