Allusion à la Mère Briande de Saint- Joseph
Dieu los punit par où elles pochent. Plaise à Sa Majesté de nous perfectionner en tout 1 Amen. Ces religieuses ne sont encore qu'à leurs débuts dans la vertu ; je m'en étonnerais moins si vous n'étiez pas là pour les diriger. Que Notre-Seigneur daigne vous garder ! N'omettez pas de m'éorirc, c'est une grande consolation pour moi ; et j'en trouve bien peu ici-bas.
Ce 17 avril.
J'avais pensé écrire à la sœur Marianne. Mais je ne le puis vraiment pas, tant j'ai la tete fatiguée en ce moment. Veuillez lui dire que si elle agit comme elle l'écrit, nous lui passerons son peu d'habileté à lire. Sa lettre m'a grandement consolée, et pour réponse, je lui envoie la permission de faire profession. Alors même que ce ne serait point entre les mains de notre Père, qui peut tarder beaucoup, qu'elle n'attende pas, si vous le jugez convenable. Vos mains sont bien dignes d'imposer le voile. Quant à la sœur Marianne, elle ne doit considérer qu'une chose, c'est qu'elle prononcera ses vœux entre les mains de Dieu, comme c'est la vérité.
Votre indigne servante et fille,
Thérèse de Jésus.
LETTRE CLXXI K 157 7. G Mai. Tolède.
A MARIE DP: SAINT- JOSEPH , PRIEURE A SE VILLE
Sainte mort de la sœur Hernarde. Préoccupations au sujet de la santé de la prieure, sépulture des sœirs. Bonne compagnie de la prieure de Malagon.
JÉSUS
soit avec Votre Révérence et vous paie de si nombreux et DE si beaux présents î
Tout est arrivé bien conservé et en bon état. Je vous parlerai de cela plus au long par le muletier. Pour le moment, je ne veux vous entretenir que de choses importantes.
J'ai porté envie à cet ange. Dieu soit béni de ce que cette sœur a mérité d'aller sitôt jouir de sa présence! car je ne puis douter qu'elle n'ait ce bonheur2. Quant à toutes
1. Cette lettre contient un fragment et quelques corrections qui paraissent pour la première lois en français.
2. Uernarde dut sa vocation à Saint Joseph. C'est Thérèse elle-même qui lui avait donné l'habit à Séville. La novice passa les six premiers mois au milieu des plus grandes consolations. Mais depuis lors, le démon la tourmentait au point qu'elle n'avait de repos qu'en se tenant prés de sa prieure. A la iln de son noviciat, elle tomba gravement malade, le jour de la fête de Saint Joseph. On lui administra les sacrements et on lui fit faire sa profession. Elle mourut le samedi suivant dans une jubilation toute céleste. Son visage parut alors resplendissant de beauté. Il dut se passer quelques autres particularités merveilleuses dont on envoya le récit à la Sainte.
les autres choses* dont vous me parlez, soyez bien persuadée que c'est manifestement de l'exaltation; n'en tenez aucun compte, n'en dites rien aux sœurs. N'attachez, non plus, aucune importance à ce qu'a dit Béatrix ; dites-lui pourtant que j'estime beaucoup sa grande charité, et remerciez-la bien de ma part. Tous mes compliments à sa mère et à toutes les sœurs.
Je suis très préoccupée de votre fièvre et de la maladie de la sous-prieure. [Béni soit Dieu qui veut nous éprouver ainsi cette année et vous accabler de tant de travaux î mais \<è pis, c'est le peu de santé ; quand on est bien portant, on supporte tout le reste. Mandez-moi au plus tôt quelles sont ces fièvres que vous avez, et que la sousprieure m'écrive également sur son mal]. Dieu veuille que vos souffrances ne durent pas comme de coutume ! Vous êtes en si petit nombre, que je ne sais ce que vous deviendriez. Plaise au Seigneur de tout arranger, Lui qui peut tout! mais je suis très préoccupée.
Ce que vous me dites au sujet de la sépulture des sœurs est fort bien. C'est comme cela que nous faisons à Tolède ; nous enterrons les religieuses dans le cloître ; aussi, je prierai notre Père de prescrire qu'il en soit de même partout. Ce sont les religieuses sans clôture qui agissent autrement. Le Père Garcia Alvarez a donc eu grandement raison. Présentez-lui mes compliments. Il pourra entrer dans le monastère pour la nécessité dont vous me parlez, mais non celui dont il est question; mieux vaut que ce soit toujours le Père Garcia Alvarez ; car nos Pères sont tellement éloignés que je ne sais pas comment ils le pourraient; même si leur monastère était près, je préférerais que ce fût le Père Garcia Alvarez, puisqu'il est tel et qu'il vous confesse ordinairement. Je vais en parler sous peu à notre Père, et vous enverrai la per-
mission que vous demandez. Nous le verrons avant la Pentecôte, s'il plaît à Dieu. Déjà le Nonce Ta prié de retenir, et nos affaires semblent en bonne voie. Jugez de ma jubilation. Notre Père est allé à Caravaea et à Yéas; je vous remets sous ce pli la lettre de la Mère Alberte1, afin que vous voyiez comment sont les religieuses. Nous n'avons pas encore fini avec ce monastère. Recommandezle à Dieu, ainsi que les sœurs dv Yé;is, qui m'affligent profondément avec leurs procès.
Votre lettre est arrivée hier, et aussitôt j'ai trouvé l'occasion de l'expédier à notre Père. Je vais vous payer maintenant la sollicitude que vous vous êtes donnée pour les miennes, tout le temps que notre Père sera de nos côtés.
Recevez la sœur converse, et plaise à Dieu qu'avec elle seule vous puissiez vous tirer d'affaire ! J'ai dit déjà à notre Père que j'allais vous prévenir de la prendre.
Quant à la renonciation de la bonne sœur Bernarde, sachez que, ses parents étant encore vivants, ce sont eux qui héritent, et non le monastère. S'ils étaient morts avant elle, c'est le monastère qui héritait, cela est certain. Je le sais de gens très instruits. Les parents, en effet, et les grands- parents sont des héritiers nécessaires; et c'est à leur défaut que le monastère hérite. Les parents de la sœur Bernarde sont obligés uniquement à fournir sa dot. S'ils ignorent cela, ils seront enchantés que vous vouliez faire un arrangement avec eux. Cependant, qu'ils donnent ce qu'ils ont promis de payer, ce sera beaucoup pour vous. Voyez ce que vous pourrez sur ce point. Mais il ne convient pas qu'ils manquent de donner au moins une partie de la dot. Le Père Nicolas verra ce qu'il y a de mieux. Présentez-lui tous mes compliments, ainsi qu'au