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352 Le Jura.
Les noms de ces fossiles ont surtout elé donnés par Richardson, et étaient ceux alors en existence, et même longtemps après ils étaient encore employés familièrement dans les nombreuses collections des environs de Balh. Après avoir ainsi arrangé ce tableau, chacune des personnes présentes en prit une copie, sans prendre d'engagements d'aucune espèce quant à lusage que chacun pouvait en faire, et de celte manière il a été distribué et a circulé à un grand nombre d'exemplaires manuscrits, et il est resté pendant longtemps comme le type et laulorilé pour les descriptions et l'ordre de superposition des strates aux environs de Balh. La copie, pag. 350 et 351, a été faite sur le document original écrit de la main de Richardson et présenté par ce dernier à la Société géologique de Londres, en 1831.9
Je ne lai pas traduit , parceque je pense qu'un pareil document perdrait beaucoup de sa valeur, dans une langue différente, et qu'il doit rester comme un fac-similé intraduisible , mais que l*on peut expliquer en lisant le texte même , comme on déchiffre une pierre hiéroglyphique des palais de l'antique Thébes.
Non content d'avoir fait ces découvertes que dans sa modestie, il pensait ne pas valoir la peine d'être imprimées; Smith, aussitôt après avoir quitté la direction du Somerset Coal Canal, se mit hardiment, et avec ses seules ressources, à poursuivre les strates dans toute l'Angleterre, et à construire la carte géologique de ce pays. Quand on réfléchit qu'aujourd'hui même l'entreprise d'une carte géologique d'un pays grand , comme l'Angleterre et le Pays de Galles, ne se fait qu'avec le concours des gouvernements, qui fournissent l'argent pour les explorations, les cartes topographiques, les moyens pour l'impression et les publications ; et que plusieurs personnes ayant sous leurs ordres un état-major complet d'aides et d'assistants , suffisent à peine pour arriver dans un espace de vingt années à donner une carte qui , comme exécution typographique et de coloriage, est supérieure à celle de Smith, mais qui ne la prime pas quant à la délimitation des strates, à leurs groupements , et à la correction des contours des diverses espèces de roches ; quand on se représente les difficultés matérielles innombrables, Fénergie , la persévérance, les désappointements, les espérances, en un mot, quand on pense combien de bravoure et de génie il a fallu que Smith déploie dans une pareille entreprise , et quand surtout on arrive à reconnaître qu'il finit par mener à bonne fin ce travail herculéen, et que, seize années après son commencement, cette carte fit son apparition en quinze larges feuilles mesurant 8 pieds 9 pouces de hauteur, sur 6 pieds 2 pouces de largeur, on se demande, estil bien possible qu'un homme seul, sans les ressources de certes géologiques partielles et antérieures — car avant Smith il y avait
Le Jura. 353
très peu de cartes géologiques de Comtés , et il dut refaire celles qui existaient pour les mettre d'accord avec ses découvertes slratigraphiques — sans argent; obligé de gagner sa vie en dirigeant des travaux d'irrigations, de drainages, de canaux, de puits artésiens, etc. ; inconnu des savants, des académies, des puissants de la terre ; ait vraiment eu l'audace d'accomplir un pareil prodige. Il n'y a que le génie qui soit capable de telles œuvres; et Smith, n'eut-il pas inventé la Stratigraphie ^ que sa Carte géologique de VÀnglete^re, à elle seule, suffirait pour le placer à la tête de la liste des géologues pratiques ?
L'Angleterre et les géologues anglais sont fiers, et à juste titre, de la gloire de Smith; malheureusement cette reconnaissance des services rendus par cet homme de génie, n'est venue que lorsqu'il ne pouvait plus en profiter. A la honte de l'Angleterre et de tout le monde savant, Smith a été méconnu, mis systématiquement de côté; et c'est à peine si sur la fin de son existence quelques mains amies se sont tendues de son côté, pour l'empêcher de tomber dans le dénuement le plus complet. Le croirait-on? William Smith n'a été membre d'aucune société savante officielle, ni en Angleterre, ni ailleurs. La prude Royal Society, qui admet si facilement des ducs et des personnes du royal blood, et des géologues de troisième et de quatrième ordre même , n'a pas compté Smith parmi ses fellows ; il était probablement trop pauvre et trop savant. Ulmtitut de France , qui se regarde avec modestie comme le premier corps savant du monde entier, et qui comptait alors parmi ses membres Cuvier et Brongniart, non seulement n'a pas nommé Smith un membre associé, mais ne lui a pas même octroyé un simple brevet de membre correspondant. Enfin , il n'y a que la Geological Society of London , société libre et non exclusive comme les académies officielles , qui ait bien voulu reconnaître les services rendus par Smith ; et encore s'esl-elle faite tirer l'oreille avant de se décider; et sans le célèbre article qu'un géologue de grands talents et par-dessus tout un homme de cçBur, le Dr. William Henry Filton a publié sous le titre de Geology ofEngland dans le vol. XXIX de The Edinburg review pour l'année 1818, article reproduit et cité, et qui mit douze années pour produire son effet, il est malheureusement trop probable que même la Geological Society, du moins comme société, n'aurait pas pris en considération les œuvres du « Father of the English Geology. »
Le British association for the advancement of Sciences, société libre aussi et non gouvernementale , est la seule qui dès sa fondation se conduisit dignement envers Smith , et en l'honorant ainsi que Dalton , elle.se plaça tout d'abord à la tête des institutions scientifiques de la Grande-Bretagne.
354 Le Jura.
Si la justice des hommes n'étail pas aveugle comme la fortune, William Smith aurait dû être anobli par son souverain, comme plusieurs autres géologues , bien moins méritant que lui , l'ont été depuis lors. De plus , il aurait dû recevoir du gouvernement anglais une forte annuité . soit comme pension , soit comme salaire , et qui l'eut placé dans une position sociale indépendante et en harmonie avec son talent. Car un homme n'honore pas sa patrie , seulement parce qu'il assistait aux batailles de Trafalgar ou de Waterloo ; le courage et la bravoure déployée pendant un jour, tout honorable et glorieux qu'ils sont, disparaissent devant la bravoure d'un homme qui de sang-froid pendant quarante années de suite, est tous les jours sur la brèche , le marteau et le pic à la main , occupé non à détruire , mais bien à rebâtir le passé , et surtout à préparer l'avenir. Quant aux récompenses purement honorifiques , tels que d'être membre des sociétés savantes anglaises et étrangères, cela n'aurait rien ajouté évidemment aux mérites de l'illustre auteur de la Première Carie Géologique de VÀnglelerre , et de la Slraligraphie ; seulement ces sociétés officielles se seraient honorées elles-mêmes, en se montrant dignes de leurs missions; et ce sera toujours une honte pour chacune d'elles que de ne pas posséder ni en tète, ni même à la fin de leurs listes , le nom de William Smith ; surtout lorsqu'on pense, que ce savant hors ligne n'est mort qu'en i839.
Au lieu de récompenses, qui ne sont, hélas! jamais venues le trouver, voici en peu de mots l'histoire des tribulations et des malheurs de slrala Smilh. En mai , 1801 , son ami Richardson effrayé en pensant, et cela avec raison, qu'un autre pouvait s'approprier ses découvertes et les publier comme lui appartenant, le pressa de publier un prospeclus annonçant la publication de ses découvertes. Un nommé Debrett , éditeur à Londres, devait publier ce premier essai, et en conséquence , Smith remit au graveur une petite carte manuscrite de l'Angleterre, non coloriée. Cette entreprise reçut Tappuis d'un duc de Bedford , qui probablement promit un aide matériel dans la publication. Mais précisément au moment où ce duc allait donner son aide, il mourut subitement. Puis, pour achever de ruiner les espérances de Smith , l'éditeur Debrett fit de mauvaises affaires et suspendit son commerce, ce qui arrêta complètement la publication.
Cependant la réputation de Smith allait en augmentant rapidement, comme le prouve l'anecdote suivante. En 1802, il reçut à Bath où il vivait alors , une visite d'un géologue célèbre de cette époque nommé Wm. Reynolds ; pendant la conversation Reynolds tira de sa poche un exemplaire de la « Table of Slrala » copiée sur k table manuscrite de 1799 , et que j'ai donnée précédemment ; èi A
ajouta qu'à sa connaissance personnelle, il savait que plusieurs exemplaires avaient été envoyés aux Indes Orientales et Occidentales.
En 1804, un second effort de publication de carte et de livre fut fait , encore sans succès. Enfin en 1805 . Smith vint se fixer à Londres , et peu de temps après il écrivit la lettre suivante à Richard Crawshay, Merthyr Tydvil (Glamorganshire).
«Le 26 juin 1805.»
«Cher Monsieur. -- Je suis heureux de vous informer, que tous mes fossiles sont enfin arrivés en bon port à Londres , qu'ils ont tous été déballés et arrangés dans le même ordre qu'ils occupent dans les couches de la terre.
«*******. Chacun avoue que la masse d'informations que j'ai recueillies est très considérable, et qu'elles seront d'une utilité publique ; mais je rencontre plus de difficultés pour les publier que je ne m'y attendais. »
«Mr. Tovs^nsend , qui m'a donné libéralement les dessins de tous les fossiles, m'a aussi informé que la publication en deux volumes in-4°, ne coûtera pas moins de trois mille livres (75,000 francs); ce qui fait que cet ouvrage ne pourra pas être vendu à moins de six guinées (160 francs). »
« Les dépenses pour une pareille publication sont bien au-dessus de mes moyens , et aussi probablement que le prix élevé de l'ouvrage écartera beaucoup d'acheteurs. De plus, il y a des difficultés pour obtenir des souscriptions de la part de grands personnages que i*on supposait devoir souscrire très libéralement; ce qui m'oblige à ne pas prendre d engagements avec des graveurs pour exécuter plus de planches jusqu'à ce que je sois certain de pouvoir payer ces dépenses.
« Je suis convaincu que tout homme raisonnable qui veut bien s'occuper de cette affaire, doit s'apercevoir qu'une personne dans ma position a dû surmonter beaucoup de difficultés pour arriver à la précision des résultats que j'ai atteints; et qu'il est bien décourageant de poursuivre un travail qui , jusqu'à présent , ne m'a produit que des dépenses de toutes sortes; surtout lorsque l'on considère que j'y ai consacré quatorze années de la meilleure partie de ma vie, et que ma situation pécuniaire est loin d'être brillante. »
«Je suis Monsieur, etc.»
« William Smith. »
Vers cette époque, plusieurs des amis de Smith essayèrent de le faire adjoindre à un corps d'ingénieurs du gouvernement, mais ce
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projet tomba dans l'eau ; et il fut de nouveau laissé seul avec ses observations, SCS découvertes et son énergie. Le plus grand nombre auraient abandonné une pareille entreprise ; mais non , Smith , avec cette ténacité qui n'appartient qu'aux grands hommes, poursuivit sa marche pénible, en s'appuyant seulement sur des espérances, dont la réalisation paraissait de plus en plus s'éloigner à raesare qu'il avançait. EnOn, un simple négociant, Mr. Gary, accomplit ce que Smith avait vainement attendu des patronages princiers ou du gouvernement; et après dix nouvelles années de plus, d'efforts suprêmes, la Geological Map of England and Wales j tcilh part of Scolland fît enfin son apparition. Le premier exemplaire colorié fut achevé le 23 mai 1815 , et exhibé le même soir à la Société d'Agriculture , qui lui donna de suite le prix de 50 livres sterling, offert depuis longtemps par cette société pour une pareille carte. Les exemplaires livrés au commerce furent mis en vente le 1*' août 1815; et à partir de ce jour, les titres de l'auteur à être regardé comme le grand originalor des découvertes de la géologie anglaise, ont été ainsi mis hors de doute et assurés.
Ce fut précisément à ce moment de succès scientifique que Smith fut le plus éprouvé. Les dernières années avaient vu s'épuiser une à une toutes ses ressources pécuniaires , et malgré les secours de quelques hommes généreux et amis des sciences, il en était réduit à ne plus posséder qu'une petite propriété près de Bath. Il voulut essayer de se relever de cet embarras d'argent, en ouvrant une exploitation d'une carrière de pierre , mais cela même acheva sa ruine ; la petite propriété fut vendue pour payer les dettes, et William Smith, l'auteur de la première carte géologique de l'Angleterre et l'inventeur de la stratigraphie , se trouva ne plus posséder que' sa collection géologique. Noble pauvreté! le plus grand géologue qui ait jamais exisié en Angleterre réduit à n'avoir que des pierres! comme Bélisaire qui n'avait plus que son casque de soldat pour y recevoir le pain de l'aumône.
Une pareille collection aurait dû être payée par le gouvernement anglais au poids de l'or, du moment que son auteur était obligé de la vendre, pour pouvoir vivre. Des négociations furent entamées à ce sujet, on put même espérer un instant que Smith serait attaché au British Muséum, pour y prendre soin de sa collection et expliquer au public ses principes géologiques; mais comme d'habitude, ce dernier projet ne réussit pas. Le British Muséum acheta la collection composée d'environ 2657 échantillons, renfermant 693 espèces de fossiles, pour la somme plus que modique de 700 livres sterling.
En 1817, 18 et 19, Smith s'occupa surtout comme ingénieur à faire des rapports , relever des plans et sections de mines de houille,
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exécuter des projets de canaux, etc., en même temps qu'il publiait: « À êtratigraphical system of organized fossils » , « Slrala identified by organized fossils » , et une série de sections géologiques et de cartes géologiques de comtés. Mais ce fut en vain qu'il lutta contre sa mau* vaise fortune, et dans l'automne de 1819, il fut obligé d'abandonner sa maison de Londres, après une résidence de 15 années; et (oui ce qu'il possédait fut vendu par autorité de justice, pendant une absence dans le Yorksbire. Livres, collections, tout y passa; et ce fut à peine si, grâce à un ami intime et fidèle malgré les malheurs, il put conserver seulement ses manuscrits , cartes , sections et dessins. Gomme le Juif Errant, Smith n'eut plus, ni domicile, ni propriété, et à partir de ce moment, jusqu'en 1826, c'est-à-dire pendant sept années, il parcourut le Nord de l'Angleterre, sans avoir nulle part de résidence fixe; venant très rarement à Londres, et seulement lorsqu'il y était obligé par des travaux de sa profession.
Pendant cette vie vagabonde, Smith reçut des demandes de la part de plusieurs Sociétés Philosophiques , pour faire des cours publiques de géologie. Quoique n'ayant jamais professé , ou comme on dit en anglais lecluredf il accepta et donna des coursa York, Scarborough, Hull et Sheffield; cours qui furent suivis par une grande affluence de monde et dont il se tira avec succès.
Cependant les années avançaient, et un rhumatisme, ou plutôt une espèce d'affection paralytique vint, en 1825, avertir le père de la géologie anglaise que l'époque du repos allait arriver pour lui. Retiré à Scarborough dans le Yorksbire, il continuait toujours à. se livrer à ses études favorites , en dehors des travaux moins nombreux de sa profession d'ingénieur.
De 1828 à 1834, Smith résida à Hackness, où il était employé eh qualité de directeur des domaines de Sir John V. B. Johnstone. Il s'y occupait surtout de perfectionnements agricoles , en faisant usage de ses connaissances géologiques et botaniques. Ce furent, suivant son neveu John Phillips , les six années les plus calmes et les plus heureuses de la dernière partie de son existence. Il avait alors atteint Tâge de soixante ans ; quarante années de sa vie s'étaient passées dans des recherches presque solitaires et demandant de profondes méditations ; ses publications s'étaient faites dans des circonstances difficiles et décourageantes , et n'avaient pas eu les résultats pécuniaires ou honorifiques qu'il était en droit d'en attendre. Aussi n'est-il pas étonnant de le voir préférer la méditation et le repos, et regarder avec indifi*érence l'arrangement de ses notes et la publication de ses travaux inédits. Il avait assez lutté , le digue pionnier , et ses propres pensées lui suffisaient pour être heureux. Gomme le navigateur dans les mers polaires , qui vient après des mois et des an-
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nées de périls quotidiens , de sortir de sa prison de glace , regarde, de l'arrière de son navire , les derniers Icebergs , et se félicite d'en être quitte pour des avaries graves , sans doute, mais cependant toutes honorables et glorieuses ; de même Smith aimait à considérer sa vie passée, son enthousiasme et son énergie si souvent froisés et meurtris, mais jamais brisés.
Cependant, vers cette époque on commença à s'apercevoir que Smith était un grand homme méconnu ; et l'article de Fitton , publié en 1818, produisait à la fin son effet. Fitton fit non seulement un acte de justice en exposant les découvertes incontestables du père de la géologie anglaise, mais bien plus, il fit une bonne action; et ce fut, grâce à cet article — article qui ne fut nullement sollicité par Smith, mais qui a été entièrement spontané de la part de son auteur — que la Société Géologique de Londres remit à Smith la première médaille de Wollaston décernée par ce corps savant; et que, sur la demande de tous les géologues anglais réunis, le gouvernement britannique fil, à partir de 1832, une pension de 100 livres sterling par année, à celui qui n'avait su que recueillir des pierres et créer la stratigraphie. Smith aimait à reconnaître ses obligations envers Fitton, et il disait volontiers que c'était à lui, à qui il devait la considération et le comfort dont il a joui sur la fin de sa vie.
Enfin, en 1838, c'est-à-dire la dernière année de son existence, ainsi il en était temps, Smith fut employé par le gouvernement anglais pour faire un rapport sur les meilleures pierres de construction pour bâtir le nouveau palais du Parlement. En compagnie de De la Bêche , ils visitèrent un grand nombre de carrières , et ce fut le Magneêian limeslone de Bolsover Moor en Derbyshire qui reçut la préférence du comité. Le rapport fut publié en 1839. Peu de temps après, Smith mourut pendant une visite chez son ami George Baker à Northampton, en se rendant à la réunion de l'association britannique à Birmingham.
Ainsi en résumé, Smith a reçu, pour des travaux hors lignes et supérieures à tout ce qui a été fait et se fera jamais dans la géologie anglaise:
1^ du Board of Agriculture , mai 1815 . . 50 livres sterling,
29 de la Geological Society, février 1831 . 10 guinées,
3° de la Couronne d'Angleterre, de 1832 à 39 700 livres sterling. Total, 762 livres sterling; ou en nombre rond, 19,000 francs!
Celui qui publia^ après Smith, la seconde carte géologique de l'Angleterre et du pays de Galles , G. B. Greenough , plusieurs fois président de la société géologique de Londres, et aussi auteur d'une carte géologique de l'Inde anglaise , où il n'était d'ailleurs jamais allé ; fut plus heureux, pécunièrement parlant. Il est vrai, qu'au lieu de
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courir dans tout le pays, pour exécuter sa carte, il a trouvé plus commode de copier Smith; relevant seulement, çà et là, quelques erreurs signalées souvent par d'autres géologues; et qu'il a employé noblement son temps à vendre des boîtes de pastilles pectorales et des doses de quinine. Aussi , la carte de Greenough en est-elle à sa troisième édition ; et en mourant , il y a cinq années , il a laissé une fortune de 175,000 livres sterling, c'est-à-dire de plus de quatre millions de francs ! D'où il ne faudrait pas cependant trop se presser de conclure, qu'il vaut mieux être apothicaire, que géologuepratique.
Mais il est un hommage que le gouvernement anglais doit à la mémoire de Smith. Aujourd'hui, qu'un Geological Survey , organisé sur des bases larges et libérales » existe et fonctionne , en suivant les sentiers tracés par le génie de Smith , il serait généreux et désirable, que cet établissement , qui fait de si jolies et si utiles publications , par ordre du Trésorier de sa Majesté la reine Victoria , exécutât une réimpression en fac-similé , comme on en publie de si belles à Londres, des CBUvres principales de Sniilh, en ayant soin de mettre en tête de ce monument géologique un beau portrait de l'auteur, sa vie par son neveu Phillips, et l'article de Fitton. Depuis longtemps les ouvrages de Smith n'existent plus dans la librairie; ce serait donc être utile aux géologues, en même temps qu'une réparation et un hommage rendu au grand homme. Le prix de cette publication officielle devrait être aussi à très bon marché; car on doit toujours se rappeler que William Smilh était très pauvre, et qu'on lui a vendu tous ses livres à l'encan.
Cette notice a été écrite en consultant surtout les mémoires suivants: 1° Memoirs of William Smilh, by J. Phillips, 8°, London, 1844. 2° Transactions of Ihe Geological Society, article-revue par Fitton, dans le numéro de novembre 1817 de VEdinburgh Review. 3° Geology of England, par W. H. Fitton, numéro de février 1818 de YEdinhurgh Rcview. 4° Geological remarks and queries on Cuvier and BrongniarCs memoir on the minerai geography of the environs of Paris, par John Farrey, numéro de février 1819 de VEdinburgh Review, 5° Notes on the Progress of Geology in England , par W. H. Fitton , tirage à part, du London and Edinburgh philosophical magazine, vol. I et II, 1832 à 1833; London.
TASLE DES 9LATIËBES.
Page.
hilroduction. — Pourquoi j*ai écrit et publié ces Lettres? ^ Leur
but et leurs défauts. — M. d^Archiac, écrit-il une Histoire des
progrès de la géologie? ou une Description géologique du globe?
— Ses attaques contre la géologie allemande. — Les joies du SiUiman^s Journal, — Dana, Meek et Newberry appellent Gré« tacé inférieur des roches miocènes. — Un cauchemar de sir Roderick L Murchison; dyas et permien V
Première lettre sur le Jura, adressée au Dr. Albert Oppel. — Oolitique et Jurassique. — Classification de Smith. ^— Les Monts Jura.
— Nouvelle classification des strates du Jura. — Pourquoi de nourelles désignations? — Le Néocomien: de Montmollin, Thurmann et d'Archiac. — L*Argoyien. — Le Banné et Thurmann 1
Deuxième lettre sur le Jura, — Description des strates dans le Jura
franc-comtois 22
Troisième lettre sur le Jura, — L'Angleterre est un vrai traité élémentaire de géologie. — Pierre d*acboppement de la stratigraphie.
— Classification d'Elie de Beaumont et Dufrénoy. — A. d*Orbigny; Paléontologie française , Terrains jurassiques. Cours élémentaire de géologie stratigraphique. — Le vicomte d^Archiac; Histoire des Progrès de la géologie 47
Quatrième lettre sur le Jura. — Etablissement des synchronismes. — Méthode directe ou par la continuité des strates. — Superposition. — Première méthode indirecte ou lithologique. — Deuxième méthode indirecte ou paléontologique. — Opinion de
362 Table des matières.
Page.
Barrande sur la diversité des faunes siluriennes. — Diversité
actuelle d*après Ed. Forbes 67
Cinquième lettre sur le Jura» — Classifications du terrain jurassique de l'Angleterre , par Smith, Fitton, Conybeare et W. Piiillips, le Geological Survejr de 1866, J. Phillips, Ed. Forbes. — Essai de synchronisme entre les strates du Jura franc-comtois et celles qui sont comprises dans les classifications précédentes. — Géologie des environs de Cbeltenham, et mémoires par Murchison, Strickland, Buckman, Brodie, Hull et Wright. — Equi- Talence des strates des Monts Jura avec celles des Cottes wold- Hills. — Observations de Williamson et de J. Phillips sur le Yorkshire. — Anglomanie des géologues parisiens . . . . 92
Sixième lettre mr le Jura, — Sur les classifications du terrain jurassique de la France. — Equivalence des strates des Monts Jura avec celles des collines de la Haute-Saône (Thirria). — Ce que sont le soi-disant grès infra-Iiasiques de la Franche- Comté? — L*argile avec chailles; opinions de Thirria et de d*Archiac ; TArgovien n*est nullement le synonyme pour Targiie à chailles. — Essai de synchronisme entre les strates du Jura franc-comtois et celles du Jura des départements de la Côte-d*Or (Guillebot de Nerville, J. Beaudouin), de la Haute- Marne (Em. Royer) , de la Meuse (Ed. Piette), des Ardennes (Ed. Piette), de la Moselle (Terquem), du Grand-Duché de Luxembourg (Domont, Majerus, Piette) et des Cévennes (Em. Dumas, Paul de Rouville) 138
Septième lettre sur le Jura. — Reprise de ces Lettres. — Impression produite par voire Die Juraformation Englands^ Frankreichs tmd des sudwestUchen Deutsctdands. — Objections contre la division des Roches du Jura en trois étages, et contre les expressions de Dogger et de Malm. — Le septième volume de l'Histoire des Progrès de la Géologie, — Mutilation des Monts Jura. — Les découvertes orographiques de Thurmann. — Opinion de d'Archiac sur Tolre Die Juraformation etc., qu'il confond avec les travaux de Quenstedt et de Fraas. — Essai sur les classifications stratigraphiqnes de la terre. — Classifications de 1830,
* Table des matières. 363
Page.
de f844 et de 1858. — Explications sur le Paléozoïque , le Secondaire, le Silurien, le Gambrien, lePermien, le Déyonien, . le Carbonifère, etc. — Diverses espèces d^hommes; a-t-on trouvé un homme fossile? 183
HuUième lettre sur le Jura, -^ Le terrain jurassique en Portugal, en Espagne; à Mallorca et en Sardegna; en Lombardie; dans les Alpes de l'Autriche et de la France. — La Russie; le Jura moscovite et de TOural ; opinions de de Buch, d'Orbigny, Auerbach , Frears et Rouillier. — Le terrain jurassique de la Sibérie et de la Nouvelle-Sibérie. — La Grimée, le Caucase et la Perse. — Terrain jurassique de Tlnde, de THimalaya et des lies Lew Chew. — L'Afrique du Nord ; le Jura algérien et du Rfff 218
JVètitit^e lettre sur le Jura. — Terrain jurassique de l'Amérique russe et des lies des mers arctiques; recherches de Wosnessensky , Grewingk , Mac-Clintock et Haughton. — Le Jura américain ; sa découverte au Mont de la Pyramide, à côté du Llano estacado; son extension dans le Texas, le Nouveau-Mexique, les Black hills de Nebraska, dans TUta et à Tlle Vancouver. — Existence des Roches du Jura dans le pays des Incas ; recherches de Darwin et de Crosnier au Pérou ; de Mayen , Darwin, Domeyko, Philippi et Pissis au Chili; opinions des paléontologistes de Buch, d*Orbigny, Bayle, Coquand, Forbes et Giebel. — Le Cap-Horn et James D. Dana. — L'Afrique méridionale; terrain jurassique d*Algoa bay; observations de Krauss, Bain, Sharpe et Sutherland. — L'Australie et la Nouvelle- Zélande 277
Dixième lettre sur le Jura. — Encore un mot sur les faunes marines actuelles , à l'occasion d'une œuvre posthume d'Edward Forbes, st^r V histoire naturelle des mers européennes. — Principes sur lesquels l'auteur s'est appuyé pour construire la Carte du globe à Vépoque jurassique, — Province normande-bourguignonne, hispano-alpine , criméo-caucasienne , himalayenne , moscovite , sibérienne , Alaeksa-américaine et Wilkie-spitzbergienne. —
364 Table 3ef matiéret. '^
Bandes homoiozoïqaes centrale, neotrale da nord, et polaire du nord. — Continent américo-africo-australien. — Explication de réléyation de la températnre du globe à Tépoque jnrassiqoe. — Esquisse da globe terrestre anx époques siluriennes , carbonifères, triasiques, crétacées et tertiaires. — Les systèmes de montagnes d*après les théories d*Elie de Beanmont — De Tespèce, en zoologie; définition de Deshayes. — Opinions de Darwin sur l'origine des espèces. — Conclusions 3i4
Addenda 343
Appendice. — A. — Notice sur William Smith 347
SPra,tc-6o I,
■nhli^smienJ tspo^r. de, '■
dans
Planche II.