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Le Jura.^ 207
Le dévonien a remplacé YOld red sandstone, je ne dirai pas avec succès , mais bien avec profit pour Teuphonie. C'est là àpeu-prèsle seul avantage, car dans le Devonshire ce terrain n'y est pas complet, et, par conséquent, on ne peut pas y prendre de type; et d'un autre côté dans le pays classique de \old red, en Ecosse, on n'y a non plus qu'une partie de la formation; il a fallu que de Verneuil aille aux Etats-Unis pour trouver toute la série. Cependant j'avoue que je regrette un peu l'oW red, surtout lorsque mes yeux s'arrêtent dans ma bibliothèque sur le groupe des œuvres d'Hugh Miller, surnommé lui-même old red en honneur de son incomparable New walks in an old field, qui me paraît décidément être le meilleur de tous ses excellents livres.
Pour le Permien je déclare franchement que je n'en suis pas partisan. Le type sur lequel Murchison a fondé cette formation se trouve au pied de l'Oural, dans le gouvernement de Perm , sur la grande route de Sibérie ; or, il n'est jamais facil e d'entrer en Russie et encore moins d'en sortir. Il est vrai que Murchison fut reçu à bras ouverts par Nicolas, l'empereur de toutes les Russies , et qu'Alexandre II est , dit-on , beaucoup plus libéral que son père ; mais enfin, quand il faut s'adresser à un empereur , pour avoir la permission de donner des coups de marteau sur des pierres , c'est peu engageant ; et on aura beau dire tout ce que l'on voudra de la facilité dç6 voyages, de l'amabilité des habitants, des charmes du pays, etc., il y aura toujours bien peu de géologues qui iront visiter la Permie, surtout si l'on va se mettre à penser que la Sibérie est tout a côté, et que si, par hasard, il prenait à l'empereur des velléités traditionnelles, on» aurait de grandes chances d'aller se fossiliser à côté des Mamouths gelés des bords de la Lena. Si Ton jette un regard sur la carte géologique de la Russie de Murchison, on est frappé tout d'abord de l'immense étendue de pays occupé par le Permien et de la disparition du Trias. Je dis disparition, car on ne peut pas mettre sérieusement en ligne de compte le Trias microscopique des Monts Bogdo. Cela frappe d'autant plus que tout à côté, en Allemagne, le
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Trias occupe de vastes surfaces et, que ce qu'on y regarde comme du Permien, a des proportions fort modestes et qui rappellent plutôt un cadet qu'un chef de famille.
Si l'on étudie attentivement le type permien russe, tel qu'il est décrit dans la Géologie de la Russie et des monts Ourals, par MM. Murchison, de Verneuil et de Keyserling, on s'aperçoit facilement que les superpositions sont douteuses, que les synchronismes sont aussi des plus vagues , que ce type n'est limité ni par la base, ni par le sommet, et qu'enfin il y a de très-grandes probabilités pour penser que ces savants géologues ont mis dans le permien russe une grande partie et peut-être la totalité du Trias.
M. d'Omalius est le premier qui aie réuni le Rothliegende et le Zechstein dans un seul terrain sous la dénomination de terrain pénéen (pauvre), nom que Murchison a remplacé par celui de permien qui , certes , ne convient pas mieux que l'autre. Comme il est évident, d'après les travaux de d'Omalius, Murchison, Geinitz, Gutbier, Ludwig, Naumann, etc., que les deux formations du Zechstein et du Rothliegende ne sont que les deux étages d'un même terrain , et qu'on a là une espace de dualité formant un même tout; je propose de le ïion\mQvJ)ms^ \ei on aura ainsi le terrain dyasique, comme on a le terrain triasique et l'étage liasique. Le type est en Allemagne dans la Saxe et la Thuringe, pays classiques depuis Werner et Freiesleben, et où il n'y a pas le moindre doute, ni sur les superpositions, ni sur les synchronismes.
Revenons maintenant à cette nouvelle classification, que voici :
TABTJLAB VIEW des roches stratifiées fossilifères. 1858.
Etages spéciaux à la zone Terrains existant sur toute la terre. tempérée septentrionale.
Période des ( Terrain récent.
lerr'modern" I Terrain quaternaire.
»,.,., i Couches d'Asli.
Terram p locene . . . { m i di •
^ 1 Marnes de Plaisance.
Période
des terrains
tertiaires.
Terr. miocène
Terr. éocène.
Terr. crétacé
Période
des terrains
secondaires.
Terr. jurassique.
Etages spéetanx à la lône Terrains existant sur toute la terre. tempérée septentrionale.
Marnes de Tortone.
Molasses subalpines. Faluns de la Tourraine.
Calcaire de la Beauce.
Sablés de Fontainebleau.
Gypse de Montmartre.
Sables de Beauchamp.
Calcaire grossier de Paris.
Argile do Londres.
Sables inférieurs du Soissonais.
Etage des Craies.
Etage des Grès verts.
Etage néocomien.
Etage de TUpper oolite.
Etage oxfordian.
Etage du Lower oolite.
Etage du Lias.
Etage du Keuper.
Etage du Muschelkalk.
Etage du Bunler Sandstein.
Etage du Zechstein.
Etage du Rothliegende.
Houille supérieure de Newcastle.
Millstone grit du Yorkshire.
Calcaire de montagne.
Calcaires carbonifères inférieurs.
Etage du grès rouge sup. d'Ecosse.
Calcaire de l'Eifel.
Dévonien de Torbay.
Etage supérieur, des roches de
Ludlow, Wenlock et LIandovery.
Etage inférieur des roches de
Caradoc et de Llandeilo.
Grès inférieurs à Lingula et a
TrilobUes du Wisconsin, ou faune
primordiale de Bohème.
En ne considérant la terre que depuis Tépoque où Ton trouve des restes d'êtres organisés renfermés dans les strates, ce qui nest qu'une partie de son histoire, on reconnaît que
Période des
terrains du
Nouveau
Grès rouge.
Période des
terrains carbonifères.
Terr. triasique
Terr. dyasique .
Terr. houiller .
Terr. des Calcaires carbonifères . .
Période des terrains paléozoïques
ou des Grauwackes.
Terr. du Vieux grès rouge ....
Terr. Silurien . .
Terr. Mississipien
210 Le Jura.
notre globe a passé par cinq grandes périodes, et qu'il est actuellement dans la sixième. Ces périodes ont laissé des traces de leur existence dans les deux hémisphères; en réunissant et coordonnant ces traces et débris des autres âges, on reconnaît une série de terrains qui , par une chaîne continue recouvre toute l'écorce cristalline de la terre, sans avoir égard à la latitude, ni aux inégalités plus ou moins insignifiantes qui s'y rencontrent. Les terrains sont donc des unités dans les périodes , et on doit s'attendre à les reconnaître dans les deux hémisphères. Ces unités, pour être étudiées, doivent être divisées en étages, en groupes, en sous-groupes et en couches; mais alors ces divisions ne sont plus propres aux deux hémisphères, car il doit y entrer des éléments de localités, surtout climatologiques , qui ont variés suivant les lieux dans chaque unité que l'on considère. Ainsi je pense que les étages dont on se sert actuellement en stratigraphie ne sont vrais et bons que pour la zone tempérée septentrionale, dans laquelle, d'ailleurs, ils ont été créés et étudiés avec quelques soins. Pour les autres grandes zones terrestres, il faudra d'autres étages. Enfin, chaque étage se divise en groupes, mais alors ces groupes ne conviennent que pour une partie de la zone, deux, trois, quatre, etc., bassins dans cette zone; puis, les sous-groupes sont spéciaux à-peu-près à chaque bassin, et les couches à des parties d'un bassin.
Cette manière d'envisager la géologie stratigraphique a pour elle les lois de la géographie physique actuelle, telles que Humboldt les a reconnus sur la terre ferme et Maury dans le fond des mers ; de plus, elle a pour elle les faits géologiques observés jusqu'à ce jour, malgré quelques exceptions plus apparentes que réelles, et dont les faiseurs de systèmes se sont emparés pour vouloir étendre tous les étages , groupes et même les sous-groupes de l'Angleterre à toute la terre. En un mot, je crois que cette manière est la plus logique et par suite la plus simple, car la simplicité ne découle que des méthodes naturelles , et les méthodes artificielles ne donnent qu'une simplicité factice qui ne dure que jusqu'à ce que de
Le Jura. 211
nouveaux faits inexplicables se présentent , c'est-à-dire un instant dans l'histoire de la science.
Quelques remarques sur le Tabular view ou classification de 1858, et j'ai fini. Sans doute, il est facile de faire à cette nomenclature de nombreuses objections , et même d'excellentes objections, auxquelles il serait difficile de répondre de manière à porter la conviction dans les esprits de ceux qui lui préféreront les autres classifications; mais il faut penser que ce n'est qu'une proposition et que je suis convaincu qu'on n'arrivera jamais à rien d'absolu en géologie, comme en mathématiques, et qu'il sera toujours impossible de trouver une classification qui soit adoptée par tous les géologues.
Murchison, dans ses diverses publications sur l'Europe, a toujours divisé le système silurien en deux parties, qu'il nomme silurien inférieur et silurien supérieur. Barrande a adopté cette division et l'a appliqué à son système silurien de la Bohême. Quant à Sedgwick il regarde tout le silurien inférieur de Murchison , à l'exception du Mayhill sandstone , comme étant sa série cambrienne, et il ne laisse dans le silurien que ce Mayhill sandstone avec le silurien supérieur. On doit avoir beaucoup de respect pour les beaux travaux de Murchison, mais cependant ce respect doit s'arrêter devant les convictions ; et tout en ayant la plus grande admiration pour le Silurian System, je ne puis m'empêcher de croire qu'il faudra modifier cette classification, comme terrain, du moins. Barrande a fait ressortir, avec David Dale Owen, toute l'importance de ce qu'il a appelé la faune Primordiale; de plus, il a reconnu que dans les couches renfermant la faune Seconde de la Bohême, il y a eu des colonies de la faune Troisième. Eh bien, il me semble que, sous tous les rapports paléontologiques, pétrographiques et de distributions géographiques , il y a plus de différence entre le massif stratigraphique qui contient la faune Primordiale et celui de la faune Seconde, qu'entre ce dernier et le massif de strates à faune Troisième ; et bien plus que cette différence est assez grande pour exiger une division non seulement d'étages , mais bien de terrains différents.
212 Le Jura
Il y a cependant aussi des passages, paléontologiques surtout, entre les massifs de la faune Primordiale et de la faune Seconde, mais ces passages sont inférieurs en importance aux passages qui existent, d'étages à étages , dans un même terrain, et ils sont certainement aussi faibles et du même degré pour le moins que les passages que l'on observe entre le Silurien et Vold red sandstone, ou entre \old red et le Carbonifère, ou entre le Trias et le Jurassique, etc. Si Ton voulait expliquer toutes les raisons pour et contre, il faudrait écrire un gros volume là-dessus ; aussi ne faut-il voir ici que des résultats ou des propositions, ce qui est plus vrai. Après y avoir bien réfléchi, je pense que le massif stratigraphique contenant la faune Primordiale doit former un terrain, et je propose de lui donner le nom de Mississipien. Les travaux de D. D. Owen ont montré, que dans la région du Haut-Mississipi ce terrain y acquiert un grand développement et qu'il y est surtout riche en fossile; d'ailleurs il est bon que l'Amérique soit représentée dans une classification générale, elle y a droit à tous égards.
Le terrain Dévonien est très-objectionable , quant au nom, et même quant à son existence comme terrain. D'abord dans le Devonshire, d'où l'on a tiré son nom , ce terrain y est trèsincomplet. Dans toute l'Europe, on n'a pas encore trouvé les divers étages principaux dont il est composé, se superposant. Puis les passages paléontologiques entre la faune Troisième du Silurien et celle du Dévonien inférieur sont très-nombreux, les roches sont les mêmes et dans beaucoup de contrées il est impossible de tirer une ligne de séparation précise entre ces deux teiTains. Enfin la partie supérieure de \old red sandstone a de bien grandes affinités avec le Carbonifère, plus même qu'avec les calcaires de l'Eifel. Je ne serais donc pas étonné, si un jour on supprime le terrain Dévonien, et qu'on en réunisse une partie comme un nouvel étage dans le Silurien, et le reste comme base du Carbonifère.
Ces trois terrains, Mississipien, Silurien et du Vieux grès rouge, forment la période Paléozoïque. Comme vous le voyez,
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je restreins considérablement la valeur de l'expression Paléozoïque, car je la coupe presque par le milieu. C'est un procédé un peu brutal, mais aussi du train que cela marchait, le Trias allait passer au Paléozoïque et je ne sais plus vraiment où il se serait arrêté. D'ailleurs, je n'aime pas les grands conquérants; en géologie, comme en politique, il leur prend une soif insatiable d'agrandissement, et les petits qui les entourent sont toujours sur le qui-vive! pour savoir s'ils seront croqués ou seulement tondus.
Sir Roderick Murchison dans la troisième édition de son Siluria se plaint, pages 377 et 409, de ce quelles géologues et minéralogistes allemands et russes reviennent à l'expression de grauwacke pour désigner le silurien et le dévonien. Cet appel aux géologues pour abandonner le mot grauwacke n'est pas juste; car ce retour aux classifications de Werner est dû en très-grande partie aux divergences d'opinions , exagérations et discussions qu'ont amené les terminologies proposées par Murchison et Sedgwick. Si l'on s'était contenté de proposer le mot paléozoïque pour désigner les strates fossilifères qui existent depuis la faune primordiale jusqu'au carbonifère, on aurait fait disparaître la Grauwacke, en la remplaçant par une belle expression; mais, au lieu de cela, on a fait remonter successivement le paléozoïque jusqu'à ce qu'il comprenne tout le carbonifère et le dyas, c'est-à-dire la bonne moitié des strates de la terre, ce qui a amené forcément l'expression néozoique pour l'autre moitié; et on a eu ainsi les couches fossilifères du globe terrestre divisées paléontologiquement en deux parties , divisions beaucoup trop grandes pour être d'aucune utilité dans la pratique, ce qui rend à-peu-près inutile l'expression paléozoïque. Si on veut se servir et conserver le mot paléozoïque, il faut le limiter ainsi que je l'ai fait, et alors la Grauwacke n'a plus d'excuse pour faire sa réaparition ; mais je le répète, ce terme doit rester si on ne ramène pas le paléozoïque à des proportions plus raisonnables; car il faut un nom pour designer l'ensemble des premières strates fossilifères jusqu'au carbonifère exclusivement. Enfin, bien plus, il
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faudra aussi borner la Silurie au silurien, et ne plus comprendre sous cette expression, comme le fait Murchison, tous les terrains cambrien, silurien, dévonien, carbonifère et diasique; car alors Silurie n'est plus que le synonyme de paléozoïque, ce qui crée une confusion de plus sans aucune espèce d'utilité.
D'un autre côté les géologues commencent à être peu désireux de se servir des expressions silurien et cambrien, à cause des discussions survenues entre MM. Murchison et Sedgwick; car il est à-peu-près impossible pour les personnes qui n'habitent pas l'Angleterre, d'avoir une opinion sur la valeur de ces expressions, et sur les raisons qui peuvent faire pencher la balance d'un côté plutôt que d'un autre. Chacun sait que MM. Murchison et Sedgwick sont tous deux des géologues hors ligne; et lorsqu'on habite Dresde, St-Pétersbourg, Kazan, St-Louis ou Freiberg, on ne veut pas prendre sur soi de trancher qui a tort ou raison. Et cela d'autant plus que c'est sans importance ; puisqu'il est aujourd'hui démontré et hors de doute que les Grauwackes, ou les terrains de transitions, comme les nomme encore Angelin , sont mieux développés , plus riches en fossiles et plus faciles à étudier , en Russie, en Scandinavie et dans l'Amérique du Nord, qu'en Angleterre.
Ce retour aux classifications de Werner est, il me semble, une heureuse idée et qui sera féconde en bons résultats. Les caractères minéralogiques , après avoir été mis de côté pendant trente années, reviennent sur l'horizon, et on se décide enfin à faire attention au monument lui-même, après s'être perdus dans les salles du médailler terrestre.
La période carbonifère a une importance qui ne le cède en rien à celle des autres périodes; et c'est même le meilleur horizon géognostique qui existe.
Quant au Nouveaux grès rouges, ils me paraissent former une véritable période; car ils ont pour eux l'épaisseur, l'extension géographique, et des faunes et flores très-remarquables. Ces faunes et ces flores ont des caractères tellement originaux, et de plus elles sont si bien cantonnées dans un petit nombre de localités , que jusqu'à présent on n'est pas encore
Le Jura. 215
parvenu à leur donner leur véritable place, du moins quant k l'importance, dans la série de développement de la vie sur la terre. Généralement on peut dire qu'il y a eu de grands déserts dans les mers du New red, et probablement aussi sur ses Terra firma, et que cette période a été une des plus froides et des plus pauvres par lesquelles notre globe a passé. Il y a de grandes difficultés à classer la série dyasique; William Smith avait mis les Lower red sandstone du Yorkshire dans le carbonifère; Sedgwick, se plaçant au point de vue physique, a réuni le Magnesian limestone au Trias, tout en remarquant que paléontologiquement il était allié beaucoup plus avec le carbonifère. Là où il n'y a pas de discordance des stratifications entre le dyas et le carbonifère, il y a des passages insensibles entre les deux terrains , et il est à-peu-près impossible d'y tracer une bonne ligne de démarcation. Mais généralement il y a discordance de stratification, et la distribution géographique, si différente du carbonifère et du dyas, indique qu'entre ces deux époques il y a dû y avoir entre les relations des mers et des terres fermes des changements plus considérables qu'à aucun autre moment géologique des temps passés. Tandis qu'au contraire on ne voit que bien rarement une discordance entre le dyas et le trias , ces deux terrains se succédant avec une régularité parfaite, les couches s'enchevêtrant les unes dans les autres, avec une composition pétrographique identique et qui donne aux contrées où elles se trouvent le même aspect général. Il est vrai qu'aujourd'hui les caractères paléontologiques l'emportent sur tous les autres; mais on peut dire aussi qu'on découvre tous les jours de nouveaux anneaux des chaîqes paléontologiques; que ce qui paraissait hier être des faunes sans aucune espèce de liens communs, sont le lendemain unies par des passages d'espèces qu'on était bien loin de soupçonner, et que ces découvertes doivent rendre très-prudents ceux qui sont trop disposés à sacrifier à la paléontologie tous les autres caractères géologiques qui, eux aussi, ont droit à entrer dans la balance où se mesure l'importance des divers temps qui ont laissé leurs
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empreintes sur la surface terrestre. Ainsi, malgré les liaisons paléontologiques du dyas avec le carbonifère, je pense qu'il est plus conforme aux principes géologiques de réunir le premier de ces terrains avec le trias, que de le placer dans la période houillière.
Tous les géologues conviendront que malgré quelques passages paléontologiques et pétrographiques , il y a cependant une bien plus grande ligne de démarcation entre le trias et le jurassique, qu'entre le jurassique et le crétacé;, aussi j'ai réuni ces deux derniers terrains pour en constituer exclusivement la Période Secondaire. Comme cela, l'expression Secondaire qui, bien entendu, ne doit être prise que d'une manière abstraite , resterait seulement appliquée à ces deux terrains, si bien étudiés, de l'Europe centrale, le jurassique et le crétacé.
Pour le terrain quaternaire, j'ai cru devoir le réunir au terrain récent, pour en faire la Période Moderne; période dans laquelle nous vivons actuellement, et qui probablement n'en est qu'à ses débuts; car qu'est-ce que 300 ou 400,000 années en géologie, et il est probable que le dernier chiffre ne dépasse pas la durée de cette Période. Tous les dépôts de cette période sont plus ou moins meubles; les animaux et plantes passent d'un terrain à l'autre; quelques-uns de ces êtres se sont éteints, cela est vrai, mais il est probable que tous les siècles ou tous les milles ans, plusieurs animaux et plantes disparaissent sous nos yeux; exemple le Dodo; enfin j'ai la ferme conviction de l'existence de l'homme à l'époque quaternaire. Quand je dis de l'homme , je ne veux pas dire de l'honMne blanc actuel, mais bien d'une autre espèce d'homme; car je ne comprends pas la différence que l'on veut faire entre l'homme et les autres êtres au point de vue de l'espèce. L'homme est un genre, avec ses espèces vivantes et probablement aussi fossiles, et vouloir baser entièrement l'unité dans l'humanité sur des principes philosophiques, philanthropiques ou religieux, compris dans un sens qu'on peut dire assez étroit, en mettant de côté les caractères zoologiques les plus évidents, c'est nier l'histoire naturelle et ne
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reconnaître que les abstractions. Sans cloute, les mobiles qui mettent en avant ces principes sont très-louables, et on ne peut que s'incliner devant eux; mais si les faits s*opposent à cette unité, il faudra bien qu'un jour ou l'autre on le reconnaisse. Quant aux preuves de l'existence de l'homme à l'état fossile, il me semble que les découvertes faites à Natchez sur les bords du Mississipi par le docteur Dickinson, jointes à celles de M. Boucher de Perthes en Picardie , ne laissent plus de doutes raisonnables sur ce sujet.
218 Le Jura
Huitième leUre sur le Jura ^ adressée au Docteur Albert Oppel. — Le terrain jurassique en Portugal; en Espagne; à Mallorca et en Sardegna; en Lomhardie\ dans les Alpes de r Autriche et de la France, — La Russie; le Jura moscovite et de f Oural; opinions de de Buch, d^Orbigny, Auerbachy Frears et Rouillier, — Le terrain jurassique de la Sibérie et de la Nouvelle-Sibérie, — La Crimée, le Caucase et la Perse. — Terrain jurassique de tlnde , de T Himalaya^ et des iles Lew Chew. — V Afrique du Nord; le Jura algérien et du Riff,
Zurich y le 7 mars 1859.
Sorti de la province jurassique que j'ai noramé Normaiido- Bourguignone, les Roches du Jura paraissent diminuer d'importance sous tous les rapports; on ne les a pas encore retrouvé, jusqu'à présent, nulle part aussi bien développées, et c'est là, où elles paraissent avoir atteint leur maximum géognostiques, paléontologiques et lithologiques. Cette province était placée dans la Bande homoiozoïque centrale de l'époque jurassique et probablement sous des conditions de chaleurs exceptionnelles, que je chercherai à apprécier; mais auparavant il me faut donner quelques indications sur les Roches du Jura qui se trouvent dans les autres provinces et sous les autres bandes homoiozoïques.
Le terrain jurassique portugais a été étudié par le savant Daniel Sharpe, qui en a donné une description bien intéressante dans son mémoire : On the Secondary district of Portugal which lies on the North of the Tagus (voir : Quart. Journ. of the GeoL soc. of London, vol. VI, p. 135, London, 1850, et aussi
Le Jura. 219
dans la Revista Minera, torao II, p. 321, Madrid, 1851 où il a été traduit partiellement par P. Cia). Seulement il reste un grand desiderata; c'est que Sharpe n'a pas pu constater nulle part la superposition des diverses assises jurassiques, et que la classification qu'il en donne est basée sur une comparaison des restes organiques qu'elles renferment avec ceux des Roches du Jura de l'Angleterre ; moyen empirique, qui est loin d'être infaillible lorsqu'on sort d'une province zoologique pour entrer dans une autre , qui a dû être soumise nécessairement à d'autres lois climatologiques et à d'autres distributions d'êtres organisés.
Voici, en résumé, la succession des Roches du Jura en Portugal d'après Sharpe. lo Calcaires de Montemor-velho et de Vendas Novas contenant les fossils suivants : Turrilites Beirensis, NatUilus truncalus, Belemniles paxilosus^ Ammonites spinatus, Am, Thouarsensis, Am, Stokesii^ Terehratula tetrahedra, Ter, ornithocephala , Spirifer granulosus , Spir. Beirensis , Plicatula spi-nosa et Gryphœa obliquata; ce qui semble indiquer que ce massif calcaire appartient à l'étage du Lias. 2^ Marnes, calcaires et houilles du cap Mondego , renfermant : Ammonites oolithicus^ Am, macrocephalus, Am. Humphriesianus, Am. hecticus, Am. BakericBy Am Brongniartii, Am. anceps, Terebratula perovalis, Ter. decorata, Ter. Beirensis, Ter. Astieriana et Zamites gramineus var. Mundœ; ces fossiles indiquent pour ces couches l'étage du Lower Oolite, et de plus la houille et le Zamites donnent des points de ressemblances avec les dépôts de houille oolitiques des côtes du Yorkshire. 30 Couches calcaires au-dessus de la houille du cap Mondego, avec des grès rouges superposés; fossiles recueillis : Perna mytiloides^ Ostrœa solitaria, Mytilus Beirensis et Corbula trigona, dont les formes ont des analogies avec les fossiles de Yoxfordian. 4o Calcaire du Monte Junto,* avec Ammonites tortisulcatus, Am. polyplocus^ et Am, Coluhrinus ; fossiles qui, d'après Sharpe, indiquent que ces calcaires appartiennent à YUpper oolite, ce qui est un peu douteux, car il n'y a parmi eux aucune Leitmuschel de l'upper oolite , et les espèces sont plutôt oxfordiennes.
220 Le Jura.
D'après ces données Sharpe en conclut que les quatre étages du terrain jurassique ont des représentants en Portugal, ce qui est possible , mais ce qui' est loin d'être rigoureusement démontré. Dans tous les cas il n'est pas question d'y trouver les équivalents des groupes, et les fossiles y sont distribués et associés différemment que dans le Jura. Enfin il y a un point de ce mémoire sur lequel je désire attirer votre attention, c'est que dans le Calcaire d'Alenquer, que Sharpe regarde comme Néocomien, il a recueilli des fossiles jurassiques Nerinœa grandis, Serinœa bruntriUana, Cidaris glandi^ fera et Perna rugosa, mêlés avec les espèces néocomiennes suivantes : Cidaris clunifera, Natica prolonga et Corbula corn-' pressa. Ce fait, s'il est bien constaté, est assez curieux, car il se trouve presqu'à la porte de la province Normando-Bourguignonne , et il pourra servir d'explication à des mélanges analogues qui paraissent exister dans les terrains jurassiques et crétacés des deux côtés de l'océan Pacifique sur la côte d'Asie et sur celle des deux Amériques.
Les Roches du Jura des Pyrénées françaises et espagnoles, en y comprenant la Navarre, le Guipuzcoa, la Biscay et Santander , n'ont été reconnues que d'une manière des plus superficielles ; tout ce qu'on peut en dire, c'est qu'elles paraissent différer considérablement de celles des Cévennes et qu'elles sont formés principalement de calcaires marno-compactes, bleues claires ou grisâtres, renfermant un assez petit nombre de fossiles, dont on ne connaît que très -mal les associations et, par conséquent, les significations.
Si l'on considère l'Espagne sur la Carte géologique de {Europe de Dumont, on voit que le terrain jurassique forme, autour du massif central des plateaux espagnols une espèce de •ceinture qui s'étend de la province de Santander à celles de Palencia, Burgos, Soria, Guadalajara, Cuenca, Aragon, Valencia, Murcia, Grenada, jusqu'à la pointe de Gibraltar et la province de Séville. Cette ceinture n'est jamais très-large, cependant, aux environs d'Albarracin, de Teruel, d'Ablanque et aux sources du Tage, les Roches du Jura occupent des
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surfaces assez considérables ; en même temps que c'est aussi dans cette région od elles ont été le mieux étudiées, ce qui, d'ailleurs, ne veut pas dire beaucoup, car la géologie espagnole est la moins connue de toute l'Europe.
Voici les principaux résultats obtenus sur le terrain jurassique de ce massif des provinces de Guadalajara , Cuenca, Teruel et Valencia. Ezquerra del Bayo, l'auteur du premier essai d'une carte géologique de l'Espagne , et l'un des deux Directeur-généraux del Cuerpo de Ingenieros de Minas dit, que de Trillo à Âblanque (Guadalajara), les Roches du Jura sont formées de calcaires blancs, durs, compactes, un peu marneux; superposés sur des grès qui en constituent la base {y constitugendo su base las areniscas). Dans una Canada à côté du pueblo d' Ablanque, Ezquerra a. recueilli dans un banc de calcaire blanc {un banco de caliza blanca) un assez grand nombre de restas fôsiles, dont voici la liste : Belemnites compressus, Bel. semihastatus. Ammonites Murckisonœ, Am, Bucklandi, Am. radians^ Am. cordatuSy Kautilus gigas, Pholadomya decorata, Pleurotomaria anglica, Pleur, conoidea, Lima proboscidea^ Lima gigantea, Pecten vimineus, Pect. œquivalvis, Ostrea solitaria, Ost. costata, Gryphœa arcuata, Terebratula bullata^ Ter. ornithocœphala y Ter. perovalisy Ter. lagenalis, Ter. vicinalis, Ter. triplicala, Ter. rimosa ou au moins voisine , Spirifer rostratus, Spir. n. sp. et des dents isolées qui ont dû appartenir à de grands reptiles. Cette association d'espèces fossiles est complètement différente des associations que l'on a constatées dans le terrain jurassique de la province Normande-Bourguignonne, et tout en étant composée en très-grande partie d'espèces identiques à celles que l'on a trouvé en France, en Suisse, en Souabe et en Angleterre, il faut cependant bien reconnaître qu'il a dû y avoir en Espagne des influences climatologiques ou autres, qui ont constitués une autre province zoologique marine pendant les dépôts du Terreno del periodo jurassico. M. d'Archiac qui, dans son Histoire des progrés , ne tient jamais compte des bandes homoiozoïques et des provinces zoologiques ou botaniques, et veut retrouver partout les mêmes associations de restes
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fossiles qu'en Angleterre, conteste la validité des déterminations spéciBques de Don Joaquin Ezquerra (voir : Histoire de la géologie, vol. VII, p. 180), tout en ayant soin de prévenir que c'est une association anormale (Pespéces. En supposant qu'il y aie là des erreurs de détermination d'espèces, ce qui est fort possible, vu letat d'enfance dans lequel se trouve la paléontologie en Espagne, où depuis Torrubia et Cavanilles, c'està-dire depuis le 18"'* siècle on n'a pas jugé à propos de publier des planches de fossiles, ce luxe de la géologie moderne n'ayant pas encore traversé les Pyrénées; ces erreurs, dis-je, ne peuvent expliquer toutes les différences d'associations de plusieurs de ces espèces qui , en Angleterre , sont séparées par des massifs des strates considérables. Les observations d'Ëzquerra sur les Roches du Jura d'Ablanque se trouvent dans un mémoire inséré dans la Revue des mines et qui a pour titre : Escursion geologica desde Hiendelencina d Trillo y d Ablanque, en la parte de la provincia de Guadalajara^ conocida con el nombre de Alcarria {Revista Minera^ tomo 1, p. 289, Madrid, 1850).
L'ingénieur des mines , Don Santiago Rodriguez , a donné le premier un essai assez intéressant sur le massif des environs d'Albarracin et de Teruel, sous le titre de Descripcion geologica del Anliguo corregimiento de Albarracin en la provincia de Teruel [Revista minera, tomo II, p. 39, Madrid,' 1851); où l'on trouve des descriptions de strates qu'il rapporte à l'époque jurassique. De Vemeuil, ayant depuis lors parcouru cette môme région, a pu préciser davantage les faits, assez compliqués d'ailleurs , et voici , en résumé , ce qu'on peut en dire. Par-dessus le Trias qui occupe généralement le fond des Canada des environs d'Albarracin, on a des strates calcaires, séparées par de minces lits de marnes et qui renferment la Gryphœa arcuata^ Lima obscur a, Mactromya liasina. Ammonites Walcotii, Am. bifrons, Am. Aalensis^ Terebratula tetraeda, Ter. variabilis, Ter, resupinata, Spirifer rostratus, etc. Ce premier groupe est regardé comme l'équivalent du Lias. Puis viennent des calcaires, souvent lithographiques, renfermant muchos fosiles tels
que : Terebratuîa digana. Ter, bicanaliculata^ Ter, concinna, Belemnites sulcatus, Ammonites striatulus, Am, Humphriesianus, Am. Truelli, etc., et que l'on rapporte à la Grande Oolita et à Yoo* lita inferior, c est-à-dire à Tétage du Lower oolite. Des calcaires oolitiques, marneux, passant quelquefois à des marnes recouvrent le groupe précédent; les fossiles y sont nombreux et indiquent l'oxfordien; ainsi les plus comçauns sont : Tere^ bralula Thurmunni, Ter. impressa ^ Ter, pala^ Ter. insignis^ Belemnites hastatus, Ammonites macroccephalus , Am. athleta, Am. perarmatuSf Am. Duncani, Am, tatricus, Cidaris spathula, Montlivaltia dispar, Scyphia, etc. Le tout est terminé par des calcaires impurs, micacés, alternant avec des grès qui forment la couverture {las capas) des Roches jurassiques espagnoles et qui renferment, d'après de Vemeuil a Alcublas, El Pobo et au rio Arcos, les fossiles suivants : Pteroceras oceani, Nerinea Bruntrutana, Natica dubia, Trigonia gibbosa, Ceromya excentrica, Pholadomya Proteiy Mactromya rugosa, etc. , espèces qui indiquent l'existence de Wpper oolite dans les environs de Teruel.
D'après ces indications il paraît que les quatre étages des Roches du Jura ont des représentants et des équivalents en Espagne; mais il est évident aussi que les fossiles y sont distribués et associés différemment que dans le Jura, tout en conservant cependant un ensemble qui ne s'éloigne pas trop des faunes générales de chacun de ces étages tels qu'elles existent dans la province Normando-Bourguignonne.
Quant à y retrouver les divisions en groupes et sousgroupes comme les Lias inférieur, moyen et supérieur, le Calcaire à Gryphées arquées, le Cornbrash, le Kelloway rock, le Calcareous grit, le Kimmeridge clay, etc., ainsi que cherchent à le faire MM. d'Archiac et de Vemeuil, je pense que ce ne sont que des suppositions fort hasardées, et qui n'ont aucune chance de certitude en leur faveur.
Les provinces de Murcia et d'Andalucia n'ont pas encore été assez étudiées pour permettre autre chose que de dire que le terrain jurassique y existe dans un assez grand nombre
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de localités, et que, près d'Alicante, de Ronda et d'Antequera, les Roches du Jura sont représentées par des marbres rouges ammonitiféres , renfermant Y Ammonites tatricus, et qui ont les plus grandes analogies avec le Calcare rosso ammonitico de la Lombardie, de la Toscane et du Tyrol.
En somme, les travaux exécutés sur le terrain jurassique espagnol sont encore en très-petit nombre, et ils ne peuvent être considérés que comme des essais, ou une première reconnaissance géologique de cette péninsule. D'ailleurs, si on lit ces mémoires, et noCamment ceux intitulés : Coup-d'œil sur la constitution géologique de quelques provinces de P Espagne y par de Yernçuil et Collomb {Bulletin de la Soc. géol. de France, 2"* série, vol. X, p. 61) ; Resumen de los trabajos verificados por la comisUm del mapa geohgico de Espana en 1850, 51, 52, 53 j^ 54; Memorias de la Academia de Ciencas de Madridj 3"* série, ciencas naturales, 2 tomos, Madrid 1850 y 57; et quelques travaux répandus ça et là en petits nombres dans la série de la Re— vista minera, 1850 à 1859; on s'aperçoit immédiatement que tous les observateurs cherchent plutôt à identifier et à synchroniser les strates espagnoles avec celles de la France, de TAngleterre et de l'Allemagne qu'à en donner des études approfondies et de détails; en un mot, la géologie espagnole n'est pas encore entrée dans la période des études locales minutieuses. Le meilleur de ces mémoires est , sans contredit, celui de M. de Verneuil, mais cette préoccupation de synchronismes avec la France y est poussé à l'excès, on peut le dire, car, au lieu de donner une liste de fossiles jurassiques espagnols avec leurs gisements, il donne une liste des espèces identiques avec celles de la France et leurs gisements en France, et suivant que ces espèces sont ou ne sont pas de telles et telles couches en France, il en conclut que ces couches existent ou n'existent pas en Espagne. C'est, du reste, la même méthode paléontologique , à interprétation étroite, que de Verneuil, Murchison et de Keyserling ont appliqués si largement en Russie, et qui peut servir pour donner ug premier aperçu plus ou moins grossier, mais qui ne peut être
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d'aucune utilité lorsqu'on veut arriver à quelque chose de précis.
A Mallorca, on a signalé à plusieurs reprises le terrain jurassique, sans jamais en donner une description systématique. Jules Haime y a recueilli une petite collection de fossiles qui indiquent évidemment les Roches du Jura ; mais c'est la seule conclusion qu'on en peut raisonnablement tirer. Ces fossiles provenant des localités de Soller et de Benisalem sont les sui* vants: Belemnites umbilicaifM ^ Ammonites Jamesoni, Mactromya liasina, Pholadomya âecorata, PhoLreticulata, An^kidesma donaciforme ^ Lima pectinoides, Pecten disciformis, Pecten Lacazei^ Pect* textorius, Ostrea Marmorai, Terebratula Davidsoni^ Rhynchonella teiraedra; Ammonites plicatilis ^ Am.athleta^ Aptychus imhricatus^ Belemnites hastatus et Terebrattda dipkya. La seule remarque, que je désire faire sur cette liste, est le petit tK>mbre d'Ammonites qu'elle contient (voir: Notice sur la géologie de Vile Majorque, par Jules Haime , dans le Bulletin de la Soc. géolog. de France, 2"" série, tom. XII., p. 734).
Le général Albert de la Marmora dans la troisième partie
de son Voyage en Sardaigne^ 2 vol. avec Atlas, Turin 1857,
décrit plusieurs lambeaux de terrains jurassiques disséminés,
çà et là, dans les parties orientales, centrales et occidentales
de l'île de Sardegna. Ils sont composés de calcaires ooli-
tiques et magnésiens , de grès rouges et de traces de houille,
le tout renfermant les fossiles suivants: Belemnites sukatus;
Ammonites ind. , Nerinea Voltzii , Ner. Aivamensis , Ner. leiostyla,
Ner, Vecchii; Natica grandis, Nat. kemispherica , Nat. Chio^ Nat^
Parthenica, Acteonina ind., Cerithium ind., Avicula Munsteri,
Lima duplicata ; Pecten Lacazei , Pect. disciformis , Pect, lens , Pect.
tegularius; Ostrea obliqua^ Ost. Perdalianœ; Ceromya striata, Ptero-
perna costulata\ Panopœa gibbosa ; Myacites Vezelayi\ PhoUidomya
Murchisoni, Phol. ovalis-, Astarte ind., Lucina Bellona, GresslyaïikdL.,
Thracia ind., Anatina ind., Cardium ind., Mytilus ind., Inoceramus
ind., Pinna ind. , Placunopsis ind., Terebratula omithocephala , Ter.
punctata, Ter. simplex. Ter. Sardoa, Ter, Lamarmorœ, Ter, ovoides ;
Rkynchonella subobsoleta , Rhync. tetraedra , Rhync, concinna ;
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Hypodicuiema Lamarkii; Cidaris ind. ; PetUacrintu bcisaUifùrfms, Pentaer. vulgaris; Serpula ind. ; Berenicea verrucosa; Theco^miUa gregaria; Calamophyllia ind; Brachyphyllwm maiu8\ Calamités Leh^ mamanus ; etc. H. de la Marmora a divisé les Roches du Jura de nie de Sardegna en deux groupes principaux , et de plus, il a établi une subdivision dans les calcaires oolitiques du groupe occidental ; mais malheureusement on ne trouve nulle part la superposition des deux groupes principaux, et quoiqu'il y aie des fossiles communs entre eux et aussi entre les deux étages du groupe occidental , il n'est pas possible d'établir rigoureusement, du moins pour le moment, une bonne série des strates jurassiques de cette tle.
Toutefois les conclusions de La Marmora sont: que tous ces dépôts représentent les couches comprises entre le lias supérieur et le grand oolite de l'Angleterre (voir: Voyage en Sardaigne, tome L, p. 172); tandis que Heneghini, qui a exécuté la partie paléontologique de ce voyage» dit, dans le tome IL, p. 266, que les données sont insuffisantes pour établir des synchronismes avec les autres pays. Il est évident, en effet, que les associations de fossiles sont totalement différentes de celles de la province normande-bourguignonne, ce qui donne, comme le dit Meneghini, trop de contradictions apparentes pour établir cette comparaison en suivant les règles d'identification de couches, telles qu'elles sont généralement employées par les paléontologistes. Seulement on peut, avec le général de La Marmora, diviser le terrain jurassique de rtle de Sardegna en trois grands étages, qu'il nomme, oolite supérieur, oolite moyen et oolite inférieur, sans y attacher, bien entendu, un sens de synchronisme avec les étages portant ces noms en France , en Angleterre ou en Allemagne. J'appellerai aussi votre attention sur la rareté des Ammonites ; là, plus même qu'à Mallorca, c'est à peine, si l'on en trouve. Ce fait, s'il se confirme, doit tenir évidemment à des distributions géographiques différentes de ces êtres, et aussi, peut-être, à la légèreté de leurs coquilles qui, comme celle des Spirales, surnageaient après la mort de l'animal , étaient transportées au
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loin par les courants, pour être ensuite jetées sur les plages d'alors.
En Lombardie, les Roches du Jura, forment les derniers contreforts des Alpes, et présentent un développement assez considérable; elles sont composées surtout de Calcaires rouges, gris-blanchàtres« et de dolomies ou calcaires magnésiens. Le professeur Antonio Stoppani, le savant auteur de la Paléontologie Lombarde, vient d'en donner une description bien intéressante dans son excellent livre intitulé : Sêudii Geohgid e Paleontologici sulla Lombardia, Milano 1857. En résumé, voici les principaux résultats auxquels est arrivé Stoppani pour le terrain jurassique lombard
EPOCA GIURESE.
I. Membro. — Marmo majolica; Calcare rosso ad apHchi; Calcare rosso ammonitico. La constance des caractères lithologiques, l'abondance et Thomogénéité des fossiles qui sont distribués dans toute l'étendue des assises de ces trois subdivisions, font que cet étage, constitue il primo e principale orizzonte geologico de toute la Lombardie. Les localités principales, sont: Gavirate, Camnago, Galbiate, Val-dél-Giunco , Val-San-Leone, Entratico, Yal-Adrara. Leitmuscheln : Aptychus lamellosus^
A, sublcevis, A, BeaumofUii, A, profundus, A. depressus; Belemnites clavatus, B, Fleuriausus , B. giganteus, B. DuvaliantAs^ B, Sauvanausus, B.irreg^tbxris , B. umbiticatus,
B, canalicidiJUtis ; Nautilus hexagonus, N, semistriaius , N. striatus, iV. intermedvus ,, OrthoeertUites n. sp. ; Ammonites Conybeari , A, radians, A. Thouarsensis , A. bifrons, A, Bakeriœ, A, primordiaUs , A.teUricus, A. torulosus, A, Raquinianusy A. heterophyllm , A. Calypso^ A. Jurensis, A, discoides. A, compUmatusy A, spintUw, A. Aaknsis, A, Lamberti, A, Erato , A, fimbriatm, A. stemalis, A. Murchisonœ, A. Uumphriesanus , A, cordatus, A. suprajurensis, A, Brogniartii^ A. planula. A, Blagdeni, A* insignis, A. Duncani, A» planicosta, Ai armatus, A, Davœi, A, heciictis, etc.,
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Àncylaceras sp. ii. ; Pleurotomaria n. sp. ; Ostrea obliqiia ; Terebratula triquetra (diphya) , T. Bakeriœ , J. mutica , T. digona; Cidaris Erbcensis; ApiocrinuSy PerUcurinus, Zoophycos.