Calcaire oolitique, grisâtre, fissile,^ avec
beaucoup de fossiles non déterminés. . 2,00
c. Gale, oolitique, compacte 2,30
c^ I d. Gale, marno-compacte 1,00
g- I c. Argile ocreuse avec Chailles 0,60 f ^
§• I /*. Galcaire marno-compacte , grisâtre , sans ' ^
«^ 1 fossiles 4,00
o. Gale, compacte, avec coraux 1,00/ ^
S. / 6. Galcaire grisâtre avec oolites oviformes, [ *^
Y' f a. Gale, jaunâtre, compacte, avec Crinoïdes et Calamophyllia .........
b. Marne jaunâtre, avec intercallation de plaquettes de calcaires très-fossilifères .
c. Gale, grisâtre, avec taches bleuâtres, très- \ ^ c^ oohtique 6,00 1 2 Si*
a. Galcaire oolitique, grisâtre, non coquillier 7,00 ( -g |;S" 6. Gale, compacte, grisâtre 17,00 J >^^a'
Le Jura.
Jura de la Haute-Saône. Jura Aranc-eomtois.
Thirria (1833). 1857.
EpaiSMnr.
c. Gale, compacte rougeàtre ou jaunâtre,
suboolitique 6'".00j S' gi
a. Calcaire oolitique, gris-blanchâtre . . 5,001 a^ ^ g" 6. Cale, suboolitique, grisâtre 1,66 \ 3 *§ ^*
c. Gale, marneux l,44l ^ ^ ^
d. Cale, à oolites milicires, jaunâtre ou ] P ^ grisâtre avec des taches gris-bleuâtres 8,00 '
Marne jaunâtre , schisteuse, entremêlée de
plaquettes de calcaire marno-compacte, I >i ^
oolitique, avec Oslrea acuminaia ; Rhyn- > ^ s^ q
chonella concinna; Pholadomya buccar- i § ^ ^
dtum, Clypeus paiella, Holeciyptu depres- ' ^
sus, etc 2,00
«. Cale, oolitique, grisâtre «•«'IftïïSe,, 1 ^ ^^
b. Gale, compacte , avec coraux du genre \ i *^ o Uastrea 3,00 1 / ^ ^
c. Gale, suboolitique, grisâtre 6,00 1 ^ l '^ ft.
d. Gale, bleuâtre ou rougeàtre .... 3,00 f / ^ 2
e. Marne argilleuse, jaunâtre, avec chailles 0,60 > a I U^. ^
f. Cale, un peu celluleux, contenant beau- l (^Qf^nx ]^^ coup de Polypiers, tels que : tsastrea 1 p^ ^ serialis, Comoseris vermicularis, Thecos- ] / milia gregaria, Monllivallia trochoides, etc. 3, 00 /
g. Gale, compacte grisâtre 1.00 \
a. Gale, compacte grisâtre 2,00 j i:»
b. Gale, suboolitique d'un gris rougeàtre, f S- a^ avec Ostrea Murshii 6,Oo\ "§ «* g*
c. Gale, à Entroqws 5,Oo( | a" ^•
d. Gale, marneux, jaunâtre 2,001 2. '^'
€, Gale, compacte grisâtre 2,00 y
f. Gale, suboolitique, rougeàtre . . . . 3,00 \
g. Banc de minerai de fer hydroxidé ooli- J i:^ tique, avec Àm. MurchUonœ. Àm. Opa- f g^ linus, Lima proboscideUi Ter. Perovalis, \ 'Q ^ ^ Cid. glandifera 6,70 f i 5* *^
h. Gale, suboolitique, grisâtre, avec taches 1 ;:!.
rougeâlres 4,00 ) ^
Epaifsenr totale dn Jnrassiqne de la Hante-Saône,
d'après Thirria 292°\69
(Le Lias n'est pas compris dans cette estimation.)
Le Jura. 151
J'ai altéré un peu les listes de fossiles de Thirria, d'après des observations que j'ai faites pendant les années 1846 et 1847 aux environs de Gray, de Gy et de Vesoul. Ce tableau s'explicpie de lui-même, et je pense cpie les synchronismes que j'y ai établis sont aussi exacts que possible, en supposant que cette coupe générale de Thirria , formée par la réunion de coupes particulières, prises dans des localités qu'il cite, tels que: Calmoutiers, Charriez, Navenne, Fouvent-le-Bas, Bucey- Les-Gy, LaMalachère, etc., "ne contient pas de répétitions de couches dans les raccordements qu'il en a opérés.
Je ne donnerai quelques explications que sur V Argile avec chailles. Voici ce que j'çn disais dans mes Recherches géologiques sur le Jura salinois^ pages 82, 83 et 84: «J'exclus de l'étage oxfordien le dépôt appelé terrain à chailles par Thirria, et que tous les géologues qui ont écrit sur le Jura ont, à son exemple, placé dans l'oxfordien. Ce dépôt, évidemment calcaréo-arénacé , ne peut, par ses fossiles, ni par ses caractères pétrographiques et géognostiques, être classé dans la formation vaso-marneuse de l'oxfordien, et n'est qu'une manière d'être de la partie inférieure du groupe corallien. Guidé par la Paléontologie, Agassiz (voir Appendice G.) dans les observations préliminaires de ses Echvnodermes fossiles de la Suisse, pense que ce terrain n'est pas rigoureusement limité, et qu'il doit être confondu avec le corallien. Les caractères paléontologiques de l'oxfordien sont un assez grand développement de Céphalopodes et d'Acéphales , et une absence presque complète de coraux, de cidarides et de crinoïdes; or, le dépôt appelé terrain à chailles, présente les caractères les plus, opposés ; il ne renferme presqu'aucun Céphalopode, tandis qu'il présente un grand développement de Coraux, de Crinoïdes et d'Echinides, dont l'ensemble indique un faciès corallien des formations calcaires. »
« La pétrographie et la géognosie viennent aussi indiquer un mode de dépôt différent de celui qui a formé l'oxfordien. En effet, les couches marneuses ou calcaréo-marneuses de l'oxfordien sont remplacées par de nonabreuses assises
152 Le Jura.
de calcaires siliceux et d'ai^ies, ocreuses, très-âpres au toucher. »
«Quant à la géognosie, la structure sphéroïdale de ces boules siliceuses appelées chaiBes provient de la grande agitation de la mer aux alentours des bancs de coraux qui roulaient les fragments et les enveloppes des radiaires, et en formaient des boules pugilaires, qui se déposaient dans les anses et derrière les' récifs des bancs de coraux. Ainsi je regarde ces polypiers pierreux ou coraux comme la cause de ces' chaiUes, et partout où l'on rencontre des bancs de coraux un peu puiss^ts , on est sûr d'y trouver des chailles. Cellesci sont donc des accidents pétrographiques qui appartiennent aux formations calcaires et qui doivent être considérés comme uo kà^ inhérent aux bancs de coraux ; leur nature pétrographique se trouve changée par les roches environnantes ; mais généraldBient elles contiennent beaucoup de silice, et elles atteignent leur plus grand développement pendant le dépôt coralUm, parce que c'est celui de -tous les étages jurassiques qui renferme le plus de Zoophites. Dans l'étage oolitique inférieur {Lower^ oolite), on rencontre un très-grand nombre de ces chaMIeê près des bancs de coraux de Voolite ferrugineuse (Fer de la Rochepourrie) et du talcaire à polypiers (Roches de coraux du fort St-André) ; dans ce dernier dépôt surtout on trouve sur beaucoup de points du Jura salinois, bisontin, et du département de la Moselle , une plus grande quantité de chaiUfM ..que dans le foroffien. On en voit aussi un grand nombre dans le Gornbrash (calcaires à ooliles oviformes de Thirria) de la Haute-Saône, avec de nombreux madrépores sUiceux, qui forment d^ bancs de polypiers.»
«Ainsi, on ne pe^jsfi servir de ces chailles pour diviser les groupes, car elles se rencontrent dans les deux étages oolitiques {Lawer et Upper ooUte), et ne sont exclusivement propres h aucun. C'est pourquoi fat supprimé ce que l'on a appelé le terrain à chailles, d'abord de F étage oxfordien dont il ne (ait pas partie, puis comme grande division, en le réunissant au groupe corallien dont il n'est qu'un accident de littoral^ acci-
Le Jura. 153
dent qui se. retrouve dans tous les groupes où il existe des grands bancs de polypiers. »
Dans la description détaillée du groupe argovien, p. 88 et 89 du même ouvrage , je donne tous les caractères distinctifs de cette formation, et dans la description du Calcaire corallien, p. 100, je dis que dans la partie inférieure on trouve les assises d! argiles à chailles, et je les décris avec précision. J'ai résumé ces descriptions dans les pages 37 et 38 de ce présent travail, et si vous voulez bien jeter un instant les yeux sur ces pages, vous verrez que la distinction entre Yargtmen et V argile à chailles est assez tranchée sous tous les rapports, sans compter la superposition.
Dans ma vanité d'auteur de YArgovien, je m'étais flatté, très k tort, à ce qu'il paraît, d'avoir laissé peu d'équiviii|Be^ quant à la séparation des étages oxfordien et de Yupper voHie et aux distinctions entre YArgih à chailles et cejs couches dArgovie ou à polypiers spongiaires (Spongitenlager, comme vous les appelez en Wurtemberg). Aussi n'est-ce pas sans étonnement que j'ai lu, page 642, tome VI, de Y Histoire des progrès de la géologie , de d'Archiac , ma classification ainsi dénaturée!
Oolite corallienne.
Calcaires coralliens.
Argiles à chailles et à spongiaires (ou Argovien). Marnes d'Oxford, et page 644 du même volume, où il' me fait dire que l'iér— govien représente les Argiles û chaiUeê de la Haute-Saône. Il est à-peu-près inutile de vous dire que je n'ai jamais,' dans aucune de mes publications sur le Jura, mis ensemble les Argiles à chailles et les Cotu)hes à spongiaires ; et bien plus, que je n'ai nullement regardé les unes comme les équivalents des autres.
Que d'Archiac confonde dans le département de la Haute- Saône les Argiles à chailles avec Y Argovien, il ttf a rien là de bien extraordinaire ; mais que pour les Monts Jura il fasse cette confusion, et que de plus il m'en rende responsable, c'est certainement ce que je n'admettrai pas sans protester.
154 Le Jnra.
Dans mes Recherches géologiques sur le Jura salinois, je n'ai pas décrit le département de la Haute-Saône, et je n'ai cité de ce département que la synonymie de la classification de Thirria ; où je dis: Argovien, synonymie pour la Haute-Saône ; Calcaire gris-hkuâtre, subordonné à ^ argile avec chaille; — et groupe corallien ^ synonymie pour la Haute-Saône ; sous-groupe des calcaires à nérinées et partie de ïargile avec chaille. Cette synonymie n'est donnée que comme synchronisme entre les deux contrées, et nullement comme voulant soumettre les strates du Jura salinois à la classification de celles des collines de la Haiite-Saône.
Si vous voulez vous reporter à la page 148 qui précède et où se trouve la division de Yargile avec chailles de Thirria, vous verrez que dans la coupe qu'il en donne, coupe prise à Ferrière-les-Scey , il y a les subdivisions a, b, c, d, La réunion de ces quatre subdivisions est assez hétérogène, et il y a là deux séries lithologiques et paléontologiques parfaitement distinctes, unies ensemble, en se basant sur ce que la division c renfermerait les mômes fossiles que la division a; la division b intermédiaire ayant des fossiles différents. Je suis allé, en octobre 1846, à Ferrière-les-Scey pour voir cette coupe ; malheureusement la végétation en avait recouvert la plus grande partie, et je n'ai pu observer que les divisions a et b. Cependant, comme j'ai rencontré ces argiles à chailles sur plusieurs autres points de la Haute-Saône, et que je n'ai jamais vu cette répétition de fossiles identiques dans les divisions a et c, mais bien la division a avec ses caractères tel que Thirria les donne ; et les divisions b, c et d se confondant et ayant le type complet <les couches d'Argovie, j'ai été conduit, pour le départemenf de la Haute-Saône, à couper Yargile avec chailles tel que Thirria l'entendait, en deux parties ; l'inférieur, qui est la plus considérable , est composée des subdivisions d, c et 6 de la coupe de Ferrière-les-Scey et constitue un groupe équivalant à ÏArgovien des Monts Jura ; la supérieure comprend seulement la subdivision a, subdivision que je réunis au groupe corallien et que je regarde
Le iuTst, 155
comme l'équivalent de la subdivision des ArgUes à chailles du Coral rag de La Chapelle. En un mot, la partie inférieure, subdivisions d, c et 6 , forme un groupe complet et de second ordre dans Tétage oxfordian, tandis que la subdivision a n'est qu'un sous'-groupe de quatrième ordre dans l'étage de XDppef ooHCe.
Dès ma première publication sur le terrain jurassique, intitulée: Notice sur les différentes formations du terrain jurassique dans le Jura occidental (Mém. soc. des sci. nat. de Neuchâtel, vol. III. 1846), j'ai fait la guerre* à cet Argile à chailles , et ce-^ pendant je n'ai pas encore réussi à la faire supprimer. Tout le monde convient bien que c'est une division qui partout est mal définie; que presque toujours il n'y a pas de chailles, tandis que souvent, au contraire, il y a de magnifiques chailles et en très-grande quantité, dans les strates du Calcaire à polypiers du fort St-André ; et malgé cela elle reste et elle continue à être une pomme de discorde pour laquelle on se bataillera encore longtemps; du moins, je le crains.
M. Eugène Perron, savant géologue, qui étudie depuis plus de huit années les strates de la Haute-Saône, est aussi toUt-à-fait opposé à cet Argile à chailles de Thirria; et, dans une communication que j'ai reçue récemment de lui, Il s'exprime ainsi : « \J Argile avec chailles n'existe pas aux environs de Gray , bien que ce soit dans la Haute-Saône ^ que cette subdivision ait été créée. Voici d'ailleurs ce qui a trompé Thirria et après lui bon nombre d'observateurs. L'étage oxfordien se termine par des calcaires que l'action atmosphérique décom^ pose plus ou moins profondément ; ce calcaire renferme ordinairement peu de fossiles, mais en revanche, les rognons siliceux appelés chailles y abondent; il est surmonté par des calcaires coralliens, riches en fossiles siliceux, qui se décom-^ posent aussi facilement que les premiers, en sorte que sur les déclivités du sol , lorsque les deux étages en contact montrent leurs tranches, la décomposition des deux roches est suivie du mélange des fossiles coralliens avec les chailles oxfordiennes. Voilà tout simplement l'origine de la prétendue argile â