Il voulait se rendre à Séville
le plaisir de ne plus le recevoir dans votre demeure, malgré ses supplications et sa pauvreté; de la sorte, je ne serai plus préoccupée : en vérité, la pensée de rester auprès de vous le rend fou, bien -qu'il ne le soit pas pour d'autres choses. J'ai su par des hommes instruits que cela peut très bien être. Cet état ne vient point de son séjour à la Serna1; avant même qu'il eût le projet d'y aller, il était ainsi; sa grande maladie seule en est cause; pour moi, j'ai sérieusement redouté quelque malheur.
Il dit que vous avez raison d'être très fâché, mais qu'il n'en peut pas davantage. Il comprend bien que sa conduite n'est pas raisonnable, et ce doit être là une vive souffrance pour lui. J'aimerais mieux, a-t-il ajouté, mourir que de demeurer dans la situation où j'étais. Il avait déjà traité avec un muletier afin de partir demain pour Séville. Je ne sais dans quel but il voulait s'y rendre ; mais, vu son état, un seul jour de voyage avec ce soleil suffirait pour le tuer, quand déjà il m'est arrivé avec un violent mal de tête. Et puis, une fois à Séville, il ne peut que dépenser tout son argent, et aller mendier pour l'amour de Dieu. J'avais espéré voir un soutien pour lui dans le frère de doña Mayor2; il n'en est rien. J'ai donc cru, par charité pour Dieu seul, devoir l'engager à attendre votre réponse à cette lettre. Dès lors qu'il commence à se trouver sans ressources, il y consent, malgré la certitude où il est de l'inutilité de ma démarche. De grâce, veuillez me répondre immédiatement; remettez votre lettre à la prieure d' Avila; je lui écris de me l'expédier par le premier courrier.
Cette tristesse soudaine dont vous me parlez a pour