Marnes bleues sans fos- iHastings sands and clays siles
CD
O (S Cft
Formation jurassique. Calcaire portlandiens.
Purbeck beds.
Oolitic.
^) Je synchronise la totalité des strates du Néocomien Moyen et Inférieur avec la masse du Weald clay et de VHastings sands and clays t sans préciser de parallélisme particulier entre ces divers sous-groupes par suite du manque d'observations détaiUées sur ce difficile sujet. Plus tard, je ne doute pas qu'on ne parvienne à établir avec certitude le synchronisme des subdivisions dans le Jura et en Angleterre*
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D'ailleurs, le nom de Néoeomien n'aurait pas été si universellement adopté et employé, s'il n'eût pas désigné un type meilleur que celui c[ui existe en Angleterre ; et la découverte de de Montmollin n'aurait pas eu autant de retentissement, s'il n'avait fait que de constater l'existence du iMwer green sand à Neuchâtel. On aurait regardé cette extension géographic[ue du Lotcer green sand d'Angleterre, exactement comme on a considéré l'existence du Lower green «and dans leBas-Boulonnais, ou bien la reconnaissance du Lias à Metz , de Y Oxford clay à Grenoble, du White-chalk à Gozau (Tyrol), de YEocéne au Monte Bolca et du Quaternaire dans les plaines de la Pologne. Le Wealden formation constitue une défectuosité dans la classification anglaise (ju'il n'est guère possible de nier, et vouloir se servir de ce Wealden comme d'un type universel , c'est prendre l'exception pour la règle , c'est vouloir forcer les faits et les faire plier devant une faute typographique du grand livre de sti'atigraphie terrestre.
Revenons à la nouvelle classification que je propose et que je vais essayer de justifier. D'abord je me sers de l'expression ierrain ou formation jurassique » parce que je pense que , somme toute , le Jura présente un plus beau type de l'ensemble de ces strates qu'aucun autre point du globe connu actuellement ; et en cherchant à établir* les synchronismes avec l'Angleterre dans une des lettres suivantes , j'espère pouvoir vous montrer que la série y est plus complète que dans la Grande-Bretagne. D'ailleurs, on n'est pas obligé de courir sur une étendue de cent lieues conrnie en Angleterre , pour y étudier les différentes assises; chaque point du Jura pris comme centre et avec un rayon d'une lieue vous donne toute la série jurassic[ue ; et bien plus , souvent vous avez encore le Muschelkalk, le Keuper, le Néoeomien , le Gault , la Craie marneuse et la Molasse. Les dislocations qui ont affecté le Jura , en rende , il est vrai , l'étude plus difficile que dans votre belle Albe wurtembergeoise, où tout est si régulier et d'un accès si facile ; mais avec quelque patience et persévérance le Jura se laisse aussi explorer avec fruit et il ouvre libéralement les tiroirs où sont renfermés ses
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trésors à tous ceux qui se présentent avec la ferme volonté d'y puiser et de s'en approprier une partie.
Pour les étages je me sers des expressions anglaises suivantes : Vpper Oolite, Oxfordian, Lotoer OolUe et Lias, rendant ainsi hommage aux classifications de Smith, Conybeare, Phillips et Buckland qui ont été, sont et resteront toujours comme des monuments du génie de ces grands géologues. L'expression Upper Oolite n'a pas besoin d'explication, c'est l'étage OolUique Supérieur ; seulement je groupe diiFércmment les divisions, et sous cette désignation je comprends aussi le Coral Rag d'Angleterre ; mais ce n'est pas ici le moment pour discuter ces questions, je les renvoie à plus tard. Oxfordian est un bon nom, soit qu'on l'emploie en anglais ou francisé. On a reconnu cet étage un peu partout où se trouve le Jura et quoiqu'on puisse être en désaccord sur les limites à lui donner, on n'a jamais eu encore de discussions sur son existence dans les pays où il a été signalé, et il n'a jamais aidé à propager aucune erreur d'âge géologique, conmie certains autres, tels que : le Portlandien, le Gris Infraiiasiquet le Nummulitique^ etc. L'expression Oxfordian est préférable à Middle Oolite ou Oolitique moyen, parce que la formation jurassique, depuis qu'on est convenu d'y réunir le Lias, étant composée de quatre grands étages, cette dénomination n'est plus ^acte ; ce qui oblige alors à s'en servir d'une manière abstraite, si l'on garde les cpiatre étages ; ou bien, si l'on ne veut absolument que trois étages, on comprend le Lias dans le Loteer Oolite, comme l'a fait le Geological survey d'Angleterre, effaçant le Lias du nombre des étages et le regardant comme un simple groupe.
La dénomination de Loioer Oolite est, je crois, bien préférable à celle d'Oolitique inférieur, à cause de l'extrême ressemblance de cette dernière avec Voolite inférieur. Les expressions anglaises de Lower et Inferior se traduisant toutes deux, dans ce cas-ci, par le mot inférieur. Lower devrait se traduire par le mot bas ; mais on n'est pas habitué à dire Basse oolite qui choque l'oreille ; on ne se sert guère du mot bas qu'en géographie ; ainsi l'on dit : Basse-Bretagne, Basse-Californie
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et les Pays-Bas. Cest précisément cette difficulté de ne pouvoir traduire convenablement le mot Lotoer, cpii m'a conduit à adopter les quatre expressions anglaises pour désigner les étages jurassicpies. L'expression Lias n'a plus besoin d'explication depuis au moins (juarante années.
Nous sommes arrivés maintenant aux désignations des groupes. Dans l'étage du Lias, j'ai trois groupes ; savoir : le Lias Inférieur, le Lias Moyen el le Lias Supérieur. Ces divisions sont excellentes, d'un emploi facile et elles s'étendent à toutes les localités liasiques des autres parties de la mer jurassique européenne. Elles viennent d'ailleurs de recevoir un nouvel hommage par l'adhésion du Geological survey d'Angleterre, qui dans son Index, published by sir Roderick L Murchison, Director gênerai, January 1856, reconnaît seulement les trois divisions de: gi, Lower Lias and Hmestone ; g2 Marlstane; et g 3, Upper Lias.
Cette division du Lias en trois groupes est en grande partie et prescpi'en totalité due aux savantes recherches de l'illustre auteur de la Paléontologie française ; et il est en vérité on ne peut plus regrettable de voir cpie d Orbigny ait gâté sa découverte en la décorant des expressions suivantes :
ÎToarsien au lieu de Lias Supérieur, Liasien n - L. Moyen,
Sinémurien » L. Inférieur,
Passe encore pour Sinémurien cpii est une bonne et heureuse expression, et qu'on peut employer sans inconvénient ; mais Toarsien et surtout Liasien, cela n'a de pendant (jue dans le Carboniférien et le Murchisonien du même auteur. Comme le mauvais exemple est contagieux, voilà maintenant des géologues suisses qui ne sont plus content du Néocomien et qui au lieu de la classification si claire et si facile à prononcer de
( Supérieur • • ♦ ( Urgonien d'Orb.
Néocomien \ Moyen , ^t^ 1 Néocomien proprement dit,
1 r t, . le Néocomien ( «. , . . r\
^ Inférieur ^ Vatangmten Des. .
Certes, ces exemples montrent assez, que de trouver un nom
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pour désigner un horizon géologique bien défini, n'est pas chose insignifiante ; que cela constitue précisément une des difficultés de la géologie, et qu'il y a là des écueils sur lesquels il est possible de faire naufrage, même lorsque le capitaine est un bon et ancien géologue, ayant vu beaucoup de services, et de dures services, dans les deux hémisphères ; un temps de brouillard épais, comme cela est si fréquent sur les bancs de Terre-Neuve ou dans le British Channely et le malheur arrive, malgré toute l'expérience du capitaine et aussi malgré la bonne construction du navire.
L'étage du Lovoer Oolite se subdivise en deux groupes. Je désigne l'inférieur sous le nom de Groupe du département du Jura, parce cpi'il est très développé dans cette partie du Jura franc-comtois, oii il forme presqu'en entier l'espèce de muraille gigantesque ou bluffs (comme diraient les Missouriens) qui couronne le plateau s'étendant de Salins par Arbois, Poligny, Chàteau-Châlons, Lons-le-Saunier, Beaufort, St. Amour et Bourg. Quant au groupe supérieur, je l'appelle Groupe du département du Doubs, parce qu'il atteint aussi son maximum de développement à partir du fort Belin à Salins, s'étendant aux sources du Lison, de la Loue ; aux environs de Besançon 011 il forme cette magnifique voûte sur laquelle est bâtie la citadelle ; puis vers Baume-les-Dames et Clerval où il forme de grandes lignes de rochers taillés à pics et surplombant même le cours de la rivière du Doubs.
Quant à l'étage Oxfordian, je le divise aussi en deux groupes : YOxfordien Inférieur et YOxfordien Supérieur ; ce dernier étant désigné aussi sous le nom de groupe dArgovie ou Argovien. L'Argovie est prise conune type de ce groupe supérieur, groupe que Quenstedt a signalé et décrit dans la Souabe dès 1843, et que j'ai été le premier à définir et à caractériser dans le Jura. 11 existe aussi en Bourgogne, mais je doute fort qu'il se trouve en Angleterre ; ou du moins, on ne l'a pas encore reconnu, ni signalé dans la Grande-Bretagne. Peut-être un jour y trouvera-t-on des traces de ce groupe ? j'en ai au moins l'espérance. LArgovien est un groupe
ayant tout ce qu'il faut pour exister ; il a pour lui, la superposition, répaisseur des strates, et une faune spéciale ; en un mot, t7 constitue un nouvel horizon géognostique qui n'a pas encore de représentant connu en Angleterre^ et c'est véritablement un nouveau terme dans la série jurassique. Du reste, je crois que je prêche en ce moment à quelqu'un de convaincu, car dans votre Souabe il est plus beau que dans le Jura franccomtois, et je me rappelle que j'étais dans l'admiration de la richesse de votre Argovien^ lorsque, pendant l'automne de 1847, j'ai fait une excursion en compagnie de notre savant ami Oscar Fraas, sur le plateau du Lochen.
L'étage de YUpper Oolite est subdivisé en quatre groupes, exactement conrnie je l'avais déjà proposé en 1848 ; seulement je n'ai conservé qu'un des noms de cette épocpie, celui de groupe Corallien; changeant celui de groupe Séquanien en groupe de Besançon^ parce que, paraît-il, ce nom de Séquanien pouvait s'appliquer à des strates de la Séquanie et aussi du bassin de la Seine (Sequana), tandis (ju'il n'y a qu'un Besançon en France et que très près de cette ville ce groupe y est on ne peut mieux développé. Le groupe Kimméridien se trouve changé en groupe de Porrentruy, afin d'éviter de me servir d'un nom entraînant un synchronisme douteux et faux avec le Kimmeridge clay d'Angleterre ; et j'ai choisi Porrentruy comme localité type, parce qu'en dehors du magnifique développement que les assises de ce groupe y présentent et du grand nombre de fossiles qui s'y trouvent, cette localité du Banné a été un des gisements de fossiles les plus visités qu'il y ait en Europe ; Thurmann a eu l'honneur d'y conduire, d'abord, les Sociétés géologiques de France et Helvétique des sciences naturelles, puis MM. de Buch, Buckland, Lyell, Boue, de Vemeuil, Agassiz, Pictet, Studer, Escher de la Linth, Mérian, Leblanc, d'Omalius d'Halloy, Abich etc., etc., ... ; en un mot, grâce aux travaux de Thurmann, les Marnes et Calcaires du Banné sont devenus aussi classiques que la Craie de Meudon. Pour le groupe Portlandien, je l'ai changé en groupe de Saline pour des raisons de faux synchronisme cités pré-
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cédemment ; et aussi parce que Suziau près de Salins m*a oflFert des fossiles dans les calcaires de ce groupe qui sont tout-à-fait caractéristiques du Jura franc-comtois et du Jura vaudois, et cpii forment une faune marine que je crois contemporaine de la faune du groupe de Purbeck en Angleterre. Les sous-groupes ont tous reçus des noms de localités types, localités presque toutes choisies dans le Jura franccomtois à Texception de six ou sept choisies en Angleterre, en Souabo et en Argovie. Ces localités étrangères au Jura franc-comtois sont tellement célèbres et possèdent des types si bien caractérisés, si distincts, et qui se présentent avec tant de constance sur presque tous les points de la mer jurassique européenne, que je pense qu'il est inutile et même dangereux de les écarter. Vous voyez par là que ma réforme tout en étant radicale, n'est pas cependant absolue ; je n'exclus entièrement ni la classification anglaise, ni tous les noms terminés en ten, par la raison fort simple que je pense que systématiser et établir des lois mathématiques est de toute impossibilité en géologie. Trop souvent on oublie que la géologie est une science naturelle, et par suite cette série d'essais de systèmes de classification plus ou moins baroques et qui sont oubliés presc[u'aussitôt qu'ils ont fait leurs apparitions. L'un termine tous les noms en ten, même les noms d'hommes, avec l'espoir, sans doute, de voir un jour son propre nom orné de cette jolie appendice ; un autre désigne tous les groupes par des lettres grecs ; un troisième nomme les étages d'après les divisions du jour, ayant Vaurore, la mati" nalcj le diner, le coucher, etc., dans ses désignations ; enfin un dernier, et ce n'est pas le moins original, vient de décorer un groupe de strates du beau nom de Cloaque; c'est le cas de dire, what next ? and next ? ?
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Deuxième lettre sur le Jura, adressée au Docteur Albert Oppel. — Description des strates dans le Jura franc- comtois,
Zurich, le 24 décembre 1856.
* ^ *****. Je vois avec infiniment de plaisir que vos observations combinées avec celles de Suess {Cher die muthmasslichen Aequivalente der Kossener Schichten in Schwahen) vous conduit à regarder le Bone bed et les Kossener Schichten conune appartenant au New Red Sandstone. J'avais toujours été très enclin à considérer ce Bone bed de la base du Lias, comme étant Yossuaire des dernières générations de l'époque triasicpie ; et j'adopte d'autant plus facilement votre opinion que je vois qu'en Angleterre Dennis et le professeur Owen arrivent au même résultat pour le Bone bed de Lyme Régis.
Dans le Jura franc-comtois il est très rare de trouver le Bone bed à découvert, soit qu'il n'existe cpie sur quelques points, soit surtout à cause de sa réduction à un état, pour ainsi dire, microscopique. Je l'ai cependant constaté dans les carrières de Boisset près de Salins, où il se présente sous la forme de petites grains de quartz de la grosseur d'un pois et de forme assez anguleuse, attachés à la surface inférieure de la première assise de calcaire sableux renfermant V Ammonites planorbis et qui commence la série des strates du Jura. En outre de ces grains de quartz, j'ai trouvé aussi collé sur cette strate, exactement comme les fossiles sont collés sur les plaquettes de calcaires de Solenhofen, des dents de poissons et de sauriens identiques à des espèces que Quenstedt vient de publier dans son excellent livre intitulé : Der Jura, tab. 2, p. 36, Tiibingen 1856, et parmi lesquelles je reconnais les Termatosaurus Albertii, Hybonus cloacinus et Hyb, minor^ Acrodus minimus et Saurichthys acuminatus.
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