‹ Lettres sur les révolutions du globeChapitre 5 sur 73 · DES ÉDITIONS PRÉCÉDENTES · texte numérisé non relu

DES ÉDITIONS PRÉCÉDENTES

idées, que, ne pouvant me résoudre à y changer un seul mot, j’ai pris le parti de les transporter dans mon ouvrage telles que je les trouvai dans le sien. Puisse l’aveu de ce petit larcin ( devant lequel j’ai reculé quelque temps comme devant une profanation) me le faire pardonner de mes lecteurs. C’est dans leur intérêt que je me le suis permis.

On trouvera aussi dans cette édition quelques développements nouveaux sur les applications qu’on peut faire aux températures terrestres de la théorie de la chaleur, créée de nos jours par M. Fourier. Ce que j’avais dit sur ce sujet dans mes précédentes éditions était bien imparfait; je m’estimerais heureux si je pouvais me flatter de contribuer par celle-ci à répandre la connaissance de travaux aussi remarquables par leur profondeur que par l’importance et la grandeur des résultats auxquels ils conduisent.

Une nouvelle Lettre, consacrée aux végétaux fossiles, offrira un résumé de résultats curieux auxquels M. Ad. Brongniart est parvenu sur ce sujet. Ce jeune et savant naturaliste, empressé de favoriser un ouvrage destiné à la propagation des sciences dans lesquelles il s’est déjà distingué d’une manière brillante, a eu l'extrême bonté de me donner une connaissance anticipée du beau travail dont il se propose de faire jouir incessamment le public 1. Je le prie de recevoir ici l’expression de ma reconnaissance.

Je ne parle pas de quelques additions moins importantes que les précédentes. C’est en tenant autant qu’il

I. Histoire des Végétaux fossiles , ou Recherches botaniques et géologiques sur les végétaux renfermés dans les diverses couches du globe. 2 volumes in-4° de 50 à 60 feuilles d’impression , accompagnés de 50 à 160 planches. A Paris, chez Edmond d’Ocagne.

PRÉFACES

m’a été possible mon ouvrage au niveau des progrès s rapides de !a science, que je me suis efforcé de mériter l’indulgence avec laquelle le public a bien voulu l’accueillir.

L'auteur préparait en 1830 une quatrième éditions cet ouvrage , et dans les courts intervalles de repos que lui laissait la douloureuse maladie à laquelle il a succombé, il s’occupait encore de coordonner les matériaux qu’il avait rassemblés dans ce dessein.

Ces additions étaient nombreuses et relatives, pour la plupart, aux faits géologiques que l’on peut attacher à la dernière des grandes révolutions qui ont bouleversé la surface de notre globe; elles devaient former la matière d’un deuxième volume qui aurait eu pour titre : Lettres sur le Déluge L’auteur regardait son travail comme presque terminé ; cependant la rédaction ne s'en est pas trouvée assez avancée pour qu’on ait cru pouvoir le faire paraître.

Quant à la première partie du livre, il ne paraît pas que M. Bertrand eût encore arrêté les modifications qui y devaient être faites; il s’est trouvé seulement quelques courtes indications dont on a cherché à tirer parti pour cette cinquième édition .

La quatrième a été publiée en 1833 et sans la participation de la famille de l’auteur; c’est une reproduction pure et simple de celie de 1838.

Dans les onze années qui sé sont écoulées depuis la publication de la dernière édition revue par l’auteur, les sciences d’observation, dont il s’était proposé de populariser les plus curieux résultats, ont continué à marcher rapidement : de belles lois ont été découvertes; des

théories positives, déductions rigoureuses de faits bien étudiés, ont été substituées à des idées hasardées qui ne reposaient guère que sur des hypothèses plus ou moins ingénieuses ; d’importantes questions ont été éclaircies; enfin, grâces à l’intérêt qu’a excité l’admirable ouvrage de Cuvier sur les ossements fossiles , grâces aux secours- qu’il a fournis à tous ceux qui voulaient s’engager dans cette voie à la suite de l’illustre naturaliste, nos connaissances sur les anciens habitants du globe se sont notablement augmentées.

Tous ces progrès, ce n’est pas dans un modeste petit livre, tel que celui que nous publions aujourd’hui, qu’on peut s’attendre à les trouver enregistrés. Toutefois nous avons dû en profiter pour rendre cet ouvrage aussi digne que possible de la faveur que (lui a accordée le public depuis sa première apparition.

Celui qui a pris soin de revoir cette dernière édition ne se dissimule point tout ce qui peut lui manquer pour le faire convenablement; ce qui le rassure, ce qui l’a déterminé à entreprendre ce travail, c’est l’idée qu’il remplit un pieux office envers un ami qui n’est plus, qu’il n’a fait d’ailleurs que suivre ses intentions non exprimées. Les secours que M. Bertrand avait trouvés dans la bienveillance de plusieurs des hommes qui marchent à la tête de la science , son ami les a eus également; qu’il lui soit permis de leur en exprimer ici sa reconnaissance et de citer en particulier les noms de MM. Arago, Élie de Beaumont, Ad. Brongniart de Collegno , Agassiz , Deshayes. 11 y doit ajouter enfin celui de M. Lyell, à l’excellent ouvrage duquel il a fait divers emprunts pour les notes placées à la fin du volume, emprunts qui auraient été du reste beaucoup plus nombreux si le plan de ce petit ouvrage l’eût permis.

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