‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 117 sur 255 · Rocli de Huerta · texte numérisé non relu

Rocli de Huerta

Madrid. li me dit, à la vérité, qu'il vous écrit directement; mais comme je crains qu'on n'intercepte ses lettres, je vous préviens moi-même de ce qui se passe.

Dans le cas où vous ne seriez pas allé à l'endroit que vous m'avez dit, j'envoie un messager à Valladolid pour marquer à la prieure ce qu'elle doit répondre. Don Roch insiste vivement pour qu'on dise partout la même chose, sous peine de nous compromettre. Il m'envoie par écrit le modèle que je transmets à la prieure. J'ai avisé les autres maisons. Plaise à Dieu que cette précaution ne soit pas nécessaire !

C'est une grande pitié de voir ces âmes entre les mains de quelqu'un qui ne les comprend pas. Malgré tout, je n'ai de souci et de peine qu'à l'endroit de mon Paul. Ah! si je le voyais libre î Je ne sais pourquoi, mais malgré moi, il m'est impossible d'avoir du souci pour tout le reste. Le Seigneur veillera sur vous; cependant, veillez de votre côté sur vous-même, et je serai contente.

Mon désir est que vous n'alliez pas à Madrid; j'ai grand'peur pour vous; avec toutes ces allées et venues pour célébrer la messe, vous ne pouvez manquer de courir quelque danger. Je suis étonnée de la façon dont les choses se passent. Je voudrais que vous fussiez déjà hors de Valladolid et dans un endroit qui ne nous inspirât aucune crainte pour votre personne. Par charité, ditesmoi où vous êtes, afin que, le jour où j'aurai à vous communiquer quelque renseignement, je ne sois pas affolée, comme je le suis maintenant avec tous ces chiffres' que vous avez changés sans m'en prévenir. Croyez -moi, prenez avec vous un compagnon, ne fût-ce qu'un frère convers.

Le prieur de Saint-Thomas1 est venu me voir hier,

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