A MARIE-BAPTISTE, SA NIÈCE, PRIEURE A VALLADOLID
Prochain départ pour Valladolid. Réceptions faites à la fondatrice. Bonté du Père vicaire. L'affaire de Casilde.
JESUS soit avec Votre Révérence !
Malgré tout mon désir d'expédier promp temen t le messager, il sera tard quand il partira, vu que c'est aujourd'hui messe d'obligation et que je suis restée un peu de temps avec le Père Nicolas, qui vient d'arriver et que j'ai été très contente de voir.
J'expédie votre lettre à notre Père vicaire, et lui expose les avantages ou les motifs pour lesquels il doit, à mon avis, donner sa permission. Je lui indique, en outre, pourquoi Anne de Jésus n'a pas été reçue comme conventuelle de votre monastère, Je crains toujours, sachez-le. tes
LETTRE CCLXYI. 1579. 21 JUIN 365
grandes fortunes, bien que, d'après vos renseignements, Dieu semble vraiment attirera lui la demoiselle dont vous me parlez. Plaise à Sa Majesté qu'elle travaille à sa gloire ! Amen. Présentez-lui mes compliments et dites-lui queje me réjouis à la pensée de la voir bientôt.
La maladie de doña Marie1 m'afflige beaucoup. Dieu veuille lui rendre la santé, comme je L'en supplie! Assurément, quand je suis loin d'elle, je reconnais quel tendre amour je lui porte.
Notre Père vicaire, je vous l'annonce, m'a envoyé, le jour de la Fête-Dieu, un ordre formel de me rendre à votre monastère, sous peine de censure et de désobéissance. Avec un tel ordre on accomplira exactement la volonté de Monseigneur l'Evêque>et tout ce qu'il a demandé à Sa Paternité. Par conséquent, d'après mes prévisions, je partirai d'ici, un jour ou deux après la fête de Saint Jean.
De grâce, expédiez-moi à Médina une lettre que notre Père vicaire doit vous envoyer; il faut que je l'y trouve à mon arrivée. Dites à nos sœurs de Médina de ne pas faire tant de bruit pour me recevoir. J'adresse la même supplique à Votre Révérence. Toutes ces démonstrations me mortifient, je vous l'assure, au lieu de me faire plaisir, c'est la vérité; je me confonds en moi-même, quand je vois combien je suis loin de mériter toutes ces marques d'estime. Et plus on m'en donne, plus j'en ai de peine. Qu'il n'y ait donc rien d'extraordinaire, sans quoi, sachezle, on me mortifierait beaucoup.
Je ne réponds pas à vos autres questions, car, Dieu aidant, je ne tarderai pas à vous voir. Je ne m'arrêterai, en effet, à Médina que trois ou quatre jours, puisque je dois y repasser pour me rendre à Salamanque. Tel est l'ordre de