Le Père Gratien
LETTRE CCCIII. 1580. 3 AVRIL 471
relation concernant vos épreuves; je la lirai peu à peu. Je suis préoccupée au sujet de cette sœur dont vous me parlez. Dieu veuille tout arranger 1 J'approuve la mesure qu'on a prise et la ligne de conduite que vous devez tenir à son égard. Veuillez, de plus, ne jamais manquer d'être très vigilante par rapport à l'autre sœur1.
Le Père Nicolas m'a dit quelle abondante aumône vous avez donnée pour les affaires de l'Ordre. Que Dieu vous paye lui-même ! Je ne savais plus que faire par ici; le principal est terminé; on attend de jour en jour les dépêches qui sont arrivées là-bas; les nouvelles sont on ne peut plus favorables. Que toute la Communauté en rende grâce à Notre-Seigneur ! Comme le Père prieur2 doit vous écrire longuement sur ce sujet, je ne vous en dis pas davantage].
Quant à la maison qu'on veut vous vendre, c'est lui donner une grande valeur, à mes yeux, que de me la représenter avec de belles vues et un jardin; ce point est, en effet, très important pour notre genre de vie. [Ce sera parfait, surtout avec les rentes qui vous arrivent peu à peu]. Mais il est fâcheux que cette maison soit à une telle distance du monastère des Pères de Notre-Dame des Remèdes3, qui doivent aller vous confesser, car sans être éloignée de la ville, me dites-vous, elle est à l'extrémité opposée. En tout cas, ne l'achetez pas sans l'avoir vue tout d'abord en compagnie de deux autres sœurs qui, d'après vous, s'y entendent le mieux pour cela; tout supérieur vous donnera l'autorisation nécessaire. Ne vous en rapportez à l'appréciation d'aucun Père, ni de qui que ce
1. Il est question dans ce paragraphe des sœurs Béatrix et Marguerite.