FAITS RELATIFS A LA PARTIE PRUSSIENNE DE CES CÔTES
( Abrégé d’un article de M. Domeyko ; Comptes rendus de l* Académie des sciences, t. iv, p. 965.)
Nous venons de voir que le changement de niveau constaté pour la Suède entre la mer Baltique et une partie des rivages qu’elle baigne, tient à un exhaussement du sol qui varie suivant les points où l’on observe ; on serait donc en droit de penser que certaines portions des côtes auraient pu ne point participer à ce mouvement, et c’est ce qui avait eu lieu, disait-on, pour les côtes qui correspondent à la Prusse. Cependant, il paraît, d’après les faits consignés dans V Histoire de la Prusse de M. Voigt, que des changements très-notables sont aussi survenus dans cette partie des côtes, depuis une époque assez récente, sans que rien prouve d’ailleurs qu’ils continuent encore à s’opérer.
Les documents réunis dans l’ouvrage de M. Voigt tendent
en effet à prouver qu’à l’époque de l’occupation de la Prusse par l’ordre Teutonique, il existait entre Pillau , Brandebourg et Balga, une province appelée Witlandie , laquelle se trouverait aujourd’hui entièrement couverte par les eaux du golfe de Kœnigsberg. Ainsi nous savons, par le chroniqueur Lucas David, qu’au xvie siècle et du temps du grand maître Hermann Balk, la mer ne s’approchait, pas aussi près de la colline de Balga qu’à présent, et que du pied de cette colline jusqu’au rivage on voyait s’étendre des prairies. De gros hlocs que les eaux charriaient sur le rivage, provenaient, suivant lui, del’éboulement des terres, et faisaient craindre, dès" ce temps-là, que la mer n’envahît davantage le continent. Des traditions recueillies par Pisanski, dans son ouvrage sur la mer Baltique, voulaientaussi que des langues de terre couvertes de forêts eussent été englouties sur ces côtes, et l’on trouvait encore, disait-on, des arbres entiers que les vagues rejetaient sur la terre ferme.
Un fait peut-être encore plus concluant est tiré de la distance de la mer à laquelle, aux différentes époques, nous trouvons située la chapelle de Saint-Albert. Ainsi, au xme siècle, cette chapelle, devenue depuis un but de pèlerinage, aurait été bâtie à deux lieues de la mer ; au xvne siècle, ses ruines n’en étaient plus éloignées que d’une demi-lieue, et aujourd’hui à peine en sont-elles séparées d’une centaine de pas. De même, des Actes de la ville de Lochstadt, pour l’an 1667, nous montrent que la Baltique gagne tous les jours sur le continent et enlève les champs, les prairies et les pâturages.
Ces phénomènes remarqués sur la côte de la Samlandie se reproduisent sur le promontoire Neliringh, où les habitants ont Constaté que chaque jour leur enlevait une partie de leur terre fertile, et où des monceaux de sable attestent qu’autrefois l’île était beaucoup plus vaste.
Les documents les plus anciens tendent aussi à prouver l’empiétement progressif de la mer. Ainsi la province de Witlandie est distinguée de la Samlandie et des autres qui l’entourent, non-seulement dans des écrits du pape Honorius (1224), mais encore dans plusieurs chroniqueurs qui disent, par exemple, que les citoyens de Lubeck réclamaient le droit
NOTES
de bâtir des villes libres dans la troisième partie de la Sam bie , de la Witlandie et quelque autre de là Warmie, droit que leur avait concédé le frère H. de Wida, alors Grand- Maître de Prusse. Et encore, à propos des événements de 1228, qu' alors il n'y avait plus à attirer dans l un des partis que cinq provinces de paysans ; il s’agissait évidemment de la Prusse, la Courlande, la Léthonie, la Witlandie et la Sambrie.
Le même document, d’après l’ordre dans lequel on y trouve énumérés les noms des parties du territoire, indique que la Witlandie se trouvait entre les pays de Samland et de Warmie. Et comme les Lubeckois se proposaient avant tout d’établir une colonie pour leur commerce, il est naturel d’admettre que les trois parties du territoire se touchaient au golfe, et qu’elles formaient un terrain continu.
« Quel est donc, dit M. Voigt, le pays situé entre les provinces de Samland et de Warmie, que l’ordre teu tonique avait cédé aux Lubeckois ? Ce pays ne pourrait être que l’ancienne Witlandie, pays couvert maintenant par les eaux et qui s’étendait jusqu’à Lochstadt, petite ville qui portait jadis le nom de Witlandsort , ce qui signifie la limite de Witland. »
Il semble résulter, comme on le voit, des témoignages réunis par M. Voigt, que depuis le xme siècle la mer a beaucoup empiété sur les terres dans certaines parties de la côte prussienne ; mais rien ne prouve d’ailleurs que ces empiétements des eaux soient le résultat d’un affaissement du sol.
AFFAISSEMENT ET EXHAUSSEMENT SUCCESSIFS DANS LA BAIE DE BAÏA. — TEMPLE DE SERAPIS.
(Extrait des Principes de géologie de M. Lyell , 2e édition.)
« Le temple de Sérapis nous fournit à lui seul la preuve d’un double changement dans le niveau relatif de la terre et des eaux, survenu sur la côte de Pouzzoles depuis l’ère chré-
tienne, changement dans lequel la dépression comme le soulèvement ont été de plus de vingt pieds. Au reste, quand même les ruines de ce célèbre monument n’auraient pas été découvertes, il resterait assez de preuves de changements survenus à une époque récente dans les côtes de la baie de Baïa, tant au nord qu’au sud de Pouzzoles, car un examen géologique des lieux démontre de la manière la plus évidente un soulèvement récent des berges, lequel varie de vingt à trente pieds.
« Quand on vient de Naples à Pouzzoles en suivant la côte, on remarque, en approchant de ce dernier lieu, que les falaises hautes et escarpées qui sont formées d’un tuf endurci semblable à celui dont est bâtie la ville de Naples, s’écartent légèrement de la mer, et qu’une langue de terre fertile, peu élevée et d’un aspect très-différent, sépare la côte actuelle de ce qui, évidemment, était l’ancienne côte.
« Sur ces falaises d’autrefois, M. Babbage a observé, en face de la petite île de Nisida, à deux milles et demi environ au sudest de Pouzzoles, une ligne creuse telle que celle qui résulterait de l’usure de la berge par le clapotis des vagues à la surface. Tout le long de cette ligne, qui est à trente-deux pieds au-dessus du niveau actuel, la surface du rocher porte des coquilles de glands de mer ou balanes, et est percée d’une multitude de trous pratiqués par des lithodomes , mollusques qui, comme les pholades, se creusent une demeure dans le roc et dont les dépouilles testacées se trouvent encore dans beaucoup de ces trous. Plus près de Pouzzoles, les anciennes falaises atteignent une hauteur de quatre-vingts pieds, et sont tout aussi escarpées que si la mer en sapait encore la base. A leur pied est un dépôt récent constituant ce terrain fertile dont nous avons parlé plus haut ; ce dépôt atteint une hauteur d’environ vingt pieds au-dessus du niveau de la mer, et comme il est composé de couches sédimentaires régulières contenant des coquilles marines, sa position prouve que, depuis sa formation, il y a eu un changement de plus de vingt pieds dans le niveau relatif de la terre et de la mer.
« Les vagues minent ces couches nouvelles formées de ma-
NOTES
tières qui ont entre elles peu de cohésion, et comme, en raison de sa fertilité, le sol a du prix, on a construit un mur pour le défendre contre ces empiétements de la mer; mais, lorsque je visitai ce lieu, en A 828 , les flots avaient emporté une partie du mur, et exposé à la vue une série régulière de coquilles marines, aujourd’hui communes sur cette côte, entre lesquelles je citerai le cardium rusticum , l’huître commune, le donax truncidus et d’autres. Les couches varient d’un pied à un pied et demi d’épaisseur, et l’une d’elles contient en abondance des débris d’ouvrages d’art, des tuiles, des fragments de mosaïque de diverses couleurs et de petits morceaux de sculpture parfaitement conservés ; j’y recueillis aussi quelques dents de cochon et de bœuf. Ces débris de produits de l'art se trouvent aussi bien au-dessous qu’au-dessus des couches qui contiennent des coquilles marines. Pour la ville de Pouzzoles, elle est en grande partie assise sur un promontoire en tuf ancien qui coupe le nouveau dépôt, quoiquej’aie découvert un petit lambeau de ce dernier dans un jardin au-dessous de la ville.
« Un môle ruiné, appelé aujourd’hui pont de Caligula , s’avance de la ville dans la mer. Ce môle consiste en un certain nombre de grandes piles unies entre elles par des arches. Sur la cinquième pile, M. Babbage trouva des trous de lithodomes, à quatre pieds au-dessus du niveau de la mer; et vers l’extrémité, sur l’avant-dernière pile, d’autres traces semblables se montrent à dix pieds de hauteur, avec un grand nombre de balanes et de flustres (espèces de polypes à enveloppes calcaires).
« Si nous passons au nord dePouzzoles et examinons la côte entre cette ville et Monte-Nuovo, nous trouvons une répétition de phénomènes analogues. La pente du Monte-Barbaro descend doucement vers la côte, mais avant d’y arriver elle se termine tout à coup en une falaise abrupte dont la disposition montre clairement à tout géologue que la mer s’est avancée autrefois jusque-là ; entre cet escarpement et la mer, il y a une plaine basse ou terrasse, appelée la Starza, qui est de même nature que celle dont nous venons de parler, et qui
offre de même des couches, régulières de dépôt nouveau, dont les unes contiennent des coquilles marines, et d’autres (tant au-dessus qu’au-dessous de ces dernières) des fragments de briques et de divers produits de l’art. L’épaisseur des couches n’est pas la même dans tous les points où on peut les suivre; en général, elles paraissent monter doucement vers le pied des anciennes falaises ; dans quelques points, ce nouveau dépôt atteint une plus grande hauteur que de l’autre côté de la ville.
« Si de pareils faits s’observaient sur les côtes de l’est ou du sud de l’Angleterre, les géologues en chercheraient naturellement l’explication dans quelque diminution locale de la grandeur des marées, due à un changement dans la direction des courants; ainsi on sait que la vieille ville de Brighton avait été construite sur un terrain sablonneux qui se trouvait entre la mer et les anciennes falaises, et qu’elle a été détruite par le retour de l’Océan ; on voit encore à Lowestoffe, dans le Suffolk, des falaises qui se trouvent à quelque distance de la mer, et qui en sont séparées par le Nés s, langue de terre couverte de verdure qui peut être comparée, jusqu’à un certain point, à la Starza des environs de Pouzzoles; mais la ressemblance n’est qu’apparente, et l’explication qui serait juste pour les côtes de l’Angleterre ne peut trouver son application pour les côtes de l’Italie, par la raison que la Méditerranée n’a point de marées. Supposera-t-on que cette mer s’est abaissée de vingt à vingt-cinq pieds depuis l’époque où les côtes de la Campanie étaient couvertes de somptueux édifices? Ce serait une hypothèse qui ne soutiendrait pas l’examen ; car il résulte des opérations géodésiques et des relevés de côtes faits dans les dernières années, que le niveau de la Méditerranée n’a pas varié sensiblement depuis deux mille ans. En effet, la plupart des môles et des bassins de ports construits par les anciens l’ont été évidemment pour une élévation des eaux égale à celle qui s’observe aujourd’hui ; un changement de quelques pieds n’eût pu échapper à un hydrographe aussi habile que le capitaine W.-H. Smyth, par exemple, surtout quand son attention était éveillée sur ce point.
NOTES
<( Nous voici arrivés, sans l’aide du célèbre temple de Sérapis, à la conclusion que le dépôt marin récent de Pouzzoles a été soulevé dans les temps modernes au-dessus du niveau de la mer, et que non-seulement ce changement de position du terrain, mais la formation d’une grande partie des couches qui le composent, est postérieure à la destruction de plusieurs édifices dont ces couches renferment les débris. Si maintenant nous passons aux preuves que fournit le monument luimême, voici ce que nous trouvons :
« Il résulte de documents authentiques que, jusque vers le milieu du siècle dernier, les trois colonnes qui restent aujourd’hui debout , demeurèrent à demi enterrées dans le terrain de sédiment marin récent dont il a été déjà parlé, et que la partie supérieure de ces mêmes colonnes , se trouvant au milieu d’une espèce de taillis, n’avait point attiré l’attention des antiquaires. Ce fut en 1730 seulement qu’on les découvrit, et le sol ayant été déblayé, on vit qu’elles faisaient partie d’un somptueux édifice dont le pavé était encore conservé et jonché d’un grand nombre de tronçons de colonnes en brèche africaine et en granité. Le monument, dont il était très-aisé de reconnaître le plan , était de forme quadrangulaire, et avait soixante-dix pieds de diamètre. Le toit était soutenu par quarante-six nobles colonnes , dont vingt-quatre en granité et le reste en marbre. La large cour était environnée d’appartements qu’on suppose avoir servi de chambres de bains ; car les eaux d’une source thermale, qui sort de terre derrière l’édifice, étaient conduites jusque dans les chambres par des canaux de marbre ; c’est du moins ce qu’on dit avoir reconnu.
« Les antiquaires ont beaucoup discuté pour savoir à quelle divinité cet édifice était consacré. Ce n’était certainement pas un temple de Sérapis, puisqu’à l’époque où le monument a dû être construit, le culte de cette divinité égyptienne était rigoureusement défendu ; il paraît même que sa disposition diffère en plusieurs points importants de celle des édifices religieux, et qu’on n’y doit voir, comme nous l’avons déjà fait pressentir, qu’un bâtiment construit pour l’usage de ceux
qu’attirait la source thermale. Ce n’est pas, au reste, au géologue qu’il appartient d’agiter ces sortes de questions, et sa tâche ici est seulement d’interpréter les témoignages des changements physiques survenus en ces lieux, témoignages tracés parla main de la nature elle-même en caractères parfaitement nets sur les trois colonnes encore debout de cette vénérable ruine.
« Les colonnes sont hautes de quarante-deux pieds ; leur surface est lisse et intacte jusqu’à une hauteur de huit à douze pieds à partir de leur piédestal ; au-dessus est une zone de neuf à douze pieds dans laquelle le marbre a été percé par une espèce de mollusque à coquille bivalve (le lithodome). Les trous de ces animaux sont pyriformes , l’ouverture extérieure étant petite et la cavité s’élargissant à mesure qu’elle devient plus profonde; car le volume de l’animal augmentant avec l’âge, il faut que sa maison devienne aussi de plus en plus spacieuse. Dans beaucoup de ces trous on voit encore la coquille de l’animal, malgré tout ce qu’ont déjà emporté les curieux qui visitent ces ruines; dans d’autres on voit des valves d’une espèce d’arc/te, mollusque qui a l’habitude de se cacher dans des creux, et qui a profité, dans ce cas, du travail des lithodomes. Les trous sont si profonds et si larges, qu’ils prouvent que les colonnes ont été longtemps exposées à l’action des lithodomes, c’est-à-dire constamment immergées pendant un temps très-long; leur partie inférieure était d’ailleurs entourée d’un amas de décombres de l’édifice qui les a protégées contre l’attaque des mollusques perforants, tandis que la partie supérieure, se trouvant au-dessus du niveau des eaux, a été également hors de l’atteinte de ces animaux, et exposée seulement aux injures de l’air qui a détruit le poli du marbre.
« La plate-forme du temple est environ un pied au-dessous du niveau des hautes eaux (car, quoiqu’on puisse dire, en général, que la Méditerranée n’a point de marées, il s’en fait sentir de petites dans la baie de Naples), et la mer n’étant qu’à une distance d’environ cent pieds de l’édifice, ses eaux^filtrent à travers le sol qui l’en sépare, de manière à dispenser
NOTES
de toute opération de nivellement. On voit ainsi que la limite supérieure des perforations des colonnes est à vingt-trois pieds au moins au-dessus de la marque des hautes eaux , et il est parfaitement évident que les colonnes, après être restées longtemps enfoncées sous l’eau, mais toujours restant debout, ont été ensuite soulevées à vingt-trois pieds au-dessus du niveau de la mer.
« A-t-on quelques moyens de connaître l’époque à laquelle ont eu lieu ces deux changements inverses? Jusqu’à présent on ne possède aucun document qui permette de fixer une date précise, mais on peut établir des limites. Ainsi, on a trouvé dans l’atrium du prétendu temple des inscriptions destinées à rappeler que les empereurs Septime Sévère et Marcus Aurélius l’ont fait orner de marbres précieux; d’où résulte la preuve que le monument était encore intact et non submergé dans le troisième siècle de notre ère. D’un autre côté, nous avons la certitude que le dépôt marin , qui forme ce terrain "plat nommé la Starza , était encore couvert par la mer dans l’année 1530, c’est-à-dire huit ans seulement avant la terrible éruption de Monte-Nuovo. Un ancien auteur italien, cité par Forbes, Loffredo, qui écrivait en 1588, dit que cinquante ans auparavant la mer baignait les pieds des falaises qui bornent la Starza du côté de la terre, de sorte qu’on aurait pu pêcher du lieu où sont les ruines qu’on appelle le Stadium.
« La dépression de l’édifice a donc eu lieu entre le troisième et le seizième siècle. Maintenant dans cet intervalle l’histoire ne nous a conservé la mémoire que de deux grandes convulsions du sol dans ce pays : ce sont l’éruption de la Solfatare, en 11 ho, et le tremblement de terre qui ruina Pouzzoles , en 1488. Il est très-probable que les tremblements de terre qui précédèrent l’éruption de la Solfatare produisirent l’affaissement du terrain du temple (la distance qui sépare ces deux lieux étant très-petite), et que les pierres, les cendres et autres matières que le volcan fit pleuvoir dans la mer, auront contribué, avec les décombres provenant de l’édifice même, à couvrir immédiatement le bas des colonnes. L’action des vagues en aura ensuite renversé la plupart, et des couches
mêlées de débris de l’édifice et de produits volcaniques auront été formées avant que les lithodomes aient eu le temps d’agir sur les parties inférieures des piliers restés debout. Le tremblement de terre aura fait écrouler beaucoup d’autres1 bâtiments dans les lieux où s’étendait son action , et aura ainsi , tout le long de cette côte, contribué à la formation de ces lits du dépôt moderne, qui renferment pêle-mêle des débris d’ouvrages humains et des coquilles marines.
« Il est évident, d’après les indications fournies par Loffredo, que l’exhaussement de la portion de terrain connue sous le nom de la Starza est postérieur à l’an 1530, en même temps qu’il est antérieur de plusieurs années à 1588. Cela seul suffirait peut-être pour nous autoriser à dire qu’il a eu lieu en 1538. Mais heureusement nous n’en sommes pas réduits sur ce point à des conjectures, et sir W. Hamilton nous a conservé deux lettres qui établissent le fait de la manière la plus positive, et qui sont écrites par des témoins oculaires, Falconi et Giacomo de Toledo. Une de ces lettres est écrite l’année même de l’événement, et l’autre deux ans après. Toutes les deux s’accordent sur ce point , qu’un des effets de l’éruption qui donna naissance au Monte-Nuovo consista en ce que la mer recula, s’éloigna de ses anciens rivages, en laissant à découvert une nouvelle portion de terre, et Giacomo dit positivement que cela résulta d’un soulèvement du sol. Ajoutons que Hooke, dans des lettres écrites vers la fin du dix-septième siècle, parle de cette formation de la Starza par soulèvement comme d’un fait qui était alors bien connu.
« En 1828, on fit des excavations au-dessous du pavé de marbre du temple de Sérapis, et on en trouva un second en mosaïque, situé à cinq pieds environ au-dessous du premier. L’existence de ces deux pavés superposés (et l’inférieur plus riche que le supérieur) ne peut se concevoir qu’en supposant qu’avant le grand affaissement, que nous rapportons à l’éruption de la Solfatare, il y en avait eu un moins grand, et qui n’avait point causé la ruine de l’édifice, mais avait seulement obligé à en exhausser le sol. »
NOTES