‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 38 sur 255 · Anne 4e Saint-Albert, Cfr. Cfcap. 2(5 des Fondations · texte numérisé non relu

Anne 4e Saint-Albert, Cfr. Cfcap. 2(5 des Fondations

Père Grégoire et 'à qui vous le jugerez bou. Demeurez avec Dieu.

Depuis plusieurs jours, je suis mieux de la tête; toutefois, je n'en passe aucun sans y entendre un grand bruit, et je souffre beaucoup quand je dois écrire.

La Mère prieure de Malagon va me tenir bonne compagnie; je suis très triste, cependant, de ce que son mal nous laisse si peu d'espérance; néanmoins, il s'est produit une notable amélioration dans son état. Elle mange mieux et peut se lever. Gomme la fièvre ne la quitte pas, il n'y a pas lieu, dit le médecin, de faire grand cas de ce mieux. Dieu peut tout : Il pourrait nous accorder sa guérison. Demandez-la-Lui avec instances. Dès lors que cette Mère vous écrit elle-même, je ne vous en parle pas davantage.

C'est aujourd'hui le 6 mai.

L'indigne servante de Votre Révérence.

Thérèse de Jésus.

Tous mes compliments à ma sœur Gabrielle; sa lettre m'a procuré une vive joie, et je suis contente de la savoir en bonne santé. Que Dieu donne aussi cette santé à toutes les sœurs, puisqu'il le peut ! Amen, amen.

1577. 15 Mai. Tolède, a marie de s vint- joseph, prieure a séville.

Remercîments. Corporaux. Pale précieuse. Eau de fleur d'orange. Une dette. Une petite sainte. Bonnes nouvelles du Père Gratien. Recette de sirop.

JÉSUS

Que la grâce du Saint-Esprit soit avec vous, ma fille !

J'aimerais beaucoup mieux recevoir des nouvelles de votre santé que tous vos présents, bien qu'ils soient vraiment d'une reine. Plaise à ?\7)hv-Soigneur de vous en récompenser !

La fleur d'oranger est très belle et en grande quantité ; elle est venue fort a propos; je vous en remercie infiniment. Les corporaux sont très beaux; on dirait que Dieu vous a inspiré de me les envoyer, pour, les assortir à une pale que m'a déjà expédiée la prieure de Ségovie et que, si vous vous en souvenez bien, je l'avais priée de me faire dès le temps où j'étais a Séville. [Cette pale est tout entière brochée ; elle est, de plus, ornée de perles et de grenats fins]. La main-d'œuvre à elle seule vaut, dit-on, trente ducats. Les corporaux de Béatrix sont magnifiques, comme, d'ailleurs, la petite croix; mais il en aurait fallu d'autres pour remplir la caisse. Ils sont si jolis que je les préfère à tout le reste.

1. Cette lettre contient quelques corrections et trois fragments nouveaux.

L'eau de fleur d'orange est arrivée en très bon état; il y en a assez pour le moment. Heureusement que c'est vous qui l'avez placée dans le paquet. Voilà pourquoi elle est venue sans accident. Je n'ai d'autre désir que de vous payer de retour pour tous vos présents, qui en définitive sont autant de preuves de votre amour pour moi. De ma vie, je n'ai rien vu de si pauvre que ce pays de Tolède pour le bon goût. Gomme j'arrivais de Séville, il me l'a paru encore davantage.

Je viens de recommander de payer immédiatement les cent ducats dont Monsieur Ascension Galiéno m'avait donné quittance. Je ne sais si vous vous en souvenez, mais on devait prendre sur cette somme cinquante ducats afin de payer les frais que le P. Mariano a faits pour votre monastère, quand nous sommes allés à Séville; le reste était pour le loyer. [Depuis que Monsieur Galiéno est mort, j'ai été préoccupée de payer cette dette, comme je le serai encore tant que je ne vous verrai pas complètement délivrée de tous vos soucis]. Les travaux que le Seigneur vous envoie sont déjà suffisants. Je suis bien peinée de vous savoir malades, vous et la sous-prieure, dès le commencement de l'été. Plaise à Dieu de vous guérir ! Sans cela, je ne sais ce que vous allez devenir.

Je vous ai déjà écrit par le courrier qu'il fallait recevoir la sœur converse et laisser le corps de cette petite sainte là où il est, dans le chœur ; pour nous autres, nous devons être enterrées dans le cloître, et non dans l'église. Je vous ai dit, en outre, que le père et la mère de cette sainte, étant encore vivants, héritaient d'elle, bien qu'elle ait fait renonciation en faveur du monastère. S'ils étaient morts avant elle, c'était le monastère qui héritait; mais ils demeurent obligés à donner la dot convenable. Tâchez de tout arranger pour le mieux. Si l'on vous donnait tout

(je qu'on a promis, ce serait très bien; cependant, laissez là, je vous prie, cette perfection dont vous parlez; malgré {ont, on ne manquera pas de dire que nous agissons par Intérêt. Enfin, vous vous conformerez à ce que notre Père vous dira. Écrivez-lui, et, pour l'amour de Dieu, soignezvous bien.

Je suis très préoccupée de la santé de la Mère Briande, quoiqu'elle semble mieux depuis son arrivée. Je suis heureuse de me trouver en sa compagnie; comme elle doit vous écrire, me dit-elle, je ne vous en parle pas plus longuement.

Vous saurez déjà <pie le Nonce a appelé notre Père. Les Affaires semblent en bonne voie. Recommandez-les à Dieu. Plaise à Sa Majesté de vous garder à mon affection et de faire de vous une grande sainte ! J'ai porté envie à la chère Bernardo. Nous avons beaucoup prié Dieu pour le repos de son âme dans nos monastères, bien qu'à mon avis elle n'ait pas besoin de nos suffrages.

C'est aujourd'hui la veille de l'Ascension.

De Votre Révérence,

Thérèse de Jésus.

Mes amitiés à la Mère sous-prieure, à ma sœur Gabrielle et à toutes vos fdles.

[Envoyez-moi la recette du sirop que prenait la sœur Thérèse, car son père la demande. Ne l'oubliez pas; il s'agit du sirop qu'elle prenait habituellement dans la journée].

LETTRES DE SAINTE TllLT.ÈbE

1577. 19 Mai. Tolède.

Page 1