‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 222 sur 255 · A LA MÈRE MARIE DE JÉSUS, A VÉAS · texte numérisé non relu

A LA MÈRE MARIE DE JÉSUS, A VÉAS

Son affection pour cette sœur. Désir d'être près d'elle. Fondation de Villeneuve de la Xara.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Charité3, ma fille !

Si vous aviez mon mal de tête et mes occupations, vous seriez excusable d'être restée depuis longtemps sans m'écrirc. Mais vous ne pouvez fournir cette raison, et je ne vois pas comment j'omettrais de me plaindre de vous et de ma chère sœur Catherine de Jésus. Est-ce que vous ne me devez pas cette marque de souvenir ? Pour moi, supposé que cela me fût possible, je vous écrirais tant que je ne vous laisserais pas m'oublier à ce point. Ce qui me console, c'est que je vous sais en bonne santé, contente et de plus, me dit-on, fidèle servante de Notre- Seigneur. Plaise à Sa Majesté que cela soit ! Je La prie

1. Cette lettre contient un fragment qui n'avait pas encore été publié. Nous le donnons d'après la copie de la Bibliothèque nationale de Madrid.

2. Elle était fondatrice de ce monastère, ainsi que sa sœur Catherine de Jésus. Cfr. chap. XXIII des Fondations, et T. I des Lettres, p. 155.

3. Titre de respect que les religieuses donnent aux novices et aux simples professes. Le titre de Révérence ou de Mère est réservé à la prieure et à la sous-prieure.

instamment dans ce but, et mon vœu, à l'heure présente, serait d'aller me dédommager dans votre monastère des nombreuses fatigues et des épreuves de toutes sortes que j'ai endurées ces dernières années. C'est là un désir de ma nature; mais réflexion faite, je ne mérite évidemment que la croix et encore la croix; Dieu m'accorde une grande grâce en ne me donnant pas autre chose.

La Mère prieure aura déjà dit à Votre Charité qu'on m'avait expédié l'ordre de réaliser une fondation 1 dans une localité où, depuis plusieurs années, je refusais d'aller. Comme on a tant persévéré à la demander, et que notre Supérieur l'approuve, j'ai la plus ferme confiance qu'elle tournera à la gloire de Notre-Seigneur. Que Votre Charité veuille Lui demander cette grâce, et Le conjurer de m'aider à accomplir toujours sa volonté !

Veuillez présenter mes amitiés aux sœurs Catherine de Jésus, Isabelle de Jésus et Éléonore du Sauveur. Je voudrais avoir du temps et moins de souffrance à la tête pour vous écrire une longue lettre. Quant à la vôtre, qu'elle ne soit pas brève, mais ne vous étonnez point dans le cas où je ne vous répondrais pas immédiatement. Soyez assurée que vos lettres me causent de la joie, et queje n'oublie point de vous recommander à Notre-Seigneur. Daigne Sa Majesté vous rendre aussi sainte que je le désire [et donner à Votre Charité son Saint-Esprit avec l'abondance de ses dons divins! Amen*].

L'indigne servante de Votre Charité,

Thérèse de Jésus.

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