X. GROUPE DE PORRENTRUY
23. Marnes du Banné. — Marnes sableuses, grises, jaunâtres; ressemblant beaucoup aux Marnes de Besançon. — Epaisseur totale, 5 mètres. — Leitmuscheln : Pycnodus Uugii Agass. ; NauUilus giganteus d'Orb. ; Ammonites gigas Ziet. ; Pterocerus oce^ ani Brong.; Natica globosa Rœm., Nat. Hemispherica Rœm.; Ostrea solitaria Sow. ; Ceromya excentrica Agass. ; Goniomya sinuaia Agass., Gon. parvula Agass.; Pholadomya Protei Brong., PhoL truncata Agass., PhoL myacina Agass., Phol. pectinata Agass. ;
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Homomya hortulana Agass., Hom. compressa Agass. ; Arcomya helvetica Agass., Arc. gracilis Agass.; Pleuromya donacina Agass., Pleur. Gresslyi Agass. ; Corimya Studeri Agass., Cor. tenera Agass. ; AvictUa Gessneri Thurm. inédit ; Spondylus ifUBquistriatus Yoltz, inédit ; Hemicidtxris Thurmanni Agass. (Les baguettes ou radioles d'oursins décrits sous le nom de Cidaris pyrifera Agass. appar* tiennent sans le moindre doute à cette Hemicidaris); Diadema Bruntrutana Desor.
Dans mon travail de 1848, j'emploie déjà ce nom de Marnes du Banné ou Marnes Kimméridiennes. Les localités types sont : Le Banné et Haute-Cœuve près de Porrentruy ; les Trois-Châtets près de Besançon ; Aiglepierre et La Chapelle près de Salins.
24. Calcaires du Banné. — Calcaires compactes, à cassure conchoïde, à structure souvent bréchiforme, de couleur blanchâtre avec nombreuses taches rougeâtres. — Epaisseur totale, 40 mètres. — Leitmuscheln : Nerinea Elea d'Orb. ; Clypeus acutus Agass..
Thurmann avait recueuilli dans les Calcaires du Banné des environs de Porrentruy un grand nombre de fossiles, dont beaucoup appartiennent à des espèces qui se trouvent aussi dans les Marnes du Bannéy dans le groupe de Besançon, et même dans le groupe Corallien. Au moment où il allait mettre la dernière main à cet intéressant travail, l'inflexible mort l'a enlevé, et notre science se trouve ainsi privée des résultats, des plus consciencieuses recherches et des études les plus approfondies qui aient encore été faites sur l'étage de YDpper Oolite du Jura franc-comtois.
Depuis long-temps j'avais remarqué, non seulement que des espèces de fossiles passaient d'un groupe dans un autre, mais bien plus, qu'une faune entière pouvait émigrer et vivre dans deux groupes différents : voir Bulletin de la soc. géol. de France, 2""* série, tome III, p. 506 et tome IV, p. i29 ; où je dis « une « émigration des espèces s'est opérée de l'époque des Astartes « (groupe de Besançon) à l'époque kimméridienne (groupe du « Banné) ; elles ont passées du Jura salinois et bisontin dans le Jura bernois et soleurois, etc. . » Lorsque j'émis ces résultats de mes observations en 1846 et 1847, les paléontologistes fran-
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çais et suisses ne voulurent pas les admettre, disant que cebi était impossible et contraire à toiit ce qu'ils connaissaient ; suivant ces savants, chaque groupe était caractérisé par des espèces dont pas une seule ne passaient dans le groupe suivant. Cependant peu après, 1848 et 1849, d'Orbigny lui-même admit le passage d'espèces d'Ammonites d'un groupe dans un autre, mais en niant toutefois que ces espèces SL\eji$^,vécus dans les deux groupes. Enfin Barrande est venu porter ufte atteinte mortelle à ce préjugé, ou plutôt à ce jugement trop précipité et trop vîte généralisé des paléontologistes, en établissant en 1851 et 1852 dans son magnifique et excellent ouvrage sur le Système Silurien de la Bohême^ ce qu'il a appelé, la faune de ses colonies. Il est juste d'ajouter, que les paléontologistes et géologues de l'Angleterre n'ont jamais admis ce principe d'extinction complète de faune pour chaque groupe ; et en cela, comme du reste en tout ce qui regarde notre science, ils se sont montrés beaucoup plus prudents et réservés que les géologues du Continent.