LETTRE CCXXVIII. 1578. 24 AOUT
contez-nous au plus tôt comment il vous a reçu, je vous le demande par charité. Jusque-là, je ne cesserai d'être préoccupée ; cependant, j'espère dans le Seigneur que nos instantes prières nous serviront, et que tout ira bien.
[J'ai été très heureuse que Votre Paternité ait un logement si commode. Tout cela vous était vraiment nécessaire, après tant d'épreuves. Je souhaiterais vivement que vous prissiez le comte de Tendilla1 pour vous accompagner à votre première entrevue avec le Nonce. Dans le cas où ce dernier accepterait vos excuses, vous seriez par le fait même entièrement disculpé de toutes les calomnies dont on vous a accablé]. [Pour moi, j'en suis certaine, supposé que quelque personne de qualité plaidât la cause du Père Jean2 près du Nonce, celui-ci donnerait l'ordre de le délivrer immédiatement et l'enverrait dans un de nos monastères; on n'aurait qu'à lui dire de prendre des informations sur les vertus de ce Père et lui montrer combien il est injuste de le tenir enfermé. Je ne sais m'expliquer cette infortune ; mais on ne trouve jamais personne qui se souvienne de ce saint. La princesse d'Ebuli s'occuperait volontiers de cette affaire, si le Père Mariano lui en parlait3].
Les religieux de la Compagnie de Jésus réclament instamment l'arrivée de ce dernier; ils ont grand besoin de son secours. Si sa présence n'est pas très nécessaire à Madrid, je vous supplie en charité de l'envoyer ; il y a longtemps que ces Pères le demandent; ils écrivent même au Nonce pour le prier de donner son autorisation. C'est en tout pour l'aller et le retour une absence de cinq ou