‹ Lettres sur les roches du jura et leur distribution géographique dans les deux hémispheresChapitre 27 sur 41 · Calcaires de i Couche Sup · texte numérisé non relu

Calcaires de i Couche Sup

Blégny. (Couches Inf.

l^Belemn. bed.

2^Animon. bed.

3°Hippopod. b.

4^ Cardinia bed.

j Ochrac. lias, a.

\ Laminai, lias, b

Beds of clay, c.

Les Calcaires de Blégny, pris en masse, ont pour équivalents les couches à Cardinia et à Hippopodium de la division c. Beds of clay de Cheltenham; la superposition ainsi que la faune, paraissent du moins l'indiquer. Mais on ne peut pas paràlléliser séparément les deux subdivisions des Calcaires de Blégny, la Couche Supérieure à Pentacrinites n'ayant pas d'équivalent certain. Quant aux Marnes de Balingen , les Couches Inférieures de ces marnes correspondent à Y Ammonite bed et au Belemnite bed, pris ensemble, de la division c. Beds of clay\

et les Couches Supérieures ont pour équivalents les divisions 6. LamincUed lias et a, Ochraceous lias^ réunies.

Pour le Marlstone, la description qu'en donne Edward HuU (voir; The Geohgy of the country around Chellenham, dans les Memoirs of the Gcological Survey; Londres, 1857, page 18.) étant plus complète que celle de Murchison et Strickland, je vais m'en servir de préférence pour établir mes synchronismes. Le Marlstone se trouve , suivant Hull , tout le long des flancs et à mi-côtes des collines du Cotteswold; il y est composé de deux parties, savoir: V Inférieure , formée d'une série d'assises de sables jaunes , gris et bruns , avec des intercalations de petites bandes de grès à pâtes calcaires et de nombren nodules ferrugineux ou septaria ; la partie Supérieure , désignée par Hull sous le nom de Rock-bed (couche rocheuse) , est composée d'un calcaire impur, mamo-sableux , grisâtre, et bleu dans l'intérieur; souvent il est très ferrugineux. L'épaisseur moyenne du Marlstone de Cheltenham est de 115 {ûeds, la partie Supérieure ou Rock-bed n'ayant guère que de 3 à 10 pieds d'épaisseur. Mais, si le Rock-bed est de beaucoup le moins considérable des deux parties pour l'épaisseur des couches, en revanche c'est dans cette division supérieure que sont renfermé presque tous les fossiles du Marlstone. Les fossiles de la partie inférieure sont: Ammonites margaritatus , Am. Engelhardti (qui n'est qu'une variété de la margaritatus) et la Belemnites Bruguierianus. Pour la partie supérieure ou Rock-bed les Leitmuscheln sont: Amm^miles spinatus, Pecten œquivalvis, Gryphœa Cymbium et Plicatula spinosa. Les localités types des environs de Cheltenham sont: Churchdown, Dumbleton, Leckhampton et Gretton Hills. Comparé aux strates du Jura franccomtois, ce Marlstone des environs de Cheltenham a pour équivalent certain le groupe du Lias Moyen; de plus, on peut synchroniser avec autant de certitude la partie Inférieure du Marlstone avec les Marnes Souabiennes , et la partie Supérieure ou Rock bed avec les Marnes de Cernans. Je ne puis établir avec Cheltenham de synchronismes pour mes deux subdivisions des Marnes Souabiennes, parce qu'on n'y trouve, ni VAmmo-

nites Davceif ni Y Ammonites fimbriatu8\ mais je pense que ces subdivisions existent à Charmouth (Dorsetshire) et à Lyrae Régis.

VUpper Lias ou Alum shaïe du Yorkshire d'après Phillips, vient de recevoir des additions et développements bien remarquables , par suite d une étude spéciale et approfonc^ie que notre ami commun, le savant Dr. Thomas Wright vient d'en donner dans le Quarterly Journal of the GeoL Soc. of London, vol. XIL, Londres, 1856, sous le titre de: On the palœontological and stratigraphical relations of the so-called o Sands of the Jnferior Ooliley^, pages 292 et suiirantes. Pi^ur suite de ce travail le Lower Oolite de l'Angleterre se trouve avoir sa base remontée au-dessus de ce que de la Bêche appelait les Sables de rOolite Inférieur , et en conséquence cet étage commence au Ferruginous Oolite ou Fer de Rochepourrie, exactement comme dans les Monts Jura. Ce beau résultat est dû presqu'entièrement à la Paléontologie française de d'Orbigny et aux applications qu'en ont fait Saemann^), Wright et vous-même; et permettez-moi de vous féliciter de la part que vous avez prise dans cet heureux changement de la classification des strates jurassiques de l'Angleterre.

') (Voir, BuUetin de la Soe, GéoL de France, 2' série, tome XI. , page 261 , Paris, 1853 — 54.). Dans ce mémoire, sur Vêlage Oolitique Inférieur de la SarUie , Saemann est le premier qui ait reconnu le caractère liasique de la faune renfermée dans les sables de Frocester Hill , près de Cbeltenham. Mais par une inconséquence assez remarquable, et qui ne s'explique que par Padmiration que Tauteur professe pour les Lias y et £ de Quenstedt; il maintient que ces strates de Frocester Hill et les Sables inférieurs de la Sarthe sont de l'Oolite Inférieure , et ne doivent jamais être assimilées au Lias. Du reste , ce trayait de Saemann est assez embrouillé, et il y attribue au Das Flozgebirge Wurtembergs , de Quenstedt, une importance de services rendus à la géologie de la France orientale, qui n'a jamais existé que dans son imagination.

Le Jara.

Voici, d'après Wright, comment YUpper Lias est composé à Crickley Hill près de Cheltenham; la série va de haut en bas:

Couche du Pea gril. Une roche brune, 1res ferrugineuse et remplie de grosses ooliles. Ammonites Murchisonœ. Epaisseur 10 pieds.

D. Marne calcaréo - ferrugineuse , contenant des colites d'hydrate de fer, et renfermant beaucoup de fossiles, tels que: Ammonites opalinus^ Am, insignis, Turbo Capilaneus. Epaisseur 2 pieds, 6 pouces

E. Calcaire très dur, grisâtre et cristallin. On y trouve un grand nombre de fossiles brisés, surtout des Belemnites compressus.

Epaisseur 1 pieds, 6 pouces.

F. Sables bruns , micacés , passant à la partie inférieure à des argiles ferrugineuses. Fossiles brisés et indéterminables. . .

G. Argiles bleues du Lias Supérieur, contenant des nodules ou rognons de calcaire argileux, de couleur foncée (Ciment du Yorkshire et de Vassy). Leitmuscheln: Ammonites bifrons, Am. serpenlinust Am, communis, etc

Jura Uranc-coiiitols.

. Fer de laRochcpourrie.

Marnes d'Aresche.

Marnes de Pinperdu,

Schistes de Boit,

L'épaisseur du Cephalopoda bed , D , E , F , varie beaucoup suivant les localités. Ainsi à Leckhampton Hill elle est de 28 pieds d'après Hull ; à Beacon Hill elle a à peu près 82 pieds , et à Frocester Hill elle a 155 pieds. 11 en est de même des Ar-

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giki bleties ou l^per Lias Shaks de la division G de Crickley Hill ; à Leckhampton elles ont 230 pieds d'épaisseur ; à Cleeve Cloud 300 pieds; à Ebrington Hill 80 pieds; à Sherburne 50 pieds; à Burford 6 pieds; et à Knot Nook, sur les bords de la forêt de Wychwood , c'est à peine si Hull a pu en observer des traces, et le Superior Sands ou Cephalopoda bed y repose directement sur le MarUtone. Cette grande variation dans l'épaisseur des assises du terrain jurassique de l'Angleterre pour des localités très rapprochées, est une objection grave, lorsqu'on veut prendre les roches jurassiques de ce pays pour type général; et avant de proposer des étalons ou types aussi difficiles à saisir, il serait peut-être bien de .la part de ceux qui les propose, qu'ils aillent eux-mêmes un peu les débrouiller; ils verraient alors que leurs classifications, dites anglaises, s'alignent plus facilement sur le papier , que sur le sol de la Grande-Bretagne. Les fossiles sont communs à Frocester Hill et à Nailsworth; voici d'après Wright et Lycett les principaux ; Ammonites opalinus, Am, bifrons\ Am. insignis, Am, hircinus, Am. JurensiSf Am. radians, Am. Thouarsensis , Am. discoïdes, Am* Raquinianus, Am. variabitis] Turbo capitaneus; Trochus duplicatus; Nucula ovalis. Je ne sais si les Ammonites citées ont été trouvées toutes au même niveau, Wright et Hull ne disent rien sur ce sujet; mais alors dans ce cas, VUpper Lias Sands de Hull serait l'équivalent des Marnes de Pinperdu et des Marnes d'Aresche, pris ensemble; et son Vpper Lias Shale correspondrait seulement aux Schistes de BoU.

La section de Crickley Hill peut se paralléliser assez facilement avec le Jura franc-comtois. Ainsi la division G, qui est formée d^argiles bleues et que les géologues appellent en Angleterre Le Lias Supérieur [Vpper Lias), est l'équivalent, non pas de tout le groupe du Lias Supérieur du Jura franc-comtois , mais bien seulement de la division de ce groupe , nommée: Schistes de BoU, et qui n'en constitue qu'une seule de ses trois parties telles qu'elles existent dans les Monts Jura, le Wurtemberg, le Brunswick, la France et la Belgique. D'Archiac , en prenant l'Angleterre pour type , et en citant ainsi

Le Jura.

cpi'il le fait YUpper Lias N° 1 des environs de Cheltenham et du Yorkshire, comme devant suflSre pour désigner tous les dé-^ pots tlu-même âge sur le Continent, a été extrêmement élastique et; de très bonne composition dans sa suffisance de classification. Pour lui les Marnes de Pinperdu et les Marnes d'Aresch^ sont aussi des équivalents de YÀlum Shale et des Argiles Supérieures du Cotteswolds. Quant aux Cephalopoda-beds ou Upper Lias Sands , il les confond avec YInferior oolite et ne cherche pas à leur trouver d'équivalents sur le Continent. C'est ce qui ^'appelle escalader une difficulté, mais non la résoudre; et cette extension du N° I , Upper Lias, de la classification jurassique de l'Angleterre, adoptée par d'Archiac, à toutes les strates du Lias Supérieur du Continent, tel qu'il est compris par tout le monde en France, en Suisse, en Allemagne; et tel qu'il est compris par d'Archiac lui-même pour ces mêmes contrées, est entièrement fautive et contraire aux faits. On peut en dire autant de son étage N° 2 , ou Marlstone, dans lequel il place très souvent une partie du Lias Inférieur; et de son étage N° 4, White Lias, dans lequel il englobe à chaque instant un tiers du Keuper.

Les divisions F et E du Cephalopoda-bed de Crickley Hill sont très probablement les équivalents des Marnes de Pinperdu. Quant à la division D, elle correspond certainement et entièrement aux Marnes dAresche. J'ai quelques doutes sur le synchronisme complet des Marnes de Pinperdu avec les divisions F et E seulement ; il poun*ait se faire peut-être que ce que j'ai appelé les Couches inférieures des Marnes de Pinperdu, aient pour équivalents les dernières assises les plus supérieures de la division G ou Argiles bleues du Lias Supérieur. Cependant je ne vous donne cela que comme fort douteux et sans y attacher beaucoup d'importance.

En résumé, l'étage du Lias du Jura franc-comtois a des équivalents assez sûrs dans les roches du même âge du Gloucestershire , non seulement pour les trois groupes , dont il se compose, mais aussi pour ses huit sous-groupes, et même quelquefois pour plusieurs subdivisions. Ce résultat est assez

Le Jura.

remarquable , si Ton fait attention à la distance qui sépare les deux contrées, et à la différence de composition minéralogique des roches.

Pour rétage du Lower Oolite, je vais essayer de trouver les équivalents avec le même étage , tel qu'il existe au Cotteswold Hills, où il atteint son plus beau développement en Angleterre, et où il vient d'être décrit avec une exactitude mathématique par notre ami Edward Hull dans sa Géologie du pays aux environs de Cheltenham.

Voici dans un Tahular view les divisions et subdivisions du Lower Oolite adoptées par Hull:

Cheltenham.

Jura franc-eomtols.

GrecU Oolite.

Cornbrash . .

Fores l marble .

Upper zone . .

Lower zone or Sto nesfield slate .

Fuller's earth

OolUic freeslone.

Ragstone . .

Upper freestone Oolite mari . .

Lower freeslone Pea grit . . .

pieds.

? Calcaires de Patente,

Groupe du département du Doubs.

Groupe du département du Jura.

/ Fer de la Rochepourrie.

L'Inferior Oolite atteint à Leckhampton Hill une épaisseur de 236 pieds , ce qui est supérieur à tout ce que l'on connaît en Angleterre. Depuis longtemps ce groupe a été étudié avec tous les détails , et voici les divisions et subdivisions que l'on a établi. Le Pea grit qui forme la base du Lower Oolite, est composé de nodules de carbonate de chaux , empâtant de grosses colites de la grosseur d'un pois. A la partie inférieure les dix premiers pieds sont cimentés par du carbonate de chaux en une masse compacte de calcaires , tandis que la partie supérieure est peu compacte, étant réunie par une pâte sablo-

Le Jura. 123

ferrugineuse. Le Pea grit est très riche en fossiles, présentant une faune complètement différente de celle qui se trouve dans le Cephalopoda-bed du Lias Supérieur. Ainsi , au lieu de Céphalopodes, on a un immense développement d'Echinodermes , de Crinoïdes , de Serpules et de Coraux ; les principales Leitmuscheln sont: Ammonites Murchisonœ, TerebrattUa perovalis, Rhynchonella subietrahedra , Cidaris Fovoleri^ Acrosalenia spinosa, Hyboclypv^ agariciformis et caudatus, Hemipedina Bakeri, Pygoêter semisulcatus , Monttivallia de la Bechii et iro— chotdes, Latomeandra Waterhousii^ Thecosmilia gregaria, Thamnastrœa unguiformis et Isastrea lenuistriala. Comparé au Jura franc-comtois, le Pea grit a pour équivalent certain le Fer de la Rochepourrie; seulement il présente un phénomène paléontologique assez remarquable, c'est de renfermer toute la faune coralligène qui se retrouve , identiquement la même , dans les Roches de Coraux du fort St. André. Or, ces coraux du fort St. André se trouvent dans les strates les plus supérieures de ÏJnferior ooliie, tandis que les coraux du Pea grit sont dans les strates les plus inférieures du même groupe. Dans les départements de la Moselle et de la Haute-Marne ces coraux se trouvent aussi dans la même position que dans le Jura franccomtois. Par conséquent on peut en conclure qu'il y a eu là une émigration d'une faune complète de Cheltenham (Crickley Hill) vers Salins (fort St. André) et vers Metz (Plappeville), pendant les diverses phases de la période des dépôts des strates du Groupe du département du Jura. J'ai indiqué l'équivalence du Pea grit avec le Fer de la Rochepourrie, sur le Tabular vieto de Hull , en les plaçant sur la même ligne en regard avec un point d'exclamation. — Au-dessus de la subdivision du Pea grit se trouve un massif de roches , compris sous le nom d'Oolitic freestoney que Hull subdivise en trois sections, savoir: le Loioer freestoney VOolite mari et YUpper free-^ stone. Le Lower freestone est la partie la plus importante de Ylnferior oolile à Leckhampton Hill, où elle atteint 147 pieds d'épaisseur; elle est composée d'un calcaire oolitique, renfermant un grand nombre de fossiles brisés, la texture est fine et les

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blocs de pierre sont si tendres lorsqu'on les sort de la carrière qu'on les coupe à la scie, mais ils durcissent à l'air. L'Oolite Mari est composée de couches de marnes blanches-jaunâtres, passant à des calcaires marneux, qui alternent, et dont l'épaisseur totale est de 7 pieds. L'aspect général de cette subdivision est un blanc crayeux. Elle fournit un grand nombre de fossiles bien conservés, parmi lesquels sont surtout: la Terebratula fimbria, Ter. globata; Rhynchonella concinnay R. telrahedra et R. suhtetrahedra. Enfin, ï Upper freestone^ qui a 28 pieds d'épaisseur à Leckhampton Hill, est formé des strates régulièrement placées, d'un calcaire oolitique, compacte, de couleur jaunâtre et renfermant moins de fossiles que les deux autres membres de la division de VOolitic freeslone.

D'après Lycett, les fossiles de cette division (Oolitic freestone) sont généralement petits , presque microscopiques et sont tellement engagés dans la roche qu'il est très difficile de les obtenir. Ils diffèrent de ceux trouvés dans le Pea gril ou dans le Ragstone, mais ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux du Great oolite de Minchinhampton; d'après Buckman, sur 181 espèces de Leckhampton Hill , 59 ou 33 pour cent passent dans le Gréai oolite. Les espèces appartiennent surtout aux familles des mollusques Gastéropodes et des Acéphales.

Comparé avec le Jura franc-comtois , on ne peut pas dire avec certitude que VOolitic freestone soit l'équivalent complet du Calcaire de la Rochepourrie , quoique cependant cela est probable pour une partie du moins.

Le Ragstone, qui est la division la plus élevée de YInferior oolite, n'a que 38 pieds d'épaisseur à Leckhampton Hill , mais elle conserve plus d'uniformité dans ses caractères et dans sa distribution géographique qu'aucune des autres divisions. En général , le Ragstone est formé d'un calcaire sableux, oolitique, de couleur brun-jaunâtre, par assises régulières séparées souvent les unes des autres par des lits assez minces de marnes jaunes. Dans certaines parties des Cotteswold Hills le Ragstone est composé d'un calcaire oolitique blanc , très dur et rude au toucher ; et ce caractère se maintient surtout pour les couches les plus supé-

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rieures qui sont en contact même avec le Fuller's earth; et alors cette partie du Ragstone prend le nom de Clypeus grit , à cause du grand nombre de Clypeus qui s'y trouvent. Il paratt d'ailleurs que les Oursins sont si communs dans le Ragstone qu'à certains endroits (environs de Stow et Naunton) les Kucieolites Ploiii et clunicularis sont ramassés par les agriculteurs , qui en forment des petits monticules comme des tas de pierres au milieu des champs. Les Leitmuscheln du Ragstone sont: Ammonites Par^ kinsoni, À. Martinsii , A. Dorsetensis; Phasianella striata; Tri-^ gonia costata; Lima proboscidea ; Ostrea Marshii^ 0. acuminata; Terebratula globata, T, perovalis, T* impressa; Rhynchonella can-cinna; Nucleolites Plotii , N. clunicularis; Diadema depressum; Bolectypus depressus; Hyhoclypus gibberulus.

Comme position stratigraphique le Ragstone devrait avoir pour équivalent les Roches de Coraux du fort St. André; et il est même probable qu'en grande partie ce synchronisme existe, mais le manque de fossiles identiques ne permet pas de donner une conclusion positive.

Entre YJnferior oolite et le Great oolite se trouve un dépôt argileux, formant la ligne de séparation , et qui renferme des fossiles communs à l'une et à l'autre des deux divisions; mais cependant ayant plus de rapport avec la faune de Yinferior oolite qu'avec celle du Great oolite. Cette formation argileuse porte le nom significatif de Fullers earth (terre à foulons) , qui lui est donné par les habitants des environs de Bath. Elle est composée d'argiles, de marnes subschisteuses de couleur bleues et jaunes , avec quelques minces lits intercalés d'un calcaire sableux. Son épaisseur varie beaucoup suivant les localités; ainsi dans les environs de Bath le Fuller's earth atteint 150 pieds, tandis qu'à Rendcomb, Bagendon et Througham (Gloucestershire) il n'a que 30 ou 40 pieds. On n'y trouve qu'un petit nombre d'espèces de fossiles, mais alors il y en a une grande quantité de la même espèce; ainsi V Ostrea acuminata se trouve par millions, unis ensemble et formant une lumachelle; de même, la Rhynchonella concinna est très abondante , ainsi que la Goniomya angulifera, Sow.

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Comparé au Jura franc-comtois, le Fulkfs earlh des environs de Cheltenham est l'équivalent en grande partie des Marnes de Plasne ; c'est ce que du moins semble indiquer la position stratigraphique de ces deux divisions et la grande quantité dOstrea acuminata et de Rhynchonella concinna qu'on y trouve aux environs de Cheltenham, de Poligny et de Porrentruy. J'ai dit l'équivalent en grande partie; car il serait possible que les dernières couches des Roches de Coraux du fort St. André , que j'ai distinguées sous le nom de Calcaires blanchâtres, aient pour équivalents la partie inférieure des Terres à foulons de Cubberly près de Cheltenham.

Je pense que dans l'état actuel de nos connaissances il n'est pas possible de synchroniser d'une manière certaine ces subdivisions du Pea grit, Lotcer freestone, Oolile mari, Upper freestone, Ragstone et Fuller^s earth, avec les subdivisions du Jura franc-comtois; à l'exception toutefois du Pea grit, qui est l'équivalent , sans le moindre doute , du Fer de la Rochepourrie. Mais alors on peut regarder avec certitude que toutes ces subdivisions, prises ensemble, et qui constituent l'yw/ertor oolite et le PtUler^s earth de HuU, correspondent entièrement à tout le groupe des strates que j'ai réunies dans le Jura franc-comtois sous la désignation de Groupe du département du Jura.

HuU pensé que de même que VJnferior oolite des Cotteswold Hills s'est prêtée à des subdivisions distinctes ; de même, le Great oolite de la même contrée peut être subdivisée en deux zones , qu'il nomme (Jpper and Lower zones. « On aurait pu, dit-il, appeler ces deux zones Stonesfield skUe et Great oolite, mais le premier de ces noms ne convient pas pour tout le disti'ict, et le dernier a le grave inconvénient d'appliquer seulement à une partie le nom, qui appartient véritablement et en propre à tout le groupes. Cette dernière observation est très juste, et on peut en faire une application excellente à la classification de la formation jurassique de V Angleterre, par d'Archiac, où l'on trouve: Vétage de F Oxford clay et le Sous-étage de I Oxford clay, Y étage du Coral rag et le Sous-étage du Coral rag: désignations, qui sont loin de répandre de la clarté

Le Jnra. 127

dans cette partie des descriptions de VHistoire des Progrès de la Géologie.

La Lower zone of the Great oolite est composée de strates variant beaucoup minéralogiquement; étant tantôt formée de schistes ou dalles sableuses et de calcaires bleus, et tantôt présentant seulement un freestone, blanc, oolitique, ressemblant beaucoup aux frecstones de YInferior oolite. L'épaisseur de cette subdivision est assez uniforme pour cette région, et Hull Festime de 12 à 20 pieds. Ces calcaires forment généralement un escarpement en forme de mur perpendiculaire au-dessus des Fuller's earth.

Cette zone inférieure est l'équivalent des Stonesfield slate des environs d'Oxford (voir: The Neighhourhood of Oxford and ils Geology, par John Phillips; Londres. 1855.) et possède dans quelques localités, telles que: Sevenhampton Common etNaunton, le même caractère de pierres lithographiques et de dalles. Les Leitmuscheln à North Leach sont: Trigonia costala, Trig. Morelonis^ Ostrea acuminata et Rhynchonella concinna.

VUpper zone est formée surtout par des assises de grès, passant à un calcaire sableux , blanc , jaunâtre , oolitique. Quelquefois vers la base de cette zone se trouvent des assises marneuses (North Leach) , renfermant une grande quantité de Jerebratula digona. A Burford l'épaisseur de cette zone est au moins de 80 pieds, tandis qu'au Cirencester Road elle n'a guère que 40 à 50 pieds. Les Leitmuscheln à Burford , Sherborne Parke et North Leach sont: Terebratula maxillata. Nucleolites clunicularis , Clypeus solodurinus et Anabacia orbulites.

La localité de Minchinhampton (Gloucestershire), si célèbre par la grande quantité de fossiles qu'y a trouvés Lycett, et qui ont fourni le sujet de cette belle monographie, intitulée: Mollmca from the Great oolite; by J. Morris and J. Lycett; London, 1850 — 55, est subdivisé par Lycett et Morris en trois groupes, qui sont: 1° the Weatherstones , correspondant au Lower zone de Hull, 2^ the sandstones et 3° the Kmestones^ faisant tous deux partie de VUpper zone. Hull pense que le Great oolite est moins complet à Minchinhampton que partout ailleurs ; de

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sorte que, malgré le grand nombre de fossiles qu'on y trouve, on ne peut pas s'en servir comme localité type pour cette division. D'après Lycett et HuU on ne peut pas trouver une ligne certaine de séparation entre le Faresl marble et le Great oolite de Minchinhampton ; mais aux environs de Cheltenham la séparation existe très distinctement.

Pour Hull, le Farest marble comprend toutes les strates, de quelque composition qu'elles soient, qui se trouvent entré le Combrash et le Calcaire blanc de la Great oolite. Cette formation tire son nom de la forêt de Wychwood (Oxfordshire) , où on l'exploitait jadis pour en faire des marbres assez grossiers. Sa composition est très variable suivant les localités et dans tout le district des Cotteswold Hills les strates du Forest marble ont beaucoup d'analogies minéralogiques avec les Sto^ nesfield slates. On y trouve des marnes bleuâtres, interstratifiées avec un calcaire oolitique grossier, puis des sables siliceux jaunes, passant à un calcaire sableux; et enfin quelquefois on y rencontre des assises de freestone très oolitique. Les marnes sont très variables dans leurs distributions , se trouvant tantôt dans le bas de la division, tantôt au milieu, ou même tout-à-fait au-dessus. L'épaisseur de toutes les strates étant en moyenne de 40 pieds. Les fossiles sont peu abondants et presque tous brisés; les plus caractéristiques étant: Corbula HuUiana, Pecten varians, Terebratula digona et Apiocrinus rotundus. Suivant le savant géologue pratique Ed. Hull, le Bradford clay ne doit pas être considéré comme une formation séparée, mais bien seulement comme une augmentation d'épaisseur, tout-à-fait locale, d'une des assises de marnes qui se trouvent à différents niveaux dans le Forest marble. « Le Bradford clay, dit-il, ne contient pas de fossiles qui lui soient exclusivement propres; et bien plus, à Bradford même (comté de Wilts, sur la rivière Avon) le soi-disant Bradford clay n'est représenté que par une assise très mince et presque microscopique». Ainsi les partisans du Bradford clay et du Bradfordien qui étendent cette division en France, en lui trouvant de superbes et grandioses équivalents , feraient peut-être bien de

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donner une description de cette couche, telle qu'elle existe aux environs de la ville de Bradford.

C'est d'ailleurs la moindre des préoccupations des géologues parisiens, que de savoir où sont les types qu'ils veulent étendre non seulement à la belle France, mais encore à toute la Terre. On dirait qu'ils n'apprennent la classification anglaise que pour s'en servir comme d'une massue ou C/iiA pour étourdir ces bons géologues de provinces. Ainsi un habitant d'Avallon, de Metz, de Gundershoffen , de Nismes ou de Grenoble, a-t-il passé dix, vingt ou même trente années de sa vie à étudier avec le plus grand soin, et couche par couche, les strates de ses environs? et pense-t-il connaître convenablement la géologie de son pays? qu'il est tout-à-coup tiré violemment de son état de savante béatitude par un géologue de Paris, qui vient lui dire avec toutes sortes de périphrases polies et de bon goût: 1°, qu'il est dans l'erreur; 2°, qu'il ne connaît rien à la stratigraphie bourguignonne , lorraine , alsacienne ou dauphinoise, et que c'est lui seul heureux habitant de la capitale du monde savant (cette partie du speech est toujours dite en baissant les yeux avec un air de modestie toute juvénile) , qui soit en état de lui apprendre à épeler le livre de stratigraphie étalé devant ses yeux; 3°, qu'il a à sa porte même le Bradford clay^ le Cornbrashy le Kelloway rock, le Lower calcareous grit, etc., et que le digne homme a barboté jusqu'alors dans l'erreur de la géologie cantonale, provinciale et de clochers.

Ces jolis mots de Bradford clay, Kelloway rocks, (Sreat oolite, etc., prononcés avec un accent anglais appris au cours de Roberston , Ollendorf et compagnie , tombent sur la cervelle des géologues provinciaux, comme une succession de décharges d'étincelles électriques que leur lanceraient des Torpilles ou des Gymnotes. Etourdis, abrutis par cette roulade de mots qu'ils connaissaient seulement d'après les livres , mais qu'ils n'avaient jamais entendus prononcer à r anglaise ; ils chancellent, commencent à douter de leurs observations, se frottent

les yeux et croient voir leurs strates se livrer à une- danse

130 Le Jora.

infernale en compagnie dii fantastique Buckland ou du grave et imposant Murchison; leurs fossiles aussi paraissent tout-àcoup se réveiller de leurs sommeils de millions et millions d'années , pour s'élancer en nageant avec accompagnement de sauts de carpes sur les routes qui conduisent à Kelloway, à Bath et à Portland.

Tiré comme un feu d'artifice et à brûle pourpoint le speech anglo-parisien produit son effet , et l'estimable habitant de liséré ou de la Moselle se surprend à se dire, — huit jours après la visite de l'illustre savant de la capitale — ah l jusqu'à présent j'ai barboté dans la géologie provinciale! et je n'ai été qu'un véritable âne! eh bien! je vais vous en donner du Kelloway rocks, du Bradford clay et du Portland stone; et peu de mois après, voilà notre homme qui vous publie une description géologique des environs de son clocher, où les noms de Kelloway, de Bradford y etc., brillent, à chaque page, d'un éclat à rendre jaloux l'angloman parisien le plus furibond. Ce qui m'a toujours étonné dans cette farce de magnétisme et de mesmérisme géologique à l'anglaise, est l'aplomb et la suffisance avec laquelle le parisien se pose devant sa victime; il y a dans son maintien et son débit un total de vanité capable de soulever les Buttes de Montmartre à la hauteur de la cime du Kinchinjunga.

Le Combràsh n'occupe qu'une très petite surface des Cotteswold Hills; il y est composé d'un calcaire grossier, se brisant en petits fragments caillouteux, de couleur blanc-jaunâtre, et s'enlevant par dalles à surfaces inégales et rugeuses. Il y a beaucoup de taches ferrugineuses, ce qui donne un aspect rougeâtre à la masse; et on y trouve aussi quelques nids de marnes sableuses renfermant des fossiles bien conservés. L'épaisseur de cette division n'est que de 4 pieds. Ses Leitmuscheln à Shilton sont: Lima gibbosa, Terebratula obov€Ua, Ter, maxillata et NucleolUes clunicularis. L'expression de Cornbrash est tirée de l'agriculture, brash veut dire un petit cailloux fragmentaire non arrondi, qui couvre les champs oii se cultivB généralement des grains {corn).

Le Jara, 131

La position stratigraphique du Combrtish est semblable à celle des Calcaires de Palente; cependant je ne saurais dire que toutes les strates sont les équivalents les unes des autres; et il serait possible que quelques-unes des strates du forest marble des environs de Cheltenham soient synchrones des premières assises des Calcaires de Palente; je Tai indiqué sur le tableau, page 122, par un point de doute. Quant au Great oolite et au forest marble, je ne puis les synchroniser séparément avec les Calcaires de la porte de Tarragnoz et de la citadelle de Besançon, par suite des différences minéralogiques et du manque de fossiles bien déterminés. Mais en masse on peut dire avec une complète certitude que le Ch^eat oolite , le forest marble et le Combrash des environs de Cheltenham, pris ensemble, ont pour équivalents tout le Groupe du départemerU du Doubs.

W. C. Williamson a donné dans les Transactions of the Geohgical Society, vol. V. et vol. VT., 1834 et 1838, deux excellents mémoires, intitulés: On the Distribution of fossil Remains on the Yorkshire Coast, from the Lower Lias to the Bat h Oolite inclusive, and from the Vpper Sandstone to the Oxford clay inclusive ; et dans lesquels se trouvent des coupes détaillées des strates jurassiques des environs des baies de Robin Hood et de Cayton , de Peak Hill et du village de Scarborough dans le comté de York. Le Lias présente à-peu-près les mêmes phénomènes stratigraphiques et paléontologiques que dans le Gloucestershire , de sorte que je ne m'y arrêterai pas. Comme le Lower Oolite est fort irrégulier dans cette région , ainsi que dans le Lincolnshire , et qu'il y est même plus anormale que nulle part ailleurs en Angleterre, comprenant à différents niveaux plusieurs couches de houilles , avec empreintes de plantes fossiles (Whitby, Cloughton, Scalby Beck et Gristhorpe Bay) , je ne chercherai pas non plus à en synchroniser les divisions avec celles du Jura franc-comtois; et bien plus, je regarde cet essai comme impossible dans l'état actuel de nos connaissances. Mais alors les divisions du Combrash, du Kelhway rock et de YOxford clay du Yorkshire peuvent se paralléliser, du moins partiellement.

D'après Williamson le Cornbrash n'atteint pas une épaisseur de plus de 5 pieds. A Cayton Bay il n'a que 4 pieds et est composé de la manière suivante : D'abord à la base se trouvent dés ïirgiles bleues , ayant 3 pouces d'épaisseur ; puis vient une roche dure , ferrugineuse et oolitique , ayant 2 pieds d'épaisseur et contenant la Terebratula digana et quelques autres fossiles assez rares. Une roche plus tendre lui succède, ayant aussi deux pieds d'épaisseur et renfermant quelquefois des oolites ferrugineuses. Enfin la partie supérieure est formée d'une oolite fissile, se décomposant facilement sous l'action des agents atmosphériques , et ayant seulement 6 pouces d'épaisseur. C'est dans cette dernière couche que se trouvent les fossiles du Cornbrash , dont les principaux sont : Ammonites Herveyi^ Ostrea Marshii, Terebratula obsoleta, Clypeus mbicularis y etc. Compare au Jura franc-comtois cette coupé du Cornbrash de Cayton Bay (Yorkshire) a les plus grandes analogies stratigraphiques , paléontologiques et même lithofogiques avec les coupes des Calcaires de Patente, ou l'ancienne Dalle nacrée de Thuraiann, et je n'hésite pas à les regarder comme étant des écpiivalents.

Le Kelloway's rock k la falaise du château de Scarborough {présente, d'après Williamson, la section suivante: A la base on a des grès tendres, variables, de couleur jaune à la partie inférieure et devenant un peu verdâtre vers la partie supérieure; épaisseur 35 pieds. Par-dessus se trouve un calcaire ferrugineux très dur, renfermant un grand nombre de fossiles, et dont l'épaisseur est seulement de 5 pieds. Les Leitmuscheln sont: Ammonites Calloviensis , A, Sutherlandiœ , A, perarmatus] Ostrea Marshii; Gryphœa dilatata var. /3; Lucina lirata, etc. Tous ces fossiles se trouvent dans les assises les plus supérieures de cette division. Il est bien probable et presque certain que ce Kelloways rock de Scarborough peut se synchroniser entièrement avec le Fer de Clucy du Jura franccomtois.

L'Oxford clay a, à-peu-près, une épaisseur moyenne de 130 pieds; suivant Williamson, on ne peut pas la subdiviser

Le Jura.

en sôus-groùpes , «seulement, dit-il, vers la partie inférieure \ Oxford clay est formée par une argile de couleur bleu-foncée, qui devient sableuse à mesure que Ton s'élève et change sa couleur bleue en teinte plus ou moins jaunâtre. Les fossiles sont rares dans \ Oxford clay du Yorkshire , et on ne les trouve que ver« la partie la plus inférieure de la formation , en con*tact avec le Kelkways rock. Les Leitmuscheln sont: Ammonites cris talus, A. athleta. A, aeuhtuâ] BelemniUs hastatus^ ^. Comparé avec le Jura franc-comtois , il n'y ^ pas le moindre doute que cette Oxford clay du Yorkshire a pour équivalent les Marnes oxfordiennes ; seulement il est très probable que la partie la plus supérieure de YOxford clay, qui est sableuse, jaunâtre et est caractérisée par la Pinna lanceolafa et la dryphœa bullata, correspond au groupe Argovien.

Dans un livre fort intéressant, intitulé: ITie Hivers, Mountains and Sea-coast of Yorkshire , seconde édition ; London , 1855 ; par John Phillips, le célèbre neveu de William Smith, se trouve une coupe détaillée de la belle falaise de Gristhorp ( Voir : page 131.). Je la donne ci-dessous, en cherchant à trouver les équivalents avec la série des strates jurassiques des Monts Jura :

Gristhorp (Yorkshire).

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