LETTRE CCXXXIV. 1578. 15 OCTOBRE
ainsi que je l'ai dit au Père Mariano. Quand nous n'avons pu en Espagne, avec toutes les faveurs dont nous jouissons, délivrer le Père Jean 1 , que serait - ce donc làbas?
Envoyer des religieux paraîtrait mal aux yeux de tous et surtout de mon frère qui est très affligé de la façon dont on persécute les Carmes déchaussés. On pense, en outre, qu'il vaudrait mieux charger de cette affaire une personne capable de s'en occuper. C'est, en particulier, l'opinion de mon frère. Il connaît les Carmes mitigés; et il regarde cette mesure comme très importante. On remettrait toute notre cause entre les mains de celui dont je vous ai parlé. Le docteur Rueda a tant de confiance en lui qu'il ne voit aucune nécessité d'envoyer des religieux.
Que Votre Paternité veuille bien examiner le tout. Et si tel est votre sentiment et celui du Père Mariano, expédiez un messager à Almadovar2 pour prier les Pères de ne pas s'occuper du voyage des religieux à Rome, et, aussitôt après, prévenez-moi. Le messager qui porte cette lettre est très sûr, quoique un peu plus cher. Mais pourvu qu'on trouve de l'argent maintenant, chaque couvent donnera ensuite sa quote-part. On pourrait emprunter sur l'héritage d'Alcala, et rembourser l'argent plus tard ; pour moi, je ne vois pas comment il me serait possible de trouver ici la somme dont nous aurions besoin immédiatement. C'est dans ce sens que j'écris au Père Mariano, comme Votre Paternité le verra.
Portez-vous bien, mon Père. Dieu conduira tout à bonne fin. Qu'il Lui plaise que nous soyons tous du même avis cette fois, et qu'on ne fasse rien en dehors de cette ligne