Allusion à la postulante aux lingots d'or
Votre genre d'oraison me plait beaucoup. Mais constater que vous l'avez, et que Dieu vous l'accorde, ce n'est pas manquer d'humilité. Toutefois, il faut reconnaître, comme vous n'y manquez pas, d'ailleurs, que cela ne vient pas de vous; quand l'oraison vient de Dieu, on le comprend parfaitement. Je remercie vivement Sa Majesté de ce que je vous sais si bien portante, et je ne négligerai pas de vous expédier les étrennes que vous demandez. Conjurez le Seigneur de me rendre telle que je sois exaucée de Lui.
L'oraison de la sœur Béatrix est bonne. Veillez néanmoins, autant que possible, à ce qu'on ne s'occupe de ces choses-là ni en conversation, ni ailleurs. C'est un point sur lequel les prieures doivent exercer leur sollicitude. La sœur Saint-Jérôme n'a pas soufflé mot de cette question dans sa lettre; la prieure l'avait arrêtée dès le début; elle l'avait grondée etréduite au silence. Quand j'étais à Séville, vous vous le rappelez, elle se contenait. N'avons-nous pas eu tort de la laisser nous quitter et se rendre à Paterna? Voilà ce que je me demande. Plaise à Dieu que cela lui réussisse î
Voyez, si d'autres que la prieure avaient trouvé le papier où elle parlait de ses révélations, quelle belle chose c'eût été ! Que Dieu pardonne au confesseur qui lui a commandé de l'écrire î Notre Père est d'avis que je parle très sévèrement sur ce point à la sœur. Lisez la lettre cijointe que je lui envoie, et dans le cas où vous la trouveriez bien, expédiez-la-lui. Vous avez grandement raison de défendre qu'on s'entretienne de tout cela avec qui que ce soit.
La prieure de Véas1 m'écrit que les sœurs de son monastère ont un seul confesseur auquel elles ne disent que leurs péchés, et qu'elles se confessent toutes en une demi-