Mademoiselle Lopez de Vélasco, dont il a été parlé
Béni soit Dieu ! me voici bientôt à la fin de toutes ces difficultés que j'étais forcée de négocier et de plusieurs autres qui se sont présentées ! Je vous l'assure, mon Père, il m'a fallu user de beaucoup d'habileté pour réussir; chaque prieure considère uniquement l'intérêt de son monastère, et s'imagine que les autres maisons doivent se suffire par elles-mêmes.
Il sera absolument nécessaire de procurer à cette demoiselle un lit et de l'argent pour son trousseau. Je voudrais prendre à mon compte tous ces frais, mais en ce moment, je suis dans la plus complète pauvreté pour un motif dont je vous parlerai dès notre prochaine entrevue. S'il vous semble bon de ne pas traiter de ce point à l'heure présente, nous chercherons un autre moyen : pour moi, je n'en trouve aucun. Nous ferions quelque chose de mieux par rapport à la dot, dans le cas où la fondation de Madrid aboutirait.
Pour beaucoup de motifs, vous ne perdriez rien à venir à Tolède avant la Fête-Dieu, et nous nous rendrions ensemble à Ségovie. Vous n'éprouverez pas une grande fatigue, pourvu que vous ameniez un chariot. Le Père Antoine, il est vrai, devra m* accompagner ; toutefois, il est tellement souffrant que nous aurons assez à faire avec lui. Après la Fête-Dieu, il n'y a plus rien à attendre, sauf la permission de l'archevêque, que nous ne pouvons jamais obtenir.
Ma joie a été très vive au sujet de l'affaire de Béatrix. Pourquoi donc le Père Nicolas se presse-t-il tant de vous attirer là-bas1 ? C'est précisément pour ce motif qu'il ne vous convient pas, à mon avis, d'y aller; d'ailleurs, lui-même le reconnaît maintenant. De plus, ce serait trop de fatigue pour vous, alors même qu'il n'y aurait pas d'autre incon-