‹ Lettres sur RomeChapitre 32 sur 34 · F. MARIE-EPHREM · texte numérisé non relu

F. MARIE-EPHREM

Évêque Je Némésis, vicaire apostolique de Quilon. Rome, Villa Grazioli.

Madame,

Malgré tous les accablements où je suis en ce moment et les commotions qui m'arrivent coup sur coup, et dont la perte de cet excellent ami, M. Henry de Riancey, a été une des plus douloureuses, je ne puis pas ne pas vous dire combien je le regrette et le pleure avec vous. Il était bien, assurément, l'un des plus nobles cœurs et des meilleurs esprits que j'aie connus. Et à combien d'années remontaient déjà nos relations et notre intime et constante amitié! Je suis donc un de ceux, Madame, qui peuvent le mieux sentir tout ce que vous perdez

en lui, et tout ce que perdent ces chers enfants qu'il vous laisse. Nous ne saurons jamais tous assez le pleurer. Mais quelle mémoire noble et sans tache il vous lègue !

J'ai été heureux de voir avec quelle unanimité toute la presse a partagé nos regrets et rendu hommage à cet éminent homme de bien et à ce vaillant athlète catholique. 11 est un de ceux qui auront le mieux, en notre temps, combattu, et toute sa vie, les bons combats.

L'Église n'oubliera jamais ses services, et Dieu, j'en ai la ferme confiance, les couronne dans sa justice et sa bonté.

Rien sans doute ne peut consoler ses chers enfants d'avoir perdu un tel père; mais il faut, en le pleurant, qu'ils le continuent, et qu'ils soient tous et invariablement fidèles à sa mémoire et à ses principes. Je veux qu'ils sachent bien que la tendre affection que j'ai toujours eue pour ce noble et cher ami , je la garderai à jamais à tous ses enfants.

Veuillez agréer, Madame, l'hommage de mes douloureux et dévoués respects.

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