‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 229 sur 255 · Cfr. L. CCXC, p · texte numérisé non relu

Cfr. L. CCXC, p

lettre cccni. 1580. 3 avril

LETTRE GCGIIi1.

1580. 3 Avril. Tolède.

A MARIE DE SAINT- JOSEPH, PRIEURE A SÉVILLE

Souffrances de la Sainte. Entrevue avec le Père Nicolas. Prudence vis-à-vis dos sœurs. Bonnes nouvelles de Rome. Achat d'une maison à Séville. Fondation prochaine à Palencia. Une excellente prieure à Villeneuve. Maladie de la Mère Briande. Élection du R. P. Général. Délicates attentions pour le P. prieur des Chartreux. Mauvais fourneau.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec Votre Révérence, ma fille !

Je serais heureuse, vous pouvez le croire, d'être assez forte pour vous écrire longuement. Depuis quelques jours, je suis très souffrante, et je paye, ce semble, la bonne santé dont j'ai joui à Malagon, à Villeneuve et durant mes voyages; il y a longtemps, et même plusieurs années, que je ne m'étais aussi bien portée. Notre-Seigneur m'a accordé là une grande grâce. Pour le moment, ma santé n'est pas très nécessaire.

Depuis le Jeudi-Saint, je suis affligée d'une des plus grandes crises de goutte que j'aie eues de ma vie, et la souffrance du cœur est vive. La fièvre vient de me quitter, il est vrai, mais je suis dans un tel état de faiblesse que c'est beaucoup pour moi d'avoir pu rester à la grille avec

1. Cette lettre contient six fragments qui sont traduits pour la première fois en français.

le Père Nicolas, qui est arrivé avant-hier; son entrevue m'a charmée. Au moins, vous n'avez point été oubliée. Je me demande comment vous l'avez si bien trompé sur votre compte; quoique j'y aie contribué un peu, cela ne nuira pas, je pense, à votre monastère ; mais le pire, c'est que je partage, ce semble, l'illusion où il est à votre égard. Plaise à Dieu, ma fille, que vous ne fassiez rien pour me l'ôter! Qu'il daigne vous soutenir de sa main !

J'ai été très heureuse, en outre, de tout le bien que vous me racontez des sœurs entrées dernièrement dans votre monastère. Gela m'a donné le désir de les connaître. Veuillez le leur dire et présentez-leur toutes mes amitiés. Recommandez-leur de prier Dieu pour les affaires de Portugal ; qu'elles Le conjurent de donner des enfants à doña Yomar; vous ne sauriez croire dans quelle désolation se trouvent la mère et la fille1 à ce sujet; ayez donc à cœur d'obtenir cette grâce à doña Yomar; vous le lui devez bien; c'est une excellente chrétienne : mais sa mère et elle souffrent beaucoup de l'épreuve où elles sont en ce moment.

J'ai reçu plusieurs lettres de vous ; [la plus longue est celle que m'a apportée le prieur de Pastrana2]. J'ai été très contente en voyant dans quel bon état il avait laissé les affaires de votre monastère. Gomme le Père Gratien va maintenant à Séville, il ne vous manquera rien. [Soyez prudente, ma fille, car il y a une personne qui doit en dire plus que vous n'en faites; ne donnez aucune prise à la critique. Pour lui3, je crois vraiment qu'il en souffre. Mais j'ai été étonnée de certaines choses que m'a racontées le Père Nicolas. 11 m'a remis aujourd'hui toute la

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