‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 137 sur 255 · II · texte numérisé non relu

II

des angoisses mortelles que vous m'avez relatées dans votre première lettre ; car j'en ai reçu deux depuis votre entrevue avec le Nonce.

Je vous dirai, mon Père, que j'étais très affligée de ce que vous ne lui montriez pas immédiatement vos pouvoirs. Certainement, votre conseiller doit être bien peu sensible à vos souffrances. Au moins, vous aurez fait une bonne expérience, et je m'en réjouis; vous apprendrez par là à conduire les affaires par où elles doivent aller, et non au rebours, comme je vous l'ai dit souvent. A la vérité, des circonstances se sont présentées et ont tout entravé; il ne faut plus s'occuper de cette question. Dieu, d'ailleurs, conduit les événements de façon à éprouver ses fidèles serviteurs.

Je voudrais vous dire beaucoup de choses, mais on doit prendre ma lettre ce soir, et il est presque nuit. J'ai écrit très longuement à l'évêque d'Osma1 pour le prier de s'entretenir avec le président et le Père Mariano de l'affaire dont je lui avais parlé, et de vous aviser ensuite.

Je viens de voir mon frère, il se recommande instamment à vos prières. Tous, ici, nous sommes d'avis que les Pères n'aillent pas à Rome, surtout maintenant, à cause de la mort de notre Père Général, et cela pour plusieurs raisons. D'abord, ce voyage n'étant pas secret, les Carmes mitigés ne laisseraient peut-être pas partir les Pères et les prendraient; on exposerait ainsi ces derniers à des souffrances mortelles; de plus, leurs papiers et leur argent seraient perdus. En troisième lieu, ils n'ont pas assez d'expérience des affaires de Rome. Quand ils y arriveraient, dès lors que nous n'avons plus notre Père Général, on les regarderait comme des fugitifs; car enfin, on les verrait passer dans les rues, et personne n'oserait les défendre, 1. Don Alphonse Vélasquez, qui avait été son confesseur à Tolède.

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