Lettres sur Rome
Ces lettres de Rome, « Lettres d'un témoin, » comme il les appelait lui-même, sont la dernière œuvre de la vie de mon bien-aimé père; en les réunissant aujourd'hui, j'accomplis l'un de ses plus chers désirs.
Mais j'ai voulu que ce livre fût en même temps un nouvel hommage à sa mémoire.
A ma prière, l'un de ses plus fidèles amis, qui, depuis vingt ans, luttait si vaillamment avec lui, a bien voulu étudier avec son cœur et avec son talent la carrière politique de mon cher père.
Nul mieux que M. Laurentie ne l'a connu, nul ne l'a plus aimé, nul ne pouvait parler delui avec plus d'affection, plus d'autorité.
Que ce vénéré maître permette donc que je lui offre ici, ei du fond de l'âme, l'hommage de ma vive reconnaissance !
Tout brisé qu'il était par une inénarrable douleur, mon cœur réclamait comme un suprême honneur, le droit de donner en quelques pages le récit des derniers jours de celui que nous pleurons ; mais un prêtre était là. . . et je crus ne pouvoir mieux faire que d'accepter l'offre qu'il me fit d'écrire lui-même cette touchante relation.
Partageant depuis quatre ans cette vie de famille à laquelle mon père aimait à consacrer le temps que lui laissait son labeur quotidien, M. l'abbé Jaugey avait appris à connaître de près ce chrétien à la foi vive et pratique, ce royaliste d'un dévouement inébranlable. Pendant les longs jours de ses souffrances, M. l'abbé Jaugey s'est tenu constamment au chevet du cher malade, lui prodiguant les pieux encouragements et les divines consolations; à la dernière heure il bénit cette àme
d'élite qui s'en allait avec tant de calme de la terre au ciel.
On trouvera dans cette dernière partie de nombreux extraits de la correspondance toute intime que mon bien-aimé père entretint avec nous pendant son voyage à Rome : nous avons pensé qu'il fallait laisser voir toutes les impressions de ce cœur qui aima Dieu, son pays et sa famille!
Tel est ce livre. Puisse-t-il être accueilli par nos amis comme un pieux souvenir !
ADRIEN DE R1ANCEY.
15 juillet 1870.
HENRY DE RIANCEY
Le 10 mars 1870, j'écrivais dans le journal l'Union .
Je prends la plume, foudroyé parla douleur; notre admirable et saint ami, M. de Riancey, n'est plus !
Nous nous étions attachés ces derniers jours à des lueurs d'espérance, justifiées par la force chrétienne avec laquelle il supportait l'épreuve de la maladie, par la sérénité de sa résignation, par le calme de sa piété, par la lucidité de sa pensée et de sa parole, par les tendres prières, enfin, que tant d'âmes faisaient monter au ciel pour la conservation d'une vie si pure et si chère ; hélas ! tout nous a échappé en un moment.
Je n'ai pas d'expression pour notre douleur; j'en ai bien moins encore pour la douleur d'une famille incomparable, que Dieu frappe d'un coup si cruel et si prématuré. Que pouvons-nous donc, en cette heure désolée, sinon incliner nos têtes sous la main de la Providence qui met nos affections à des épreuves si douloureuses?
Aussi les lignes que je laisse échapper en ce moment de ma plume sont à peine un hommage rendu à ce fidèle ami, à ce frère d'armes de vingt ans, à ce guide laborieux des luttes où s'épuise la vie des défenseurs des saintes causes; elles ne sont et ne veulent être qu'un premier épanchement de notre tendresse et de notre affliction; l'heure viendra où, recueillant tout mon courage, j'essayerai de dire ce que ce noble ami nous a donné de saints exemples, et ce qu'il nous laisse de beaux et d'édifiants souvenirs.
Que quelques mots seulement disent à ceux qui nous lisent sous quelles émotions s'est achevée cette vie si admirablement remplie.
M. de Riancey, dès la première annonce du saint Concile du Vatican, s'était résolu à se rendre à Rome pour être témoin de ce grand événement; c'était un besoin et aussi un devoir de sa foi, d'avoir à parler de cei acte solennel de l'Eglise, comme s'il eût craint que d'autres ne lussent exposés à en parler avec moins de sûreté et de discernement.
Nous le vîmes donc s'acheminer à la fin de novembre vers la Ville éternelle. Ne puis-je pas dire qu'il y eut dans ses mots d'adieu je ne sais quoi de secrètement douloureux que j'ai pu prendre depuis pour une sorte de pressentiment? Toutefois, la tristesse de la séparation des siens se tempérait par la pensée des consolations que pouvait se promettre sa piété. Une de ses joies fut de se détourner de sa route et d'aller visiter l'exil, sorte de pèlerinage qui est aussi une religion. Et c'est après ce devoir rempli qu'il se rendit à Rome.
Son voyage fut pénible, par un temps d'hiver rigoureux; accoutumé à l'activité du travail, il ne se défia pas d'un climat nouveau et il reprit à Rome toutes les habitudes de sa vie de Paris, assistant aux solennités, visitant la ville, se mêlant aux fêtes, je dis aux fêtes de la piété catholique, se fatiguant, sans le soupçonner, à celte variété d'occupations, mêlées de joie, et y ajoutant le récit de ses impressions et de ses jugements pour les lecteurs de l'Union, si pleins de sympathie pour sa parole.
Je n'ai pas besoin de dire que sa plus douce émotion fut l'accueil qu'il reçut du Saint-Père. Lui-même nous l'a dit et il nous a dit aussi que cette bonté du Souverain Pontife, témoignée avec tant d'effusion, embrassait à la fois tous les auxiliaires de ses combats pour l'Église.
Mais déjà sa forte nature était atteinte par l'excès de son activité. Dès le 8 janvier des symptômes de douleur rhumatismal'1 s'étaient déclarés; ses habitudes de travail n'en furent pas suspendues; il ne cessa point de tout voir, de tout entendre, hélas! et parfois de voir et d'entendre ce qui devait le plus désoler ses affections connues; il continua de nous écrire, ne laissant soupçonner à personne son état de souffrance, ne le révélant pas surtout aux êtres que son cœur aimait le plus; jamais ne se vil une telle fermeté de courage.
Bêlas! le moment vint où il dut s'avouer vaincu; il n'avait p..d'écrire à l'Union ; niais des amis le forcèrent à reconnaître qu'il devait quitter Rome, et il partit désolé, conduit par an compagnon de unité. mais toujours ferme dans son dessem de laisse] ignorer Bon étal à sa famille el à nous mus. Kl ainsi arriva- 1- il , gardant sa forte raison et
sa vive intelligence, mais hors d'état de se mouvoir sans le secours d'autrui.
Comprend-on le coup de foudre qui allait tomber sur cette maisonnette de Passy, où d'avance retentissaient les cris de joie d'une famille avertie de l'arrivée? Je ne sais pas dire cette effroyable surprise; mais ce qu'il faut dire, c'est la sérénité du malade, qui calme l'affliction et répand l'espérance. A ce visage toujours égal, à cette parole toujours animée, à ces récits charmants, à ces épanchements d'amitié délicate, tous nous avons dû croire que l'épreuve serait passagère, et que le repos, et les soins, et la tendresse des prières n'allaient pas tarder à nous rendre cette santé précieuse à tant de titres.
Nos vœux ont été trompés, et nous n'avons plus qu'à nous tenir aux pieds de cette couche funèbre qui vient de voir la plus belle, la plus sainte, la plus consolante fin de vie que puisse envier une âme chrétienne.
M. de Riancey a senti venir la mort, et il l'a attendue avec la sérénité que donne la foi. Depuis son retour, que de fois il a voulu se fortifier par les saints remèdes de la piété catholique ! Admirable consolation pour ceux qui survivent de sentir qu'une telle âme a passé avec calme de la terre au ciel !
D'autres consolations ne vont pas manquer à leur tendresse. M. de Riancey, se sentant près de toucher h la mort, a souhaité qu'une dernière bénédiction lui vînt du Saint-Père, qui l'avait béni à Rome plusieurs fois; cette grâce lui est venue à l'heure suprême. D'autre part, M. le comte de Cliambord avait voulu être instruit jour par jour de l'état de son serviteur; à la même heure arrivait de Frohsdorf un télégramme lui portant un dernier adieu. Et ainsi s'en est allé de la vie ce chrétien, ce royaliste, emportant deux bénédictions, l'une qui monte au ciel comme un gage de vie nouvelle, l'autre qui reste à la terre comme un glorieux souvenir et un bon exemple.
Telle fut à la mort d'Henry de Riancey la première effusion de ma douleur. Mes regrets étaient les regrets des amis qui avaient vu de près comme moi celui que Dieu venait de nous ravir par un coup si soudain.
C'est une consolation pour ceux qui survivent de reprendre clans la vie de ceux qui ne sont plus les exemples qui les ont fait honorer et chérir : nul monument ne vaut cette gloire; et aussi l'hommage nouveau que mon amitié s'est promis de rendre à Henry de Riancey ne va être qu'un retour vers les souvenirs d'une vie trop tôt achevée, mais si remplie de vaillants travaux et de touchantes et saintes vertus et peut-être de nouveaux combats.
Henry de Riancey était né à Paris le 24 octobre 4816 (I). Alors se levaient sur la France des destinées nouvelles qui allaient vouloir de nouvelles vertus.
Henry, après les premières études commencées sous les auspices du foyer, fut mis au collège royal Henri IV, dont M. Auvray, un homme de bien, était proviseur. C'était le temps des grandes luttes autour de l'Université, et parfois le travail des opinions du dehors se faisait sentir dans l'intérieur des collèges pour y donner lieu à des dissidences
(i) Les notices biographiques portent : Henry-Léon Carausat de Riancey., d'une famille de Champagne, qui remonte aux croisades; son grand-père était officier d'artillerie; il fut secrétaire de la Réunion de la noblesse au bailliage de Troyes, en 1789; l'un des derniers chevaliers de Saint-Louis, nommés par le roi Louis XVI, il sortit de France, lorsque la révolution se changea en délire, et il s'en alla mourir avec sa foi de chevalier à l'armée héroïque du prince de Coudé. Le père de notre Henry, Adrien de Riancey, occupa, en 1816, un emploi supérieur dans les finances; la fortune de la famille avait disparu; l'honneur devait lui rester.
qui alors prenaient aisément un caractère de passion. Henry, distingué par l'éclat de ses aptitudes comme écolier, se fit remarquer par l'énergie de sa foi comme chrétien; la raillerie voltairienne était entrée au collège; les écoliers s'étaient faits esprits forts, et la dispute philosophique dans les cours était parfois une bataille à coups de poings. La piété d'Henry n'eut pas à se défendre par des argumentations de cette sorte ; l'expansion libre de sa foi lui valut le respect de ceux-là mêmes qui se prenaient pour des incrédules, et qui n'étaient que des étourdis.
Aussi bien ses brillants succès le protégeaient contre les railleurs. En rhétorique, il eut au grand concours de -1854 le premier prix de discours français. Le sujet proposé semblait avoir devancé de plus de trente ans les controverses du moment présent; c'était un discours qu'on supposait adressé par l'empereur Frédéric II en réponse au décret du concile de Lyon, qui l'avait excommunié, et il faut reconnaître que le jeune vainqueur, c'est luimême qui me le racontait plus tard, avait mis dans son œuvre toute l'ardeur d'un jeune esprit qui veut faire la leçon au concile, au pape, à toute l'Eglise. Nous savons où va la verve en ces rencontres, et par malheur l'âge n'en corrige pas toujours les emportements.
Un cours chrétien de philosophie, suivi à l'institution privée de l'abbé Poiloup, couronna les
études du brillant lauréat; ce fut une première rectification de quelques-uns dos jugements universitaires qui avaient pu contredire sa foi, mais ne l'avaient point troublée.
Rien ne manquait aux joies de la famille; l'avenir du jeune lettré rendu pleinement catholique s'ouvrait comme une perspective d'éclat et de sérénité.
D'autres études furent aussitôt embrassées. Bachelier es lettres en 4 855, Henry de lliancey était en IS'iO licencié en droit, et immédiatement il se mit à la pratique des choses du droit en entrant dans le cabinet de M. Philippe Dupin et recevant les conseils de M. Hennequin, deux noms dont le barreau garde avec respect le souvenir.
Mais le goût des travaux de l'esprit s'alliait en cette vive nature aux apprêts d'une profession technique, et cette double inspiration s'animait au feu d'une charité avide de dévouement et de bonne heure emportée par l'émulation des saintes œuvres.
Toute une génération de jeunes chrétiens semblait être sortie des ruines de 4 850 pour donner l'exemple d'un travail de lutte contre les impiétés triomphantes. Alors un grand archevêque, Mgr de Quélen, fécondait de ses inspirations cette émulation et cette ferveur. Il se consolait et se vengeait des grands méfaits de la politique par le pardon et par la charité, et il appelait à soi la jeunesse comme un recours contre les maux
d'une société ravagée par les impiétés. Il avait institué près de lui une académie dite Académie de Saint-Hyacinthe, sous la direction de M. l'abbé Dupanloup, nom réservé à une destinée de lutte et d'éclat. Henry fut des premiers appelés à cette jeune association dont l'entrée ne s'ouvrait qu'au talent et à la piété.
C'est ici le point de départ de l'affection qu'Henry de Riancey voua pour la vie à M. l'abbé Dupanloup, affection tendre et qui ne devait pas être sans épreuve. Une particularité digne d'être notée aux jours où nous sommes, c'est qu'Henry dut aux doctes conseils de celui qui devait être son ami après avoir été son guide le plein effacement des impressions qu'un enseignement incorrect avait déposées dans son jeune esprit. Il apprit en effet de M. Dupanloup à mieux juger des questions d'bistoire et d'Église, dès lors faussées par l'enseignement et depuis voilées par l'ignorance ou perverties par la baine; et c'est d'Henry que j'ai su le secret d'une tendresse vouée à celui qui avait été l'utile conseiller de son jeune âge; tendresse touchante, parce qu'elle était de la gratitude; tendresse qui devait garder jusqu'à la dernière heure un caractère de respect filial, et dans la dissidence ne laisser de place qu'à la douleur et à la supplication, jamais à la plainte.
C'est aussi à ce moment que se découvre un
spectacle de piété fraternelle digne d'émouvoir toutes les âmes.
Henry avait un frère du nom de Charles, plus jeune de trois ans, nourri des mômes pensées; deux cœurs, deux esprits, qui dès les premières années s'étaient accoutumés à étudier, a méditer, à aimer ensemble, à vivre enfin d'une même vie. Les premières révélations de cette communauté d'intelligence, d'affection et de travail s'adressèrent d'abord à de rares confidences; les deux frères avaient imaginé de se rendre compte à euxmêmes de leurs premières impressions à leur entrée dans le monde, et ils avaient associé à leur œuvre d'examen, mêlée de morale et de poésie, un choix d'amis dignes d'eux; l'œuvre s'élaborait comme un essai de Revue mensuelle, sans souci de la publicité; elle avait un nom charmant; elle s'appelait l'Émeraude, revue de la Jeunesse. Heureux furent les témoins de ces effusions chrétiennes et naïves, où se découvraient deux vocations de lutte pour le bien, avec deux natures de talents consacrés au culte du vrai, l'un plus expansif, l'autre plus contenu, Henry plus alerte, Charles plus sobre, les deux se complétant par la variété des formes de l'expression dans l'unité de la pensée.
Il y a dans les huit numéros de cette Êmeraude, cachées sous de modestes fleurs, des pages dune
pureté touchante, où se révèle toute une jeunesse de foi et de chasteté.
Mais bientôt , pour donner un aliment fécond à cette ardeur de travail, M. Dupanloup proposa aux deux frères d'entreprendre une œuvre plus grande, trop grande peut-être, un livre qui servît de développement à l'œuvre immortelle de Bossuet sur l'histoire universelle.
Ce fut une étonnante nouveauté de voir deux jeunes hommes se jeter vaillamment dans un tel dessein; l'Histoire du monde ne devait pas sortir achevée de ce premier jet, mais elle surprit et charma les érudits non moins que le public, et dès lors on put pressentir une œuvre qui plus tard serait digne d'une admiration sérieuse; nous la retrouverons tout à l'heure dans sa pleine reconstruction.
C'est au milieu des soins de cette entreprise (484-1) que Dieu ouvrit devant Henry une perspective de bonheur en lui amenant une compagne digne de lui, Clémence Lefebvre des Vaux, fille du baron Lefebvre des Vaux, maréchal de camp, ancien commandant d'état-major de la première division militaire (4). Ce fut un de ces heureux mais trop rares exemples de mariage chrétien, où deux âmes s'unissent pour porter ensemble le poids de
(l) Le brave général était chevalier de Saint-Louis; il avait brisé son épée en 1830.
la vie, et restent embrassées par la foi et par l'amour, même après que la mort les a séparées. De nombreux enfants devaient naître de cette union bénie; quelques-uns avaient de bonne heure quitté la terre, devançant au ciel le jeune patriarche; d'autres restent pour être la force et la couronne de la sainte mère de famille.
Cependant Henry de liiancey suivit son penchant vers toutes les choses qui pouvaient lui donner de l'action sur une société troublée, et surtout vers les choses de la charité. De bonne heure on le voit mêlé aux saintes œuvres; il s'y jette avec un zèle d'apôtre, il y porte sa parole et ses écrits, il concourt à la fondation de toute association qui peut avoir prise sur les âmes; on le trouve à l'Institut catholique, au cercle catholique, à la Société de Saint- Vincent de Paul; partout où il s'agit de disputer les jeunes générations à l'action des exemples et des enseignements sceptiques. La Restauration avait vu naître en 4816 une ardeur analogue de lutte catholique; mais aussi elle avait vu la politique s'en épouvanter comme d'un péril; triste effet des aversions voltairiennes qui étaient devenues toute la raison des oppositions sous lesquelles devait tomber la monarchie. Le zèle chrétien de 4 855 semble donc n'être qu'une reprise des saintes luttes de ^825 pour ia liberté de l'Lglise et de ses œuvres, si ce n'est qu'il s'y mêla parfois quelques oublis des anciens exemples. Trop aisé-
ment on s'était imaginé qae les œuvres de la Restauration, l'œuvre des hôpitaux, l'œuvre des petits Savoyards, 1 œuvre des bons livres, et en dernier lieu l'œuvre pourla défense del'Église, avaient étéavant tout des œuvres de propagation politique; et c'est cette erreur qui dès \ 850 avait déterminé quelquesuns de ceux qui en avaient été les initiateurs à s'en éloigner désormais, pour ôter jusqu'au soupçon d'une pensée secondaire dans ce qui avait été et devait être une abnégation et un sacrifice.
Quoi qu'il en soit, une génération nouvelle de lutteurs se dressait dans la grande arène de la charité, et les œuvres de propagation et de défense reparaissaient rajeunies pour des combats et des besoins nouveaux.
C'est l'honneur principal d'Henry de Riancey d'avoir été des plus zélés et des plus intelligents dans cette lutte pour la Société et pour l'Église. Et cependant il ne délaissait pas les travaux de sa profession d'avocat, ni les travaux de cette autre vocation qui, dès la première heure, sembla pour lui préférée, de la vocation d'écrivain.
Des journaux spécialement consacrés aux intérêts catholiques avaient pris naissance, avec la pensée de dégager la défense de l'Église des griefs de parti; pensée de direction qui devait, croyait-on, laisser à chaque écrivain la liberté de ses jugements, de ses souvenirs et de ses vœux. Ce fut une illusion peut-être, mais elle ne devait altérer en