‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 30 sur 255 · La Vénérable Anne de Jésus · texte numérisé non relu

La Vénérable Anne de Jésus

LETTRE CLXVII. 1577. c2 MARS 75

heure; elle ajoute qu'on devrait agir ainsi partout. Ses religieuses, d'ailleurs, sont très contentes, car elles ont le plus grand amour pour leur prieure, et traitent avec elle de la direction de leur ;une. Vous pourriez dire à vos filles de m'écrire, puisque j'ai quelque expérience sur ce point, et de ne pas rechercher des personnes qui peut-être en ont moins que moi. Cette mesure conviendrait mieux encore dans votre pays que partout ailleurs.

Veuillez recommander à la sœur Saint-François de faire manger gras à la sœur dont je vous ai parlé, dès que le carême sera fini, et de ne pas lui permettre de jeûner. Je voudrais bien savoir ce qu'elle veut dire par cette force que Dieu met en elle; elle ne l'explique pas. Voyez quel ennui ! elle s'en va tout en pleurs devant les autres; elle écrit beaucoup et elle veut qu'on le sache. Procurez-vous ce qu'elle a écrit et envoyez-le-moi. Otez-lui tout espoir de traiter avec personne, à moins que ce ne soit avec notre Père; toutes ces communications lui ont été très nuisibles. Sachez-le, ce langage est moins compris à Séville que vous ne le croyez. Encore si cette sœur traitait de ees elioses en confession et avec le Père Acosta1, il n'y aurait pas de mal. Mais cela, à mon avis, lui convient moins qu'à toute autre.

Vous avez eu raison de prescrire un peu plus de latitude aux sœurs de Paterna : il eût mieux valu commencer par ce qui devait être. Quand il s'agit de réforme, dès qu'on a obtenu quelque résultat à force de cris, on s'imagine immédiatement qu'on réussira pour tout le reste. Je vous approuve, en outre, de ce que vous leur recommandez les exercices de Communauté.

[Je n'ai donné ni vos lettres, ni le reliquaire à doña Louise; elle était absente; c'est avant-hier qu'elle est re- 1. Père Jésuite de la résidence de Séville.

venue; je devrai attendre qu'elle ait terminé ses visites. Priez Dieu pour doña Yomar et pour elle : les épreuves ne leur manquent pas].

Gomme je n'écris pas cette lettre d'un trait, j'ai peutêtre oublié de répondre à quelqu'une de vos questions. On vous porte des verrous semblables à ceux de la grille du choeur de ce monastère; il n'est pas nécessaire, je crois, qu'ils soient plus jolis. Vous ne les trouverez pas de votre goût, je le vois; mais faites comme ici, où les sœurs ne se croient pas moins délicates que vous; d'ailleurs, ces petits verrous sont encore ce qu'il y a de mieux, et puis, je ne sais quelles serrures vous demandez. On prépare les crucifix; ils coûteront chacun un ducat.

[Toutes les sœurs se recommandent à vos prières. Isabelle1 a été très contente des bonbons de Portugal et de l'étoffe de serge. Dieu veuille vous en récompenser! Pour moi, j'ai de très bons habits. Pensez-vous que je n'éprouve pas de peine de n'avoir rien à vous envoyer? J'en souffre assez, certes. Mais c'est une chose étrange que la misère de ce pays. On n'y trouve que des coings «à la saison; et encore en avez-vous de meilleurs à Séville. Les sœurs ont reçu avec bonheur les épices et la gomme que vous leur avez destinées. On ne m'a pas laissée en donner, et pourtant je le désirais vivement, car beaucoup de nos sœurs en ont un grand besoin].

Vous trouverez sous ce pli les réponses à la question que j'avais posée à mon frère. Ceux qui les ont faites s'étaient entendus pour les envoyer à Saint-Joseph, et s'en remettre à la décision des sœurs. Mais l'évéque s'est trouvé présent et il a commandé de me confier ces réponses, pour que j'en fusse moi-même le juge2 :

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